Gabriel Nadeau-Dubois a établi une distinction entre le refus d'alliances électorales avec le PQ décidé par son parti et ce qui pourrait advenir.

Alliance gouvernementale PQ-QS?

Ce n'est pas parce que Québec solidaire a rejeté l'idée d'une alliance électorale avec le Parti québécois que les deux formations ne pourraient pas former une alliance gouvernementale ou s'entendre sur une collaboration gouvernementale, pense Gabriel Nadeau-Dubois.
La reconfiguration politique en cours en Colombie-Britannique inspire le nouveau député de Gouin. «Il y avait un gouvernement libéral au pouvoir depuis 16 ans; il y avait une volonté démocratique forte de chasser ce gouvernement-là. Les deux partis qui aspiraient à le remplacer ont présenté leur candidature dans toutes les circonscriptions. Ils ont fait campagne sur leur projet de société et, une fois que les électeurs-électrices ont tranché, ils ont réussi à travailler ensemble.»
Le 29 mai, le Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique et le Parti vert ont conclu une «entente de collaboration» dans l'espoir de permettre à un gouvernement minoritaire néo-démocrate de gouverner. Ils ont signé un pacte politique.
Gabriel Nadeau-Dubois a établi une distinction entre le refus d'alliances électorales avec le PQ décidé par son parti et ce qui pourrait advenir. Pour l'heure, rien n'est exclu de son point de vue.
Ce que Québec solidaire a décidé en congrès le mois dernier, a-t-il insisté jeudi, «c'est de présenter 125 candidatures» en 2018. «Ce n'est pas un rejet de tout dialogue ou de toute collaboration avec le Parti québécois.» QS décidera d'éventuelles «alliances parlementaires» en temps et lieu, a-t-il dit.
À aucun moment, le député n'a été jusqu'à employer les mots «gouvernement de coalition». Il a fondé son propos sur la logique d'une éventuelle alliance ou collaboration gouvernementale, comme deux partis d'opposition en ont conclu une en Colombie-Britannique pour chasser Christy Clark du pouvoir. Le gouvernement de Mme Clark doit se soumettre à un vote de confiance dans deux semaines.
«Attaché de presse»
Gabriel Nadeau-Dubois s'est par ailleurs dit navré d'un échange ayant opposé, jeudi, Philippe Couillard, au «ton pessimiste» et «catastrophiste», à Jean-François Lisée, au «ton revanchard». Selon lui, «les deux partis traditionnels au Québec sont retombés dans leurs vieilles habitudes, dans leur vieux ton».
Mercredi, en réponse à sa toute première question à l'Assemblée nationale, le premier ministre avait pourfendu dans des termes très durs le projet souverainiste. Jeudi matin, le chef péquiste a repris la balle au bond pour la renvoyer à M. Couillard. 
«Jamais, on n'a eu un chef de gouvernement qui a dit qu'un Québec indépendant allait être en état de pauvreté, sacrifier ses programmes sociaux, assécher ses services publics pour une dizaine d'années. Ça signifie que, dans la tête du premier ministre, les Québécois sont des incapables, des incompétents, des gens tellement médiocres qu'à l'extérieur du Canada ils deviendraient miséreux et abandonnés.»
M. Lisée a aussi dépeint le chef libéral en «attaché de presse» de QS. M. Couillard venait d'indiquer que «ce qui indispose profondément le Parti québécois, c'est qu'ils ne sont plus les seuls joueurs sur l'arène de l'indépendance du Québec», qu'ils doivent désormais compter avec Gabriel Nadeau-Dubois.
Le député de Gouin réfute l'accusation selon laquelle il fait le jeu des libéraux. «Québec solidaire va refuser de se faire instrumentaliser par le Parti libéral pour alimenter ses guéguerres avec le Parti québécois. De la même manière, on va refuser de se faire instrumentaliser pour expliquer les difficultés du Parti québécois.»