«Nous avons été de tous les moments officiels et, à notre niveau, à certains moments officieux. [...] On a salué les leaders de la communauté, on leur a offert notre aide», a fait valoir la péquiste Agnès Maltais.

Attentat de Québec: le PQ et la CAQ défendent leur soutien

Tant le PQ que la CAQ regrettent la perception d'un survivant de l'attentat de la Grande mosquée de Québec qui juge que ces partis d'opposition n'ont pas soutenu sa communauté après le drame. Les deux formations assurent être allées sur le terrain et être toujours prêtes à répondre aux besoins des victimes.
Dans un témoignage publié en manchette lundi par Le Soleil, Saïd El-Amari est très critique envers les deux formations politiques québécoises. Blessé sérieusement durant l'attaque du Centre culturel islamique de janvier, l'homme évalue que le gouvernement «a été génial». Mais que le Parti québécois et la Coalition avenir Québec sont disparues après les «formalités».
«Je suis capable de comprendre qu'un homme qui a souffert terriblement, qui a vécu quelque chose d'épouvantable, qui est très ému et qui est encore terrifié cherche à recevoir un maximum d'aide. Et ait envie, des fois, de trouver des coupables. C'est correct, je ne blâmerai pas cet homme qui a vécu une immense, une grande douleur», réagit la députée péquiste d'expérience, Agnès Maltais. «On est capable de comprendre ça.»
«Ceci dit, je tiens à rectifier les faits», enchaîne l'élue de Québec, perceptiblement amère face à la couverture du Soleil. Disant ne pas vouloir politiser le débat, elle énumère : son chef, Jean-François Lisée, a appelé les responsables de la mosquée ; elle-même a offert son aide à une autre mosquée dans sa circonscription ; elle dit avoir visité des victimes et payé pour le transport de proches pour des funérailles ; des députés souverainistes ont participé à la cérémonie montréalaise et à celle de la capitale... «Nous avons été de tous les moments officiels et, à notre niveau, à certains moments officieux. [...] On a salué les leaders de la communauté, on leur a offert notre aide.»
Lundi, Mme Maltais assure avoir rappelé à la Grande mosquée pour réitérer le message : «Nous serons encore à côté de la communauté et nous sommes encore très touchés par ce drame.»
«Maintenant, nous ne sommes pas le gouvernement», précise-t-elle. «Chacun a aidé au niveau où il était, de la façon dont il pouvait le faire. [...] Le gouvernement a sorti toute son aide et il a bien fait. Et nous avons salué le travail du gouvernement.»
Le député caquiste François Paradis demande d'éviter de politiser le débat entourant cet attentat qui a fauché six vies.
«Nous étions là»
À la CAQ, François Paradis se dit tout aussi étonné de cette sortie publique : «Nous étions là. Nous le sommes encore. Et nous le serons.»
Juge-t-il que Saïd El-Amari est allé trop loin ? «Aujourd'hui, on est en 2017, on a le droit d'exprimer sa vision [...] sa peine, ses craintes», répond le député de Lévis. «Je comprends sa peine, je comprends le drame. Ça demeure des souvenirs qui resteront toujours intenses.»
L'élu demande cependant d'éviter de politiser le débat entourant cet attentat qui a fauché six vies. «Je ne souhaiterais pas que ça devienne quelque chose qu'on récupère», note-t-il. «On doit éviter cette partisanerie-là. C'est un dossier qui ne doit pas avoir de teinte.»
M. Paradis espère que tous viseront le même objectif, soit le rapprochement des communautés. «Si personne ne s'écoute, on n'avance pas. [...] Il faut rester un peuple uni au-delà de nos différences dans la diversité.»
Puis il tend la main : «Si des besoins sont exprimés, on est très attentifs. [...] Qu'ils n'aient pas de gêne.»