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Caroline Proulx, ministre québécoise du Tourisme.
Caroline Proulx, ministre québécoise du Tourisme.

Caroline Proulx: peu de faillites, mais 10 G$ de pertes pour le tourisme

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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LA POLITIQUE EN QUESTIONS / Après un an à annoncer des mauvaises nouvelles et des programmes d’aide, la ministre québécoise du Tourisme a retrouvé le sourire cette semaine avec l’annonce du déconfinement. L’été à venir ne pourra qu’être «supérieur», répète Caroline Proulx, après avoir vu l’industrie touristique québécoise éponger des pertes d’environ 10 milliards $ en 2020.

Q Vous venez d’annoncer le déconfinement des événements et festivals pour cet été. Mais les organisations sont-elles prêtes? Il est tard pour monter une programmation digne de ce nom, non?

Jamais trop tard pour monter une programmation. Les producteurs sont vraiment des gens capables de se retourner sur un 10 cennes, passez-moi l’expression.

Moi qui ai travaillé au Festival international de jazz, aux FrancoFolies, au Cirque du Soleil, les gens sont habilités et habitués à virer une programmation de bord. Parfois, il y avait des tempêtes qui tombaient sur Montréal, on annulait des concerts et on était capables de les reprogrammer.

Maintenant, ça fait longtemps que je travaille avec la Santé publique. Les plans sont béton et ils sont prêts à accueillir des festivaliers tant à Québec qu’à Mont­réal. Ça va faire juste de la belle vie.

Q Comme des mesures sanitaires resteront en vigueur, est-ce que la majorité des entreprises touristiques continueront à perdre de l’argent en 2021?

Ç’a été une année difficile, les frontières internationales sont fermées. On n’a pas tous ces visiteurs qui entrent au Québec. Des régions se sont bien tirées d’affaire l’été dernier, d’autres plus difficilement, dont Mont­réal et Québec. On apporte un soutien particulier à Montréal et à Québec.

À la lumière du déconfinement graduel qui s’opère, je pense que les entreprises touristiques au Québec vont vivre un été supérieur à ce qu’elles ont vécu l’année dernière.

Q Une entreprise touristique aura-t-elle le droit de demander une preuve vaccinale à ses clients, par exemple pour assister à un spectacle, dormir dans un hôtel ou visiter une microbrasserie?

R On n’en est pas là, pour le moment. On attend le rapport final de la Direction de la Santé publique. Le ministre [de la Santé, Christian] Dubé va l’examiner et présentera ensuite les conclusions au grand public.

Q Le manque de travailleurs compliquera la tâche pour les restaurateurs et les hôteliers. Comment les aiderez-vous?

R Il y avait déjà une pénurie de main-d’œuvre avant la pandémie, de près de 20 000 employés.

On a mis des sommes assez massives. Des campagnes de recrutement et de séduction sont là présentement pour attirer à nouveau les gens dans l’industrie touristique.

Élément important, il n’y a pas de PCU [Prestation canadienne d’urgence] cet été. Je suis très confiante qu’on va aller rechercher des étudiants.

Q Avec la frontière des États-Unis qui devrait rester fermée tout l’été, Charlevoix risque-t-il de devenir la nouvelle Gaspésie? Comment éviter le surtourisme dans des régions qui ne sont pas équipées pour recevoir tout ce monde?

R [Les forfaits] Explore Québec, c’est la solution! Planification des déplacements, un minimum de deux nuitées, deux activités touristiques à 25 % de rabais.

Les Québécois ont d’abord visité le Québec l’année passée. On va continuer à le faire cette année. Les gens voudront aller dans des régions qu’ils n’ont pas visitées. Il reste la belle Abitibi-­Témiscamingue, il reste l’Outaouais avec les parcs de la Sépaq [Société des établissements de plein air du Québec], il reste évidemment la Montérégie, l’Estrie, le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je ne suis pas inquiète que les gens voudront diversifier leurs voyages cet été.

Caroline Proulx, ministre québécoise du Tourisme.

Q Des forfaits et rabais initiés l’an passé sont reconduits cet été?

R Oui! Retour de la carte annuelle de la Sépaq édition Bonjour Québec en vente exclusivement en ligne à partir du 1er juin, à 9h. Succès monstre l’année passée! Très fière de ça, 75 % des acheteurs étaient des nouveaux détenteurs de carte.

Quand on achète la carte de la Sépaq, ça génère aussi de l’activité économique dans le pourtour du parc. Les gens vont sur les terrasses, dans les restaurants, achètent des produits locaux.

Explore sur la route, c’est 10 millions $ en 2020. On va continuer d’avoir des forfaits à rabais au cours de l’été. Il y en avait plus de 600 et on va frôler les 1000 forfaits pour cet été.

Et les Passeport Attraits, hyper populaires aussi. On en a vendu pas loin de 150 000 l’an passé. C’est 300 différents passeports qui vont être mis en ligne. Deux activités pour 20 % de rabais, trois 30 %, quatre 40 % de rabais.

Q Quelles sont les pertes pour l’industrie du tourisme dans la dernière année en dollars et en fermetures d’entreprises?

Des fermetures, il y en a très peu. Ceux qui n’étaient pas en santé financière avant la pandémie, ç’a évidemment été difficile pour eux.

Mais la santé financière de bon nombre d’hôteliers, par exemple, était bonne avant. J’ai bon espoir qu’on va avoir un été touristique supérieur à ce qu’on a vécu l’année dernière.

Les recettes touristiques pour 2019 étaient de 16,5 milliards $ et on était à 5,8 milliards $ estimés pour 2020, mais les analyses ne sont pas terminées. Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas de touristes internationaux [actuellement] et pas de croisières non plus qui entrent [jusqu']en 2022.

Mais on va générer des recettes supérieures cette année grâce à notre plan de déconfinement.

Q À la suite de la rétrogradation de Marie-Eve Proulx, vous héritez comme ministre de la responsabilité de la région du Bas-Saint-Laurent. Comment croire que vous y porterez attention, alors que vous avez déjà beaucoup de pain sur la planche avec le Tourisme et la région de Lanaudière?

C’est une belle région touristique que j’ai visitée comme ministre à deux occasions et j’y retourne pas plus tard qu’après la fin de la session parlementaire [qui se termine le 11 juin].

C’est intéressant de continuer de travailler dans le cadre touristique, de continuer d’accompagner nos entreprises pour avoir davantage d’hébergement touristique dans le Bas-Saint-Laurent.

Mais toutes les autres entreprises en dehors de l’industrie couverte par le ministre du Tourisme sont très intéressantes à découvrir et rencontrer. Une série de rencontres ont eu lieu [par Zoom] la semaine dernière, une autre dans les prochaines semaines et une troisième tournée dans le Bas-Saint-Laurent va s’amorcer après les travaux parlementaires.