Le chef libéral Philippe Couillardd

Budget Marceau : appui libéral «hautement improbable»

Philippe Couillard juge «hautement improbable» que son parti laisse passer le prochain budget du ministre Nicolas Marceau.
Si les caquistes de François Legault maintiennent aussi cette ligne, le Québec sera en campagne électorale au printemps.
«Sur la base de tout ce qu'on voit, il est hautement improbable qu'on soutienne le budget du gouvernement», a déclaré, lundi, le chef libéral à la veille d'une réunion de deux jours de son aile parlementaire à Saint-Félicien.
Philippe Couillard réclame que le ministre des Finances présente le budget 2014-2015 du Québec avant l'échéance de la fin avril, fixée par la première ministre Pauline Marois.
«C'est irresponsable d'attendre à la fin avril comme tente de le faire Mme Marois, a-t-il dit. Le gouvernement péquiste et son ministre des Finances ont perdu le contrôle des finances de l'État. Le Québec se dirige vers trois années consécutives de déficit budgétaire.»
Comment le gouvernement réglera-t-il la quadrature du cercle? En coupant dans le domaine de la santé, dans le système d'éducation, dans les services sociaux? demande-t-il. «Quelle nouvelle taxe ce gouvernement est-il sur le point d'imposer aux contribuables québécois?» a-t-il renchéri.
Pour relancer l'économie québécoise, le chef libéral propose de réduire la taxe sur la masse salariale des entreprises, surtout celle des PME manufacturières. Il préconise par ailleurs le plein rétablissement des investissements en infrastructures au Québec.
Il a rappelé qu'un gouvernement libéral lancerait une vaste réforme fiscale. Il s'est engagé à présenter des «propositions concrètes» pour réduire le poids de la fiscalité pesant «sur les épaules des familles de la classe moyenne».
Tous les partis, y compris le Parti québécois, évalueront leur force réelle à la lumière des sondages avant de poser un geste qui pourrait précipiter les Québécois aux urnes, quoi qu'ils puissent dire aujourd'hui. Mais ils font néanmoins depuis quelque temps part de leurs intentions actuelles - intentions qu'ils ponctuent prudemment de «si». Ils se gardent des marges de manoeuvre.
Excédé
Notons que Philippe Couillard avait davantage envie de parler d'économie que de laïcité, lundi. Il a paru excédé devant l'insistance des journalistes à revenir sur ce sujet, ainsi que sur l'expulsion de la députée Fatima Houda-Pepin du caucus. Il a invité ces derniers à demander des comptes au gouvernement Marois.
«Ce qui est sur la place publique, ici, à l'Assemblée, c'est le projet de loi 60 du gouvernement! Demandez au gouvernement... On va prendre l'habitude, là, à partir de maintenant - maintenant que notre position est déposée -, de demander au proposeur ce qu'il va faire. Alors, posez votre question au ministre Bernard Drainville, puis, ensuite, on commentera.»
Défendant sa position sur la non-interdiction de porter des signes religieux dans les entités étatiques, à l'exclusion de vêtements comme la burqa et le tchador, le chef libéral a eu ce commentaire de portée plus générale :
«S'il y avait des gens qui avaient encore des doutes sur l'importance du phénomène religieux pour les Québécois, je pense que, s'ils ont vu la communauté de L'Isle-Verte en fin de semaine, ils ont une meilleure appréciation de cette question-là. Ça fait partie de notre histoire, de notre patrimoine, de ce qui est important pour nous, les Québécois, et il reste là», a-t-il dit à propos du crucifix accroché au Salon bleu et en faisant référence à la cérémonie religieuse en mémoire des victimes de l'incendie de la résidence pour personnes âgées.