Les quatre candidats se disaient souvent d’accord les uns avec les autres, se cédant tour à tour la parole dans un esprit de collaboration.
Les quatre candidats se disaient souvent d’accord les uns avec les autres, se cédant tour à tour la parole dans un esprit de collaboration.

Chefferie du PQ: deuxième débat «de tête»

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Deuxième débat plus harmonieux, mardi soir, dans la course à la chefferie du Parti québécois. Les quatre candidats se disaient souvent d’accord les uns avec les autres, se cédant tour à tour la parole dans un esprit de collaboration. Ce qui n’a pas empêché Paul St-Pierre Plamondon de décocher la seule véritable attaque frontale de la soirée à l’intention de Guy Nantel.

«Comment penses-tu pouvoir être chef du Parti québécois le jour et humoriste le soir? Comment pourrais-tu légiférer sur des sujets sérieux le jour et faire des blagues sur les mêmes sujets le soir?» a lancé M. St-Pierre Plamondon, à propos des 22 spectacles que l’humoriste Nantel est toujours engagé à donner.

Cet affrontement survenait autour de la 90e de quelque 100 minutes de débat, lors d’un échange à propos de la vague de dénonciations d’agressions sexuelles sur les réseaux sociaux. Sujet que l’humoriste a abordé sur scène.

«Tu es venu voir mon spectacle à Sainte-Agathe et tu as attendu une demi-heure après le show pour prendre une photo et avoir mon autographe! Tu ne savais pas à l’époque que j’allais me présenter contre toi!» a rétorqué M. Nantel.


« Comment penses-tu pouvoir être chef du Parti québécois le jour et humoriste le soir? Comment pourrais-tu légiférer sur des sujets sérieux le jour et faire des blagues sur les mêmes sujets le soir? »
Paul St-Pierre Plamondon à Guy Nantel

En point de presse post-débat, M. St-Pierre Plamondon a tenu à répéter qu’il avait bel et bien assisté à une prestation humoristique de son rival, spectacle qu’il a apprécié. Mais que jamais il n’a pris de photo avec l’artiste ou demandé d’autographe.

«Tu sais que c’est un personnage sur scène et que c’est le vrai Guy Nantel que tu as devant toi. Je trouve ça un peu cheap que tu utilises ces spectacles reportés à cause de la COVID-19 et que je me suis engagé à faire si je veux éviter une poursuite d’un quart de million $», a expliqué M. Nantel, se disant «un homme de parole».

Après le débat, il a assuré ne pas vouloir continuer sa carrière d’humoriste au-delà des 22 représentations le liant toujours à un producteur avec qui il a signé une entente de quatre ans, advenant son élection à la tête du PQ.

«Mais Gérald Godin était poète et il n’a pas arrêté d’être poète après avoir été élu député», a-t-il donné en exemple.

La pandémie plus à l’avant-scène

M. Nantel s’est dit satisfait de sa performance au cours de ce «débat plus de tête que de tripes».

Alors que le premier rendez-vous, aussi enregistré dans un studio de Granby, tournait surtout autour du projet souverainiste, celui-ci tenu sous le vaste thème de l’équité et la justice s’attardait à des enjeux davantage terre-à-terre. La pandémie actuelle était plus à l’avant-scène qu’il y a deux semaines.

Sylvain Gaudreault, seul élu du quatuor, a répété l’importance d’avoir un chef présent au parlement, tandis que l’avocat St-Pierre Plamondon a vanté les qualités d’un chef «extra-parlementaire» ayant tout le loisir d’aller «rebâtir» le parti sur le terrain.

M. Gaudreault pense comme M. St-Pierre Plamondon qu’une certaine «confusion des genres» s’installerait dans le cas où M. Nantel œuvrerait à la fois comme chef du PQ et comme humoriste.

Même s’il a paru avoir un léger avantage durant la soirée, M. St-Pierre Plamondon a aussi été le plus réaliste du groupe. Il a bien souligné son intention de rester peu importe les résultats électoraux de 2022 et son intention de «reconstruction».

La «Force» constitutionnelle pour Bastien

De son côté, l’historien Frédéric Bastien a paru plus détendu que lors du premier débat, se permettant même de se confier sur sa passion sur la série de films Star Wars.

Il n’en faut pas plus pour tracer un parallèle entre ces «fédéraux» qu’il veut combattre à tout prix et l’Empire galactique. Et comment s’incarne la Force pour les Jedi indépendantistes? Dans la constitution! martèle M. Bastien.

Plusieurs sujets faisaient consensus, comme la nécessité d’une réforme des Directions de la protection de la jeunesse (DPJ), la lutte aux paradis fiscaux et l’importance d’augmenter le nombre de logements sociaux.

«C’est une course interne au parti, alors il est normal qu’on ait des points de convergence sur des éléments. Moi, je serai prêt à intégrer les idées des collègues et les collègues eux-mêmes dans l’équipe», a affirmé le député Gaudreault, au terme de la soirée.

La vente de cartes de membre du PQ se termine mercredi pour être habilité à voter pour le prochain chef. MM. Bastien, Gaudreault, Nantel et St-Pierre Plamondon croiseront le fer dans un troisième et dernier débat diffusé en ligne, le 22 septembre. Le successeur de Jean-François Lisée sera couronné le 9 octobre et deviendra le 10e chef élu de l’histoire du PQ.