Alexandre Cloutier a rencontré vendredi les employés d'un garage automobile de Saguenay en lock-out depuis deux ans.

Alexandre Cloutier étoffe sa ligne verte

L'étalement urbain doit être limité, affirme le candidat à la direction du Parti québécois Alexandre Cloutier. Il faut davantage encourager la densification de nos villes et de nos municipalités, plaide-t-il en entrevue avec Le Soleil.
Le gouvernement du Québec peut et doit donner l'exemple en installant l'ensemble de ses services et de ses bureaux dans les centres-villes et les quartiers densément peuplés, dit-il. Et en s'assurant que ceux-ci soient accessibles en transport collectif ou en «transport actif»; autrement dit, à vélo ou à pied.
Alexandre Cloutier précise que l'exemple que devrait offrir le gouvernement du Québec devrait se faire progressivement, c'est-à-dire sur une génération ou plus. Il ne s'agirait pas de déménager tous les salariés de l'État vers les centres-villes et les quartiers densément peuplés du jour au lendemain, mais plutôt lorsqu'un groupe d'employés devrait de toute façon quitter un lieu de travail ne convenant plus. Ou lorsqu'une nouvelle construction institutionnelle doit être érigée.
Son horizon est 2050. Il propose de réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant du secteur énergétique de 80 % d'ici là.
Le député de Lac-Saint-Jean a étoffé ses propositions en matière de développement durable. On le savait déjà en faveur de l'électrification des transports, comme tous ses collègues candidats à la succession de Pauline Marois. On le savait aussi désormais opposé à tout projet d'exploitation de pétrole de schiste sur l'île d'Anticosti, à l'instar de Martine Ouellet et Pierre Céré (et contrairement à Pierre Karl Péladeau et à Bernard Drainville).
Samedi, il prendra part à une marche dans la capitale en prévision du Sommet sur le climat qui se tiendra mardi. Bien des élus péquistes y seront, y compris d'autres candidats à la direction du parti.
Dimanche, lui et les autres aspirants-chefs participeront à un autre débat, cette fois au Cégep de Jonquière.
Place à la biomasse
La maîtrise de l'énergie et la lutte contre les changements climatiques peuvent être créatrices d'emplois dans les régions hors des plus grands centres, insiste M. Cloutier.
Il songe au biocombustible forestier. Si le gouvernement décidait de substituer le chauffage par biomasse forestière au chauffage par mazout dans ses différentes institutions, cela «créerait de l'emploi pour nos coopératives forestières et pour nos travailleurs de l'industrie de la forêt», argue-t-il.
Le député veut renforcer la Charte du bois. Il constate qu'un géant mondial comme l'Allemagne utilise, toutes proportions gardées, beaucoup plus de bois dans la construction d'immeubles institutionnels que ne le fait le Québec. Il se dit prêt à forcer un changement à cet égard.
Pourquoi ne pas ajouter le coût futur de l'énergie consommée par un bâtiment à son coût d'investissement initial dans les appels d'offres de construction ou de rénovation et ainsi tenir compte, très concrètement, de son «empreinte carbone»? demande-t-il. Alexandre Cloutier estime qu'une telle façon de faire offrirait enfin un avantage concurrentiel aux entrepreneurs développant des bâtiments moins énergivores.