Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

Barrette dit n’avoir jamais été en faveur de l’abolition du Commissaire à la santé

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a déclaré jeudi qu’il n’avait jamais été en faveur de l’abolition du poste de Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE), ce que ne croit pas du tout le député solidaire Amir Khadir.

En mêlée de presse au lendemain de l’annulation de l’article abolissant le poste de CSBE dans le projet de loi 150, jeudi matin, le ministre Barrette a expliqué qu’il y avait eu «un comité de révision des programmes qui a fait en sorte que des décisions ont été prises».

«Cette décision-là [d’abolir le CSBE] a été en quelque sorte imposée par les circonstances. Moi, je n’ai jamais été en faveur de la chose. J’ai fait des représentations à l’effet que ça devait revenir», a dit le ministre, ajoutant que puisque «les marges de manœuvre sont maintenant au rendez-vous, on le ramène». 

Le ministre Barrette est cependant demeuré muet quant aux réelles intentions de son gouvernement de rendre le CSBE de nouveau opérationnel. Pas de détails sur le moment où il le sera et que son budget sera rétabli. Des précisions que son attachée de presse, Catherine W. Audet, n’avait pas non plus voulu donner au Soleil mercredi soir, se contentant d’indiquer que «les détails viendront en temps et lieu».

Sur Twitter, mercredi, la députée Diane Lamarre, qui a attribué à l’insistance de son parti l’annulation de l’article abolissant le CSBE, a promis le retour de l’organisme, de son mandat et de son budget «dès l’élection du PQ». 

Khadir n’y croit pas

Le député Amir Khadir a de son côté déclaré jeudi qu’il ne croyait pas que le ministre Barrette s’opposait à l’abolition du CSBE. «C’était une décision irréfléchie, irresponsable, à l’image habituelle du ministre Barrette, qui se voit aujourd’hui forcé de reculer et de prétendre que c’est lui-même qui a fait les représentations [auprès du gouvernement pour faire revenir le CSBE]. Je n’en crois pas un mot», a dit Amir Khadir.

Le gouvernement Couillard avait annoncé la cessation des activités du CSBE en mars 2016, au dépôt du budget. La mission de l’organisme, qui a publié des dizaines de rapports critiques sur le réseau de la santé et dont le budget annuel s’élevait à 2,5 millions $, avait été confiée à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux.

La décision d’abolir le CSBE avait été largement dénoncée, d’aucuns y voyant une volonté de museler toute critique.