Anacolor: Caire déplore l'inaction de Sam Hamad

La grève des avocats et des notaires du gouvernement vient de repousser le procès d'Anacolor, dénonce le député caquiste Éric Caire, qui voit dans ce nouveau délai le résultat de la mollesse du gouvernement libéral dans ce dossier.
Anacolor, qui exploite une usine de peinture de pièces métalliques à Cap-Rouge, fait face à une pénalité de 10 000 $ du ministère de l'Environnement (MDDELCC) pour avoir rejeté des composés organiques volatils dans l'air - le voisinage se plaint beaucoup des odeurs, d'ailleurs. Mais l'entreprise conteste sa pénalité devant le Tribunal administratif du Québec. Les deux parties devaient se présenter en cour en début de semaine pour déterminer la date du procès, mais la rencontre a été reportée au 26 avril parce que le MDDELCC n'avait pas d'avocat pour le représenter.
Mais c'est une bien piètre justification pour ce nouveau délai, a plaidé M. Caire, mercredi après-midi, devant les bureaux de circonscription du libéral Sam Hamad - dont la circonscription inclut l'usine d'Anacolor. Les injonctions sont des services essentiels, dit-il, et il suffirait que l'Environnement en dépose une pour forcer l'entreprise à respecter ses conditions pour faire débloquer le dossier.
«Il faut que Sam Hamad sorte et dise à son collègue de l'Environnement [David Heurtel] : qu'est-ce que tu attends pour prendre une injonction», a lancé M. Caire.
Un regroupement de citoyens du quartier fait d'ailleurs la même demande. Notons qu'Anacolor ne conteste pas seulement son amende, mais également les réductions de pollution que lui impose le MDDELCC. Celui-ci exige en effet l'installation d'un épurateur qui diminuerait de 90 % ses émissions d'ici au 1er février. L'entreprise avait jusqu'au 1er décembre pour expliquer en détail au Ministère comment elle comptait s'y prendre mais ne l'a pas fait, ce qui lui a valu un énième avis de non-conformité.
Toutefois, souligne le porte-parole du MDDELCC Frédéric Fournier, «il est important de rassurer la population» : le report de cette semaine devant le TAQ ne concerne que l'amende émise en 2015, et non l'obligation de réduire la pollution».
«Le 1er septembre 2016, le Ministère a émis un certificat d'autorisation imposant comme condition l'installation, avant le 1er février 2017, un épurateur ayant une efficacité d'épuration de 90%. Malgré le fait que l'entreprise conteste devant les tribunaux la condition prévue au certificat d'autorisation, l'obligation d'installer un épurateur d'ici le 1er février demeure», indique M. Fournier.