Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie, a défendu la nomination controversée de Catherine Loubier au poste déléguée générale du Québec à New York. «Je pense qu’elle est très compétente.»

Caquiste nommée déléguée du Québec à New York: une nomination partisane?

Alors que la CAQ a toujours dénoncé les nominations partisanes, le conseil des ministres a nommé une proche collaboratrice du parti au poste déléguée générale du Québec à New York.

Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la francophonie, a défendu la nomination controversée de Catherine Loubier, directrice adjointe au cabinet de François Legault, à ce poste. «Je pense qu’elle est très compétente.»

Refusant de reconnaître qu’il s’agit d’une nomination partisane, Mme Girault laisse tout de même entendre qu’il s’agit d’une nomination politique. «On se garde les huit nominations de délégations générales, dont New York fait partie, pour choisir des gens qu’on veut mettre en place en fonction de nos objectifs […] Tous les autres postes, on va les dépolitiser.»

La ministre souligne que plusieurs candidatures ont été étudiées, mais que celle de Mme Loubier se distinguait parce qu’elle avait envie de déménager. «Il y avait plusieurs personnes qui étaient qualifiées pour le poste, mais encore faut-il que les gens veulent déménager à New York.»

Le ministre du Travail Jean Boulet a qualifié cette nomination d’«excellente», tandis que le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon a salué le bon travail réalisé par Mme Loubier lors d’une récente mission à Davos. 

Depuis octobre dernier, Catherine Loubier travaillait comme directrice adjointe du cabinet du premier ministre François Legault. Elle s’occupait notamment des relations intergouvernementales et internationales. Elle a quitté ses fonctions cinq jours avant d’obtenir son poste à New York. 

Auparavant, Mme Loubier a travaillé au cabinet du premier ministre conservateur Stephen Harper, à titre de conseillère principale pour le Québec, de 2013 à 2015. 

Promesse rompue?

Dans sa plate-forme électorale, la CAQ a promis d’adopter une loi pour mettre fin aux nominations partisanes. En octobre, le député Simon Jolin-Barrette s’est engagé, au nom de son parti, à déposer un projet de loi avant la fin de l’année 2018 pour encadrer ces nominations, ce qui n’a pas encore été fait. 

Depuis sa création, la CAQ n’a cessé de dénoncer les «petits amis» du Parti libéral et du Parti québécois, qui obtenaient des postes dans la haute fonction publique. 

Le PLQ et le PQ n’ont pas manqué de rendre à la CAQ la monnaie de sa pièce. «Ça m’apparaît vraiment une nomination pour service rendu», a dénoncé le chef du PQ Pascal Bérubé. «C’est clair que c’est un engagement (de la CAQ) qui est rompu. Je veux seulement que le premier ministre l’assume», a-t-il ajouté. 

La députée libérale Paule Robitaille a quant à elle dénoncé «l’incohérence» du gouvernement caquiste, qui annonçait en début de semaine une réforme pour avoir des diplomates mieux formés et choisis pour leur savoir-faire, et non leur affiliation politique. 

«Est-ce qu’il y a eu un deal? Est-ce qu’elle [Catherine Loubier] est venue faire la transition, sachant fort bien qu’elle allait obtenir le poste de déléguée générale du Québec à New York?» a questionné sa collègue Dominique Anglade.

Pour compenser en quelque sorte la nomination de Mme Loubier, la CAQ a aussi nommé mercredi Jean-Pascal Bernier, l’ex-chef de cabinet de Philippe Couillard, au poste de vice-président de la Société d’habitation du Québec.