Politique

Couillard refuse d’aborder la question des droits humains en Chine

Le premier ministre Philippe Couillard n’a toujours pas l’intention d’aborder l’épineux problème des droits de la personne en Chine.

Au cours du premier point de presse de sa mission chinoise, dimanche, à Pékin, le premier ministre a indiqué qu’il ne désirait pas faire «échouer» la mission par des «commentaires mal avisés».

La Chine est un pays dirigé par des leaders communistes où les droits civils comme les libertés d’opinion, de la presse et de la conscience sont bafoués.

Cette question délicate revient hanter chaque premier ministre québécois ou canadien dès qu’il met le pied en Chine et révèle toujours un malaise sur la conciliation difficile des relations économiques et du principe du respect des droits fondamentaux.

«Ce n’est certainement pas le Québec qui va dicter, ou d’autres parties du monde d’ailleurs qui vont dicter à la Chine, on le voit, la façon dont ils vont se gouverner de façon interne», a déclaré le premier ministre.

En 2014, lors de son premier séjour en Chine, M. Couillard était resté silencieux sur la question, tout en promettant qu’il y aurait «d’autres occasions» pour en parler. La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, elle, avait soulevé l’enjeu avec le secrétaire du Parti communiste du Jiangsu.

A-t-il abordé le sujet avec ses interlocuteurs chinois depuis? «Peut-être, si c’est privé, peut-être, ou non», a-t-il rétorqué, usant de faux-fuyants afin d’éviter de répondre clairement à la question des journalistes.

Chose certaine, M. Couillard croit que le progrès social en Chine passera par sa classe moyenne de plus en plus puissante, qui exigera des changements.

Trois cent millions de personnes sont considérées faire partie de la classe moyenne en Chine, un pouvoir économique si redoutable que le représentant du Québec en Chine, Jean-François Lépine, n’hésite pas à le qualifier de «démocratie par le bas».

«D’après moi ça va se faire naturellement», a renchéri M. Couillard.

D’ici là, le Québec ne peut que montrer l’exemple: «(Les étudiants internationaux au Québec) voient ces différences de sociétés et reviennent chez eux souvent avec l’ambition d’aller dans cette direction aussi», a-t-il analysé.

Le Canada plus près de la Chine que des États-Unis

Par ailleurs, M. Couillard s’est dit d’accord avec l’ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, qui affirmait plus tôt en journée que les politiques canadiennes ressemblent actuellement plus à celles de la Chine qu’à celles des États-Unis.

Évoquant un tout nouveau contexte géopolitique, M. McCallum a vanté le travail de la Chine en matière d’environnement, de lutte aux changements climatiques et de libre-échange.

«Je n’aurais jamais pensé possible au cours de ma vie ce qui est vraiment arrivé aujourd’hui», a déclaré l’ambassadeur, s’adressant à l’ensemble de la délégation québécoise, soit près de 200 personnes, majoritairement du milieu des affaires, mais aussi de l’éducation et de la culture.

«C’est probablement le meilleur moment depuis des années et même des décennies où le Canada, le Québec ont l’occasion d’approfondir leurs liens avec la Chine, a-t-il poursuivi. Je dirais que vous avez choisi un bon moment pour venir ici.»

Lundi, plusieurs ententes seront signées à Pékin entre des institutions d’enseignement ou des entreprises du Québec et des vis-à-vis chinois.

Dimanche midi, le premier ministre a lancé sa mission au Carnaval de l’hiver québécois à Pékin, où il en a profité pour effectuer quelques tirs au but en compagnie de jeunes hockeyeurs. Il a aussi assisté à une démonstration de planche à neige par l’athlète québécois de 10 ans Éli Bouchard, véritable vedette en Chine.

M. Couillard vantera jusqu’à vendredi en Chine le génie québécois en matière de sports d’hiver, de culture et de divertissement. Il espère ainsi intéresser la classe moyenne chinoise et idéalement augmenter les exportations québécoises dans ce pays.

Politique

Couillard en Chine: sports d'hiver, culture et divertissement au menu

C'est sur le thème de l'hiver que s'ouvrira la mission du premier ministre Philippe Couillard en Chine dimanche.

Le chef du gouvernement québécois espère tirer profit de l'engouement des Chinois pour les sports d'hiver, dont le ski et le hockey, lors d'une mission commerciale et culturelle d'une semaine qui l'amènera à Pékin, Hangzhou et Shanghai.

C'est qu'à l'approche de l'échéance olympique de 2022, et pour répondre à certains enjeux de santé publique, Pékin s'est fixé comme objectif d'amener 300 millions de Chinois à pratiquer des sports d'hiver.

M. Couillard y voit là une excellente opportunité d'affaires. Accompagné de représentants de près de 140 entreprises québécoises, il vantera dès dimanche en Chine, et pour toute la durée de la mission, l'expertise hivernale québécoise, ou son «économie blanche».

On cherchera ainsi durant cette mission à accroître les exportations du Québec en Chine, car si les échanges commerciaux entre les deux territoires augmentent d'année en année (ils se chiffraient à 13,3 milliards $ en 2015, une hausse de 17,1 % par rapport à 2014), la balance commerciale pour le Québec est toujours largement déficitaire.

En 2015, la valeur des importations de marchandises du Québec en provenance de la Chine s'établissait à 10,7 milliards $, tandis que les exportations québécoises vers le pays le plus populeux du monde se chiffraient à 2,7 milliards $.

Au ministère des Relations internationales (MRI), on souffle qu'il ne faut pas négliger les efforts pour séduire le géant chinois.

Car avec une classe moyenne qui progresse de manière substantielle chaque année, le marché chinois, le plus gros au monde, est en pleine transformation et devient de plus en plus un marché de consommation de produits de qualité.

La culture et le divertissement à l'avant-plan

Le secteur des sports d'hiver n'est évidemment pas le seul à être économiquement prometteur; le divertissement, qui représente 5 % du PIB chinois, est aujourd'hui un marché de 560 milliards $US.

Depuis 2014, année où le premier ministre Couillard a effectué une première incursion dans l'Empire du Milieu, les choses ont déboulé et les Chinois, de plus en plus riches, cherchent maintenant des endroits dans leur pays où se divertir.

Le message du Québec sera donc bien différent de celui de 2014 : exit les ressources naturelles et place à la culture et au divertissement. D'ailleurs, près de la moitié des participants cette année proviennent des milieux de la culture, du multimédia et du divertissement, du jamais-vu, selon une source gouvernementale.

En mêlée de presse quelques jours avant son départ pour la Chine, M. Couillard a déclaré qu'il allait surtout vanter le «talent» québécois.

«La première chose dont je dois parler, c'est de nos talents et de la façon dont on réussit, dont on innove au Québec, a-t-il dit. C'est ça la grande valeur, la valeur aujourd'hui sur laquelle tout le monde est en compétition, c'est le talent.»

Selon le représentant du Québec en Chine, Jean-François Lépine, les salles de spectacle et les arts du cirque ont particulièrement la cote.

«Simplement avec les cirques du Québec par exemple, le Cirque du Soleil, le Cirque Éloize et Les 7 doigts de la main, il y a une progression depuis deux ans où ils viennent en tournée, ils ont des projets communs qui sont absolument fabuleux, et ça, c'est un indice de plus de la diversification de notre présence en Chine, de sa modernisation aussi, a-t-il affirmé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. On n'est plus seulement dans les matières premières, les minéraux, et tout ça, mais on est aussi dans des secteurs de pointe.»

Rares rencontres avec de hauts dirigeants chinois

Le séjour du premier ministre du Québec est d'autant plus opportun, ajoute-t-on, qu'il survient au moment où le Canada et les États-Unis peinent à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). La montée du protectionnisme américain n'a pas épargné le Québec.

La Chine pourrait être la solution, et elle est réceptive : M. Couillard a notamment réussi l'exploit d'obtenir deux entretiens avec des hauts représentants du gouvernement central chinois.

En 2014, le premier ministre avait obtenu, à Pékin, une seule rencontre, très sélecte, avec le ministre des Territoires et des Ressources de la Chine, Jiang Daming, qui est à la tête d'une vaste administration de 400 000 employés.

Les hauts représentants chinois sont sollicités de toutes parts par bon nombre de dirigeants étrangers qui veulent aussi obtenir les faveurs de la grande puissance. En Chine, fait-on savoir, les contacts politiques permettent bien souvent d'accélérer le processus pour conclure des contrats.

Plusieurs joueurs espèrent tirer leur épingle du jeu. Dans la délégation québécoise, on remarque la présence, imposante, de la filière culturelle, en plus de celle des entreprises oeuvrant dans les domaines de l'agroalimentaire, des biens de consommation et des technologies vertes.

De grandes entreprises industrielles du Québec sont aussi du voyage, comme bien sûr Bombardier implantée en Chine depuis bon nombre d'années.

Il s'agit de la huitième visite d'un premier ministre québécois en Chine. Par cette mission, M. Couillard se trouve ainsi à marcher dans les traces de René Lévesque, qui a été le premier des chefs de gouvernement du Québec, il y a 30 ans, à visiter le pays de Mao. Le Québec a signé sa première entente avec le gouvernement chinois en 1980, et elle portait sur l'éducation. Le Québec a aussi été la première province à ouvrir un bureau en Chine, en 1998, sous Lucien Bouchard.

Politique

Départs au PQ : Landry croit que les idées du parti sont intactes

Face à la vague de départs que connaît le Parti québécois, Bernard Landry dit trouver une certaine consolation dans le fait que ceux qui partent n’ont pas renié les idées de la formation qu’il a dirigée.

L’ex-premier ministre du Québec dit avoir accueilli la nouvelle du retrait de la vie politique de trois grosses pointures péquistes avec un mélange de «tristesse et de possibilités d’espoir». Il choisit d’y voir l’occasion d’insuffler un renouveau dans les rangs du parti.

Alexandre Cloutier, Agnès Maltais et Nicole Léger ont annoncé de manière quasi simultanée, mardi, qu’ils ne brigueraient pas un autre mandat à l’occasion des prochaines élections provinciales.

Candidat deux fois déçu à la direction du parti, Alexandre Cloutier a évoqué un effritement de son enthousiasme. Agnès Maltais, députée de la circonscription de Taschereau sans interruption depuis 1998, a expliqué que l’énergie lui faisait défaut et Nicole Léger a elle aussi choisi de passer le flambeau après une vingtaine d’années de service.

En entrevue avec La Presse canadienne, Bernard Landry s’est réjoui qu’aucun d’entre eux n’ait apostasié le programme péquiste.

Il s’est fait l’écho de l’actuel chef péquiste, Jean-François Lisée, qui martèle que ces départs s’inscrivent dans un «processus normal».

«Maintenant, on a des circonscriptions prenables et disponibles pour les jeunes hommes et jeunes femmes qui voudraient remplacer ceux qui s’en vont», a soulevé M. Landry.

Il ne cache d’ailleurs pas son emballement face à la candidature de la fille de Félix Leclerc, pour lui un symbole de «convergence intergénérationnelle».

Nathalie Leclerc portera les couleurs du Parti québécois dans la circonscription Charlevoix-Côte-de-Beaupré, où l’ex-première ministre Pauline Marois avait été défaite par la libérale Caroline Simard.

Aussant de retour?

Bernard Landry voit également d’un bon oeil l’éventuel retour du fondateur d’Option nationale, Jean-Martin Aussant — ce «fils intellectuel de Parizeau».

Même si le doyen de l’Assemblée nationale, François Gendron, a annoncé être en réflexion, tandis que Claude Cousineau et Nicolas Marceau songeraient eux aussi à leur avenir, M. Landry se dit sûr que le parti saura se remettre sur pied d’ici le scrutin de l’automne.

Il rappelle que René Lévesque avait lui aussi connu des turbulences au sein de son équipe, quand les opposants au «beau risque» avaient claqué la porte en bloc. Certains, comme le «père de la loi 101», Camille Laurin, avaient toutefois plus tard réintégré le parti, souligne M. Landry.

Pour se redresser, la formation doit maintenant travailler son image, dit-il, de sorte à redevenir «un parti d’idéal, de cause» aux yeux de l’électorat.

Politique

De l’aide pour les médias au budget fédéral

Le premier ministre Justin Trudeau se dit préoccupé par la crise des médias au Canada et annonce que les discussions préparatoires au budget portent sur une aide fédérale afin d’aider les entreprises et les travailleurs de l’information à traverser cette période de transition.

«Oui, je suis préoccupé par ça, parce qu’on ne peut pas avoir une démocratie en santé si les citoyens ne sont pas bien informés. C’est essentiel pour le bon fonctionnement de notre société, et pas seulement pour la démocratie.»

M. Trudeau admet que «la numérisation et la façon dont les gens consomment leurs nouvelles amènent beaucoup de perturbation dans les salles de nouvelles. Donc, comme on le fait pour bien des industries, je trouve que le gouvernement a la responsabilité d’aider et de faciliter cette transition».

Le premier ministre signale que l’intervention du fédéral doit aider à développer ces nouveaux modèles d’information : «On ne va pas tout simplement financer parce que ça ne fonctionne plus». Rappelant la hausse du budget de Radio-Canada et des fonds pour les périodiques, le premier ministre explique que le gouvernement étudie «les façons de financer cette transition et d’aider au développement d’un modèle qui fonctionne pour l’industrie, pour les gens qui y travaillent, et pour les consommateurs qui ont besoin d’une information de qualité et fiable. Donc un a un rôle à jouer là-dedans, et on va en avoir plus à dire après le budget. C’est dans nos réflexions par rapport au budget».

Donc la décision sera-t-elle connue après le budget ou au budget? «Au budget», a répondu M. Trudeau.

Le premier ministre dit comprendre la frustration des journalistes qui voient leur contenu rédactionnel versé dans les médias sociaux qui piratent leurs revenus publicitaires et appauvrissent les salles de nouvelles. «Je viens de lire un livre très intéressant qui parlait de la mauvaise décision du New York Times de permettre à Facebook d’accéder à leur contenu». Il en conclut que le problème est complexe, mais que le gouvernement sera là pour aider cette industrie «essentielle à notre société». 

Actualités

Oui au train à grande fréquence, dit Trudeau

Sans présumer du résultat des études en cours, le premier ministre Justin Trudeau se dit favorable au projet de train à grande fréquence (TGF) de Via Rail, qui relierait la ville de Québec au triangle Montréal, Ottawa et Toronto. «On sait que c’est bon pour la société, pour l’environnement et pour la croissance économique. C’est le genre d’investissement auquel les gens s’attendent» a déclaré M. Trudeau au cours d’une entrevue avec Le Soleil pour les journaux de Groupe Capitales Médias.

Rappelant que son gouvernement a déjà annoncé 3,6 millions $ dans le budget de 2016 pour étudier ce projet, le premier ministre a précisé que le travail a atteint une étape importante : «Maintenant, nous sommes en phase de développer le projet d’affaires, pour voir de façon beaucoup plus concrète de quoi ça aura l’air».

Le projet TGF de Via Rail propose de relier Toronto, Ottawa, Montréal et Québec avec de nouveaux wagons et un réseau ferroviaire uniquement consacré au transport des voyageurs. Actuellement, ce transport emprunte le parcours des trains de marchandises du CNCP, ce qui prolonge la durée des voyages en raison des nombreux arrêts imposés par la rencontre des trains de marchandises. Un réseau ferroviaire consacré uniquement aux voyageurs réduirait considérablement la durée des parcours, et serait beaucoup moins cher à construire qu’un réseau de trains à grande vitesse (TGV) comme en Europe ou en Asie. Le gouvernement de l’Ontario estime cependant que le parcours de la Ville Reine vers Windsor et le sud-ouest de la province, beaucoup plus peuplé, pourrait justifier un TGV. Aucune décision n’a été prise.

Se coordonner avec le REM

M. Trudeau est tout de même très optimiste sur le TGF : «Je pense que ça va être possible, a-t-il déclaré. Quand on voit que 2017 a été l’année la plus achalandée de son histoire pour Via Rail, on constate qu’il y a un appétit pour des alternatives, un appétit pour ne pas être pogné dans le trafic pendant longtemps, comme c’est le cas actuellement».

L’une des contraintes identifiées dans la faisabilité de ce projet est le fait que le train en provenance de Québec passerait sur la rive nord et devrait emprunter le tunnel sous le Mont-Royal pour atteindre la gare centrale. Or, c’est également le trajet prévu pour les trains du Réseau Électrique Métropolitain (REM) piloté par la Caisse de dépôt et auquel Québec et Ottawa ont donné leur aval et garanti leur participation financière. «Il va falloir qu’on s’assure que ça va être compatible avec le REM à Montréal. On est en train de travailler là-dessus», a dit le premier ministre.

Via Rail et le gouvernement du Québec sont bien conscients qu’à défaut de pouvoir utiliser le tunnel sous le Mont-Royal, les passagers des trains à grande fréquence en direction ou en provenance de Québec devraient effectuer un transfert sur le réseau métropolitain, ce qui nuirait à l’achalandage. Les études portent donc notamment sur la possibilité de coordonner les horaires du REM et de Via Rail pour utiliser le même tunnel, ce qui n’est pas simple.

Pourrait-on élargir le tunnel? «C’est justement une chose qu’on est en train de regarder, et je pense que non. Mais il faudrait qu’on se coordonne bien avec le REM» a dit M. Trudeau.

Lire aussi : De l'aide pour les médias au budget fédéral

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CE QU'IL A DIT SUR...

La situation des femmes : «Il y a 25 ans, à McGill, j’étais un des seuls membres masculins du centre des étudiants contre les agressions sexuelles. Et je passais mon temps à parler aux résidents, aux fraternités, aux équipes de sport pour contrer la violence faite aux femmes, pour contrer les attitudes. Malheureusement, 25 ans plus tard, il n’y a pas beaucoup de choses qui ont changé.»

La décision sur le cannabis : «J’ai toujours été contre la décriminalisation et je me disais que j’étais aussi contre la légalisation. Deux dames sont venues me voir, quand j’étais député, vers 2009, pour me dire qu’elles craignaient pour leurs enfants et qu’elles appuyaient la légalisation. J’ai dit que je ne comprenais pas et que j’étais contre la décriminalisation. Elles m’ont dit que si on traitait la "mari" comme l’alcool, par exemple, on allait contrôler les points de vente, assurer l’identification de ceux qui consomment, enlever l’élément criminel, et mieux protéger nos jeunes.»

Les transports en commun : «Je comprends qu’à Québec, la mentalité puisse être un peu différente. Ce que je dis aux gens, c’est que s’ils ne veulent pas prendre l’autobus et qu’ils veulent absolument rester dans leur voiture, mais que leur voisin prend l’autobus ou les transports collectifs, ça fait une voiture de moins sur la route et moins d’achalandage pour les automobilistes. Alors, investir dans les transports en commun, ce n’est pas bon uniquement pour ceux qui les prennent, c’est bon pour tout le monde.»

Les changements climatiques au G7 : «Au Canada, nous allons atteindre nos cibles de réduction des gaz à effets de serre. J’en suis convaincu. On vit déjà les problèmes liés aux changements climatiques. Les gens vont chercher des solutions. Si le Canada peut démontrer que ces solutions vont créer de la croissance économique dans les décennies à venir et qu’on partage ça avec les autres par notre leadership, nous aurons des impacts positifs.»

Les populations autochtones : «Un exemple : d’abord éliminer les avis d’ébullition à long terme qui existent dans bien des réserves et bien des communautés à travers le pays. Ça prend des investissements en infrastructures, en gouvernance, en formation et c’est un exemple très concret des changements qu’on doit faire».

Politique

Un ex-ministre libéral épingle Leitão

C’est inusité. Un ancien ministre libéral pourfend un projet de loi de Carlos Leitão censé, selon son intitulé, «améliorer l’encadrement du secteur financier, la protection des dépôts d’argent et le régime de fonctionnement des institutions financières». Un libellé que le professeur Alain Paquet, du Département des sciences économiques de l’UQAM, changerait s’il le pouvait. Car il n’y croit pas.

En commission parlementaire, à l’Assemblée nationale, Alain Paquet, qui a été ministre délégué aux Finances lorsque Raymond Bachand était le titulaire du poste, s’en est pris jeudi à un important volet du projet de loi 141. Aujourd’hui, en conférence de presse, il s’attaquera à un autre morceau de la pièce législative.

Selon lui, des pans entiers du projet législatif de Carlos Leitão «affaiblissent» carrément la protection des épargnants et des consommateurs de produits et services financiers.

C’est le cas, dit M. Paquet, avec l’abolition de la Chambre de l’assurance de dommages et de la Chambre de la sécurité financière. Elles seront avalées par l’Autorité des marchés financiers — si la pièce législative est adoptée telle quelle.

Ce projet de loi réduit «la qualité de l’encadrement québécois du secteur financier. Il nous ramène des décennies en arrière».

«Avec ses ressources limitées et une culture institutionnelle développée autour de l’application du droit pénal, la centralisation de la réglementation à l’Autorité des marchés financiers risque de faire passer la dimension déontologique au second rang. Cela aurait des conséquences considérables», pense-t-il.

En tant que ministre délégué aux Finances, Alain Paquet devait notamment veiller à l’encadrement du secteur financier et à la protection des épargnants québécois.

Aujourd’hui, il croit que le gouvernement Couillard cherche à accommoder de gros joueurs comme Desjardins en instaurant une espèce de guichet unique. Mais que cela se fera au détriment des consommateurs.

À deux vitesses

Vendredi, l’ex-ministre libéral tirera une autre sonnette d’alarme. Il déplorera l’abolition, proposée dans le projet de loi, du Fonds pour l’éducation et la saine gouvernance, qui soutient financièrement des projets d’éducation financière, de recherche et de sensibilisation en la matière.

L’ancien ministre libéral craint que ce projet instaure un régime à deux vitesses au sein duquel les professionnels oeuvrant dans de grandes institutions financières — les banques et les sociétés d’assurance — seront moins bien encadrés que ceux travaillant dans un petit cabinet.

Il croit que certains pourront s’improviser conseillers en planification financière et vendre comme si de rien n’était leurs services et produits par Internet.

Alain Paquet juge «malavisé» le projet du ministre québécois des Finances.

Politique

Technologies propres: Ottawa investit 700 millions $

Le gouvernement fédéral fournira 700 millions $ à la Banque de développement du Canada (BDC) au cours des cinq prochaines années pour stimuler l’industrie des technologies propres.

Ce financement devrait permettre à la BDC de prendre plus de risques, en fournissant aux firmes technologiques les plus prometteuses le financement dont elles ont besoin pour accroître leurs activités et embaucher du personnel.

L’investissement a été annoncé à Montréal, jeudi, par le ministre de l’Innovation, Navdeep Bains, et la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna.

Ces 700 millions $ sur cinq ans font partie des investissements de 2,3 milliards $ dans les nouvelles technologies propres prévus dans le budget fédéral dévoilé l’an dernier, a-t-on indiqué.

M. Bains a également annoncé une nouvelle ressource en ligne - le Carrefour de la croissance propre -, qui doit être le centre de coordination du gouvernement en matière de technologies propres. Le Carrefour appuiera les entreprises, coordonnera les programmes déjà en place et fera un suivi des résultats obtenus.

Le gouvernement affirme que les investissements dans les technologies propres sont aussi bons pour l’environnement que pour l’économie.

Questionné sur la croissance des sables bitumineux au pays et l’appui donné par Ottawa à des projets d’oléoducs, M. Bains a affirmé que le gouvernement libéral avait «été très clair depuis le premier jour que l’économie et l’environnement allaient de pair».

«Alors que nous progressons vers la réduction de notre empreinte de carbone, et respectons notre engagement envers COP21 (l’accord de Paris sur le climat), nous prenons conscience de l’importance de l’innovation et des technologies propres. Dans le but de réussir, (les entreprises) ont besoin de financement, elles ont besoin de capital patient, de fonds de roulement, de capitaux propres, et c’est ce à quoi s’attardent ces investissements», a-t-il affirmé.

À ses côtés, la ministre McKenna a voulu rappeler une étude dévoilée en juin selon laquelle le Canada a grimpé de trois échelons, au 4e rang - devançant les États-Unis -, dans le Global Cleantech Innovation Index (GCII), qui évalue le financement et l’entrepreneuriat dans les technologies propres.

«Lorsque nous observons le secteur des technologies propres, j’aime bien faire valoir qu’il est plus grand qu’on peut le croire. Tout le monde travaille sur des solutions propres à travers le monde. Et au Canada, ce n’est pas différent. Mais il est fantastique quand vous regardez le secteur en tant que tel, il s’agit de 11,6 milliards $ en revenus, et les exportations ont compté pour la moitié de ses revenus. Et quand je vais à l’étranger, je ne suis pas seulement la ministre de l’Environnement, je parle aussi de l’économie et je fais la promotion des solutions canadiennes», a-t-elle soutenu.

Une technologie «utilisée partout dans le monde»

L’annonce fédérale a été faite dans les installations de l’entreprise Effenco, à Montréal, qui a créé une technologie permettant de réduire l’usage des moteurs de véhicules comme les camions à ordures, les autobus scolaires et les camions-bétonnières lorsqu’ils sont immobilisés.

Mme McKenna a salué une technologie «conçue au Canada et utilisée partout dans le monde».

Sur les lieux, le cofondateur et vice-président ventes et marketing à Effenco, Benoit Lacroix, a indiqué que la BDC avait déjà aidé au financement de la technologie au début de l’année dernière en vertu d’un «autre programme et d’un montant un peu plus modeste».

«Nous sommes en forte croissance, on parle d’un peu plus de 300 pour cent par année, et évidemment nous allons cogner à la porte de ce nouveau programme-là parce que cela cadre tout à fait dans nos besoins», a dit M. Lacroix en entrevue.

Le cofondateur d’Effenco a parlé de la difficulté d’obtenir des capitaux dans le secteur industriel des technologies propres.

«Les investissements en capitaux, c’est plus souvent pour des entreprises qui ont (...) une vision vers la rentabilité plus rapidement. On peut penser aux entreprises de logiciels par exemple. Pour le «clean tech industriel» comme Effenco, c’est plus difficile d’aller chercher des capitaux», a-t-il expliqué.

Concernant la somme de 700 millions $ sur cinq ans qui sera répartie entre plusieurs entreprises selon les critères de la BDC, M. Lacroix a parlé d’un «beau montant».

«Je dis ça de ma petite expérience, j’ai vu d’autres fonds aller et venir, et je fais aussi la comparaison avec ce que l’on voit dans notre industrie, par exemple en Californie, dans l’État de New York, c’est un gros montant. Sept cents millions sur cinq ans, ce n’est pas quelque chose de négligeable», a-t-il affirmé.

Selon le communiqué du gouvernement fédéral, les facteurs de sélection de la BDC incluront «la démonstration de la viabilité commerciale des technologies, le potentiel de croissance et l’intérêt de l’entreprise à en assurer le plein développement».

Dans un communiqué, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) a dit croire que l’investissement de 700 millions $ sur cinq ans aura «un impact positif pour l’essor d’une industrie verte et favorisera la création d’emplois dans un secteur clé pour l’avenir».

Politique

Québec ouvre la porte à la production et l’exportation d’hydrogène

Le Québec pourrait devenir un producteur - et éventuellement un exportateur - d’hydrogène. C’est du moins le souhait exprimé par le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, jeudi, lorsqu’il a annoncé au Salon de l’auto de Montréal que le Québec serait le banc d’essai canadien de la Toyota Mirai, première voiture à l’hydrogène à faire son entrée au Canada.

Le constructeur japonais livrera 50 de ces voitures cette année et le ministre promet deux stations de ravitaillement d’ici l’automne, une à Montréal et une à Québec. M. Moreau a indiqué que le gouvernement se portera acquéreur de plusieurs de ces véhicules.

La Mirai, déjà commercialisée en Californie, au Japon et dans une poignée de pays européens, représente une toute nouvelle technologie. Il s’agit dans les faits d’une voiture électrique dont la batterie est alimentée à l’hydrogène.

M. Moreau a précisé que la société d’État Transition énergétique Québec (TEQ) collabore avec des instituts de recherche et une entreprise québécoise à développer une méthode de production d’hydrogène à faible coût.

Deux ingrédients sont requis pour fabriquer de l’hydrogène, soit de l’eau et de l’électricité, qui se trouvent en abondance au Québec. Puisque le Québec dispose d’une source de production électrique propre et renouvelable et que la batterie à l’hydrogène ne produit comme résidu que de l’eau, il s’agirait dès lors d’une technologie de propulsion automobile à zéro émission de gaz à effet de serre de la source d’énergie jusqu’à son utilisation.

Outre le fait de n’émettre que de l’eau, la Mirai, dont le nom en japonais signifie «avenir», offre plusieurs avantages dont une autonomie de 500 kilomètres, une bonne fiabilité par temps froid et il ne faut que cinq minutes pour faire le plein d’hydrogène.

En contrepartie, la proposition n’est pas bon marché. Toyota n’a pas encore déterminé son prix de vente au Canada, mais la Mirai se détaille aux environs de 57 000 $ US (près de 71 000 $ CAN) en Californie où un modèle à essence comparable, la Camry, se vend 27 000 $ US (33 500 $ CAN) et la Camry hybride se détaille environ 37 000 $ US (46 000 $ CAN).

De plus, le kilo d’hydrogène se vend environ 14 $ US au détail en Californie et il en coûte ainsi 70 $ US (87 $ CAN) pour faire le plein du réservoir dont la capacité est de cinq kilos d’hydrogène.

Puisque l’autonomie de la voiture est de 500 kilomètres, cela se traduit par un coût d’environ 17,50 $ CAN pour 100 kilomètres. À titre comparatif, une Camry dotée d’un moteur de 3,5 litres consomme tout près de 10 litres aux 100 kilomètres selon le Guide de consommation de carburant 2017 de Ressources naturelles Canada, ce qui, même en utilisant un prix hypothétique de l’essence très élevé de 1,30 $ le litre, représente un coût bien inférieur de 13,00 $ CAN pour 100 kilomètres.

Le ministre Moreau a insisté sur le fait que les recherches actuelles visent à obtenir une production d’hydrogène à faible coût.

Romaric Lartilleux, consultant chez Toyota, a de son côté reconnu que la voiture dans sa première mouture est dispendieuse, mais il a fait valoir que son prix chuterait avec la production de masse, comme ce fut le cas pour les voitures électriques et hybrides.

En Californie, le gouvernement offre une remise de 14 000 $ US à l’achat d’une Mirai, ce qui ramène le prix à 43 000 $ US, soit toujours bien au-delà de la Camry hybride, mais Toyota offre aussi trois ans d’hydrogène gratuit aux clients qui s’en procurent une.

Politique

Première rencontre de travail Couillard-Plante: logement, transport au menu

Le transport en commun, l’habitation et le développement économique ont été au menu de la première rencontre de travail entre le premier ministre Philippe Couillard et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, jeudi.

Les deux ont rencontré la presse, jeudi midi à Montréal, avec le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, après s’être entretenus avec leur cabinet respectif. Le premier ministre a aussi signé le livre d’or de Montréal dans l’hôtel de ville.

Pour ce qui est du prolongement de la ligne bleue du métro vers l’est, le premier ministre Couillard a réitéré son «engagement indéfectible» à cet effet et s’est engagé à en discuter avec le gouvernement Trudeau pour finaliser le tout. «On n’est pas très loin de commencer enfin le projet», a-t-il affirmé.

Il a précisé que sa stratégie sur la mobilité durable allait bientôt être présentée, misant particulièrement sur le transport collectif et l’électrification des transports. «On va être au même endroit dans la même direction», a-t-il dit aux côtés de la mairesse Plante.

Par ailleurs, le premier ministre Couillard a noté que les discussions «avancent bien» quant à l’éventuel transfert de responsabilités de la Société d’habitation du Québec à la Ville de Montréal, en matière de logement. «J’ai bon espoir de les conclure le plus rapidement possible», a-t-il affirmé.

L’ambiance était à l’ouverture et à la bonne humeur. «Je ne viens pas voir l’administration municipale de Montréal; je viens voir le gouvernement municipal de Montréal» dirigé par Valérie Plante, a lancé M. Couillard, pour marquer sa reconnaissance de l’autonomie municipale. «C’est crucial comme différence», a-t-il ajouté.

Politique

Trudeau ouvert à des brise-glaces pour la Davie

Justin Trudeau a soutenu jeudi que le Canada avait besoin de brise-glaces et que le chantier naval Davie, à Lévis, pourrait bientôt obtenir les contrats qu’il lorgne depuis longtemps. «On sait très bien que le travail qui se fait à Davie est de grande qualité», a-t-il soutenu sur les ondes de Radio-Canada.

Sur l’heure du midi, sur les ondes d’Énergie, le premier ministre du Canada a précisé que des négociations commenceront vendredi entre la Garde côtière et la Davie afin que le chantier naval puisse travailler sur «jusqu’à quatre brise-glaces» pour le Canada. «On a besoin de brise-glaces», a-t-il affirmé. 

M. Trudeau a également affirmé à Radio-Canada qu’il sera présent le 29 janvier pour la vigile visant à commémorer la tuerie de la Grande Mosquée.

Sur les ondes du FM93, le premier ministre du Canada a soutenu qu’il était important de se souvenir de ce triste événement. «Il faut reconnaître qu’il y a encore des actes haineux, il y a encore des propos intolérants.»

M. Trudeau dit toutefois être encore «en réflexion» sur la possibilité ou non de créer une Journée nationale contre l’islamophobie à cette date, tel que demandé par la communauté musulmane de tout le Canada. 

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