Philippe Couillard, chef du PLQ

Charte: le PLQ entend répliquer avec sa propre proposition

Le Parti libéral du Québec (PLQ) répliquera au projet de loi du gouvernement Marois sur la charte des valeurs en y allant de sa propre proposition de législation. Pour combattre, suggère son chef, extrémisme et fondamentalisme religieux. Là réside le vrai problème de société, soutient Philippe Couillard.
Le chef du PLQ a accueilli avec une rafale de critiques le projet que défend le ministre Bernard Drainville. «Illégale», «inconstitutionnelle», «incohérente», la charte déposée à l'Assemblée nationale demeure, à ses yeux, «une attaque frontale contre les droits et libertés de tous les Québécois».
Pour M. Couillard, la charte «rate complètement la cible. Le véritable adversaire de notre société, ce sont les phénomènes d'intégrisme et d'extrémisme».
Le libéral s'est présenté devant les médias, accompagné par une demi-douzaine d'élus de son aile parlementaire. La députée Fatima Houda-Pépin, de foi musulmane, n'a pas accompagné son chef à cette sortie.
En point de presse, Philippe Couillard a nié la rumeur voulant que l'élue soit mal à l'aise avec la position de sa formation politique sur la neutralité religieuse. «Vous savez que ça fait des années qu'elle est en réflexion sur cette question, a-t-il précisé. Elle réfléchit d'ailleurs [...] à un projet de loi éventuel qu'elle va soumettre aux instances du caucus. Nous comptons sur son expertise.»
«On s'enfonce dans l'absurdité»
Philippe Couillard a décrit comme risible la procédure du Parti québécois, visant à tenir un vote de confiance, susceptible de faire tomber le gouvernement, sur la présentation même du projet de loi.
Il n'a pas été plus impressionné par la décision du ministre Drainville de laisser aux députés le soin de décider si le crucifix doit rester au Salon bleu. «On s'enfonce dans l'absurdité. [...] Juste en haut du crucifix, il y a une moulure en bois où c'est marqué : "Dieu est mon droit." Dans le milieu du drapeau du Québec, il y a une croix. Où on s'arrête?»
En chambre, les libéraux ont divulgué le résultat d'une vingtaine de demandes d'accès dans autant de ministères et d'organismes. Pas un n'a trace de document répertoriant des cas d'accommodements déraisonnables.
La Coalition avenir Québec réserve ses commentaires. Question d'attendre que tous ses députés aient pu se faire une idée sur la charte, a indiqué la députée caquiste Nathalie Roy.
Québec solidaire estime que le gouvernement n'a fait que rendre plus «intransigeante» sa proposition. Françoise David a dénoncé une nouvelle mouture qui préconise l'interdiction du port de signes religieux à ceux qui reçoivent des subventions gouvernementales, dont les organismes communautaires. Elle s'est élevée contre un «projet de loi qui va jusqu'à parler de la nourriture mangée dans les services de garde, y compris en milieu familial. [...] Tout cela sent mauvais, instaure un climat malsain».