Lundi, le ministre Poëti sera conférencier d'honneur du déjeuner-bénéfice annuel de Transports 2000 Québec, association provinciale créée il y a plus de 35 ans pour faire la promotion du transport en commun et défendre les intérêts de ses usagers.

Au tour du ministre Poëti d'être ramené à l'ordre

Le premier ministre Philippe Couillard rappelle à ses ministres qu'il est le patron. En recadrant les propos de Robert Poëti, il espère avoir sonné la fin de la dispersion.
«Il n'y a pas 25 gouvernements au Québec. Il y en a un et il y a un message gouvernemental», a déclaré M.Couillard mardi. «Et on veut faire en sorte, et pour vous également [les journalistes], que ce message-là soit bien compris.»
Dernier incident en date : l'entrevue accordée à Radio-Canada par le ministre des Transports, Robert Poëti. Elle a été diffusée durant la journée de lundi.
Le ministre y disait souhaiter pouvoir offrir aux villes la possibilité de taxer davantage ceux qui résident à proximité d'un système de transport collectif afin qu'ils participent à son financement.
Le même jour de cette diffusion, mais vers 22h, le cabinet du ministre des Transports a publié un communiqué de presse dans lequel on pouvait lire que le gouvernement n'avait aucune intention du genre. C'est le cabinet du premier ministre qui est à l'origine de ce communiqué.
«On s'est assuré de transmettre le message gouvernemental de façon claire», a simplement commenté Philippe Couillard mardi.
Sur le fond, «si la Ville de Mont-réal a des propositions à faire dans le cadre de la nouvelle relation qu'il y aura entre le gouvernement du Québec et elle, c'est à elle de le faire», a dit le premier ministre.
«On n'a aucune intention, nous, d'accorder de façon unilatérale des nouveaux pouvoirs de taxation à Montréal. Notre désir n'est pas d'augmenter le fardeau fiscal des citoyens, mais de le diminuer.»
Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a été plus clair encore. «Si moi, j'ai à décider si on donne une source de taxation additionnelle basée sur cette formule, ma réponse est non. On n'est pas dans la mécanique d'octroyer des pouvoirs additionnels de taxation aux municipalités.»
M. Moreau estime qu'une telle taxe existe déjà, puisque la fixation des valeurs foncières tient compte de la proximité des systèmes collectifs de transport.
En fond de scène : les négociations s'amorçant sur le nouveau pacte fiscal entre le gouvernement et les villes du Québec.
«Roi-soleil»
Les partis d'opposition se régalent. Pour le péquiste Stéphane Bédard, Philippe Couillard se comporte désormais en «Roi-soleil».
Il dénonce «l'improvisation» gouvernementale et fustige la «cacophonie» générale.
Les mots employés par le chef caquiste François Legault sont les mêmes.
Pas question de taxer, dit Labeaume
À la Ville de Québec, qui rendra publique lundi la nouvelle mouture de son projet de mobilité durable - maintenant sans tramway -, le maire Régis Labeaume a rejeté l'idée d'une telle taxation pour ceux qui résident près des parcours de transport en commun. «Notre projet de mobilité passe dans tous les quartiers dévitalisés de Québec. Je pense qu'il ne faut pas surtaxer un coin qui est déjà dévitalisé. Je n'entrevois pas ce genre de taxation», a-t-il dit en marge d'une annonce hier. «On pourra s'en reparler lundi, mais je n'envisage absolument pas ce genre de taxe», a tranché M.Labeaume.
Valérie Gaudreau