Le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud (photo), «esquive ses responsabilités, dit le critique libéral en matière de Justice, Gilles Ouimet.

Charte: le PLQ réclame la tête de Bertrand St-Arnaud

Le critique libéral en matière de justice, Gilles Ouimet, réclame la divulgation immédiate des avis juridiques détenus par le gouvernement Marois sur son projet de charte de la laïcité. À défaut d'obtempérer, le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, devra démissionner, a-t-il affirmé, vendredi.
«Qu'il les dépose ou qu'il cède sa place!» a déclaré à l'Assemblée nationale le député Gilles Ouimet, un ancien bâtonnier du Québec.
Le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, «fait n'importe quoi pour arriver à ses fins», a-t-il postulé. «Il ment à la population sur la légalité de son projet de loi.»
Voilà pourquoi son collègue ministre de la Justice «a la responsabilité de déposer les avis juridiques», a poursuivi Gilles Ouimet. Pour cela et pour «protéger l'intérêt public».
Bertrand St-Arnaud «esquive ses responsabilités, a-t-il dit. Il cautionne les manoeuvres de M. Drainville».
«De la petite politique»
Le ministre de la Justice continuera de refuser de rendre publics les avis juridiques des avocats de son ministère portant sur la charte de la laïcité. Et il n'est absolument pas question pour lui de démissionner.
«C'est loufoque», a laissé tomber Bertrand St-Arnaud. «C'est de la petite politique. Gilles Ouimet parle comme un politicien de petit calibre.»
Il rappelle que les libéraux ne rendaient pas publics les propres avis juridiques qu'ils commandaient lorsqu'ils étaient au pouvoir.
Le fait qu'une ancienne ministre de la Justice d'un gouvernement du Parti québécois - Linda Goupil en l'occurrence - ait dévoilé un avis juridique interne en 1999 ne le convainc nullement.
Gilles Ouimet a appuyé sa sommation sur les mémoires que le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse déposeront en commission parlementaire au cours des prochaines semaines. Le Barreau estime que «la neutralité religieuse de l'État n'équivaut pas à "l'invisibilisation" de tout signe de croyance religieuse chez les membres de son personnel».
Au même diapason, la Commission des droits de la personne ajoute craindre une multiplication des recours et un engorgement des tribunaux en raison de l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires chez les employés de la fonction publique, chez ceux des municipalités, ainsi que chez ceux des réseaux de la santé et de l'éducation - si le projet de loi 60 était adopté tel quel.
Comme nous l'indiquions vendredi, le chef libéral Philippe Couillard a par ailleurs convoqué une réunion spéciale de tous ses députés lundi dans la capitale. L'un des principaux buts de la rencontre sera de permettre à l'aile parlementaire d'accorder ses violons sur les propositions qui deviendront celles du Parti libéral du Québec dans le dossier de la charte de la laïcité.
Les députés Marc Tanguay et Fatima Houda-Pepin ont étalé leurs divergences à plus d'une reprise. Mme Houda-Pepin a également peu apprécié certains commentaires de son collègue Gilles Ouimet sur le sujet.