Campagne électorale: des coûts estimés à 88 millions $

Le prochain scrutin entraînera des dépenses records pour le Directeur général des élections (DGE). La hausse sera toutefois marginale pour le contribuable.
La campagne de 2012 a coûté 76 millions $ au DGE. Les projections pour celle qui s'amorce aujourd'hui établissent ce montant à 88 millions $.
De ce total, 46 millions $ iront à la rémunération des 80 000 personnes engagées dans l'opération. Les dépenses avant d'arrêter la date de l'élection s'élèvent à 5,3 millions $. Les locaux, les téléphones, le matériel et autres investissements pour le fonctionnement représentent 19,3 millions $. Le financement public aux différents partis dans la course atteint 17,4 millions $.
Réforme du PQ
En communiquant ces chiffres, le DGE explique que ce sont les changements à la politique de financement des partis par l'État qui expliquent l'écart de 12 millions $. La réforme du Parti québécois (PQ) a radicalement réduit le montant maximum des contributions versées par les citoyens - de 3000 $ par an à 100 $.
Mais elle a compensé par une formule où l'État est beaucoup plus généreux. Les chiffres du DGE ne tiennent cependant pas compte de l'abolition du crédit d'impôts accompagnant la refonte. Une source suggère que cela pouvait coûter 11 millions $ au fisc. Le million de dollars n'est pas trop cher pour régler le problème du financement.
En vertu des nouvelles règles, le PQ surclasse ses adversaires pour ce qui est de la cueillette de fonds chez ses partisans. Depuis janvier, ses organisateurs ont récolté 383 176 $. C'est quatre fois plus que le Parti libéral du Québec (PLQ; 87 076 $). La Coalition avenir Québec (CAQ) n'a amassé que 34 731 $. C'est encore moins que Québec solidaire (QS; 36 450 $). À ces chiffres, il faut ajouter les contributions de 2013 : 1 057 868 $ pour le PQ; 833 466 $ pour le PLQ; 159 089 $ pour la CAQ; et 206 351 $ pour QS.
Les changements ont bonifié l'aide par les fonds publics, calculée en vertu des résultats du scrutin du 4 septembre 2012. Pour l'élection du 7 avril, le PQ a droit à 1 897 068 $, en raison de sa part de suffrages (31,95 %); le PLQ, à 1 852 509 $ (31,2 %); la CAQ, à 1 606 500 $ (27,05 %); et QS, à 358 137 $ (6,03 %).
C'est sans compter les surplus que peuvent avoir engrangé les formations politiques. Les dépenses sont plafonnées à 8 millions $ par parti. Avant la réforme, cela pouvait grimper à 11,5 millions $.
L'argent, nerf de la guerre électorale, certes, mais une campagne, c'est aussi «l'huile de bras», le travail des bénévoles. Récemment, les péquistes ont indiqué qu'ils comptent 90 000 membres en règle. Ils sont 53 000 au PLQ. La CAQ a 15 000 adhérents. Ils sont 12 000 chez QS.