«Nous avons humblement prouvé que ça se peut, alors mes amis, bonne refondation», a lancé le chef du Bloc québécois aux péquistes.

Blanchet livre un message d'espoir aux péquistes: le PQ peut renaître comme le Bloc

TROIS-RIVIÈRES — Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a livré un message d'espoir aux 400 militants péquistes réunis samedi en congrès extraordinaire à Trois-Rivières.

Il s'est servi de la renaissance fulgurante du Bloc québécois (BQ) pour inspirer les péquistes, qui doivent se remettre de la défaite historique subie l'an dernier et reconstruire leur parti.

«Nous avons humblement prouvé que ça se peut, alors mes amis, bonne refondation», a-t-il lancé.

L'an dernier, le Bloc était encore divisé et moribond, mais aux dernières élections fédérales, il a réussi à faire élire 32 députés.

«Merci d'avoir démontré qu'il n'y a pas de fatalité, que tout est possible», a répondu le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé, qui tient la barre depuis le dur revers des péquistes. Ils ne sont plus que neuf à l'Assemblée nationale.

Dans son discours, la présidente de l'aile jeunesse péquiste, Frédérique St-Jean, a affirmé que la ferveur souverainiste est en train de renaître.

«Au Québec, le vent a commencé à tourner», a-t-elle déclaré.

Même s'il est souverainiste, le Bloc n'a toutefois pas fait campagne sur l'indépendance. Cependant, il a abondamment milité pour la laïcité, en faisant valoir que la loi sur la laïcité adoptée par le gouvernement caquiste était contestée par le reste du Canada.

Un de ceux qui sont pressentis pour se lancer dans la course à la direction, le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a reconnu que la souveraineté n'est pas un enjeu prioritaire dans l'opinion publique actuellement.

«Vous avez raison, les sondages ne sont pas là pour l'indépendance, on part autour de 35-40 % [d'appuis], mais notre travail, c'est de continuer de convaincre, d'aller à la rencontre des gens, de faire ressortir des arguments extrêmement puissants et contemporains sur l'indépendance.»

Les sympathisants pourront choisir le prochain chef

Le prochain chef du Parti québécois pourra être choisi non seulement par les membres, mais aussi par des sympathisants, ce qui serait une première au Québec.

Les militants ont accepté d'ouvrir les portes du parti: ils ont changé les règles pour que même des citoyens qui ne sont pas membres puissent voter dans des primaires ouvertes.

L'hiver prochain, des instances de la formation décideront des règles de la course à la direction. Elles devront donc choisir si oui ou non, le prochain chef sera élu par un suffrage plus large que celui des membres.

«Pas peur de changer»

Malgré l'opposition farouche de certains militants, l'assemblée a voté massivement en faveur des nouvelles règles.

«"Coudonc", a-t-on si peur de changer?» a demandé le député péquiste de Rimouski, Harold LeBel, qui s'est prononcé en faveur de l'élargissement du vote pour le nouveau chef. «Non, on n'a pas peur de changer et c'est ça qu'on va laisser savoir aujourd'hui aux gens qui nous écoutent. Le Parti québécois change et il n'a pas peur de changer.»

Un des militants les plus connus et influents du PQ, Marc Laviolette, s'est opposé farouchement à cet élargissement du suffrage. À quoi bon rester membre si on peut même voter pour le chef sans avoir sa carte, a demandé M. Laviolette.

«Pas besoin de réinventer le bouton à quatre trous», a-t-il plaidé, en rappelant que le PQ est déjà le parti qui compte les plus grands effectifs, et de surcroît, les courses à la direction sont les périodes où le parti recrute le plus.

«Faut pas pousser le bouchon trop loin», a dit M. Laviolette.

Toujours sur le front de la démocratie interne, les délégués ont toutefois rejeté une proposition qui aurait permis, en obtenant au moins 1000 signatures, d'exiger des consultations pour réexaminer une position prise par le parti.

Les militants s'inquiétaient des conséquences de cette proposition, qui aurait pu miner l'autorité d'un chef ou encore, donner une image de dissension dans les médias.

Parité

En outre, les militants ont décidé de trancher en faveur de la parité dans les exécutifs de circonscription.

Chaque organisation devra être composée de sept personnes, une présidence, deux femmes, deux hommes, en plus de deux jeunes, soit une jeune femme et un jeune homme.

Les délégués ont par ailleurs rejeté une proposition pour ajouter, aux valeurs de «justice» et d'«équité» énoncées dans la déclaration, la précision «dans un contexte de social-démocratie».

«Au Parti québécois, on a des courants de pensée différents, c'est un peu le détroit de Magellan des idées, il y a la gauche et la droite qui se rencontrent», avait résumé un peu plus tôt le militant Paul Saint-Pierre Plamondon, aspirant pressenti à la direction du PQ.