Les Madelinots plaident que les phoques gris sont de plus en plus présents et qu'ils «ont un impact important sur les pêcheries», un des piliers économiques de l'archipel.

Chasse aux phoques à l'île Brion: Heurtel dit non à un député libéral

Le gouvernement de Philippe Couillard a tranché : il ne modifiera pas les frontières de la réserve écologique de l'Île-Brion pour y permettre la chasse aux phoques. Il met officiellement un terme - et cette fois par écrit - aux informations voulant qu'il finisse par céder à des pressions en provenance des Îles-de-la-Madeleine, pressions dont le député libéral Germain Chevarie s'est fait le porteur.
«Le gouvernement ne souhaite pas changer le statut de réserve écologique ni modifier ses limites», écrit le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, dans une lettre datée du 9 juin.
Le 11 mai dernier, le représentant des Îles-de-la-Madeleine à l'Assemblée nationale, Germain Chevarie, avait déposé une pétition réclamant très précisément au gouvernement du Québec qu'il «retire de la réserve écologique la zone de la plage du secteur ouest comprise entre les lignes des basses et hautes marées pour y permettre la chasse aux phoques».
1536 signataires
Les 1536 signataires de la pétition plaidaient le fait que les Madelinots ont toujours revendiqué un droit d'accès à l'île Brion, que les phoques gris y sont de plus en plus présents, qu'ils «ont un impact important sur les pêcheries», que «la pêche est un pilier économique de la communauté» des Îles-de-la-Madeleine et que la chasse aux phoques y «a toujours été une activité traditionnelle, et ce, depuis plus de 400 ans».
Dans sa réponse écrite, le ministre David Heurtel précise ne pas souhaiter permettre la chasse aux phoques dans ce qui constitue le territoire de la réserve écologique afin de protéger ses habitats naturels et les espèces exceptionnelles d'oiseaux qu'on y trouve.
L'emploi des mots «ne souhaite pas», en parlant du changement de statut de la réserve ou de ses délimitations, ne paraît pas aussi fort que s'il avait utilisé le verbe «refuser», remarque un observateur. La réponse du ministre Heurtel correspond néanmoins à celle qu'il avait faite au Soleil en avril 2016. C'est donc la deuxième fois en à peine plus d'un an que le gouvernement repousse une telle demande.
De façon générale, ce n'est pas parce qu'un député présente une pétition à l'Assemblée nationale qu'il appuie nécessairement et officiellement son contenu - pas selon les règles de l'institution, en tout cas. Dans le cas présent, toutefois, Germain Chevarie voit d'un oeil plutôt favorable une éventuelle modification des frontières de la réserve écologique de l'Île-Brion pour y permettre la chasse aux phoques.
Le ministère de l'Environnement accepte d'autres demandes, secondaires celles-là, qui figuraient dans la pétition. C'est ainsi que ses représentants rencontreront «les intervenants et les partenaires» des Îles-de-la-Madeleine afin de «recueillir les attentes du milieu, mais aussi de discuter de la relance du programme éducatif» lié à la réserve écologique.
David Heurtel conclut sa lettre en disant que «les décisions et actions à venir viseront à protéger l'un des plus grands joyaux naturels de l'archipel madelinien».