Le protectionnisme économique du président Donald Trump a incité Philippe Couillard à préparer de façon urgente un plan d’amélioration de la productivité des entreprises québécoises.

Améliorer la productivité pour faire face à l'instabilité, dit Couillard

Le protectionnisme économique du président Donald Trump incite le gouvernement Couillard à préparer de façon urgente un plan d’amélioration de la productivité des entreprises québécoises. Il sera présenté rapidement, avant les élections du 1er octobre.

Le premier ministre Philippe Couillard a conclu un blitz ouvert il y a deux semaines. Ces 15 derniers jours, il est monté au créneau afin d’organiser la riposte de son gouvernement aux décisions protectionnistes du président Donald Trump, décisions qui affectent l’ensemble du Canada, l’Europe et l’Asie.

Au Salon rouge de l’Assemblée nationale, mardi, des membres du Conseil des ministres ont de nouveau échangé à huis clos avec des représentants des milieux patronaux, syndicaux et agricoles — entre autres. Dans une déclaration d’ouverture — un moment ouvert aux médias, celui-là —, M. Couillard a dit qu’il fallait aller plus loin que ce qui a été fait jusqu’ici en matière d’amélioration de la productivité. Le plan à venir visera à «compenser» les difficultés liées aux barrières tarifaires et aux autres menaces économiques de Washington.

Le chef du gouvernement a indiqué que le ministre des Finances, Carlos Leitão, était déjà au travail à ce sujet et a invité ses interlocuteurs à lui faire part de «suggestions ciblées», de «propositions» pouvant rapidement être mises en œuvre; que ce soit en matière d’«investissements», de «ressources humaines» ou de «formation». La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, travaillera sur ce plan gouvernemental avec M. Leitão. 

«On a pris la décision d’appuyer encore plus sur les mesures qui visent à augmenter la productivité des entreprises», avait déclaré M. Couillard devant les journalistes quelques instants avant cette rencontre au sommet.

Du judo…

Le 19 juin, M. Couillard avait non seulement élevé le ton contre les politiques protectionnistes de l’administration Trump, il avait aussi déjà rencontré à Québec des leaders patronaux et syndicaux québécois en compagnie de membres de son Conseil des ministres. Il s’agissait, à travers ce «dialogue social», de «se serrer les coudes», avait-il fait valoir.

Au sein des partis d’opposition, on chuchotait et on estimait que le premier ministre cherchait à faire du judo électoral avec cette situation. Mais les partis d’opposition avaient préféré éviter toute polémique publique dans ce dossier.

La semaine dernière, Philippe Couillard a pris part à des missions diplomatiques à Washington et New York afin de faire entendre son message à des décideurs et des législateurs américains.

«Ça peut changer»

L’ancien ministre des Finances du Québec Raymond Bachand voit d’un œil relativement positif le fait que Donald Trump ait affirmé qu’il ne signera pas de nouvelle entente sur l’Accord de libre-échange nord-américain avant les élections de mi-mandat aux États-Unis. M. Bachand, négociateur en chef du Québec sur le renouvellement de l’ALENA, estime qu’il sera peut-être plus facile pour le président américain de faire des concessions une fois ces élections passées.

Devant les journalistes, M. Couillard a préféré s’abstenir de tirer toute conclusion. «J’ai appris depuis quelque temps à ne pas trop faire d’analyse fine des propos de M. Trump. Ça peut changer d’un jour à l’autre, parfois dans la même journée.»

Dans la déclaration qu’il a livrée au début de cette dernière rencontre au sommet, il a noté que Donald Trump appuie ses politiques à la fois sur le protectionnisme, l’unilatéralisme et le repli identitaire.