Les «transactions très troublantes» ont concerné plusieurs immeubles, parmi lesquels Place Québec, dans la capitale, un immeuble de la place D'Youville (photo) et un autre sur le chemin Sainte-Foy.

Allégations de fraude «très troublantes»

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, se dit troublé par les «fraudes majeures» qu'auraient commises trois collecteurs de fonds libéraux, ainsi que Marc-André Fortier, patron de la Société immobilière du Québec de 2003 à 2008. Les quatre hommes se seraient partagé près de 2 millions $ lors de transactions immobilières effectuées par l'organisme public, a révélé l'émission Enquête de Radio-Canada.
Franco Fava
Des collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec, dont Franco Fava et Charles Rondeau (photo), se seraient partagé près de 2 millions $ lors de transactions frauduleuses, a révélé l'émission <i>Enquête</i> de Radio-Canada.
«Il s'agit de transactions très troublantes», a dit M. Leitão avant de laisser tomber qu'à ses yeux, il s'agit «carrément de cas de fraudes, de fraudes majeures».
Il a rappelé que la Société québécoise des infrastructures, qui a absorbé la Société immobilière, a produit des rapports internes sur ces fraudes et que ceux-ci sont entre les mains des enquêteurs.
Les «transactions très troublantes» ont concerné plusieurs immeubles, parmi lesquels Place Québec, dans la capitale, un immeuble de la place D'Youville et un autre sur le chemin Sainte-Foy.
Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s'est réfugié derrière les enquêtes policières pour éluder les questions des partis d'opposition. «C'est un principe fondamental que celui de l'indépendance entre le pouvoir politique et les corps policiers. On ne va pas intervenir dans un dossier qui a été déposé au Directeur des poursuites criminelles et pénales suite à une enquête de l'Unité permanente anticorruption conduite de manière indépendante.»
Commentaires «malveillants»
M. Coiteux a dénoncé des commentaires «malveillants» et les «insinuations» des partis d'opposition. Ils ont accusé le Parti libéral du Québec d'avoir profité de «l'argent sale» amassé par les trois collecteurs de fonds mis en cause, William Bartlett, Franco Fava et Charles Rondeau.
«Combien d'argent sale provenant de cette fraude historique de deux millions s'est retrouvé dans les coffres du Parti libéral?» a demandé la péquiste Agnès Maltais. «Quelle était la "cote"?»
Pour elle, «les accointances libérales sont encore à l'oeuvre. Marc-André Fortier, l'homme de main placé à la tête de la Société immobilière du Québec, accompagné de Charles Rondeau et Franco Fava, grands collecteurs de fonds libéraux; les mêmes qui remplissaient les Post-it pour se nommer des juges bien libéraux. Et William Bartlett, collecteur de fonds de longue date et organisateur de la campagne du premier ministre» en 2007 dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec.
Mme Maltais a demandé à Philippe Couillard de «déclencher une vérification pour qu'on sache s'il a été élu grâce à des fonds qui ont été amassés grâce à cette fraude».
Même angle d'attaque du caquiste Éric Caire : «Est-ce que le premier ministre peut nous expliquer quelle était, quelle est, la nature exacte de ses liens avec William Bartlett?»
Pour le solidaire Amir Khadir, cette affaire «révèle encore une fois la profondeur du mal qui ronge le Parti libéral».