L'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin présentera son projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État aux péquistes et aux caquistes.

Charte: Fatima Houda-Pépin aux huis clos du PQ et de la CAQ

L'ex-libérale Fatima Houda-Pepin déposera officiellement ce matin à l'Assemblée nationale son propre projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État - celui dont n'a pas voulu le Parti libéral du Québec.
La députée désormais indépendante en fera même la promotion auprès des députés péquistes et caquistes, ce qui est tout à fait inusité. Elle a en effet obtenu d'être invitée aux réunions à huis clos des ailes parlementaires du gouvernement Marois et de la Coalition avenir Québec, le temps de leur présenter le texte sur lequel elle a travaillé pendant des mois.
Son projet de loi porte un long titre. Il s'intitule «Loi sur la neutralité religieuse de l'État et la lutte contre l'intégrisme religieux et modifiant la Charte des droits et libertés de la personne, ainsi que la loi sur le ministère du Conseil exécutif».
Fatima Houda-Pepin s'est fait exclure du caucus libéral le 20 janvier en raison de son opposition à la position de son parti d'alors sur le port de signes religieux chez les employés de l'État incarnant l'autorité.
Pour la députée, cette impartialité doit «minimalement s'incarner dans l'autorité contraignante, c'est-à-dire les juges, les procureurs, les policiers et les agents correctionnels. Ce n'est pas une définition qu'il [Philippe Couillard] souhaitait». C'est ce qu'elle a expliqué ce jour où les ponts se sont rompus entre elle et sa formation politique.
Des comptes à régler
Le gouvernement Marois ne se privera pas d'embarrasser le plus possible le chef libéral Philippe Couillard avec cette affaire.
Le leader gouvernemental, Stéphane Bédard, s'est fait un plaisir d'organiser la rencontre à venir entre le caucus péquiste et la députée de La Pinière.
M. Bédard a par ailleurs demandé, en vain, mardi, la convocation d'une commission parlementaire spéciale qui aurait eu pour mandat de faire la lumière sur les toutes dernières tractations entre Mme Houda-Pepin et un représentant de Philippe Couillard. La députée a déjà affirmé qu'on lui avait promis un poste de ministre dans un éventuel gouvernement libéral en échange de son ralliement.
Fatima Houda-Pepin continue de régler ses comptes. Au Salon bleu, mardi, elle a déclaré qu'elle ne souhaitait quitter ni le Parti libéral, ni le caucus libéral. «M. Couillard m'a demandé de me soumettre ou de me démettre. Un tel ultimatum, a-t-elle répété, a eu pour effet de m'exclure d'un parti auquel j'ai loyalement contribué pendant une vingtaine d'années.»
Les députés de l'Assemblée nationale, dit-elle, sont les «représentants et les représentantes des citoyennes et des citoyens» qui les élisent. «Il faut qu'on soit leur voix dans cette Assemblée et non la voix de nos partis vis-à-vis de nos citoyens.»