Un rapport du Comité permanent de la Défense nationale, publié en juin dernier avec l’aval des membres libéraux du groupe, dévoile dans le menu détail les besoins énormes de nouveaux navires, et notamment des ravitailleurs comme l’Asterix construit à Lévis.

Besoin de navires: Ottawa n’a pas donné l’heure juste à Québec

EXCLUSIF / Le gouvernement fédéral n’a pas donné l’heure juste à celui du Québec en soutenant que la Marine canadienne n’a pas besoin d’un deuxième navire ravitailleur qui pourrait être construit au chantier maritime de la Davie. «Moi, je décode ce qui est dit par le gouvernement fédéral. Ce que j’ai compris, c’est qu’ils disent qu’ils n’ont pas besoin d’un deuxième navire», a expliqué le premier ministre Couillard en point de presse.

Les informations transmises au premier ministre Couillard sont le résultat d’une rencontre, vendredi, entre le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, et le ministre délégué aux Affaires maritime du Québec, Jean D’Amour.

Or Le Soleil a appris que contrairement à ce qui a été dit, les besoins de la Marine canadienne pour un autre ravitailleur commandent au contraire une utilisation accrue de la Davie.

Un rapport du Comité permanent de la Défense nationale, publié en juin dernier avec l’aval des membres libéraux du groupe, dévoile dans le menu détail les besoins énormes de nouveaux navires, et notamment des ravitailleurs comme l’Asterix construit à Lévis.

Un copier-coller de quelques paragraphes de ce rapport suffit pour démontrer qu’Ottawa n’a pas donné l’heure juste au gouvernement du Québec.

«Depuis la mise hors service de ses ravitailleurs et de ses destroyers, la Marine royale canadienne [MRC] s’efforce de combler certaines des lacunes en matière de capacité provoquées par ces pertes. La perte totale de la capacité de ravitaillement en mer a été particulièrement difficile pour la MRC, qui a été forcée de s’en remettre à des marines étrangères pour obtenir l’assistance de navires ravitailleurs.»

Recourir à la Davie

Devant un manque aussi criant de navire, les experts entendus par le comité font valoir qu’il faut recourir à la Davie.

«Selon plusieurs témoins, le principal problème de la Stratégie nationale de construction navale [SNCN] réside dans son manque de capacité de construction navale. À l’heure actuelle, seulement deux chantiers navals ont été sélectionnés pour mener à bien le programme de construction de grands navires de la SNCN. Toutefois, certains témoins étaient d’avis que la participation d’un troisième chantier au programme serait avantageuse du point de vue de la production.»

Un paragraphe du rapport du comité de la Défense est très révélateur sur le lobby des autres chantiers maritimes: «Les représentants d’Irving Shipbuilding et de Seaspan ont affirmé qu’il n’y a pas suffisamment de travail de construction navale pour la Marine et la Garde côtière afin d’alimenter plus de deux chantiers dans le cadre de la SNCN».

Cette prétention des autres chantiers est contredite par de nombreux intervenants.

«L’Association navale du Canada, par exemple, a déclaré au Comité que la MRC devrait disposer d’au moins quatre navires de soutien pour le ravitaillement en mer. D’autres témoins ont abondé dans le même sens et ont signalé que le Canada pourrait porter à quatre le nombre de navires de ravitaillement en mer de la MRC en demandant à Davie de construire un deuxième pétrolier ravitailleur d’escadre [PRE] de la classe Resolve.»

La conclusion numéro 8 du rapport intéressera directement la Davie: «Que le gouvernement du Canada envisage des chantiers navals additionnels pour des travaux supplémentaires et futurs qui s’ajoutent au travail accompli et le complètent en vertu de la Stratégie nationale en matière de construction navale».

Le comité de la Défense a demandé une réaction du gouvernement Trudeau à ses constats. On attend toujours…