Le président du Conseil du Trésor Jean-Yves Duclos, un l’élu de Québec, serait le ministre qui a soulevé des doutes sur la décision de donner à UNIS.  
Le président du Conseil du Trésor Jean-Yves Duclos, un l’élu de Québec, serait le ministre qui a soulevé des doutes sur la décision de donner à UNIS.  

Affaire UNIS: le ministre Jean-Yves Duclos aurait sonné l’alarme

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA — Ce n’est pas un fonctionnaire mais bien un ministre du gouvernement Trudeau qui a soulevé des doutes sur la décision de donner à UNIS, «pas particulièrement connu au Québec», un contrat pour gérer le programme de bourses qui a entraîné les libéraux dans toute une controverse.

Mercredi, le Bloc québécois a souligné un passage des milliers de pages de documents remis aux députés qui siègent au comité parlementaire des finances.

On y lisait entre autres ceci: «À ma connaissance, UNIS et l’Organisme UNIS ne sont pas particulièrement connus au Québec. (Je tiens à préciser que je connais leurs dirigeants et que j’ai beaucoup d’estime pour eux et pour leur travail.) (...) Si je jette un coup d’oeil sur https://www.wecharity.org/, je ne vois aucun mot ni aucune page en français. Peu d’indices portent à croire que l’Organisme UNIS est bien ancré dans la province».

Or, l’auteur de ces lignes, selon un article du Toronto Star publié jeudi et ce que La Presse canadienne a pu confirmer, est nul autre que le président du Conseil du Trésor, l’élu de Québec, Jean-Yves Duclos.

«Je crains qu’une collaboration avec l’Organisme UNIS soit sous-optimale au Québec, tant sur le plan de l’image que de l’influence. (En passant, pouvoir offrir du « matériel de formation bilingue « est une chose, mais pouvoir exercer son influence au sein d’un solide réseau d’organismes communautaires étroitement soudés en est une toute autre.)», avait également prévenu le ministre Duclos.

Pourtant, la semaine dernière, au comité parlementaire sur les langues officielles, deux députées québécoises libérales - Emmanuella Lambropoulos et Sherry Romanado - maintenaient, avec force, que cet organisme a une présence au Québec et y est bien connu.

UNIS, mieux connu sous son nom anglais WE Charity, avait obtenu un contrat de 43,5 millions $ pour gérer le programme créé pour favoriser le bénévolat des étudiants en temps de pandémie. Il a dû y renoncer lorsque la controverse a éclaté, alimentée par les liens entre WE et les familles de Justin Trudeau et de l’ancien ministre des Finances Bill Morneau.

Le programme de bourses n’a finalement jamais vu le jour. M. Morneau a démissionné lundi soir de ses fonctions sans, toutefois, faire référence à cette affaire.

+

KIELBURGER PARLAIT DE LA COVID-19 ET NON DE CONTRATS À MORNEAU, SELON UNIS

L'organisme UNIS (WE Charity, en anglais) a tenté d'éclairer à sa façon un controversé courriel de son cofondateur Craig Kielburger transmis le printemps dernier à l'ancien ministre des Finances, Bill Morneau.

Selon l'organisme, le sujet du courriel était la possibilité d'une seconde vague de COVID-19, et non l'obtention de contrats gouvernementaux.

Le courriel figure parmi les milliers de pages de documents publiés cette semaine par le gouvernement libéral au sujet de la controverse entourant UNIS.

Mais comme la grande majorité des documents remis, ce courriel a été très caviardé, ce qui complique la tâche pour tenter de comprendre ce que voulait dire M. Kielburger à M. Morneau.

Marc et Craig Kielburger, cofondateurs d'UNIS. 

Ce courriel faisait partie des documents auxquels le député conservateur Pierre Poilievre faisait référence lorsqu'il a accusé le gouvernement libéral d'être en pleine opération de camouflage sur sa décision de l'organisme UNIS le contrat de gestion d'un programme de bourses.

UNIS affirme que le courriel du 26 avril était accompagné de deux rapports épidémiologiques au sujet d'une éventuelle deuxième vague. M. Kielburger aurait mentionné ces deux rapports au ministre Morneau lors d'un appel téléphonique, le jour précédent.

L'appel avait été logé par le ministre, comme celui-ci l'a témoigné devant un comité parlementaire. M. Morneau avait entrepris une série d'appels auprès d'entreprises et d'organisations sans but lucratif afin de mesure les répercussions de la COVID-19.

UNIS a publié deux autres portions du courriel, mentionnant les deux documents joints. Le premier de ces documents portait sur le travail d'un épidémiologiste de l'Université de Toronto sur des modèles de projections pour l'Ontario. Le second était la retranscription d'une conversation sur les répercussions de la pandémie sur les marchés.

«Je réalise que votre équipe vous procure des données extraordinaires, écrit M. Kielburger. Si cela peut vous aider, voici deux documents joints.» La Presse Canadienne