«Je n'ai jamais dit que le PQ était raciste, a affirmé la députée Massé. Ce que je pense, par contre, c'est qu'il y a des responsabilités à assumer lorsqu'on pose des actes.»

Charte des valeurs: le PQ est responsable des dérapages, estime Massé

Le Parti québécois n'est pas «raciste», mais il porte une part de responsabilité pour les dérapages de ceux qui «se sont sentis légitimés» par la Charte des valeurs, estime la solidaire Manon Massé.
Dans une lettre envoyée aux hautes instances de Québec solidaire, le PQ a demandé au parti de se dissocier des accusations de racisme et de xénophobie lancées par des militants lors du dernier congrès solidaire. 
Mardi, les trois députés solidaires ont assuré qu'ils ne considèrent pas que le PQ et ses électeurs sont racistes. 
«Je n'ai jamais dit que le PQ était raciste, a affirmé la députée Massé. Ce que je pense, par contre, c'est qu'il y a des responsabilités à assumer lorsqu'on pose des actes.»
Elle a narré son expérience à titre de travailleuse dans un centre de femmes, en 2013. «Je peux vous dire que d'accueillir des femmes qui viennent de se faire cracher dessus parce qu'elles portent un hijab a été un effet du débat malsain, toxique, de la Charte des valeurs», a déclaré Mme Massé. 
Elle a refusé d'indiquer si elle recommandera au comité de coordination national de QS, dont elle fait partie, de se dissocier des propos tenus sur le parquet du congrès. Mais elle se voit mal contredire une personne qui raconte comment elle a vécu une situation.
«Moi, me dissocier, par exemple, d'une femme qui a été violée parce qu'elle a des propos agressants face à son agresseur potentiel, comment vous voulez que je m'en dissocie? a illustré Mme Massé. C'est elle qui vit la souffrance.»
Les insultes proférées au congrès solidaire ont été ressenties par l'ensemble des membres péquistes et tous ceux préoccupés par les questions identitaires, a estimé M. Lisée. «Les gens ne le prennent pas», a-t-il dit. Mais un refus de se distancier ne se traduira pas par une poursuite. «On est dans le monde politique», a tempéré M. Lisée. La réponse des solidaires les définira, a-t-il estimé. 
Chose certaine, il n'y a pas d'amour qui se perd entre les deux formations. À la prochaine élection, M. Lisée espère remporter les 125 circonscriptions du Québec. Et les trois détenues par Québec solidaire «sont assez hautes» sur la liste. Il estime que Gabriel Nadeau-Dubois a remporté Gouin «sans gloire» parce que le PQ lui a laissé la voie libre. Maintenant que la convergence est à l'eau, M. Nadeau-Dubois est devenu un «allié objectif» du gouvernement libéral. «M. Couillard se léchait les babines à l'idée que M. Nadeau-Dubois allait arriver», a lancé M. Lisée.
Pas de boycottage du Devoir
Il n'y a pas de campagne de désabonnement du journal Le Devoir orchestré par Québec solidaire en raison d'un mécontentement de la couverture journalistique, assure la députée solidaire Manon Massé.
Un élu des hautes sphères solidaires, Ludvic Moquin-Beaudry, a fait savoir sur les réseaux sociaux qu'il a contacté le service des abonnements du Devoir pour passer «à la version web seulement». 
«Je leur ai signalé que la raison de cela était ma profonde insatisfaction de leur traitement des derniers jours administré à QS, a écrit M. Moquin-Beaudry. La dame m'a répondu que je n'étais pas le seul et qu'elle avait la consigne de noter tous les commentaires en ce sens. On verra si ça donne quelque chose.»
Il s'agit d'un «geste personnel» qui n'implique pas son statut de membre du comité de coordination nationale de QS, a assuré mardi la porte-parole solidaire Stéphanie Guèvremont. «Il n'y a aucune campagne à QS pour boycotter Le Devoir, a-t-elle ajouté. Absolument pas.»
Au cours des derniers jours, des militants et sympathisants de QS se sont «déchaînés» sur les réseaux sociaux avec des «théories du complot délirantes et des appels au désabonnement» en raison de la «trahison» du Devoir, a constaté le chroniqueur Antoine Robitaille, mardi. Le quotidien de la rue Berry a publié des textes critiques du refus de QS de conclure une alliance électorale avec le PQ. 
La rédactrice en chef du Devoir, Luce Julien, a dû écrire un texte dans l'édition de mardi pour réaffirmer que le quotidien est «libre et indépendant de toute influence». 
Le chef péquiste Jean-François Lisée a noté quant à lui que le journal est la cible d'un «assaut de QS pour se désabonner». 
Mais la solidaire Manon Massé assure n'être au courant de rien de tel. «C'est sûr que, dans les derniers jours, on a eu -comme ça arrive dans d'autres médias- une couverture assez extraordinaire, a-t-elle déclaré. Mais je ne pense pas que QS lance un appel à un désabonnement du seul journal indépendant, plus ou moins, qui nous reste.»