Catherine Dorion avait été candidate pour Option nationale dans Taschereau aux élections de 2014.

Agnès Maltais dénonce des propos tenus par Catherine Dorion

La députée péquiste de Taschereau Agnès Maltais n’a pas manqué de dénoncer haut et fort des propos de la candidate de Québec solidaire dans sa circonscription, Catherine Dorion.

C'est Agnès Maltais elle-même qui a tenu à dénoncer publiquement un billet rédigé par la candidate et publié dans Le Journal de Québec en octobre 2017. Catherine Dorion évoquerait, selon Mme Maltais, la possibilité de recourir légitimement à la violence pour faire avancer une cause politique. Ce qu'a nié l'auteure.  

Son billet de blogue titré «Catalogne, Québec : chercher de nouvelles armes», a été rédigé alors que la province espagnole était déchirée sur la question de son indépendance. Des répressions avaient lieu dans les rues de Barcelone, et la tension entre la Catalogne et Madrid était vive. 

«La lutte et le conflit, c’est pas juste dommage, ou triste, ou déplorable. Il arrive que ça soit de la vitamine pure, qui redonne vie à ce qui était mort en nous», écrit Mme Dorion. 

«Il va peut-être falloir se refamiliariser avec l’idée de la lutte - avec toutes les éventualités qu’elle peut faire éclore», poursuit-elle. 

Il n’en fallait pas plus pour outrer la députée de Taschereau, qui y voit un appel légitime à la violence. «Quand tu veux être à l’Assemblée nationale, tu ne peux pas faire la violence», a commenté Mme Maltais. «Il faut absolument qu’elle se rétracte et qu’elle déclare que la violence n’est pas une option. Si elle ne fait ça, elle ne peut pas demander au peuple de s’asseoir à l’Assemblée nationale», a poursuivi la députée au sujet de celle qui briguera les suffrages pour Québec solidaire dans Taschereau. 

«Ce n’est pas digne de siéger à l’Assemblée nationale si on considère que la violence est une façon de régler les problèmes», a ajouté Agnès Maltais. 

Cette dernière nie vouloir mettre de l’ombre sur la candidature de Mme Dorion, la veille d’un grand rassemblement de Québec solidaire prévu mercredi, auquel prendront part notamment les deux co-portes-paroles ainsi que la candidate solidaire. 

Agnès Maltais a rappelé que Québec solidaire, en pleine crise sur les revendication étudiantes en 2012, avait dénoncé, comme tous les partis à l’Assemblée nationale, le recours à la violence dans les manifestations. 

Questionnée si elle estime que Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois devraient inviter Mme Dorion à se rétracter, la députée a répondu par l’affirmative. 

«Triste», dit Dorion

Jointe mardi soir pour réagir à cette sortie de la députée, Catherine Dorion a d’entrée de jeu indiqué qu’elle avait beaucoup de respect pour Mme Maltais et qu’elle n’entrerait pas dans le «lançage de bouette». 

«Si on veut vraiment donner la politique au peuple, ce n’est pas comme ça qu’il faut agir», a dit la candidate. 

Même si elle se désole que certains soient payés pour chercher un «scandale» chez les adversaires politiques, elle avoue tout de même prendre les propos de Mme Maltais «comme un compliment». Mme Dorion y voit même la démonstration du sentiment de «panique» qui animerait les troupes péquistes dans Taschereau, la circonscription qui regroupe de plus grand nombre de militants solidaires au Québec. 

«Je n’ai jamais appelé à la violence et je ne le ferai jamais», a toutefois affirmé Catherine Dorion, au sujet de son billet de blogue. 

«Ce dont je parle dans l’article, c’est la violence des autorités», a-t-elle poursuivi. «On parle d’un État fédéral en Espagne qui a mis en prison des élus catalans. Ils arrachaient des urnes des mains du monde qui allaient voter», a rappelé la candidate. 

Catherine Dorion prendra finalement la parole mercredi soir à l’occasion du grand rassemblement organisé par Québec solidaire à Québec. Vincent Marissal et Sol Zanetti seront aussi présents.