Le député de Québec solidaire Amir Khadir

Attaque de Toronto: Khadir signale le «phénomène de contagion»

Le député de Québec solidaire Amir Khadir veut inviter la société à réfléchir au phénomène de «contagion» de crimes comme celui commis à Toronto, le 23 avril. Une réflexion collective s’impose, dit-il.

«Il y a des choses qu’on ne peut pas prévoir, concède-t-il d’entrée de jeu en entrevue. De tels crimes ont un caractère imprévisible. On ne peut pas rendre toute la société responsable de leur survenue en termes absolus, mais il existe un phénomène de contagion», rappelle-t-il; les actes des uns donnant des idées à d’autres.

Amir Khadir décortique trois niveaux à ce mimétisme. Le premier est celui du projet de passer à l’acte — par mimétisme, justement.

Le second concerne les moyens employés par les tueurs. «Là, à propos du camion-bélier, à Toronto, on est revenu dans les médias pendant trois jours sur la taille du véhicule et on a entendu des experts nous dire que selon son tonnage, un tel moyen pourrait provoquer plus ou moins de morts. Qu’est-ce que vous pensez qui peut arriver quand on fait ça? On pave le terrain à une contagion sur les moyens à utiliser. On offre des recettes.»

M. Khadir tient à dire qu’il «célèbre» la liberté d’information, qu’il ne cherche pas à la contraindre. Il croit cependant que les médias devraient être guidés par des codes de déontologie qui prendraient en compte ces attaques désormais récurrentes.

«Contagion idéologique»

Mardi dernier, à l’Assemblée nationale, Amir Khadir avait affirmé que «la question de la contagion de ces événements se pose», que «le traitement qu’on en fait collectivement a certainement un impact» et qu’il faudrait engager un «débat». C’est tout ce qu’il avait dit. Dans le brouhaha de la journée, son propos n’avait pas été rapporté par les médias.

Il l’avait tenu dans le cadre d’un hommage que rendaient les parlementaires aux victimes de l’attaque au camion-bélier à Toronto.

Ce lundi, M. Khadir a accepté l’invitation du Soleil de développer l’idée qu’il avait alors lancée.

En entrevue, le député de Mercier invite les responsables politiques d’ici et d’ailleurs à ne pas créer une «contagion idéologique» à travers une trop grande «polarisation» des débats; à éviter de «nourrir», même sans le vouloir, une forme de ressentiment à l’endroit d’un groupe ou l’autre de la société, ressentiment qu’un «pauvre type» pourrait ensuite «consommer».

Selon lui, c’est sur ce troisième plan que «se situe la plus grande part de la responsabilité à la fois du politique et du monde médiatique». C’est sur ce plan qu’ils peuvent le plus agir, dit-il.