La première ministre Pauline Marois pourrait profiter de l'élan du Mouvement des Janette auprès de nombreux électeurs francophones.

Annonces ministérielles: toute la place à Pauline Marois

La semaine dernière, tous les cabinets ministériels ont reçu une note confidentielle du bureau de la première ministre Pauline Marois : n'organisez rien durant la journée du mardi 25 février - celle de mardi.
Tous ont compris à ce moment-là qu'une «grosse annonce» s'en venait. Et, surtout, qu'il fallait laisser le maximum d'espace à Mme Marois ce jour-là.
À peu près personne, même dans les équipes ministérielles, ne savait que l'annonce en question porterait sur les contrats d'approvisionnement en électricité d'Alcoa - et les emplois sauvés à la clé. Le mystère n'a été levé qu'hier matin, à la publication d'un communiqué de presse indiquant que la chef du gouvernement serait à l'aluminerie de Baie-Comeau quelques heures plus tard.
C'était la troisième fois en peu de temps qu'ordre était donné aux ministres de ne faire aucune annonce susceptible de perturber celle de la chef péquiste.
Hautrement politiques
Le dossier d'Alcoa, celui de la prise de participation dans des entreprises pétrolières voulant forer Anticosti, ainsi que l'investissement à la cimenterie de Port-Daniel ont tous été considérés comme hautement stratégiques par le cabinet de la première ministre. Autrement dit, hautement politiques.
Ces dossiers ont donc été traités comme tels; et chaque fois les ministres ont été discrètement priés, quelques jours à l'avance, de se faire le plus invisibles possible pendant quelques heures. Le mot d'ordre a été suivi.
Hier, des rendez-vous comme celui du ministre des Finances, Nicolas Marceau, à la Chambre de commerce de Lévis, et celui saluant l'entrée de Dany Laferrière à l'Académie française - auquel ont pris part Mme Marois et son ministre Maka Kotto en soirée - ont été honorés, mais c'est à peu près tout.
Quelques rares annonces avaient été planifiées, mais de portée régionale. On a fait le service minimum.
C'est de cette façon que le cabinet de la première ministre est parvenu à maximiser l'impact d'annonces jugées rentables, estime-t-on au gouvernement.
Le règlement du dossier d'Alcoa retire des munitions au chef libéral Philippe Couillard.
L'impression qui se dégage de cette stratégie de communication est «qu'on avance», soutiennent des péquistes. Et «qu'on marque des points», disent-ils.
Une affirmation que ces interlocuteurs du Parti québécois se plaisent à mettre en contraste avec «les difficultés» qu'éprouvent leurs adversaires libéraux à recruter de «grosses pointures» pour la prochaine campagne électorale.
Les Janette...
En politique comme ailleurs, quand les choses paraissent bien rouler, elles semblent aller mieux encore... Et lorsqu'elles vont mal, elles paraissent aller plus mal encore, constate-t-on sur la colline parlementaire. Un tempo qui ne dure évidemment jamais toujours, cela étant.
Notons tout de même que la première ministre Pauline Marois pourrait profiter de l'élan du Mouvement des Janette auprès de nombreux électeurs francophones si elle décidait de déclencher le scrutin général au retour de la relâche parlementaire, autour du 11 ou du 12 mars - pour un vote le 14 avril.
C'est que le lundi 10 mars, ô hasard!, le groupe lancé par l'auteure Janette Bertrand, résolument en faveur de la charte de la laïcité, devrait se faire entendre devant la commission parlementaire étudiant le projet de loi du ministre Bernard Drainville, un projet qui alimentera la campagne.