Monique Leroux, ancienne présidente du Mouvement Desjardins, dirige le Comité consultatif sur l'économie et l'innovation, créé l'an dernier par le gouvernement Couillard.

Auto électrique et stages en entreprise au coeur du rapport Leroux

Hausse des subventions aux acheteurs d'autos électriques, accroissement des stages pour les jeunes diplômés et les étudiants étrangers, passage du «plus bas soumissionnaire» dans les achats de l'État à l'approvisionnement gouvernemental «stratégique», création d'une agence spécialisée pour la réalisation des grands travaux d'infrastructures.
Ce sont là quelques une des recommandations du Comité consultatif sur l'économie et l'innovation créé l'an dernier par le gouvernement Couillard et dont Le Soleil a pris connaissance. C'est l'ex-présidente du Mouvement Desjardins, Mme Monique Leroux qui dirigeait les travaux de ce comité, dont le premier rapport sera soumis en matinée au gouvernement.
Le premier chapitre de ce document porte sur la qualification des travailleurs. Il propose un nouveau «couloir de qualification» en collaboration avec le réseau des 48 cégeps et collègues de la province. «Étant donné le changement extrêmement rapide de la technologie, de l'automatisation, on pense qu'il y a moyen d'accélérer une formation proactive des travailleurs avec l'appui des partenaires et du réseau des cégeps. C'est une approche très collée au marché du travail» a expliqué Mme Leroux au Soleil.
L'enracinement des étudiants étrangers au Québec a fait l'objet d'une comparaison avec ce qui se passe ailleurs, notamment en Australie et en Nouvelle-Zélande. On a constaté que le Québec peut faire davantage à ce chapitre en multipliant les stages de travail en entreprise. «Donner des stages, ça engage les entreprises, mais c'est la meilleure façon de retenir nos étudiants et de les encourager», a dit Mme Leroux.
Voitures électriques
Le rapport Leroux proposer notamment d'augmenter le nombre de bornes à recharge rapide pour les voitures électriques.
Le comité recommande par ailleurs que le gouvernement accélère ses efforts vers l'électrification des transports. Après avoir étudié le cas de la Norvège, de l'Ontario et de la Californie, le comité constate que le Québec est dans une position privilégiée à cause de son hydro-électricité, mais qu'il doit accélérer l'installation des bornes de recharge rapide, et augmenter, pour une période transitoire, le soutien et l'aide à l'achat de véhicules électriques. «On se dit qu'il faudrait atteindre un certain niveau d'à peu près 500 000 véhicules pour vraiment favoriser notre écosystème», a expliqué la présidente du comité.
Approvisionnement
Le groupe de travail estime qu'il faut ajouter une dimension d'innovation aux politiques d'achats du gouvernement, au lieu de s'en tenir simplement à la règle du plus bas soumissionnaire. «L'approche serait de dire : j'ai un problème, j'ai un besoin, pouvez-vous me soumettre la meilleure solution que vous avez, la plus innovante possible, par exemple, pour répondre à ce besoin-là» explique Monique Leroux. Elle précise qu'une telle approche ne va pas à l'encontre des règles régissant le commerce international. Les États-Unis se démarquent déjà à ce chapitre, dit-elle, avec le Small business innovation research program, considéré par l'OCDE comme étant l'une des meilleures pratiques».
Le chapitre quatre des recommandations du comité mènerait à la mise en place d'une nouvelle «agence spécialisée en réalisation des travaux». Selon Mme Leroux, les pratiques étudiées ailleurs commandent une meilleure planification des projets d'infrastructures. «Pour être capables de structurer, de planifier les projets, ça prend des spécialistes. Une fois le projet décidé, on pense que ça prend une société spécialisée qui va réaliser les travaux d'architecture et qui va donner les contrats».
Selon elle, une telle agence ne s'intéresserait qu'aux contrats de 100 millions $ et plus, et ne demanderait pas des effectifs énormes. «Ça prend surtout des gens qui connaissent la business. C'est moins la quantité qui compte, que la qualité, la compétence et l'expérience là-dedans».