Politique

Des élections amochées

DÉCODAGE / Élections Québec est le nouveau nom du bureau du Directeur général des élections du Québec (DGEQ). Mais peu importe son nom, l’organisation paraît sortir amochée des derniers mois.

En réalité, disons-le tout de suite, c’est au processus électoral que des coups ont été portés; c’est à lui que des ecchymoses ont été infligées. C’est lui qui est amoché.

Et si c’était la faute des parlementaires? Oui, des parlementaires, car c’est la faute de l’Assemblée nationale si deux dossiers majeurs ont tourné en eau de vaisselle.

Le premier porte sur les données personnelles que détiennent les partis politiques. Le directeur général d’Élections Québec, Pierre Reid, a proposé en avril un changement législatif afin que son organisation puisse aller vérifier ce que les partis collectent comme renseignements personnels, de quelles façons, comment ils les conservent et ce qu’ils en font. La main sur le cœur, les partis ont tous dit être d’accord. Le scandale de Facebook-Cambridge Analytica planait dans l’actualité.

Mais pourquoi le projet de loi présenté par la ministre Kathleen Weil ne s’est-il alors même pas rendu à l’étape du vote au Salon bleu?

Première réponse simple : parce que les partis, au fond, n’avaient pas envie que le Directeur général des élections — appelons-le ainsi — aille mettre son nez dans leurs affaires. Surtout pas en pleine campagne électorale.

À noter : même si cela en surprendra plusieurs, le gouvernement paraît avoir davantage souhaité aller de l’avant que les partis d’opposition. S’il s’est montré plus volontaire qu’eux, c’est aussi qu’il a craint de porter le chapeau d’un échec sur ce front. Une crainte non fondée, puisque le monde politico-médiatique n’est finalement plus revenu sur le sujet — même s’il avait défrayé la chronique plus tôt cette année. La recherche de «nouveauté» écrase souvent l’essentiel, mais passons.

Plus techniquement, le projet de loi de Mme Weil a été présenté tardivement, le 6 juin, alors que l’Assemblée nationale devait fermer ses portes le 15, ce qu’elle a fait.

N’empêche que tout est possible en quelques jours quand tous les parlementaires le veulent. C’était d’autant plus possible que la proposition législative ne contenait que trois articles — outre celui portant sur la date de mise en vigueur.

Le reste de l’histoire s’est joué derrière les rideaux. Le 8 juin, le Parti québécois a demandé au gouvernement que pas moins de… 18 groupes soient entendus en commission parlementaire là-dessus.

Le gouvernement a refusé. Il a estimé qu’entendre le DGEQ et Éric Montigny, de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, suffisait pour l’instant.

Et c’est ainsi, tout simplement, que tout est tombé à l’eau; que le DGEQ n’a pas obtenu le pouvoir de plonger dans les techniques de ciblage d’électeurs de nos partis politiques au moment où cela aurait le plus compté, celui de la campagne électorale.

Les dépenses préélectorales

Au Québec, la loi instituant des élections à date fixe a été adoptée en juin 2013. Or, cinq ans plus tard, il n’existe toujours pas de règles relatives aux dépenses préélectorales pour l’actuelle précampagne. Le DGEQ a décidé d’observer la situation. Cet attentisme lui a été reproché. C’est compréhensible : des règles existent déjà en Ontario, par exemple.

Mais est-ce que l’établissement d’un encadrement des dépenses préélectorales n’aurait pas dû revenir au gouvernement et au Parlement? Oui, absolument. Elle est de ce côté la vraie responsabilité.

Pour charpenter ce qui existe déjà, il faudra un jour ou l’autre modifier la loi électorale du Québec — et le faire sans donner prise à d’éventuelles contestations judiciaires (car un contrôle des dépenses du genre est considéré comme une atteinte à la liberté d’expression par les tribunaux, bien qu’ils l’aient accepté pour les périodes électorales).

Or, seule l’Assemblée nationale a le pouvoir de modifier cette loi. Elle n’a pas agi parce qu’aucun parlementaire ne s’est donné la peine de réfléchir à cette question.

L’Assemblée nationale a elle-même, de facto, décidé d’attendre les recommandations que fera l’an prochain ou plus tard l’équipe de Pierre Reid au terme de son observation. Elle n’était pas obligée d’attendre, insistons là-dessus.

Si elle a décidé de le faire, c’est qu’elle l’a bien voulu. Et voilà pourquoi et comment un morceau du processus électoral passe et passera à travers les mailles du filet cette année.

Ah, si Trump pouvait dénoncer Couillard...

Si l’on voulait badiner sur un tel sujet, on pourrait dire qu’avec le ton et les mots qu’il emploie à son endroit — qui sont allés crescendo — Philippe Couillard rêve secrètement d’être dénoncé par le président Trump lui-même… Cela lui vaudrait peut-être des points dans l’électorat! Après tout, les points sur les i mis par Justin Trudeau à propos de l’agitateur de Washington ne l’ont pas desservi.

Mais ne badinons pas. Le sujet est trop sérieux. Ce qu’il faut relever, c’est que le premier ministre du Québec est en cohérence avec lui-même. En novembre 2016, quelques heures avant la fermeture des bureaux de scrutin, M. Couillard avait lui-même souhaité l’élection de la démocrate Hillary Clinton à la Maison-Blanche.

Il arrive parfois que les intérêts partisans d’un gouvernement et ceux d’un État convergent. C’est le cas ici. Cette convergence s’est illustrée lors de la rencontre des membres du conseil des ministres et des représentants des associations patronales et syndicales cette semaine, ainsi que lors du dévoilement du plan d’action censé permettre au Québec de faire face aux incertitudes provoquées par l’administration Trump.

À son échelle à lui, le gouvernement québécois a une «obligation de moyens», soit celle de déployer ses meilleurs efforts pour atteindre l’objectif visé. Jusqu’ici, sur ce front, il s’est acquitté de sa responsabilité.

Politique

Québec investit plus de 7,5 millions $ à Anticosti

MONTRÉAL — Le gouvernement du Québec a annoncé vendredi des investissements de plus de 7,5 millions $ sur l'île d'Anticosti, dont une aide de 400 000 $ pour permettre à la municipalité de L'Île-d'Anticosti de préparer son dossier de candidature afin d'apparaître sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

En plus de l'aide pour la candidature à l'UNESCO, Québec verse 7,2 millions $ pour développer l'offre touristique sur l'île.

Une partie de la somme permettra l'ajout de 16 chambres à l'auberge de Port-Menier, alors que d'autres investissements sont prévus pour la revitalisation de bâtiments existants ainsi que pour les installations de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ). Le fameux belvédère de la chute boréale subira aussi une cure de jouvence.

La ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, a annoncé l'octroi de ces subventions vendredi, au premier jour du Forum du futur de l'Île d'Anticosti, qui se tient à Port-Menier.

Le gouvernement Couillard a aussi l'intention de créer le Comité interministériel pour l'inscription d'Anticosti au patrimoine mondial (CIAPM) pour soutenir la municipalité, qui doit déposer sa candidature le 21 février prochain.

Le comité gouvernemental va réunir huit ministères et devra s'assurer de mettre en place toutes les mesures de conservation et de gestion nécessaires pour respecter les critères de l'UNESCO.

Au-delà des millions investis, c'est la formation de ce comité qui réjouit surtout le maire de la municipalité de L'Île-d'Anticosti, John Pineault. «Ça sonne un peu comme un guichet unique pour nous. C'est important quand on est en région très éloignée, parce qu'on sait tous combien ça coûte d'aller à Québec à partir d'ici», a commenté l'élu en conférence téléphonique.

Pour John Pineault, il est important que le développement de l'île d'Anticosti se fasse selon une certaine ligne de conduite que devrait imposer le projet de candidature à l'UNESCO.

«Il faut que les gens partent d'ici avec un facteur wow et on ne peut pas le faire avec un tourisme de masse, uniquement avec un tourisme de niche», soutient-il.

Un projet de traversier à l'étude pourrait par ailleurs favoriser l'accès à Anticosti.

Le maire aimerait que cette nouvelle visibilité attire un peu plus de gens intéressés à s'établir sur la pointe de terre à l'embouchure du golfe Saint-Laurent. «La population est en bas d'un seuil critique actuellement. J'aimerais voir une population autour de 500», avance le maire Pineault qui compte un peu plus de 200 concitoyens.

John Pineault rappelle que l'île de 8000 kilomètres carrés a déjà compté plus de 3000 résidents.

Deux sites québécois à l'UNESCO

Actuellement, seulement deux sites québécois figurent sur la liste de l'UNESCO : le parc national de Miguasha, en Gaspésie, ainsi que l'arrondissement historique du Vieux-Québec.

En décembre 2017, le gouvernement canadien a ajouté l'île d'Anticosti sur sa Liste indicative des sites du patrimoine mondial au Canada, aux côtés notamment de la Vallée de la Stein, en Colombie-Britannique, et du Lieu historique provincial du poste du câble de Heart's Content à Terre-Neuve-et-Labrador. Cette liste comprend une série de sites qui pourraient être inscrits sur le registre de l'UNESCO.

«Secret trop bien gardé du grand public, l'île d'Anticosti constitue le meilleur laboratoire naturel du monde pour l'étude des fossiles et autres témoins géologiques issus de la première extinction de masse du vivant, il y a près de 445 millions d'années. Elle recèle également un patrimoine naturel et culturel de grande valeur», a déclaré la ministre Melançon dans un communiqué.

Politique

50 M$ pour offrir des petits déjeuners à l'école

Le gouvernement du Québec investit 50 millions $ sur 5 ans pour que toutes les écoles primaires situées en milieu défavorisé puissent offrir un petit déjeuner à leurs élèves dès le mois de septembre.

Actif depuis 23 ans, le Club des petits déjeuners distribue déjà de la nourriture dans plus de 300 écoles défavorisées, grâce à des dons du public et d’entreprises privées. Ce coup de main du gouvernement fera en sorte de doubler les activités du Club, qui pourra déployer son programme dans plus de 400 nouvelles écoles. À terme, les élèves d’environ 40 % des écoles primaires publiques auront droit à un petit déjeuner gratuit.

«Les besoins, ils sont là, on a la capacité financière d’investir», a justifié le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx lors de l’annonce faite vendredi à l’école Marguerite-Bourgeoys de Québec. 

Affaires

Grève des grutiers: Couillard prévient qu'il y aura des conséquences

MONTRÉAL — Le premier ministre Philippe Couillard a prévenu vendredi «qu'il y aura des conséquences» et que son gouvernement «ne ferait pas de compromis» relativement à la grève illégale que mènent les grutiers depuis cinq jours.

«Ceux qui pensent que parce qu'il y a des élections qui s'en viennent, le gouvernement pourrait marchander une sorte de solution à l'écart des lois. Enlevez cette illusion de votre esprit», a déclaré le premier ministre en mêlée de presse à Québec.

Son ministre des Transports, André Fortin, avait annoncé plus tôt que le gouvernement enverrait une mise en demeure au syndicat des grutiers pour réclamer «tout dommage généré par leur grève illégale».

Le ministre Fortin juge «inacceptable» que les grutiers désertent leurs chantiers depuis une semaine. Les dommages liés aux retards sur les chantiers leur seront réclamés, a-t-il assuré.

Interrogé sur l'impact de la grève sur les travaux au pont Champlain, l'attaché de presse du ministre fédéral des Infrastructures, Amarjeet Sohi, a affirmé qu'il était encore «trop tôt» pour se prononcer. Dans une déclaration envoyée par courriel, Brook Simpson a assuré que le ministre suivait la situation de près avec son partenaire privé.

La vaste majorité des grutiers ont défié l'ordonnance du Tribunal administratif du travail, qui les a sommés de cesser leur grève illégale. Ils ne sont pas retournés sur les chantiers vendredi matin, selon la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Le tribunal avait accueilli jeudi soir la demande d'ordonnance provisoire déposée par la CCQ pour faire cesser la grève. Selon la décision, l'urgence d'agir est justifiée, car «il apparaît évident que les chantiers de construction subissent des impacts importants en lien avec cet arrêt de travail».

Le syndicat n'a pas répondu à la demande d'entrevue de La Presse canadienne.

La CCQ et l'ACQ dénoncent la grève

Mélanie Malenfant, porte-parole de la CCQ, a dit qu'elle «comprenait très bien» la décision du gouvernement du Québec.

«Ça cause aussi des torts aux contribuables, parce que tous les retards sur les chantiers, ça va probablement occasionner des coûts qui sont importants pour le gouvernement», a-t-elle soutenu en entrevue téléphonique.

Guillaume Houle, porte-parole de l'Association de la construction du Québec (ACQ), a indiqué que son organisation invitait tout entrepreneur affecté par ces moyens de pression à déposer une plainte auprès de la CCQ et à aviser les autorités policières.

«C'est dommage, on aurait aimé que les syndicats participent davantage. On s'entend, la FTQ-Construction, l'Inter, ont envoyé des messages clairs aux grutiers de retourner au travail. Si les grutiers ne respectent pas les consignes du juge, de leur syndicat, il devraient faire face aux réprimandes appropriées», a-t-il affirmé.

Les grutiers ont commencé une grève lundi dernier, dans l'ensemble des chantiers du Québec. Et la grève est illégale, puisque la convention collective qui lie les associations patronales et les organisations syndicales est en vigueur jusqu'en 2021. Au chantier du nouveau pont Champlain, qui relie Montréal à la Rive-Sud, les moyens de pression avaient même débuté jeudi dernier.

Le litige prend sa source dans les changements qui ont été apportés à la formation des grutiers, le 14 mai dernier. Les grutiers, mécontents, allèguent que les changements apportés nuiront à leur propre sécurité et à celle du public.

Des recours aux grutiers

Selon l'avocat spécialisé en droit du travail Éric Thibaudeau, les travailleurs ont pourtant plusieurs recours devant eux pour faire valoir leur point de vue.

«Les syndicats ont déposé un recours en Cour supérieure pour faire déclarer illégal ou non conforme le règlement [sur la formation] qui a été adopté. Laissons les tribunaux faire leur travail au lieu de plutôt tenter une grève illégale», a-t-il expliqué en entrevue.

Me Thibaudeau suggère aussi que les grutiers pourraient exprimer leur «droit de refus» s'ils ressentent face à ce règlement un «danger réel» en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité du travail — ce qui n'a pas encore été fait, selon le juriste.

Selon lui, il faudra surveiller attentivement ce qui se passera mardi.

«L'ordonnance a été rendue hier soir, assez tard. Demander à des dizaines, ou des centaines de revenir sur un chantier de construction rendu à cette heure-là pour le lendemain matin, c'est un petit peu difficile à organiser», a-t-il ajouté.

«Je pense qu'il ne faut pas nécessairement donner trop de poids à ce qui se passe aujourd'hui. Le véritable test sera mardi», a-t-il soutenu. Avec le congé férié de la Fête nationale, les grutiers doivent normalement retourner au travail mardi.

Pressions du syndicat

En milieu de soirée, jeudi, la FTQ-Construction avait relayé la décision du tribunal dans un communiqué de presse, dans lequel elle rappelait «aux salariés grutiers leur obligation d'offrir immédiatement leur prestation normale et habituelle de travail».

La centrale syndicale a réitéré cet appel, vendredi, tout en demandant au gouvernement du Québec de former un comité indépendant pour étudier le règlement lié à la formation.

«Ce nouveau règlement a été adopté par des parties intéressées. Cependant, pour étudier l'impact du nouveau règlement sur la sécurité, il faut un regard extérieur, d'où la demande au gouvernement de former un comité indépendant ou encore de confier ce mandat à un juge à la retraite», a-t-elle affirmé dans un communiqué transmis en fin d'après-midi.

«La FTQ, qui soutient les revendications des grutiers et grutières, demande à ces derniers et au syndicat de respecter l'ordonnance émise hier [jeudi] et de fournir leur prestation normale de travail», poursuit-elle.

Politique

Protectionnisme américain: Couillard donne l’exemple de Motrec

Le contexte difficile des relations commerciales avec les Etats-Unis ont occupé une grande place dans la visite du premier ministre du Québec à Sherbrooke, jeudi matin.

Philippe Couillard a visité l’usine de Motrec International, dans le parc industriel Gene-H.-Kruger.

Lire aussi: «Ça suffit!» dit Couillard à Trump

Une partie de la solution pour contrer les décisions de l’administration américaine, c’est d’avoir des chaines locales d’approvisionnement jusqu’au produit fini, nous en avons un bel exemple ici aujourd’hui», a-t-il mentionné.

M. Couillard, accompagné de députés de la région sherbrookoise, a dénoncé l’attitude négative de l’administrationTrump avec le Canada, son partenaire commercial de longue date.

Motrec, un manufacturier de véhicules électriques industriels, est une entreprise exportatrice  qui vend 80 pour cent de ses produits chez nos voisins du Sud.

Blair McIntosh, président et chef de la direction de Motrec International, dit fonder beaucoup d’espoir sur la visite du premier ministre à Washington prochainement.

Philippe Couillard ira dénoncer les mesures protectionnistes de Donald Trump aux États-Unis la semaine prochaine. Le premier ministre sera à Washington le 26 juin pour une série de rencontres avec des élus et des représentants du gouvernement américain, avant de livrer un discours à New York le 28 juin.

L’importante croissance de l’entreprise Motrec au cours des dernières années et le manque d’espace dans ses installations actuelles l’ont motivé à lancer la construction d’une nouvelle usine à l’intersection du boulevard de Portland et de la rue Robert-Boyd.

L’usine et les bureaux auront une superficie totale d’environ 70 000 pieds carrés, permettant ainsi de tripler la capacité de production actuelle de l’entreprise. Le projet représente des investissements de près de 10 M$.


Politique

Promotion de la souveraineté: Lisée défend sa stratégie

WENDAKE — Le chef péquiste Jean-François Lisée défend l'approche retenue par son parti en matière de promotion de la souveraineté. Il n'est pas question d'en déroger.

Il affirme en parler à toute occasion, sur toutes les tribunes, rejetant du revers de la main les critiques sévères formulées récemment par le doyen de l'Assemblée nationale et député péquiste François Gendron, qui ne sera pas candidat aux prochaines élections.

En entrevue à La Presse canadienne, diffusée dimanche dernier, M. Gendron blâmait le Parti québécois, tenu responsable de ne pas avoir fait la promotion et la pédagogie de l'option souverainiste auprès des Québécois, depuis l'échec du référendum de 1995.

«À partir de quel moment ça devient suffisant pour certains qui aimeraient qu'on en parle plus?» s'est interrogé M. Lisée, jeudi.

«Ça devient un débat dominant lorsqu'on s'approche de la décision et on va s'approcher de la décision en 2022, et à ce moment-là, vous allez en avoir pour votre argent», a promis le chef souverainiste, en point de presse, en marge de la tenue d'une réunion de son caucus visant à peaufiner la stratégie électorale du parti avant la pause estivale.

Il a réaffirmé la position du PQ, à savoir que le parti renonce à tenir un référendum dans un premier mandat, pour préparer le terrain lors d'un second mandat.

À leur entrée au caucus, les députés péquistes semblaient partagés sur la question.

Il y avait une absence remarquée : celle du député d'Abitibi-Ouest, François Gendron, dont la sortie récente a jeté une ombre sur la rencontre.

Certains, comme le député de Bertrand, Claude Cousineau, partageaient son avis : «J'aurais préféré qu'on en parle plus», de souveraineté, a-t-il commenté.

La députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, a constaté que le PQ «a pu pendant un temps mettre de côté la promotion de l'indépendance».

Selon la députée Mireille Jean, «on n'en parle jamais assez de souveraineté».

Le député de Matane, Pascal Bérubé, rappelle que «tout le monde sait qu'on est souverainistes».

D'autres ont refusé de se prononcer.

Au terme d'une longue réflexion, le député de Rousseau, Nicolas Marceau, a eu droit à une ovation de ses collègues après avoir confirmé qu'il serait à nouveau candidat à l'élection du 1er octobre.

Il s'est dit très confiant de voir le PQ «l'emporter haut la main» ce jour-là.

Nouveau candidat

M. Lisée a présenté un nouveau candidat, qui vient enrichir son «équipe santé», formée de la députée de Taillon, Diane Lamarre, et de la candidate dans Taschereau, Diane Lavallée, ancienne présidente de la FIQ (Fédération des infirmières) : le Dr Éric Tremblay, vice-président de l'organisme Médecins québécois pour un régime public, qui sera candidat du PQ dans Repentigny.

L'opposition péquiste en a profité pour critiquer le plan de transport de la région de Montréal rendu public la veille par la Coalition avenir Québec (CAQ).

Selon le député Martin Ouellet, il s'agit d'un projet «pharaonique» aux visées clairement «électoralistes», dessiné sur mesure pour les circonscriptions situées dans la couronne de Montréal.

Il reproche aussi à la CAQ de présenter un projet de transport sans fixer d'objectif de réduction du nombre de véhicules ni d'objectif de lutte aux gaz à effet de serre.

Politique

Philippe Couillard reçoit un prix prestigieux à New York

Alors que les relations entre le Québec et les États-Unis sont plus tendues que jamais, un organisme américain a décerné un prix prestigieux au premier ministre Philippe Couillard.

La Presse canadienne a appris que la Foreign Policy Association a rendu hommage au premier ministre du Qébec, jeudi, à New York, en vue de souligner sa contribution jugée exceptionnelle à la promotion de bonnes relations bilatérales.

M. Couillard a reçu la plus haute distinction décernée par la Foreign Policy Association, un organisme de réflexion sur les politiques publiques. L’ex-premier ministre Jean Charest avait reçu le même honneur en 2011.

En marge de l’événement, M. Couillard profitera de son séjour à New York pour visiter le Food Fancy Show et y rencontrer des entrepreneurs québécois. Des entrevues avec de grands médias américains sont aussi au programme, ce qui lui permettra de passer son message d’ouverture des marchés et de lutte aux mesures protectionnistes décrétées par l’administration américaine.

Ce séjour suivra la courte mission effectuée par le premier ministre à Washington, où il va pouvoir s’entretenir avec des décideurs et des législateurs, dans le même but.

La Foreign Policy Association, fondée en 1918, est une tribune privilégiée par les leaders politiques pour aborder les questions de politique étrangère américaine, et plus largement les relations internationales liées à l’économie mondiale ou à l’actualité.

Selon le président de l’organisme, Noël Lateef, il allait de soi de décerner ce prix au premier ministre Couillard, qui a démontré ces dernières années un engagement «exceptionnel» pour les relations internationales en général et celles entretenues avec les États-Unis en particulier.


Craintes face à une « guerre commerciale »

À propos des tensions grandissantes entre le Québec et les États-Unis, qui ont imposé récemment des tarifs élevés sur le bois d’oeuvre, l’acier et l’aluminium en provenance du Canada, M. Lateef a dit espérer que l’administration Trump reculera et abattra ces barrières tarifaires.

«J’espère vraiment que ça ne se traduira pas en une guerre commerciale. Je pense que les guerres commerciales sont mauvaises pour tout le monde. Il n’y a pas de gagnant dans une guerre commerciale», a-t-il commenté, en entrevue téléphonique.

Lorsqu’on aborde ces questions d’échanges commerciaux, il faut toujours «prendre en considération que le Canada est un précieux allié des États-Unis», a-t-il ajouté.

M. Lateef a vanté le choix du premier ministre de nommer Jean-Claude Lauzon à la tête de la Délégation générale du Québec à New York, quelqu’un «de très proche du milieu des affaires».

Président de la Foreign Policy Association depuis une vingtaine d’années, reconnu pour ses contacts en haut lieu dans l’administration américaine, M. Lateef est un ami de longue date du Québec. En 2015, il avait été fait chevalier de l’Ordre national du Québec.

La rumeur veut qu’il soit intervenu personnellement en faveur de l’ex-premier ministre Charest pour qu’il puisse rencontrer en tête-à-tête, lors d’un dîner de gala, l’ancien secrétaire d’État des États-Unis, Colin Powell, afin de maintenir les frontières ouvertes, malgré les attentats de septembre 2001.

M. Lateef note aussi avec satisfaction que le Québec, qui compte neuf bureaux aux États-Unis, est très présent sur le terrain.

Politique

Barrette s'excuse pour ses propos jugés offensants par les Autochtones

MONTRÉAL — Plusieurs leaders autochtones appellent à la démission ou à la rétrogradation du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en réaction à des commentaires jugés offensants.

M. Barrette a présenté ses excuses, jeudi, tout en soutenant que ce qui avait été rapporté dans les médias ne reflétait pas la véritable portée de ses propos.

Des Autochtones du Nunavik accusent le ministre québécois de la Santé de nourrir des préjugés à leur endroit en laissant croire que des parents du Grand Nord peuvent être expulsés de l'avion-ambulance transportant leurs enfants malades en raison de problèmes de dépendance à la drogue ou à l'alcool.

Un enregistrement audio obtenu par Le Devoir et CBC permet d'entendre le ministre Barrette dire, en anglais, que d'ici six mois, il y aura au moins un cas d'une personne qui ne sera pas admise dans l'avion parce que quiconque est agité, drogué ou sous l'influence de quoi que ce soit ne sera pas autorisé à monter à bord.

Le ministre ajoute même que de tels cas arrivent tout le temps. Cet enregistrement a été fait il y a deux semaines alors que le ministre Barrette prenait un bain de foule à Brossard, en banlieue sud de Montréal.

Répondant à des appels insistants de médecins et de plusieurs organisations, le gouvernement du Québec a décidé en février dernier de modifier une règle controversée qui interdisait aux parents d'accompagner leur enfant lors d'évacuations médicales aériennes d'urgence.

M. Barrette précisait toutefois que le pilote aurait le dernier mot quant à la présence du parent à bord, pour des raisons de sécurité.

Selon M. Barrette, le gouvernement a agi dans le dossier de la politique d'accompagnement, et la «situation est réglée».

«J'ai annoncé que d'ici la fin du mois de juin, les parents allaient pouvoir accompagner leurs enfants dans les deux Challenger moyennant certaines règles de sécurité de base, qui sont celles qui sont appliquées partout en Amérique du Nord», a-t-il soutenu, jeudi.

Profondément choqué

Le maire de Kuujjuaq, Tunu Napartuk, s'est dit profondément choqué et déçu des propos entendus dans l'enregistrement qui démontrent, à son avis, que Gaétan Barrette ne connaît pas les gens du Grand Nord.

Le maire Napartuk reconnaît que le Nunavik fait face à des défis, mais signale que les commentaires du ministre n'aident en rien la situation et renforcent les stéréotypes.

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, a affirmé que ces commentaires démontraient «les racines très profondes de la discrimination et des préjugés envers les peuples autochtones».

«Les propos totalement inacceptables du ministre nous indiquent clairement que ces racines sont très présentes au coeur même du gouvernement de Philippe Couillard, qui devrait exiger immédiatement la démission du ministre Barrette, ou le démettre de ses fonctions», a déclaré M. Picard par communiqué.

Une «règle de sécurité»

M. Barrette a dit n'avoir jamais eu l'intention de viser les communautés autochtones dans ses «explications» sur la politique d'accompagnement d'un enfant à bord d'un avion-hôpital, affirmant avoir «le plus grand respect envers les communautés autochtones».

«Je m'excuse que mes propos aient offensé les communautés autochtones», a dit M. Barrette dans une déclaration écrite, jeudi.

«J'avais plutôt comme objectif d'expliquer les enjeux généraux qui entourent l'évacuation médicale par avion. Ainsi, j'ai effectivement mentionné qu'un parent ou un proche agité ou sous l'influence d'une substance toxique pourrait se voir refuser l'accompagnement d'un enfant à bord de l'avion-hôpital. Il s'agissait de l'énumération d'une règle de sécurité de la politique d'accompagnement qui s'adresse à tout parent ou tout proche de l'enfant, peu importe son origine», a fait valoir le ministre.

M. Barrette a soutenu qu'il n'avait en aucun temps fait référence à une communauté autochtone dans l'extrait rapporté.

«J'ai parlé au maire de Kuujjuaq aujourd'hui [jeudi] et je lui ai présenté mes excuses les plus formelles et les plus sincères. Je suis très malheureux que mes propos aient été interprétés avec cette portée-là, et ce n'était pas l'exercice visé», a martelé M. Barrette en mêlée de presse au côté du premier ministre Philippe Couillard, disant ne pas avoir parlé à M. Picard, mais être disposé à le faire.

Il s'est défendu de nouveau d'avoir visé les Autochtones par ses propos, disant avoir fait référence à des cas de personnes dans un état incompatible avec leur admission dans un avion-ambulance qui ne concernaient pas particulièrement les communautés autochtones.

«J'ai dit que, régulièrement, on voyait dans les médias — non pas chez certaines populations dont les Premières Nations — ce genre de situations-là, et ce sont des règles de sécurité qui s'appliquent», a fait valoir le ministre aux journalistes.

À ses côtés, le premier ministre Couillard a dit que M. Barrette avait «sa confiance», et qu'il avait «accompli des choses très importantes pour le système de santé, et pour les Autochtones dans le cadre de ce système de santé».

Actualité

«Un bon esprit d’équipe» entre Richard Martel et Andrew Scheer

Richard Martel a été accueilli en héros au caucus du Parti conservateur à Ottawa, mercredi.

Son arrivée filmée en direct sur Facebook un peu avant 10 h mercredi matin montrait un Martel heureux qui serre les mains de tout le monde sous les acclamations, avant d’être invité par le chef Andrew Scheer, qui lui tendait un chandail de hockey à son nom aux couleurs du parti, à dire quelques mots. En plus des remerciements en français et en anglais, il a dit qu’il était « heureux d’être ici ce matin, il y a un bon esprit d’équipe ».

Andrew Scheer a adopté un ton triomphant devant les siens, et a martelé que cette première victoire envoie un message clair : « Que les conservateurs peuvent gagner partout au Québec en étant eux-mêmes et fidèles à leurs principes. Quand on parle d’allègement fiscal et de bonne gestion financière, les Québécois se reconnaissent. Quand on écoute les Québécois et qu’on propose des idées comme donner plus de pouvoir aux provinces en matière de culture et d’immigration dans leur champ de compétence, les Québécois nous font confiance », a dit le chef des Bleus, invitant ensuite les nationalistes fatigués des chicanes et les fédéralistes qui en ont assez des politiques de Justin Trudeau, à joindre ses rangs.

Il a promis d’aider les familles et les agriculteurs en respectant les compétences provinciales et de travailler de manière constructive « avec nos partenaires provinciaux ».

« Au Québec, ça ne s’arrêtera pas avec l’élection de Richard Martel. Ce n’est que le début et en 2019, nous serons prêts à gagner partout dans la Belle province », a conclu Andrew Scheer, avant d‘entamer son discours en anglais.

Politique

Québec injecte 97 M$ dans un fonds régional

Le gouvernement du Québec injecte 97 millions $ sur cinq ans dans le nouveau fonds de la région de la Capitale-Nationale.

La création de ce fonds survient dans la foulée de l’adoption en 2016 de la loi accordant à Québec le statut de capitale nationale, et augmentant son autonomie et ses pouvoirs. 

L’argent servira de levier économique et entrepreneurial pour la Ville de Québec et son agglomération et les MRC avoisinantes. Le ministre responsable de la capitale nationale, Sébastien Proulx (photo), en a fait l’annonce, mercredi, à l’hôtel de ville de Québec, en présence de plusieurs maires de la région. 

Le maire de Québec utilisera l’argent pour sa Vision entrepreneuriale Québec 2023. Le partage de la cagnotte se fait en fonction de la richesse foncière uniformisée et de la population de chaque MRC. Ainsi, l’agglo de Québec reçoit la grosse part du gâteau, soit 76 millions $. 

Les deux MRC de Charlevoix auront conjointement 3,7 millions $; l’île d’Orléans, 1,1 million $; la Côte-de-Beaupré, 3,7 millions $; la Jacques-Cartier, 6 millions $; et Portneuf, 6,4 millions $. La vice-présidente du forum des élus et préfet de la MRC de Charlevoix, Claudette Simard, est satisfaite de la création du fonds qui reconnaît la compétence des administrations locales et leur permet d’investir avec plus de flexibilité dans leur économie.