«Je suis persuadé que les députés savent comment formuler des questions légitimes et fortes en même temps. S’ils ne sont pas capables de le faire, je donnerai la parole à un autre député», a averti Geoff Regan.

Avertissement aux députés: plus question de traiter Trudeau de «fils de riches»

OTTAWA — Plus question de traiter Justin Trudeau de «fils de riches»... du moins pas dans l’enceinte des Communes.

Le président de la Chambre a sermonné les élus fédéraux, jeudi après-midi, avant de leur donner la parole pour la période des questions quotidienne. Sans l’identifier clairement, il a fait savoir qu’il ne tolérera plus pareille attaque personnelle.

«Je suis persuadé que les députés savent comment formuler des questions légitimes et fortes en même temps. S’ils ne sont pas capables de le faire, je donnerai la parole à un autre député», a averti Geoff Regan.

Depuis le retour en Chambre le 28 janvier, les conservateurs ont pris pour habitude d’attaquer Justin Trudeau en parlant de sa fortune personnelle. La stratégie, assez transparente, vise à décrire le premier ministre comme étant déconnecté des Canadiens ordinaires à qui, selon les conservateurs, le gouvernement libéral impose trop de taxes et d’impôts.

Ainsi, le député ontarien Pierre Poilievre en est venu mardi à traiter le premier ministre de «trustfund baby», expression poliment traduite dans le compte-rendu des débats parlementaires par «une personne née dans l’aisance».

Le président Regan ne veut plus entendre ça en Chambre.

«J’ai écouté patiemment, peut-être trop patiemment» les questions de la semaine, a dit M. Regan, rappelant que «les attaques personnelles» ne sont pas permises dans les débats qu’il arbitre et promettant d’interrompre «tout député qui poserait une question qui n’a pas rapport à la politique publique».

Selon le président, il en va de «la dignité de cette Chambre» où il veut bien permettre de «l’intensité», mais exige du «respect».

Deux députés conservateurs ont chahuté le court discours de M. Regan et ont été rappelés à l’ordre par lui.