Le député Éric Caire estime que les libéraux misent sur l'été pour faire oublier l'affaire Bolduc.

Affaire Bolduc: Couillard fait de la diversion, affirme Caire

La proposition de Philippe Couillard de réfléchir au double emploi des députés est une «diversion» pour masquer son incapacité à sanctionner le ministre Yves Bolduc, dénoncent les partis d'opposition.
Le premier ministre Couillard «essaie de changer de sujet», a commenté lundi la leader parlementaire péquiste, Agnès Maltais. «On va être obligé de faire des règles parce que Yves Bolduc les a transgressées, déplore-t-elle. Tous les autres députés de l'Assemblée nationale avaient compris la règle.»
Au cours de la fin de semaine, le premier ministre, qui participe à une mission en Nouvelle-Angleterre, a proposé une «révision globale et complète des conditions de travail des députés». M. Couillard estime qu'un meilleur encadrement doit baliser les responsabilités des élus qui occupent en même temps un autre emploi. Une question qui devrait selon lui être abordée par le Bureau de l'Assemblée nationale, une instance composée de députés de tous les partis. 
La question des émoluments perçus par l'actuel ministre de l'Éducation lors de son retour à la pratique médicale n'est pas près de disparaître, promet la députée Maltais. La gestion du dossier par la «caste médico-libérale» a été «lamentable», affirme-t-elle. 
«Soyez assuré que nous reviendrons là-dessus à l'automne, promet la leader parlementaire. M. Bolduc va devoir s'expliquer beaucoup plus que ce qu'il fait actuellement.»
Pendant son séjour dans l'opposition, le député de Jean-Talon, Yves Bolduc, est retourné en cabinet. Il a empoché, en plus de son salaire d'élu et sa rémunération à l'acte, une prime de 215 000 $ pour prendre en charge 1500 patients. Ceux-ci ont perdu leur médecin de famille lorsque M. Bolduc est retourné au Conseil des ministres, 19 mois plus tard. Aujourd'hui ministre de l'Éducation, le Dr Bolduc s'attend à devoir rembourser entre 40 000 $ et 60 000 $ à la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). 
Des gens de Québec aident le PQ à nourrir le dossier Bolduc, assure Mme Maltais. «Les gens de Québec sont comme partout ailleurs, dit-elle. Ils sont outrés de ce qui s'est passé.»
«Éthique élastique du Parti libéral.»
En sept ans à l'Assemblée nationale, le député de La Peltrie n'a pas souvenir d'un autre cas où un député a «exagéré» sur la souplesse que lui offre son horaire. 
«Le premier ministre, au lieu de mettre ses culottes de chef d'État, essaie de nous faire croire que ce sont les règles qu'il faut revoir, a réagi lundi Éric Caire. Alors qu'au fond, on a un ministre qui a abusé outrageusement d'une situation et M. Couillard est incapable de le sanctionner. Encore une fois, on va réglementer pour protéger la population de l'éthique élastique du Parti libéral.»
Le député Caire estime que les libéraux misent sur l'été pour faire oublier l'affaire. Mais il croit que, comme ça a été le cas avec la commission d'enquête sur l'industrie de la construction, le gouvernement libéral devra se rendre à l'évidence.
«On n'a pas l'intention de lâcher le morceau, assure le député caquiste. Encore une fois, on dirait que les fautifs vont s'en sortir et qu'on va maquiller tout ça avec une pseudo-réflexion sur ce qui n'était pas un problème avant qu'Yves Bolduc abuse du système. Et le premier ministre est en train de cautionner ses fautes. Qu'il démette Yves Bolduc de ses fonctions, ce serait un message extrêmement clair.»
La demande de démission émise par l'ex-ministre libéral Claude Castonguay a viré à la foire d'empoigne avec l'actuel ministre de la Santé, Gaétan Barrette, la semaine dernière. M. Barrette a invité le père de l'assurance maladie à «prendre sa retraite», ce à quoi M. Castonguay a répliqué en traitant M. Barrette de «grossier personnage».