Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Caucus de la CAQ: l'éthique et l'économie avant l'élection

François Legault tient peut-être, lundi, le dernier caucus de ses députés avant l'élection générale. Pour tout dire, cela indiffère le chef de la CAQ, qui est davantage préoccupé à préparer de nouvelles salves contre le PQ de Pauline Marois en matière d'éthique et de bilan économique.
Joint, dimanche, à quelques heures des travaux qui réuniront sa députation à Saint-Eustache, au nord de Montréal, le meneur de la Coalition avenir Québec (CAQ) a reconnu que «nous sommes à la merci de Mme Marois. Elle peut déclencher des élections, la semaine prochaine, sur la charte».
Il analyse que les «probabilités» sont «fortes» que la première ministre lance bientôt la campagne électorale parce que «la charte est encore populaire» et que les citoyens «ne sont pas encore tannés d'en entendre parler».
Malgré les enquêtes d'opinion qui, à répétition, sont mauvaises pour la CAQ, M. Legault se refuse à tout pessimisme. «Les sondages ne sont pas représentatifs, répète-t-il. Depuis six mois, ils sont [dominés] par un sujet très émotif», la charte.
François Legault croit toujours à la bonne étoile de la formation qu'il a fondée. «Dans une campagne électorale de 35 jours, il y a davantage d'écoute de la part des citoyens» pour les propositions politiques des uns et des autres, dit-il. «Je suis encore optimiste d'avoir un gouvernement majoritaire caquiste.»
Tout de même, la CAQ «attendra le budget» avant de décider si elle tente de faire tomber le gouvernement Marois. Là-dessus, insiste le chef, ses conditions sont connues et n'ont pas changé : une baisse de taxes pour les contribuables, un plan économique pour relancer le Québec et l'atteinte de l'équilibre budgétaire dès 2014-2015.
Le budget que déposera le Parti québécois (PQ) sera un des deux principaux sujets à l'ordre du jour pour la rencontre de l'aile parlementaire. L'autre portera sur les liens entre le PQ, sa chef et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).
«Nous avons fouillé le dossier de l'éthique et nous voulons aller plus loin», mentionne M. Legault. La CAQ veut revenir sur les révélations issues de la commission Charbonneau. Elle reviendra sur le fait que la ministre Élaine Zakaïb était au courant, en 2009, que le Fonds de solidarité de la FTQ, dont elle était une dirigeante, bloquait des concurrents de l'entrepreneur Tony Accurso.
Surtout, la Coalition dit avoir fait une «analyse complète» d'un autre dossier, un investissement de 3 millions $ du Fonds dans une quasi «fiducie familiale», pilotée par Claude Blanchet, le conjoint de Mme Marois, rappelle le leader caquiste. Il estime que la chef du PQ a «fait preuve d'un manque de jugement». «Moi, donne-t-il comme exemple, je n'aurais pas accepté que le Fonds investisse dans une entreprise de ma conjointe ou de mes enfants.»
La Coalition avenir Québec a accueilli, vendredi, l'octroi de 350 millions $ en subventions pour une cimenterie en Gaspésie, comme une annonce faite sur «carte de crédit». En entrevue, François Legault signale que les ministres de Pauline Marois se préparent à aligner plus de 80 annonces, cette semaine.
Il doute que le PQ y gagnera. Les péquistes «sont en train de se discréditer». À ses yeux, ils font la démonstration «qu'ils forment un gouvernement dépensier. Ça fait presque mon affaire».
«Ils font des annonces, mais le portrait global [en économie] est tellement mauvais», poursuit-il en réaffirmant que le Québec a perdu 43 000 emplois à temps plein.