La première ministre Pauline Marois s'est livrée à une charge à fond de train contre Ottawa, jeudi, au lendemain de la présentation du budget 2014-2015 du ministre fédéral Jim Flaherty.

Budget Flaherty : Marois «outrée» par le «fédéralisme prédateur»

La première ministre du Québec se dit «outrée» par le «fédéralisme prédateur» du gouvernement canadien.
Pauline Marois s'est livrée à une charge à fond de train contre Ottawa, mercredi, au lendemain de la présentation du budget 2014-2015 du ministre fédéral Jim Flaherty.
«Le fédéral agit comme un vrai prédateur, a-t-elle lancé. Je suis outrée de ce qu'il y a dans le budget fédéral.»
Les membres du gouvernement Harper «sont absolument entêtés comme c'est pas possible», a poursuivi la première ministre.
Elle en veut à des initiatives comme celle de la création d'un nouveau fonds de recherche dans le domaine de l'éducation supérieure doté d'un financement de 1,5 milliard $, un domaine de compétence québécoise, a-t-elle insisté.
Et elle en veut encore plus particulièrement à la volonté du gouvernement canadien de sabrer le financement des ententes sur le marché du travail pour mettre en place sa propre initiative de Subvention canadienne pour l'emploi. Ce qu'il menace de faire s'il ne parvient pas à s'entendre avec les provinces d'ici le 1er avril.
Le ministre fédéral Denis Lebel «dit qu'il négocie avec nous. Non, il ne négocie pas! Il veut nous imposer sa décision. Ce qui est inacceptable. C'est du gaspillage», a décrié Mme Marois.
«Pensez-vous vraiment qu'à partir du 1er avril, Service Canada sera capable de remplacer les services offerts par Emploi-Québec? C'est quoi? Le gouvernement fédéral va engager de nouveaux fonctionnaires pour faire exactement le travail qui est fait par Emploi-Québec?», a renchéri le ministre des Affaires intergouvernementales et de la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier.
Le «déséquilibre fiscal» est bel et bien de retour, selon le ministre. «Vous savez, c'est pas mal plus facile pour un gouvernement de couper dans le militaire que de couper dans les soins de santé.»
Aux yeux de M. Cloutier, la véritable solution passe par la souveraineté du Québec et, d'ici là, par des batailles politiques à mener contre le gouvernement Harper. «Tant et aussi longtemps qu'on sera dans la fédération, on sera dépendants des mauvaises décisions d'Ottawa. La façon d'y mettre fin, c'est l'indépendance du Québec», a-t-il dit.
Des querelles
Le chef libéral Philippe Couillard reproche aux membres du gouvernement Marois de chercher à instrumentaliser des querelles contre Ottawa à des fins de politique partisane.
Lui-même réclame une augmentation des transferts d'Ottawa destinés au domaine de la santé. Il conteste la nouvelle méthode de calcul du gouvernement canadien.
Cela étant, remarque M. Couillard, «au Québec, la seule colonne qui augmente, c'est celle des transferts fédéraux». Globalement, «le gouvernement fédéral est rendu à 19 milliards $ de transfert par année au Québec».