Le ministre fédéral de l'Innovation, Navdeep Bains et le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, en février 2017.

Bombardier a répondu aux critiques, jugent Québec et Ottawa

Québec et Ottawa estiment que Bombardier a répondu aux critiques de la population entourant les salaires de ses patrons en décidant de retarder d'un an - jusqu'en 2020 - une partie de leur rémunération pour l'année 2016.
En marge du coup d'envoi de la Semaine internationale de l'aérospatiale, lundi, à Montréal, les deux ordres de gouvernement n'ont toutefois pas voulu dire si le constructeur d'avions et de trains devrait aller encore plus loin pour calmer la grogne.
La ministre québécoise de l'Économie, Dominique Anglade, a affirmé que Bombardier avait «besoin d'entendre ce que la population avait à dire», ajoutant que la proposition annoncée la veille par l'entreprise reflétait «cette compréhension».
«Je pense que ce qu'ils ont présenté reflète le fait qu'ils ont compris le message de la population, a-t-elle affirmé au cours d'une mêlée de presse. Je crois qu'ils ont entendu les Québécois dans les gestes qu'ils ont posés.»
Plusieurs ont fait part de leur indignation en raison du montant global - qui tient compte des primes, de la rémunération en actions et de la valeur du régime de retraite - de 32,6 millions $ US, en hausse de 50 pour cent sur un an, octroyé aux six plus hauts dirigeants. Ce montant était jugé indécent, alors que Québec a injecté 1,3 milliard $ dans la CSeries et que le gouvernement Trudeau vient de consentir un prêt de 372,5 millions $. D'ici la fin de 2018, Bombardier devrait en plus avoir éliminé quelque 14 500 postes à travers le monde.
La pression populaire avait incité le président directeur du conseil de Bombardier, Pierre Beaudoin, à renoncer à son augmentation de salaire pour 2016. Cela n'avait toutefois pas empêché la tenue d'une manifestation dimanche à Montréal pour dénoncer les salaires octroyés aux patrons de la société.
Mme Anglade n'a pas voulu dire si elle était à l'aise de voir les dirigeants de la société conserver leurs primes de rendement en argent alors que Bombardier a affiché une perte nette de 981 millions $ US l'an dernier et que ses revenus ont reculé.
Être sensible aux critiques
De son côté le ministre fédéral de l'Innovation, Navdeep Bains, a estimé que l'avionneur avait commencé à prendre des moyens pour calmer la grogne entourant la rémunération de sa haute direction.
«Ils ont clairement reconnu qu'il y avait des changements à apporter, a-t-il commenté avant la sortie de Mme Anglade. Comme plusieurs Canadiens, j'avais des préoccupations, j'ai été déçu et la compagnie a pris des mesures pour se pencher sur la question.»
Au terme d'une tempête médiatique de plusieurs jours, Bombardier a compris cette frustration, a ajouté M. Bains. Selon lui, Bombardier se devait d'adopter une «approche différente».
Le ministre fédéral de l'Industrie n'est toutefois pas allé jusqu'à dire qu'il aimerait voir l'avionneur aller encore plus loin.
«C'est difficile de spéculer, a dit M. Bains en réponse à une question. La compagnie a plusieurs actionnaires, dont le gouvernement fédéral et Québec. Elle a la responsabilité d'être sensible (aux critiques).»