M. Paradis a laissé entendre que les libéraux pourraient faire preuve d'une certaine flexibilité dans la mesure où la première ministre Pauline Marois adopte la même attitude.

Adresse de Couillard: le jugement de Péladeau décrié

Pierre Karl Péladeau a fait preuve d'un manque flagrant de jugement en publiant sur sa page Facebook l'adresse personnelle et le numéro de téléphone de Philippe Couillard, estiment plusieurs membres du cabinet du premier ministre.
Mercredi, plusieurs ministres ont soutenu que le député péquiste de Saint-Jérôme n'avait pas à publier de telles informations en invoquant le fait qu'elles apparaissaient jusqu'à mardi dans le registre public du Collège des médecins, dont fait partie M. Couillard.
Le principal intéressé, M. Péladeau, ne considère pas qu'il a erré en diffusant les données. Selon le réseau radiophonique Cogeco, Pierre Karl Péladeau a convenu qu'il a beaucoup à apprendre sur les réseaux sociaux qu'il utilise abondamment pour mousser ses points de vue.
Sur le dévoilement de la fiche personnelle du chef du gouvernement apparaissant sur sa page Facebook, M. Péladeau n'a affiché aucun malaise. «C'est une information publique», a-t-il déclaré au journaliste.
«Tout ce que nous avons pris, c'est (dans) le bottin du Collège des médecins. La gaffe, s'il y en a une, c'est peut-être ou bien le premier ministre ou bien son «staff» qui n'a pas soustrait l'adresse» sur le site de l'ordre professionnel.
Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a reconnu que les informations personnelles sur le premier ministre circulent sur le Web et «qu'il est évident qu'il y a des mesures de sécurité qui devraient être prises. Je pense qu'il faut s'assurer qu'elles soient prises», a-t-il laissé entendre.
Le ministre Fournier a tout de même blâmé le député de Saint-Jérôme. Selon lui, celui-ci applique un double standard lorsqu'il s'agit du respect de la vie privée. «Je ne suis pas le premier à noter que dans son cas, (...) il y a des règles pour lui et des règles pour les autres.
«C'est curieux qu'il s'époumone devant vous [les journalistes] lorsque vous utilisez son téléphone cellulaire. Mais il semble prêt à donner le numéro de téléphone de bien du monde», a-t-il lancé.
Certains de ses collègues ont fait allusion aux craintes sécuritaires qu'ont installées les attentats terroristes en France, notamment contre Charlie Hebdo. «Honnêtement, il (M. Péladeau) a choisi sa semaine», a ironisé Pierre Moreau (Affaires municipales). «Il y a des questions de sécurité, liées à ces choses-là», a-t-il soulevé.
Le vétéran Pierre Paradis -député depuis 1980- a commencé par souligner que, compte tenu de la fonction occupée par Philippe Couillard, «il y a des éléments de sécurité qui commandent de la discrétion. J'imagine qu'il n'y a peut-être pas pensé», a-t-il commenté.
Le ministre de l'Agriculture a admis que l'adresse de M. Couillard est publique, par la liste que publie le Collègue des médecins. «Vous pouvez trouver l'adresse de quiconque. Mais ne facilitez pas les choses pour les gens qui cherchent le trouble», a-t-il dit en évoquant vaguement la possibilité d'attentats.
Avec la Presse canadienne