Le gouvernement Couillard prendra l'engagement politique de faire en sorte qu'entre 100 000 et 110 000 Québécois de plus puissent se hisser au-dessus du seuil de pauvreté d'ici la fin de 2022.

100 000 Québécois «sortiront de la pauvreté»

La présentation du 3e plan québécois de lutte contre la pauvreté est reportée à l'automne prochain. Dans ce plan, le gouvernement de Philippe Couillard prendra l'engagement politique de faire en sorte qu'entre 100 000 et 110 000 Québécois de plus puissent se hisser au-dessus du seuil de pauvreté d'ici la fin 2022, a appris Le Soleil.
Les deux premiers plans dont s'est doté le Québec depuis 15 ans n'ont jamais permis de répondre à l'objectif d'une loi adoptée par l'Assemblée nationale en 2002, loi qui devait amener le Québec dans le club des nations industrialisées comptant le moins de personnes pauvres.
Le 3e plan devait être présenté d'ici l'été. Il ne le sera pas. Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a expliqué au Soleil que les travaux entourant son élaboration doivent encore se poursuivre. Entre autres pour pouvoir éventuellement les arrimer avec des éléments que contiendra un rapport que son collègue des Finances, Carlos Leitão, et lui ont commandé sur la création d'un «revenu minimum garanti».
En janvier 2016, le premier ministre Philippe Couillard avait invité M. Blais à se pencher sur un projet allant «dans la direction de l'instauration» d'un revenu minimum garanti. Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale croit que le rapport sur lequel des experts travaillent et son propre plan de lutte contre la pauvreté pourraient «converger» en tout ou en partie.
Sur papier, le revenu minimum garanti repose sur l'idée d'intégrer en une seule prestation des allocations fournies par l'État et des crédits d'impôt - ou à tout le moins, une partie de ces aides.
«Accord gouvernemental»
La cible de réduction de la pauvreté a été clairement déterminée, confirme le ministre François Blais. Elle correspond aux moyens de l'État, dit-il.
«Il y a un accord sur cette question au sein du gouvernement. Il consiste à améliorer le revenu disponible des 800 000 personnes ou à peu près qui sont aujourd'hui sous le seuil de pauvreté au Québec. Et à sortir plus de 100 000 personnes de la pauvreté d'ici la fin de l'application du plan, en 2022.»
Selon les statistiques, 760 000 Québécois vivaient sous le seuil de pauvreté en 2014. Ce seuil varie en fonction de la situation des ménages.
«Dans ce plan, il n'y aura pas seulement l'affirmation d'une cible. Y figureront, le processus et les outils qui feront qu'on sera en mesure de l'atteindre; car il faut de la volonté politique, mais aussi des bons outils.»
Au terme du plan, le Québec apparaîtra dans le groupe des États qui font le mieux en matière de lutte contre la pauvreté, assure François Blais.
Puisqu'il sera présenté tout juste un an avant le prochain scrutin général au Québec, le Parti libéral devra le porter durant la campagne électorale. C'est en quelque sorte un premier engagement politique.