Centre des médias du G7: 1,4 M$ alloués pour l’ambiance

Les journalistes seront traités aux petits oignons dans le Centre des congrès de Québec transformé en Centre international des médias pour le sommet du G7 des 8 et 9 juin. Un budget de près de 1,4 million $ est alloué pour l’ambiance, pour qu’ils y vivent une «expérience» alliant le tourisme, la gastronomie et l’innovation.

Le concept reste à peaufiner. Mais les documents consultés témoignent du désir du gouvernement fédéral de faire du charme aux quelque 2000 délégués médiatiques qui seront regroupés. «On souhaite obtenir une expérience qui étonne et qui émerveille les utilisateurs par son originalité, son innovation et son côté artistique.» Le projet soumis devra «être nouveau, incomparable et hors du commun», lit-on.

Ottawa voit le G7 comme une «occasion incomparable pour le pays de se démarquer et de démontrer son expertise et son savoir-faire, en plus de se positionner comme destination touristique et gastronomique incontournable et comme pôle d’innovation aux échelons régional, provincial et national.»

Le Centre des congrès de Québec serait donc un «site stratégique» qui servira de «vitrine pour le Canada».

L’ambition est grande. Le Bureau de gestion des sommets fédéral évoque une «expérience inédite, hors du commun, originale et étonnante.»

Les auteurs du dossier consulté ajoutent : «L’expérience mémorable […] commence dès l’entrée dans le Centre des congrès de Québec, se poursuit dans chaque espace prévu dans ce concept et se termine une fois que le visiteur sort du site.»

Un peu plus loin, des précisions sont offertes : «Le Bureau de gestion des sommets souhaite y mettre de l’avant l’expertise et le savoir-faire pancanadien, notamment au moyen de trois types d’expériences intégrées de façon organique au site, soit l’Expérience innovation, l’Expérience touristique et l’Expérience gastronomique.»

Pourquoi ces trois thématiques? Parce que le gouvernement évalue que ce sont trois domaines qui attirent les investissements étrangers directs au Canada, qui attirent les professionnels, les touristes et les gens d’affaires.

Pour stimuler les créateurs, le Bureau de gestion des sommets les aiguille : «L’entrepreneur doit créer un concept inspiré par les idées suivantes : organique, intégré, contemporain, expérientiel, interactif, innovation, technologies, fluidité, numérique, ergonomie, efficience; orientation adaptée aux caméras (studio de télévision); du terroir à la table, médias sociaux, image de marque (Sommet du G7 de 2018), respect de l’environnement, contenus exportables.»

L’Expérience touristique devra mettre en valeur Charlevoix, le Québec, les Premières nations et le Canada. L’Expérience innovation présentera les plus récentes percées canadiennes. L’Expérience gastronomique offrira les produits régionaux de Charlevoix et Québec.

Faire du millage

Le gouvernement canadien espère faire du millage avec sa «vitrine» et réutiliser une partie de l’œuvre. «Certains contenus pourraient être accessibles au grand public après l’événement et d’autres pourraient être exportés ou diffusés par différents médias ou sur différentes plateformes.»

À noter que la Gendarmerie royale du Canada ne laissera personne entrer au Centre des congrès de Québec, ni dans aucun autre site lié au sommet du G7, sans accréditation. Et avant de délivrer le sésame, les policiers vérifieront préalablement l’identité, le passé judiciaire des candidats, mais, aussi, leur cote de crédit. Sur demande, les agents pourront exiger les empreintes digitales et faire une enquête plus poussée.

Si votre curiosité est piquée, sachez cependant que le grand public pourra visiter «l’espace dédié à l’Expérience touristique» après le sommet du G7, les 10 et 11 juin.

Le Centre international des médias de Québec sera «opérationnel 24 heures sur 24, du 7 au 9 juin.»