Course au PQ: Guy Nantel est suspendu pour deux jours

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Course au PQ: Guy Nantel est suspendu pour deux jours

Guy Nantel, l’un des candidats à la direction du Parti québécois (PQ), a été suspendu vendredi pour deux jours en raison du non-respect des règles.

Le parti reproche à l'équipe Nantel d'avoir envoyé directement un courriel à un grand nombre de membres pour solliciter du financement, a confirmé à La Presse canadienne une source interne proche du dossier.

Les candidats doivent obligatoirement passer par la formation politique s'ils souhaitent communiquer avec les membres afin d'éviter que ceux-ci soient inondés de courriels des candidats.

Il y a eu un rappel de la règle lors d'une téléconférence jeudi matin à laquelle ont pris part des représentants de toutes les équipes et la directrice générale du parti étant donné qu'il y avait déjà des contraventions, a appris La Presse canadienne.

Peu après, l'équipe de Guy Nantel a malgré tout contrevenu au règlement d'élection. Le parti a donc imposé une sanction symbolique, mais qui fait bien plus mal sur le plan des perceptions.

«Le candidat ne sera plus affiché sur le site web du Parti Québécois pour une durée de 48 heures», a indiqué la formation politique dans un message transmis aux autres candidats à la chefferie.

«Il est toujours candidat et participe toujours à la course», a insisté Lucas Medernach, un porte-parole du PQ, tout en refusant de confirmer les motifs de la décision.

«Farfelu», s'insurge l'équipe Nantel

L'équipe de Guy Nantel affirme ne pas remettre le règlement en cause, mais plutôt l'interprétation qui en est faite. Selon eux, rien ne les empêche de communiquer avec des partisans du candidat, y compris des membres.

«Si j'écris à mes anciens collègues d'université et que j'envoie 300 courriels et que là-dessus il y en a 25 qui sont des membres, ce n'est pas interdit et c'est ce qu'on fait présentement», a illustré Martin Beaudry, un porte-parole de l'équipe du candidat.

Ils ne comprennent pas pourquoi «cette fois-ci, ce n'est plus correct», alors qu'une situation identique s'est produite avant la pandémie et que la présidente d'élection de l'époque, Agnès Maltais, qui «n'est pas une débutante», leur avait donné raison.

L'équipe Nantel soutient que la liste des membres que fournit le PQ n'inclut pas les adresses courriel et que, par conséquent, ils sont incapables d'identifier les noms à retirer de leur propre liste.

Ils affirment avoir fait plusieurs démarches pour se conformer à l'interprétation des règles faite par le parti, notamment en proposant que le parti retire de leur liste de courriels les personnes qui sont membres et même d'embaucher aux frais de leur équipe une firme externe pour faire ce travail de façon neutre. «Ça aussi, ça ne les intéressait pas», a noté M. Beaudry.

La sanction «envoie un message sur l'intégrité de notre candidat alors qu'on n'a rien fait de répréhensible», a lancé M. Beaudry en entrevue avec La Presse canadienne. «C'est de dire au monde entier que Guy Nantel ne respecte pas les règles», a-t-il ajouté.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C'est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l'intérim.

Vols régionaux: Trudeau déçu de la décision d’Air Canada, Legault brandit une subvention [VIDÉO]

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Vols régionaux: Trudeau déçu de la décision d’Air Canada, Legault brandit une subvention [VIDÉO]

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau admet trois jours plus tard qu’il est déçu de la décision d’Air Canada d’abandonner une trentaine de dessertes au pays. En même temps, il s’en remet à la compagnie aérienne pour continuer de desservir les régions une fois que l’économie le permettra.

Son homologue québécois, lui, est un peu plus pressé.

De passage en Outaouais, vendredi après-midi, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit que son ministre des Transports, François Bonnardel, est déjà en discussions avec Air Canada. M. Legault soumet aussi l’idée de placer en concurrence différentes compagnies aériennes et de leur demander une fréquence et un tarif raisonnables pour pallier aux services manquants dans certaines régions.

«On est ouverts à donner une subvention à une des compagnies aériennes parce que pour moi, c’est un service essentiel d’avoir du transport dans toutes les régions du Québec. Donc, on n’exclut rien», a déclaré M. Legault, flanqué de deux élus de la région, son ministre Mathieu Lacombe et le député Robert Bussière, lors d’une conférence de presse.

Le premier ministre du Québec est cependant resté prudent sur cette idée évoquée par M. Bonnardel, dans plusieurs médias, de mettre sur pied une entreprise aérienne pour les régions du Québec délaissées par Air Canada.

Lors d’une autre conférence de presse dans la région, quelques heures plus tôt, M. Trudeau n’avait pas offert de pistes de solutions concrètes pour venir en aide aux régions mises à mal par la décision d’Air Canada de suspendre 30 dessertes régionales intérieures et de fermer huit escales à des aéroports régionaux canadiens, dont quatre au Québec.

Le transporteur avait notamment évoqué l’»impact dévastateur» de la crise sanitaire sur ses activités pour expliquer sa décision, mardi dernier.

«On sait qu’Air Canada profite des liens les plus profitables aux pays, mais on s’attend aussi à ce qu’ils desservent des personnes qui vivent dans des régions plus éloignées. C’est donc quelque chose qu’on espère qu’ils vont pouvoir (se) remettre à desservir ces secteurs-là, ces régions-là au fur et à mesure que l’économie commence à reprendre», a déclaré M. Trudeau en marge de sa visite à la banque alimentaire Moisson Outaouais, vendredi matin.

À LIRE AUSSI: Services aériens régionaux: l’occasion de briser le modèle

«Je pense que (...) nous allons devoir ajuster nos façons de faire à cause de la crise actuelle, mais aussi pour l’avenir. Il y a des choses qui vont changer et on va travailler avec les autres paliers de gouvernements, avec les industries, y compris l’industrie aérienne, pour voir comment on peut remplir les besoins immédiats, mais comment on va avoir un pays plus résilient, plus fort et plus juste dans les années à venir», a-t-il ajouté.

Cette décision d’Air Canada a été condamnée par des acteurs économiques et politiques, tous paliers confondus, et force les principaux concernés à se pencher sur l’avenir du transport aérien régional.

Une «cellule de crise» a notamment été mise sur pied jeudi par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Réseau québécois des aéroports (RQA) et l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Elle se réunira plusieurs fois au cours des prochaines semaines pour rencontrer les transporteurs aériens qui desservent déjà les régions et pour évaluer différents modèles d’affaires.

En entrevue avec La Presse canadienne, Isabelle Dostaler, doyenne de la faculté de gestion de l’Université Memorial à Terre-Neuve et spécialiste des questions de l’aéronautique et du transport aérien, a soumis l’idée, comme M. Legault l’a fait,que des petits transporteurs puissent prendre de l’expansion.

«Est-ce que c’est de s’en aller vers un modèle où Air Canada s’occupe du transport international? Pourquoi on ne créerait pas une entreprise d’État qui transporterait les passagers canadiens dans les régions où il y aurait un arrangement avec Air Canada pour que le prix total d’un voyage de Sept-Îles vers la Chine (avec escale via Montréal) soit le même qu’avant?» se questionne-t-elle.

Or, le maintien d’un service aérien convenable passera-t-il obligatoirement par la contribution financière des gouvernements?

«Est-ce qu’on veut uniquement des centres urbains ou on veut maintenir des régions, leur permettre de s’épanouir et d’exister? Est-ce qu’on veut occuper le territoire? Si on veut ça, c’est sûr qu’il y a une part de l’argent de l’État qui doit aller aider. Il ne faut pas oublier la notion de juste prix. C’est sûr que ça ne peut pas être gratuit. C’est sûr que l’éloignement a un coût et la question à se poser est: qui doit supporter ce coût? Ce ne peut pas seulement être les contribuables», fait valoir Mme Dostaler.

Le directeur du groupe d’études en management des entreprises en aéronautique à l’UQAM, Mehran Ebrahimi, est d’avis que l’argent public doit servir à maintenir l’infrastructure pour maintenir une activité économique, qui, elle, pourra rapporter aux régions. Il se demande qui, dans les faits, pourrait faire de l’argent là où la densité de population est faible.

«Il faut que l’argent public soit là de la même manière que l’argent public est là pour maintenir le métro de Montréal. Sinon il faut faire nos adieux et se dire que nous n’aurons pas de développement régional», explique M. Ebrahimi.

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Le Canada suspend son traité d’extradition avec Hong Kong

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Le Canada suspend son traité d’extradition avec Hong Kong

OTTAWA - Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, dit que le Canada suspend son traité d’extradition avec Hong Kong. Il s’agit de l’une des mesures prises en réponse à la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin au territoire.

Dans une déclaration, M. Champagne dit que le Canada va aussi traiter les exportations de biens sensibles vers Hong Kong de la même façon que ceux destinés à la Chine.

Cela veut dire que le Canada n’autorisera pas l’exportation d’articles militaires sensibles là-bas.

La Chine a imposé de nouveaux contrôles stricts à Hong Kong cette semaine, dans ce que M. Champagne qualifie de violation du cadre d’»un pays, deux systèmes». Ce cadre devait être en place pendant 50 ans après que le Royaume-Uni eut redonné Hong Kong à la Chine en 1997.

Dans sa déclaration, M. Champagne dit que le rôle de Hong Kong en tant que «plaque tournante mondiale» s’est construit sur cette base et, qu’en son absence, le Canada est contraint de réévaluer les dispositions existantes.

Ces décisions du Canada surviennent après que les États-Unis eurent décidé de cesser les ventes d’équipement militaire à Hong Kong.

Programme de bourses: le commissaire à l’éthique mènera une enquête

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Programme de bourses: le commissaire à l’éthique mènera une enquête

OTTAWA — Le commissariat aux conflits d’intérêts a annoncé vendredi qu’il enquêtera afin de déterminer si le premier ministre Justin Trudeau a contrevenu à la loi lorsque le gouvernement fédéral a choisi l’organisme UNIS (WE) pour gérer un programme fédéral de 900 millions $ visant à payer les étudiants et les nouveaux diplômés pour le bénévolat qu’ils feront cet été.

Plus tôt vendredi, le gouvernement et UNIS (WE) avaient indiqué qu’ils avaient mis fin à cette entente. Cette annonce est survenue quelques jours seulement après que le premier ministre lui-même eut déclaré que cette organisation était la seule option pour assurer la réussite du programme.

Ce seront plutôt des fonctionnaires qui administreront les bourses liées à la pandémie, a déclaré M. Trudeau.

Depuis que l’organisme de bienfaisance fondé par les frères Craig et Marc Kielburger a été désigné pour gérer le programme, la semaine dernière, l’entente a été critiquée en raison de la relation étroite de M. Trudeau avec le groupe. Sa femme, sa mère et lui ont tous été impliqués dans des événements et activités d’UNIS.

Cette décision avait incité le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique à réclamer une enquête du commissaire Mario Dion.

Vendredi, M. Dion a avisé le député conservateur Michael Barrett et son collègue néo-démocrate Charlie Angus qu’il enquêtera sur ce dossier et qu’il a mis M. Trudeau au courant.

Dans la lettre transmise à M. Barrett, M. Dion indique qu’il tentera de déterminer si le premier ministre a contrevenu aux articles de la Loi sur les conflits d’intérêts interdisant notamment à «tout titulaire de charge publique de prendre une décision ou de participer à la prise d’une décision dans l’exercice de sa charge s’il sait ou devrait raisonnablement savoir que, en prenant cette décision, il pourrait se trouver en situation de conflit d’intérêts (article 6 de la Loi).

Dans un micromessage diffusé sur Twitter, le commissariat indique aussi qu’il enquêtera sur de «possibles contraventions» aux articles 7 («il est interdit à tout titulaire de charge publique d’accorder, dans l’exercice de ses fonctions officielles, un traitement de faveur à une personne ou un organisme en fonction d’une autre personne ou d’un autre organisme retenu pour représenter l’un ou l’autre) et 21 («le titulaire de charge publique doit se récuser concernant une discussion, une décision, un débat ou un vote, à l’égard de toute question qui pourrait le placer en situation de conflit d’intérêts»).

Des experts caritatifs se sont également demandé si UNIS était prêt pour la gestion fine d’un programme aussi important financé par le gouvernement.

M. Trudeau a répété vendredi matin que ses relations étroites avec UNIS ont fait en sorte qu’il avait appartenu à la fonction publique de décider comment gérer le programme et de mettre en ?uvre ce qu’il a appelé un processus «transparent et ouvert», pour finalement opter pour UNIS.

S’adressant aux journalistes, M. Trudeau a déploré ce qu’il a appelé le «malheureux» déroulement des événements au cours des derniers jours. Il a déclaré que le gouvernement appuyait la décision de l’organisation.

Il a ajouté qu’il pourrait y avoir des choses que les fonctionnaires fédéraux ne seraient pas aussi bien placés pour faire, comme le recrutement actif d’étudiants - il y a déjà eu 35 000 candidats au programme selon le nombre révélé par UNIS, surpassant les attentes initiales de 20 000 -, ainsi que le soutien de petits groupes avec l’intégration et la formation de bénévoles.

«L’une des choses qui finit par se produire, c’est que les jeunes n’auront peut-être pas le même accès aux programmes (...) qu’ils auraient eu», a noté M. Trudeau.

«Nous continuerons à travailler très dur et nous devons réfléchir attentivement à ce qui s’est exactement passé et sur la façon dont nous pouvons nous assurer que nous ferons un meilleur travail pour soutenir les jeunes dans les mois et les années à venir.»

Le programme fédéral doit verser jusqu’à 5000 $ en bourses d’études aux jeunes qui feront jusqu’à 500 heures de bénévolat. Il s’adresse aux étudiants qui ne trouvent pas de travail cet été en raison de la pandémie de COVID-19.

Dans sa déclaration, la ministre Chagger indique que les bénévoles qui se sont déjà inscrits ne devraient pas être pénalisés. Elle assure aussi qu’UNIS remboursera les sommes déjà reçues du gouvernement fédéral pour ce contrat à fournisseur unique.

Les libéraux avaient réservé environ 19 millions $ à l’organisation pour administrer le programme, mais le montant final dépend du nombre de jeunes qui y ont adhéré.

L’organisme de bienfaisance n’a pas dit combien il avait reçu ou remboursé, référant plutôt à une déclaration qui «reflète tout ce que nous avons à dire à ce sujet».

Dans la déclaration, UNIS a indiqué la controverse en cours liée à son implication dans le programme pour expliquer sa décision, même si «le gouvernement a fourni des explications» à toutes les questions.

La déclaration ajoute que l’organisation craignait qu’une affiliation continue signifie que «le programme lui-même commencera à souffrir, et, par conséquent, les occasions pour les étudiants pourraient être négativement touchées».

Racisme systémique: Boulerice ne va pas aussi loin que son chef Jagmeet Singh

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Racisme systémique: Boulerice ne va pas aussi loin que son chef Jagmeet Singh

OTTAWA — Le seul député québécois du Nouveau Parti démocratique ne va pas aussi loin que son chef Jagmeet Singh, qui a déclaré que quiconque ne reconnaît pas le racisme systémique est «raciste».

En entrevue avec La Presse canadienne, le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, n’a pas voulu aller aussi loin que M. Singh dans cette accusation qui pourrait s’appliquer à de nombreux Québécois, le premier ministre François Legault en tête.

«Moi, je ne le dirais pas. Je dirais qu’il y a beaucoup d’éducation à faire avec le concept de racisme systémique et puis je crois qu’on doit avoir une discussion qui est franche et honnête là-dessus et ne pas mettre la tête dans le sable. Et surtout, éviter de dire que parce qu’on reconnaît le racisme systémique, ça veut dire qu’on accuse tous les Québécois d’être racistes», a dit M. Boulerice.

Or, c’est précisément l’équation qu’a faite M. Singh, le 17 juin dernier, quelques heures après avoir été expulsé de la Chambre des communes pour avoir traité le bloquiste Alain Therrien de «raciste». Lors d’un point de presse après coup, le chef néo-démocrate, visiblement émotif, a déclaré que quiconque ne reconnaît pas le racisme systémique méritait cette étiquette.

M. Boulerice n’endosse pas complètement l’interprétation de son chef, mais dit qu’il la comprend étant donné le l’histoire personnelle de M. Singh.

«Je suis un homme blanc qui est privilégié dans la société. Je n’ai pas eu à subir (du racisme). Donc je ne jette pas la pierre à Jagmeet s’il fait cette équation-là parce que je pense que pour lui, c’est quelque chose qui vient chercher des souvenirs, des blessures et c’est quelque chose pour lui qui n’est pas négociable. Donc, évidemment, je vais avoir une réaction qui n’est pas nécessairement identique à la sienne, puis c’est correct. Il le sait», affirme M. Boulerice.

M. Singh n’aura finalement pas à s’excuser à M. Therrien, comme le réclame le Bloc québécois. Heather Bradley, directrice des communications du bureau du président de la Chambre des communes, a indiqué que le chef du NPD pourra regagner son siège comme prévu lors de la prochaine séance régulière aux Communes, le 8 juillet, en vertu des procédures parlementaires.

Cette décision, dévoilée par Radio-Canada, a relancé les échanges déjà tendus entre bloquistes et néo-démocrates sur les réseaux sociaux. Mercredi, jour de la Fête du Canada, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a accusé M. Singh d’avoir «agressé un député dans une mise en scène orchestrée» appuyée ni plus ni moins par Justin Trudeau.

À la sortie d’une rencontre avec le premier ministre Legault, jeudi, M. Blanchet a poursuivi dans la même veine.

«Est-ce que le chef du NPD n’en est pas rendu à se regarder dans le miroir sérieusement et savoir s’il n’a pas créé une crise sociale grave, une division grave entre des gens qui (...) devront rester des amis, et pour l’instant, transigent la haine et les accusations non fondées à cause de lui, et de lui seul, et de lui personnellement?» a accusé le chef bloquiste.

M. Blanchet a ensuite refusé de prendre plus d’une question sur le sujet, comme il l’a fait lors de ses conférences de presse précédentes.

Selon M. Boulerice, l’insulte lancée par M. Singh à M. Therrien ne fait pas partie d’un plan machiavélique.

«Je peux vous assurer que ce n’était pas du tout planifié, il n’y avait rien d’organisé là-dedans, ça a été une réaction spontanée, très émotive de la part du chef du NPD, que je comprends totalement pourquoi il l’a eue, d’ailleurs, parce que la décision du Bloc était incompréhensible», accuse le député néo-démocrate.

Le Bloc avait refusé d’appuyer une motion qui reconnaît le racisme systémique au sein de la Gendarmerie royale du Canada envers les Autochtones, entre autres, sous prétexte qu’un comité parlementaire allait déjà se pencher sur le sujet. M. Blanchet a ensuite refusé de dire si son parti allait se ranger du côté des conclusions du comité en question.

Avec l’enflure verbale des derniers jours, M. Boulerice pense que «ça sent la panique du côté de M. Blanchet et de ses troupes».

«Il y a un malaise au sein du Bloc parce qu’ils jouent un peu sur les deux tableaux. Ils savent qu’il y a une partie de leur électorat qui est très sensible aux arguments un peu xénophobes, un peu sur le nationalisme identitaire, sur le populisme conservateur, donc M. Blanchet est coincé un peu. Certaines journées, il va être plus progressiste et politiquement correct et d’autres journées, il laisse la porte ouverte parce qu’il sent qu’il ne peut pas plaire à une partie ou l’autre de son électorat», dit-il.

Joseph Giguère (1940-2020): activiste de la justice sociale

Politique

Joseph Giguère (1940-2020): activiste de la justice sociale

Attentat à la bombe, guerre civile, coma, AVC : la vie de Joseph Giguère n’a pas été reposante. Mais l’ex-syndicaliste épris de justice sociale a gardé foi en l’humanité et en Dieu jusqu’à son dernier souffle, le 23 juin, emporté par un cancer généralisé fulgurant à 79 ans.

Dans la région de Québec, le natif de Saint-Sylvestre, en Beauce, s’est fait connaître comme président du Conseil central de Québec de la CSN, poste qu’il a occupé de 1976 à 1980.

Époque où les grèves se multipliaient : Sico, Trust général, Agence provinciale, Standard Paper Box, pour nommer les plus marquantes. On parle d’un nombre record de grèves sous sa présidence! C’était avant l’adoption d’une loi anti-briseurs de grève, en 1977. Les affrontements avec les forces de l’ordre étaient communs.

Sa veuve, Marie-Claire Nadeau, se rappelle que le couple partait au petit matin avec leurs deux bébés, l’un sur le dos de papa et l’autre en poussette, pour aller faire du piquetage. Les policiers croyaient qu’ils utilisaient des poupées, tellement la présence de jeunes enfants s’avérait incongrue sur des lignes de grève!

Famille toujours aussi soudée 45 ans plus tard, ils ont passé les derniers jours de M. Giguère les quatre ensemble.

«On a entendu parler de cancer pour la première fois le 12 juin», confie Mme Nadeau, jointe à Montréal où ils habitent depuis une trentaine d’années. «Les médecins nous ont dit de trois à six mois, mais Joseph m’a regardé et m’a dit : “Dans 15 jours, ça va être fini.” Ça en a pris 11. On l’a accompagné dans ses derniers jours, avec nos deux enfants. On était bien ensemble.»

Bourse pour le bénévolat étudiant: seul UNIS en avait la «capacité», dit Trudeau

Politique

Bourse pour le bénévolat étudiant: seul UNIS en avait la «capacité», dit Trudeau

OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau a encore une fois défendu la décision de son gouvernement de confier à l'organisme de bienfaisance UNIS la gestion d'une bourse de 912 millions de dollars pour le bénévolat étudiant.

La conception même de ce programme, qui accordera jusqu'à 5000 $ à des étudiants en mal d'emploi cet été, a également fait l'objet de critiques. On lui reproche notamment de remplacer du travail rémunéré par du bénévolat, en échange d'une somme inférieure à ce qui serait gagné sous le salaire minimum. Ses règles pourraient faire en sorte que les montants plus importants ne soient accessibles qu'aux jeunes déjà suffisamment aisés pour donner beaucoup de leur de temps, craint-on aussi.

Aide médicale à mourir: Ottawa obtient cinq mois de plus

Politique

Aide médicale à mourir: Ottawa obtient cinq mois de plus

Ottawa vient d’obtenir un délai supplémentaire de cinq mois pour rendre sa législation conforme au jugement québécois qui a élargi l’aide médicale à mourir en abolissant l’exigence de mort «raisonnablement prévisible».

Le gouvernement fédéral aura ainsi jusqu’au 18 décembre 2020 pour s’exécuter, a permis le juge Frédéric Bachand de la Cour supérieure du Québec dans sa décision rendue lundi après-midi. Un jugement rapide, considérant qu’Ottawa a plaidé sa demande vendredi dernier.

Il s’agit du second report obtenu par le gouvernement fédéral. Cette fois-ci, il a invoqué la COVID-19 pour expliquer pourquoi il n’a pas eu le temps de modifier sa législation.

Dans l’intervalle, ceux qui remplissent tous les critères, mais dont la mort n’est pas «raisonnablement prévisible», ne peuvent obtenir l’aide médicale à mourir - à moins de se présenter devant la Cour pour obtenir une autorisation judiciaire. Le juge Bachand a renouvelé cette possibilité.

En septembre dernier, la juge Christine Baudouin de la Cour supérieure avait invalidé le critère de «mort raisonnablement prévisible» écrit dans le Code criminel, le déclarant inconstitutionnel, tout comme celui de la loi québécoise qui prévoyait que l’aide médicale à mourir n’est accessible qu’à ceux «qui sont en fin de vie».

Ce faisant, la juge avait ouvert l’aide médicale à mourir à un plus grand nombre de personnes, comme Jean Truchon et Nicole Gladu, deux Québécois qui ont mené cette bataille juridique au cours des dernières années. Atteints de graves maladies dégénératives incurables, leur mort n’était toutefois pas raisonnablement prévisible.

La juge Baudouin avait cependant suspendu la déclaration d’invalidité de ces deux critères pendant une période de six mois, afin de donner le temps aux gouvernements fédéral et provincial de modifier leurs lois de façon à les rendre conformes à son jugement.

Le gouvernement du Québec s’est conformé au jugement. Il a choisi de ne pas toucher à sa «Loi concernant les soins de fin de vie», déclarant plutôt que le critère de «fin de vie» est désormais inopérant.

Ottawa a décidé de procéder différemment : il a déposé en février un projet de loi pour modifier le Code criminel.

Sauf qu’il n’a pas réussi à faire adopter son projet de loi en dedans de six mois.

Le contexte de pandémie

D’abord, il a invoqué les élections fédérales, qui ont suspendu le Parlement et donc le temps disponible pour les travaux parlementaires. Il avait alors obtenu un délai de quatre mois, jusqu’au 11 juillet.

Et vendredi dernier, il a plaidé que la pandémie de COVID-19 a aussi interrompu les travaux à Ottawa, ne laissant pas assez de temps aux députés pour étudier et faire adopter le projet de loi. Il a demandé cinq mois de plus, ce qu’il vient d’obtenir.

L’avocat de M. Truchon et de Mme Gladu, Me Jean-Pierre Ménard, n’avait pas contesté la demande de délai supplémentaire, vu le contexte de pandémie, «une situation imprévisible». Il trouvait toutefois le délai trop long pour les personnes souffrantes qui attendaient le 11 juillet avec impatience.

Bien qu’il reconnaisse la possibilité pour ces personnes d’obtenir une autorisation judiciaire, Me Ménard avait noté qu’en raison des coûts que cela entraîne, certains ne pourraient peut-être pas s’en prévaloir.

«La pandémie de la COVID-19, qui bouleverse nos vies depuis la mi-mars, constitue sans aucun doute un changement de circonstance qui milite en faveur de la prorogation recherchée par le Procureur général du Canada, est-il écrit dans le jugement. Les répercussions sur le Parlement fédéral ont été majeures, ses membres ayant choisi d’en limiter les activités afin qu’il puisse se consacrer presqu’exclusivement à l’adoption de mesures législatives liées à la pandémie.»

Le juge Bachand note toutefois qu’il n’y a aucune garantie que le projet de loi fédéral soit adopté d’ici le 18 décembre.

La juge Baudouin avait accordé à M. Truchon et à Mme Gladu une exemption constitutionnelle, qui faisait en sorte qu’ils pouvaient obtenir l’aide d’un médecin pour mettre fin à leurs jours, malgré la suspension d’invalidité des critères.

M. Truchon s’en est prévalu en avril. Le Juge Bachand a renouvelé l’exemption pour Mme Gladu.

Le Parlement canadien reprendra ses activités le 21 septembre.

Les conservateurs demandent une enquête sur le programme d'aide aux étudiants

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Les conservateurs demandent une enquête sur le programme d'aide aux étudiants

OTTAWA - Les conservateurs fédéraux demandent une enquête sur la décision du gouvernement libéral de confier à un organisme de bienfaisance international la gestion d'un programme de 900 millions $ destiné à aider les étudiants pendant la pandémie de COVID-19.

Dans une lettre adressée dimanche à la vérificatrice générale, Karen Hogan, les conservateurs affirment que la décision de «sous-traiter» la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant à WE Charity mine la capacité du Parlement à surveiller le programme.

Attouchements sexuels: sa réputation en jeu, Jacques Chagnon contre-attaque

Politique

Attouchements sexuels: sa réputation en jeu, Jacques Chagnon contre-attaque

Bien résolu à laver sa réputation, ternie par des allégations d'attouchements sexuels, l'ex-président de l'Assemblée nationale Jacques Chagnon a entrepris une démarche judiciaire destinée à le blanchir totalement, tant au Québec qu'à l'étranger, selon ce qu'a appris La Presse canadienne.

M. Chagnon nie catégoriquement avoir quoi que ce soit à se reprocher et entend prendre tous les moyens à sa disposition pour obtenir justice.

À cette fin, il a retenu récemment les services d'un avocat belge, qui a expédié, en son nom, une mise en demeure à l'ex-députée wallonne à l'origine des allégations, Emily Hoyos, l'intimant de se rétracter.

Cette dernière a cependant refusé d'obtempérer, forçant l'ancien député libéral à examiner la possibilité d'intenter une poursuite contre elle, malgré le fait qu'elle vive à l'étranger.

En parallèle, M. Chagnon veut s'attaquer au géant Google et tenter de faire effacer de son moteur de recherche tous les articles de presse incriminants, qui laissent croire qu'il a eu une conduite déplacée envers l'ancienne députée belge, lors d'une visite au parlement du Québec, en 2011.

Pas question d'accepter de passer aux yeux de tous pour «un obsédé, un agresseur sexuel», affirme M. Chagnon en entrevue téléphonique, se disant «outré» et «blessé», remué par toute cette histoire, susceptible, selon lui, de lui nuire dans la conduite des divers mandats qu'il assume dans les parlements étrangers.

Les faits

En mai 2011, M. Chagnon avait accueilli une délégation de sept parlementaires belges, dont faisait partie la présidente d'alors du parlement wallon, Emily Hoyos.

Dans une entrevue diffusée neuf ans plus tard, en mai dernier, à la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), Mme Hoyos a fait référence à cette visite au Québec, en affirmant que le «président» avait eu alors des comportements déplacés envers elle, sous forme d'attouchements, d'abord lors de la prise d'une photo de groupe dans le grand escalier du parlement, puis pendant le repas qui a suivi. Il lui aurait touché les fesses lors de la photo et les cuisses pendant le repas, selon le reportage.

Mme Hoyos n'a cependant jamais porté plainte. Interpellée à la suite de ce reportage par d'autres médias, elle a refusé d'en rajouter ou de se rétracter, disant vouloir «tourner la page».

Par l'entremise de son avocat, elle aurait tout de même affirmé dernièrement avoir été mal citée, selon M. Chagnon, qui n'avait jamais entendu parler de ces allégations avant la diffusion du reportage de RTBF, en mai dernier.

«J'ai vraiment été choqué» en prenant connaissance du reportage, raconte-t-il, convaincu que les prétentions de l'ex-députée ne tiennent tout simplement pas la route. D'ailleurs, «je n'ai jamais été seul avec elle» durant toute la visite, assure-t-il, ajoutant que ce n'est pas son «genre» d'agir de la sorte avec les femmes.

De plus, en tout temps, plusieurs personnes étaient présentes lors des activités mentionnées et aucun témoin n'a corroboré les allégations de Mme Hoyos, précise l'ancien président, notant au passage que c'est sous sa gouverne, en 2015, que l'Assemblée nationale s'est dotée d'une politique contre le harcèlement, psychologique ou sexuel.

Les suites

Sauf que, même non fondées, ces allégations risquent d'entraîner des répercussions fâcheuses, selon lui. Depuis qu'il a quitté ses fonctions de président de l'Assemblée nationale, en 2018, M. Chagnon a accepté divers mandats auprès de parlements étrangers, dont celui de la Nouvelle-Calédonie, qui font appel à lui afin de revoir leurs règles de gouvernance.

Or, il anticipe que ses interlocuteurs étrangers pourraient porter un regard différent sur lui, s'ils tapent son nom sur Google et découvrent des articles peu flatteurs.

D'où son intention affirmée d'effacer toute trace numérique de cette fâcheuse histoire.

«Ma réputation, c'est tout ce que j'ai», soutient M. Chagnon, âgé de 67 ans, soulignant qu'au fil de sa longue carrière de parlementaire, entamée en 1985, il s'est acquis «une excellente réputation» d'ambassadeur du Québec à l'étranger, ayant participé à de nombreux forums parlementaires à travers le monde, à titre de député, vice-président, puis président de l'institution, de 2011 à 2018.

Mais il sait que son projet, dont il assume lui-même les frais, est semé d'embûches et pourrait nécessiter du temps.

Notamment le fait que le litige implique une personne d'une autre nationalité complique les choses. En s'appuyant sur l'arrêt Oppenheim de la Cour suprême, en 1998, il est cependant d'avis que la procédure envisagée pourrait viser une personne vivant à l'étranger.

Quatre candidats dans la course à la direction du PQ

Politique

Quatre candidats dans la course à la direction du PQ

MONTRÉAL — Ce sont finalement quatre candidats qui se feront la course pour devenir chef du Parti québécois, en octobre.

Frédéric Bastien, Sylvain Gaudreault, Guy Nantel et Paul St-Pierre Plamondon avaient déposé leur bulletin conforme au règlement du parti, vendredi, à la fin de la période de mise en candidature.

«Quatre candidats se distinguant par leurs idées et leurs propositions, mais unis par une même conviction : la nécessité de faire du Québec un pays libre», a indiqué Dieudonné Ella Oyono, président du PQ et président d’élection.

La course à la chefferie, interrompue par la pandémie jusqu’au 5 juin, s’ouvre donc officiellement. Des débats virtuels auront lieu entre le 15 août et le 2 octobre, et le scrutin par téléphone et par internet se tiendra du 5 au 9 octobre. Le prochain chef sera connu le 9 octobre, deux ans après la « défaite historique » du PQ aux dernières élections générales.

Ceux qui souhaitent avoir le droit de vote ont jusqu’au 9 septembre pour devenir membres ou sympathisants, ou jusqu’au 18 septembre pour renouveler leur carte de membre.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, continuera d’assurer l’intérim en tant que chef parlementaire du PQ jusqu’à l’élection du nouveau chef. Le chef précédent, Jean-François Lisée, avait démissionné le soir même de la défaite électorale cuisante du PQ le 1er octobre 2018.

La PCUE nuit à la relance économique, critiquent les députés conservateurs de Québec

Affaires

La PCUE nuit à la relance économique, critiquent les députés conservateurs de Québec

Les députés conservateurs de la région de Québec, Pierre-Paul Hus, Gérard Deltell et Joël Godin fustigent la forme actuelle de la Prestation Canadienne d’Urgence Étudiante (PCUE) qui, disent-ils, mine la relance des entreprises.

«Le gouvernement Trudeau prolonge des programmes de non-emploi plutôt que d’aider les entreprises dans l’embauche et la production, reproche Gérard Deltell, à l’occasion d’un bilan de la session parlementaire devant la presse, vendredi. Il incite les gens à rester chez eux plutôt qu’à retourner au travail.» 

Le principal problème, pour les députés conservateurs, c’est la PCUE. Selon un tableau compilé pour l'événement de presse, travailler 18 heures par semaine au salaire minimum et en touchant la PCUE rapporterait près de 100$ de plus à la fin du mois qu’en travaillant à temps plein.

«Il y a de l’incohérence et des retards dans l’application des programmes et ça nuit à la relance économique, ajoute Joël Godin. Incohérence quand on constate un taux de chômage de 13.7% au Québec et de nombreuses PME qui sont incapables de combler les postes vacants.» 

Parmi les retards, le programme Emploi Été Canada serait en faute: des organismes attendent toujours une confirmation des emplois, selon les députés conservateurs, alors que les étudiants ont déjà terminé leur année scolaire. 

Deltell veut « l’heure juste » sur le pont de Québec

Le député Gérard Deltell a par ailleurs interpellé directement le député libéral de Québec et président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, sur le dossier du pont de Québec. Un rapport était attendu pour le 13 mars dernier. «On comprend très bien qu’en mars, on n’avait pas la tête à ça, dit le député de Louis-Saint-Laurent. Mais là, nous sommes rendus en juin et, toujours rien. Je vous rappelle qu’il y a cinq ans, en pleine campagne électorale les libéraux ont dit qu’ils allaient régler le problème le 30 juin 2016. On est en 2020.»

Geneviève Guilbault: allier pouvoir et prudence

Politique

Geneviève Guilbault: allier pouvoir et prudence

«On s’en est quand même bien sortis, dans les circonstances. Mais tous ces décès-là qu’il y a eu... Si on pouvait éviter des décès dans une deuxième vague, ce serait un gros gain.»

Son débit ralentit. Geneviève Guilbault pèse ses mots. L’émotion fait surface. Durant l’heure d’entrevue, c’est à peu près le seul moment où son air s’assombrit, où elle se fait plus hésitante.

La vice-première ministre du Québec a rencontré Le Soleil au domaine Cataraqui, cette semaine, chic propriété gouvernementale de Sillery en rénovation jusqu’en octobre. Ils en sont à la toiture. Ça donne quand même de plus belles photos que le décor beige du ministère de la Sécurité publique, logé pas loin en face de Place Sainte-Foy.

L’animatrice Julie Snyder l’a proclamée «la femme la plus puissante du Québec», il y a quelques mois.

Mais en plus d’être vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, la députée et résidente de Louis-Hébert, circonscription de l’ouest de Québec, est ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. A sous sa gouverne la Commission de la capitale nationale, organisme qu’elle a redynamisé depuis l’accession de la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir et qui gère entre autres le domaine Cataraqui.

Pas si à l’aise avec l’idée de poser, elle demande au photographe si elle peut s’asseoir «comme j’ai tendance à me placer pour vrai». Mais les questions la replongent vite dans son élément.

Longueur de retard

«Pour l’heure, je pense que le plan de déconfinement s’est bien opéré et les conséquences semblent être assez bien contrôlées. Mais il faut rester prudent. Est-ce qu’il y aura une deuxième vague? Et il y a tout l’effet combiné avec l’été, la saturation des gens qui entendent parler de la COVID et d’avoir peut-être l’impression que le risque a été surestimé», énumère-t-elle, parmi les raisons pour ne pas crier victoire trop vite sur ce coronavirus.

La région de Québec «a été relativement épargnée comparativement à d’autres régions», avec un peu plus de 3 % des décès et des cas dans la province pour près de 9 % de la population. «Mais on a tous appris, comme dans toutes les régions», dit Mme Guilbault.

L’ancienne porte-parole du Bureau du coroner constate que «l’angle mort des résidences pour personnes âgées» a ici aussi fait très mal.

À commencer par le Jeffery Hale, premier foyer d’éclosion à Québec, jusqu’aux Jardins du Haut-Saint-Laurent, qui comptent encore leurs morts, à côté de chez elle, à Saint-Augustin.

«On avait déjà des enjeux de main-d’œuvre dans la Capitale-Nationale avant la COVID. On partait avec une longueur de retard, si on veut. Ce n’était pas évident pour le CIUSSS de réussir à couvrir tous les besoins», fait-elle valoir.

Le président-directeur général du centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, a encore toute sa confiance.

Le mot dit maudit

Geneviève Guilbault a remplacé à quelques reprises le premier ministre Legault lors de ses fameux points de presse de 13h, durant la crise.

«C’était des grands souliers à chausser. En particulier la première fois. Tu arrives et tu espères que les citoyens vont te trouver aussi utile, aussi instructive et aussi pertinente que notre premier ministre», explique celle qui participait déjà aux réunions tenues chaque matin au bureau de M. Legault.

«Ça se décidait à court terme, les choses changeaient vite, fallait être prêt. Souvent, les décisions des annonces se prenaient le matin même. L’idée, c’était vraiment d’être utile pour le monde et d’arriver avec un message clair, parce que les gens suivaient ça religieusement.

«Les gens nous ont écoutés! poursuit-elle. C’est quand même impressionnant de repenser à ça! Du jour au lendemain, il a fallu fermer le Québec, que les gens arrêtent de vivre ou presque. Et ç’a très, très bien fonctionné! C’est impressionnant de regarder un tel mouvement social qui a pu se faire aussi rapidement et aussi, somme toute, aussi harmonieusement. Les gens ont été tellement… Je vais faire attention à mon mot...»

Elle s’interrompt. Le mot bloque dans sa gorge, refuse de sortir. Elle cherche un synonyme. Sourit.

Le mot qu’elle ne dit pas, c’est dociles. Elle l’a prononcé lors du point de presse du 29 avril. D’aucuns s’en sont sentis offusqués.

«Je ne savais pas que ce mot-là avait une connotation négative!» se défend-elle aujourd’hui, assurant y avoir vu «un pur synonyme de “respectueux des consignes”».

«Dans un point de presse que j’avais fait avant, je l’avais déjà employé, mais personne n’avait semblé remarquer. Alors je l’ai redit. Mais là, quand je suis sortie, on marchait la passerelle [vers le bureau du premier ministre] et les gens de l’équipe me disait : “Twitter... Dociles...” J’étais très surprise! Il n’y avait aucune malice derrière ça. 

«Je suis tout de suite allée googler le mot docile et effectivement, ça peut avoir une mauvaise connotation. Alors j’ai fait mon petit tweet pour dire que j’avais mal choisi mon terme. Mais en fin de compte, c’est cocasse», estime celle qui a ainsi ajouté à son capital d’autorité.

Maman multitâche

À 37 ans et mère de deux jeunes enfants — elle a accouché le 4 janvier et est revenue au travail une semaine avant le confinement —, Mme Guilbault a connu un printemps multitâche.

Mi-avril, elle a publié une photo sur ses réseaux sociaux où on la voit installée dans son fauteuil voisin de ce qu’on devine être une couchette, téléphone dans la main droite, dans la gauche un stylo planté sur des dossiers en équilibre sur ses cuisses, avec entre les bras le petit Christophe emmailloté dans le porte-bébé.

«Ç’a l’air mis en scène, mais non! C’était ma vraie vie, pas maquillée, pas rien, avec le bébé et je parlais au téléphone. Et s’il faisait trop de bruit, je le donnais à l’homme!» lance-t-elle en rigolant, rendant hommage à son conjoint.

Transports en commun: il faut obliger le port du masque, martèle Anglade

Politique

Transports en commun: il faut obliger le port du masque, martèle Anglade

Québec doit arrêter de «tergiverser» et rendre le port du masque obligatoire dans les transports en commun, tranche la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.

En entrevue, elle dit ne pas comprendre pourquoi le Québec n’a pas encore emboîté le pas à Toronto qui, le 11 juin, décrétait l’obligation de porter le masque dans les transports collectifs dès le 2 juillet.

Cela est d’autant plus incompréhensible que le directeur de santé publique du Québec, Horacio Arruda, s’est récemment dit «préoccupé» par le relâchement des Québécois qui se déconfinent, dit-elle.

Même s’il s’inquiète du relâchement, le Dr Arruda n’a toujours pas imposé le masque dans les transports en commun. Il a toutefois affirmé, jeudi, étudier cette possibilité de «très très près».

«Je ne veux pas faire d’annonce aujourd’hui par rapport à ça. Mais disons que, dans nos intentions, c’est quelque chose qu’on regarde beaucoup», a-t-il déclaré en point de presse.

«Il nous le dit, il nous dit: «Je suis très préoccupé par le relâchement des mesures». Bien si vous êtes très préoccupé, posez le geste qui s’impose», a réagi Mme Anglade, incrédule.

Être mieux préparés

L’idée, selon Mme Anglade, est d’être mieux préparés dans l’éventualité d’une deuxième vague de COVID-19.

«Là-dessus, la science a démontré qu’on était mieux protégés dans des endroits où on n’est pas capable de maintenir une distance avec un port du masque», insiste-t-elle, accentuant la pression sur les autorités.

Québec doit «minimalement» obliger le port du masque dans les transports collectifs, tels que les trains de banlieue, le métro et les autobus, croit-elle.

Ensuite, la cheffe libérale ne s’oppose pas à ce que, suivant une analyse de la santé publique, l’obligation de porter un masque soit élargie à d’autres secteurs.

Dans tous les cas, la question du port du masque obligatoire dans les transports en commun aurait déjà dû être réglée au Québec, estime Dominique Anglade.

«Je ne comprends pas qu’on soit encore en train de tergiverser sur le port du masque obligatoire dans les transports en commun. Je ne comprends pas!» a-t-elle lancé.

«On a déjà eu des résultats assez catastrophiques. L’idée maintenant, c’est qu’on soit capable d’être mieux préparés.

«S’il y a une raison pour laquelle on se retrouve dans cette situation-là aujourd’hui, c’est justement parce qu’on n’a pas été assez bien préparés», a-t-elle ajouté.

Proposition du PQ

Le Parti québécois (PQ) avait proposé, le 13 mai dernier, le port du masque obligatoire dans les transports collectifs et lieux publics de Montréal.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, avait alors demandé au gouvernement de faire preuve de «leadership» et de protéger les citoyens de Montréal et des banlieues, plus touchés par la pandémie.

«Moi, je vais vous en donner une position claire du Parti québécois: à partir de maintenant, que le port du masque soit obligatoire dans tous les services de transport en commun et dans les lieux publics à Montréal», avait déclaré M. Bérubé en point de presse à l’Assemblée nationale.

«C’est la position du Parti québécois. Alors, rien n’empêche le gouvernement du Québec de décréter ça dans les prochains jours ou les prochaines heures, et on va l’appuyer fortement», avait-il ajouté.

Selon un sondage de l’Association médicale canadienne publié vendredi, le port du masque semble être la mesure préventive la moins suivie, en particulier par les jeunes.

Seulement 42 % des Québécois interrogés ont affirmé porter le masque de façon régulière dans les lieux publics depuis le début de la crise, dont à peine 27 % des personnes âgées de 18 à 34 ans.

D’autre part, 74 % des Québécois anticipent une seconde vague de COVID-19 au cours des prochains mois.

L’historien Frédéric Bastien se proclame candidat officiel à la direction du PQ

Politique

L’historien Frédéric Bastien se proclame candidat officiel à la direction du PQ

MONTRÉAL - L’historien Frédéric Bastien affirme qu’il est maintenant officiellement candidat à la course à la direction du Parti Québécois (PQ).

Sur le site web dédié à sa campagne au leadership, il est écrit qu’il a obtenu plus que les 2000 signatures exigées pour demeurer dans la course à la chefferie du PQ.

Plus tôt cette semaine, l’humoriste Guy Nantel a lui aussi annoncé qu’il avait recueilli le nombre requis de signatures.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, de même qu’un ancien candidat à la direction, Paul Saint-Pierre-Plamondon, avaient déjà fait savoir que leur candidature était officielle.

Le Règlement d’élection à la chefferie du Parti québécois prévoit que la date limite de la période de signature du bulletin est ce vendredi, le 26 juin, la date qui correspond avec le début officiel de la course.

Le Règlement stipule que les 2000 signatures doivent provenir d’au moins 9 régions administratives ainsi que d’au moins 50 associations locales différentes, le tout avec un minimum de 10 signatures dans chacune de ces 9 régions et chacune de 50 associations locales. Le bulletin doit également comporter la signature de 10 présidences locales.

La présidence d’élection peut confirmer à une personne candidate la validité de sa candidature dès la vérification terminée.

Au maximum cinq jours après le 26 juin, la présidence d’élection enverra aux électeurs la liste officielle des candidatures. L’identité de la personne qui dirigera le PQ devrait être connue le 9 octobre prochain.

La course à la direction du Parti québécois a été lancée à la fin de l’an dernier, mais elle a été suspendue pendant la crise du coronavirus puisque les rassemblements étaient proscrits.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C’est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l’intérim.

«Défaite et victoire du Québec», une déclaration de Legault qui ne passe pas

Politique

«Défaite et victoire du Québec», une déclaration de Legault qui ne passe pas

L’opposition veut que François Legault cesse de dire que le Québec a connu une défaite dans les CHSLD et une victoire dans la communauté.

Encore mercredi, le premier ministre déclarait dans une vidéo pour la Fête nationale: «On a connu une défaite dans nos centres de soins de longue durée (...) mais on ne doit pas oublier que dans le reste de la société, les Québécois ont gagné».

Cette métaphore sportive ne devrait plus jamais être utilisée, selon les trois partis d’opposition, qui accusent le gouvernement de relativiser les pertes de vie dans le but de faire passer un message positif et d’améliorer son image.

Le gouvernement Legault serait même à la limite de l’âgisme, soutient-on.

Par exemple, jamais M. Legault ne se serait permis de dire une chose pareille si la mort avait frappé des enfants, a illustré Québec solidaire (QS).

«Imaginez si M. Legault avait dit: «Mis à part dans les pouponnières, on a bien géré ça». Ça aurait été un scandale total, il ne se serait jamais permis de dire ça», a déclaré en entrevue le député Sol Zanetti.

Selon lui, il est «très problématique» que le premier ministre fasse le bilan de la première vague de la pandémie «en excluant les aînés».

«C’est comme si en ce moment il disait: «Écoutez, la situation des feux de forêt au Québec, si on exclut le Lac-Saint-Jean, ça va très bien, c’est sous contrôle». Dire ça, c’est dire: «Le Lac-Saint-Jean, ça ne compte pas tant que ça».

«Quand on dit: “À part les CHSLD au Québec, on gère bien la crise et on peut se féliciter”, bien on est en train de dire: “Les aînés, c’est moins grave”. C’est ça que ça sous-entend», a martelé M. Zanetti.

Réécrire l’histoire

Le Québec affiche l’un des pires bilans au monde avec ses 5448 décès liés à la COVID-19.

Dans ce contexte, la métaphore de M. Legault est «totalement inadmissible», malaisante et irrespectueuse envers les victimes et leurs familles, estime également le Parti québécois (PQ).

«On tente de faire disparaître le bilan négatif particulièrement chez les personnes aînées en institution, a déclaré son porte-parole en santé, Joël Arseneau. On dit: “Oubliez les CHSLD, ça n’existe pas, c’est une quantité négligeable, c’est un bilan positif”.»

Parler de victoire dans ces conditions, c’est faire fi de la réalité et tenter de «réécrire l’histoire», a renchéri la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade.

«C’est d’essayer de dépeindre une histoire qui n’est pas exacte, a-t-elle dit en entrevue téléphonique. Je pense que quand on fait ça, on essaie de ne pas voir la réalité en face.»

Selon la cheffe libérale, les Québécois ensemble n’ont mené qu’une seule bataille, et ils doivent «prendre acte» du résultat: «On a perdu cette bataille-là.»

Mme Anglade soutient qu’il faut admettre les ratés si on veut pouvoir les corriger avant une deuxième vague.

Elle se demande si le gouvernement a vraiment tiré des leçons de la première vague, dans la mesure où l’on tergiverse encore sur le port du masque obligatoire dans les transports en commun.

«Est-ce qu’on a tiré des leçons quand on rend les informations moins disponibles, qu’on est moins transparent et qu’on ne prend pas des décisions de précautions de base?»

Manque de transparence

Jeudi, l’opposition a déploré la décision de Québec de ne plus offrir de mise à jour du nombre de cas ou de décès qu’une fois par semaine.

Cette décision vise également à «masquer» une partie de la réalité, selon le PQ.

«On ne révélera pas les chiffres, donc on va continuer à pouvoir dire à peu près ce qu’on veut sur la situation, sans nécessairement que ce soit appuyé par des données réelles», prévient M. Arseneau.

En conférence de presse jeudi à Montréal, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, s’est défendu de vouloir cacher de l’information. Il a expliqué que la décision n’était pas politique, et qu’elle avait été prise parce que la situation épidémiologique au Québec s’était stabilisée.

D’Ottawa, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s’est quand même montré critique: «Je pense qu’au Québec, on continue de voir de nouveaux cas à tous les jours. Et c’est important de voir comment cette situation est en train d’évoluer. J’espère que le premier ministre Legault va continuer d’être ouvert et transparent avec les citoyens comme il l’est depuis le début», a-t-il déclaré.

L’humoriste Guy Nantel candidat officiel à la direction du PQ

Politique

L’humoriste Guy Nantel candidat officiel à la direction du PQ

MONTRÉAL - Guy Nantel affirme qu’il est maintenant officiellement candidat à la course à la direction du Parti Québécois (PQ).

Dans une note transmise sur sa page Facebook cette semaine, l’humoriste âgé de 51 ans signale qu’il a recueilli 2500 signatures de bulletin de candidature; il remercie les signataires.

L’humour de Guy Nantel fait dans le sociopolitique depuis longtemps et il ne s’est jamais caché d’être souverainiste.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, un ancien candidat à la direction, et Paul Saint-Pierre-Plamondon ont déjà fait savoir que leur candidature était officielle.

La course à la direction du Parti québécois a été lancée à la fin de l’an dernier, mais elle a été suspendue pendant la crise du coronavirus puisque les rassemblements étaient proscrits.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C’est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l’intérim.

Ministre de l’Environnement au comité de relance : «Il était temps!» clame QS

Politique

Ministre de l’Environnement au comité de relance : «Il était temps!» clame QS

L’addition du ministre de l’Environnement au comité de la relance économique du gouvernement satisfait à moitié Québec solidaire. Qui y voit une autre opération de marketing, à défaut de constater des actions concrètes.

«Mon Dieu, il était temps!» s’exclame Ruba Ghazal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale en matière d’environnement, d’énergie et de transports. «Les partis d’opposition et plusieurs groupes extérieurs l’avaient demandé. Il aurait dû être là d’emblée!»

La nouvelle est passée dans l’ombre du remaniement ministériel effectué par François Legault, lundi. Le premier ministre a élargi de quatre à sept le nombre de ministres membres de son comité des priorités de la relance économique, créé fin mars pour répondre à la crise de la COVID-19. Benoit Charette fait partie de ces nouveaux membres.

Mme Ghazal est loin d’y voir un grand geste de confiance du premier ministre Legault envers son ministre de l’Environnement. Pas plus qu’une sensibilité accrue pour la lutte aux changements climatiques.

Selon la députée de Québec solidaire (QS), la Coalition avenir Québec (CAQ) tient un discours environnemental à des fins promotionnelles, tandis que les actions réelles se font toujours attendre.

Au cabinet du ministre, on rétorque que M. Charette «collaborait déjà avec le comité de relance économique depuis le tout début du comité. Cela démontre que l’environnement fait partie des priorités de notre gouvernement, tel que l’a réitéré le premier ministre», lundi, lors de l'annonce du remaniement.

Freinés par la COVID-19

L’étude détaillée du projet de loi n° 44 touchant la gestion du Fonds vert et la gouvernance en matière de lutte aux changements climatiques s’avère la seule commission parlementaire toujours en cours à Québec. M. Charette et Mme Ghazal en font partie.

Les travaux de la journée de mardi ont par contre été annulés après qu’une employée de l’aile parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ) ait ressenti des symptômes de la COVID-19. Deux autres séances sont au calendrier jeudi, mais on attendra sans doute le résultat du test de dépistage passé par ladite recherchiste avant de décider de la suite ou non des travaux.

Le ministre Charette avait laissé planer la possibilité de continuer durant l’été, sauf qu'un ajournement jusqu’en août s’avérait déjà plus probable après jeudi.

Structure à deux têtes

Mme Ghazal remet en question la confiance du premier ministre envers son ministre de l’Environnement, alors que le projet de loi 44 ferait passer tout le dossier de la transition énergétique entre les mains du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien.

«Les deux ministres étaient là lors du dépôt du projet de loi, mais Jonatan Julien ne passera pas une seule seconde en commission parlementaire sur le sujet. Comment Benoit Charette explique-t-il ça? Il se vante d’être le grand coordonnateur gouvernemental des changements climatiques, mais un gros morceau lui échappe au profit d’un autre collègue. Est-ce un désaveu du premier ministre?» questionne-t-elle.

La solidaire parle d’une structure à deux têtes qui n’iront pas dans la même direction.

«Le principal objectif du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, c’est avant tout le développement énergétique et minier. Tant qu’à y être, pourquoi ne pas confier le volet transition au ministre des Transports, quand on sait que les transports produisent 40 % des émissions de gaz à effet de serre au Québec?»

De son côté, l'attaché de presse du ministre dit regretter qu'«encore une fois, l'opposition souhaite opposer environnement et économie», selon Louis-Julien Dufresne.

Éclairer la «boîte noire»

Mme Ghazal souhaite «mettre la lumière» sur la nouvelle «boîte noire» que s’apprête à créer le gouvernement sur la gestion des 1,2 milliard $ annuels du Fonds vert, après avoir aboli son comité de gestion.

«C’est vrai que le comité de gestion du Fonds vert ne marchait pas, ça devait être amélioré. Mais tout ce que le ministre nous répond, c’est : “Faites-moi confiance, j’ai l’intention de bien gérer ça.” C’est très inquiétant.»

Elle propose de donner plus de pouvoirs au Vérificateur général dans ce dossier et que le ministre soit contraint de déposer chaque année un rapport sur les performances du Fonds vert.

M. Dufresne précise enfin que le «projet de loi 44 ajoutera des mesures d'imputabilité, telles qu'un rôle de vérification au commissaire au développement durable et un comité d'experts pour conseiller le ministre».  Avec La Presse canadienne

Remaniement à Québec: Dubé hérite du «monstre» de la Santé à la place de McCann 

Politique

Remaniement à Québec: Dubé hérite du «monstre» de la Santé à la place de McCann 

François Legault change ses trios en vue du prochain affrontement entre le Québec et la COVID-19. Christian Dubé obtient le poste de premier centre comme nouveau ministre de la Santé, tandis que Danielle McCann est rétrogradée à l'Enseignement supérieur. Quatre autres ministres voient aussi leurs responsabilités modifiées.

«Danielle a accompli beaucoup de choses durant 18 mois, mais il reste encore beaucoup de changements à faire», a expliqué le premier ministre Legault, lundi après-midi, lors d’un point de presse tenu au Salon rouge de l’Assemblée nationale en compagnie des six ministres impliqués dans ce remaniement.

Pendant que Sonia LeBel hérite du Conseil du trésor, des négociations avec les 550 000 employés de l’État et du projet de loi sur l’accélération des travaux d’infrastructures (no 61) qui relevaient tous auparavant de M. Dubé, Simon Jolin-Barrette prend la place de Mme LeBel et devient à 33 ans le plus jeune ministre de la Justice de l’histoire du Québec.

À LIRE AUSSI: La chronique de Jean-Marc Salvet: «La médecine de choc de Legault»

M. Jolin-Barrette, lui, cède son poste de ministre de l’Immigration à Nadine Girault. Mme McCann devient ministre responsable de l’Enseignement supérieur et Jean-François Roberge se concentrera sur l’Éducation au primaire et au secondaire.

Danielle McCann «a fait du mieux qu’elle a pu avec l’information qu’elle avait durant ces trois mois [de pandémie]. Mais on n’avait pas toujours toute l’information, fait valoir le patron. Alors, on a besoin d’améliorer le système d’information et c’est la spécialité de Christian Dubé. On veut aussi plus d’imputabilité et il est important d’évaluer les gestionnaires du réseau de la santé. Christian vient poursuivre et compléter le travail fait par Danielle.»

«Un deuxième souffle»

Le ministère de la Santé et des Services constitue «le plus grand défi de gestion au Québec, toute organisation publique ou privée confondue», selon M. Legault. Il parle d’«un deuxième souffle» nécessaire au ministère de la Santé et des Services sociaux. Dominique Savoie remplacera de plus Yvan Gendron au poste-clé de sous-ministre à la Santé.

«Il faut s’assurer que chaque dirigeant, dans ce grand réseau qui est un peu un monstre, soit plus responsable des résultats. [...] J’ai demandé à Christian Dubé, qui a une longue expérience en gestion, entre autres dans le secteur privé, mais aussi public à la Caisse de dépôt, de mettre ses talents de gestionnaire au service des Québécois. [...] On doit bien ça à nos aînés, donner des bons services. Mais de donner aussi des services d’une façon plus efficace, et un comptable agréé, ça s’intéresse à l’efficacité.»

Avec sa douceur proverbiale et souriante, Mme McCann n’a quand même pas caché une certaine déception. «J’étais venue en politique pour la Santé, c’est clair. C’est la prérogative du premier ministre de faire des choix. Je le respecte beaucoup. Je suis très contente de ce que j’ai accompli en Santé, mais je suis aussi très contente de prendre ce nouveau mandat de l’Enseignement supérieur», a-t-elle affirmé. 

Si elle n’a pas de conseil à donner à son successeur et collègue Dubé, Mme McCann souligne que «nous sommes toujours en pandémie et il faut se préparer pour la deuxième vague. Et ça, c’est majeur en santé actuellement. Ce n’est pas un conseil, c’est un état de fait».

Racisme systémique: le Bloc refuse de dire s'il acceptera les conclusions du comité

Politique

Racisme systémique: le Bloc refuse de dire s'il acceptera les conclusions du comité

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, refuse de dire si son parti acceptera les conclusions d'un comité fédéral qui se penchera sur l'existence du racisme systémique au sein des services policiers au Canada.

Le comité de la Sécurité publique doit se rencontrer une première fois mardi pour se pencher sur cette question spécifique.

Le mandat de ce comité a été au coeur d'un échange tendu à la Chambre des communes, la semaine dernière. Le Bloc québécois avait refusé de donner son consentement à une motion néo-démocrate qui affirme qu'il y a du racisme systémique au sein de la Gendarmerie royale du Canada.

Le chef Jagmeet Singh avait traité le leader parlementaire du Bloc, Alain Therrien, de «raciste» et avait refusé de s'excuser.

Les bloquistes, de leur côté, ont soutenu que la motion était prématurée et n'ont pas voulu présumer des conclusions du comité.

De passage dans sa circonscription de Chambly pour y présenter son bilan de session parlementaire, lundi matin, M. Blanchet n'a pas voulu ajouter de l'eau au moulin de cet épisode aux Communes en réponse aux questions des journalistes.

«Évidemment, je n'ai pas envie que la journée, la semaine ou l'été soient contaminés par un exercice partisan. Je n'ai pas envie de ça», a-t-il dit.

Pourtant, il y a fait explicitement référence dans le document de neuf pages relatant la dernière session parlementaire et distribué aux médias.

Sous la rubrique «Mot du chef», M. Blanchet mentionne «une seconde crise autochtone» — après celle des Wet'suwet'en — «qui s'est rapidement transformée en arme de politique partisane pitoyable».

Le chef bloquiste dit que le mot «pitoyable», en référence aux actions du Nouveau Parti démocratique, était «mesuré».

«Ça a donné lieu à un des exercices les plus inélégants, donc j'étais convaincu que c'était... d'avoir échappé le ballon. Et j'ai découvert ensuite que c'était devenu une opération orchestrée. C'est à ça que je ne veux pas donner de carburant», a souligné M. Blanchet.

À son avis, les «seuls juges» de cette situation entre le Bloc et le NPD seront les Premières Nations et les Québécois. «Je m'en remets entièrement à leur jugement», a-t-il affirmé.

Après coup, il s'est refusé à répondre aux questions subséquentes à ce sujet, incluant sur le comité fédéral à venir et le «geste» qu'aurait posé M. Therrien et qui aurait déclenché la colère de M. Singh.

M. Therrien, à ses côtés, n'a pas pris la parole pour y répondre. «Je réponds aux questions», a tranché M. Blanchet, en anglais, à l'intention d'une journaliste.

Bilan de session

La collaboration entre le gouvernement Trudeau minoritaire et les 32 députés bloquistes est moins facile maintenant qu'au début du mandat.

C'est du moins l'analyse qu'en fait M. Blanchet, qui dit avoir réussi néanmoins à faire des gains pendant les quelques journées durant lesquelles le Parlement a siégé depuis le 21 octobre dernier.

Protection accrue de l'aluminium québécois, défense des personnes malades sur l'assurance-emploi, protection de la laïcité de l'État : autant de dossiers que le Bloc estime avoir réussi à faire avancer.

M. Blanchet dit que son parti a aussi été en «mode solutions» lors de la première crise autochtone, celle des Wet'suwet'en, qui a mené à un blocage des voies ferroviaires à travers le pays.

Puis, en début de pandémie, le Bloc a poussé pour de l'aide aux aînés, des améliorations à la Prestation canadienne d'urgence et avait même proposé la création d'un Parlement dit «virtuel», avant de constater ce que M. Blanchet estime être un changement d'attitude de la part des libéraux.

«On a fini par découvrir qu'un gouvernement qui distribue des milliards, qui viendront quand même de vos poches et des nôtres, peut avoir un certain succès, un taux d'appréciation et ça a ramené une forme de partisanerie», a déploré le chef bloquiste.

Selon lui, cette partisanerie aurait ramené «un vieux mauvais pli héréditaire canadien» en voulant s'ingérer dans les compétences provinciales en matière de santé notamment.

Il estime malgré tout qu'il faudra collaborer pour faire passer l'aide promise aux personnes handicapées et dit que le Bloc est prêt à siéger cet été, outre les journées déjà prévues à l'horaire, pour ce faire.

La Chine demande à Trudeau de cesser ses «remarques irresponsables»

Politique

La Chine demande à Trudeau de cesser ses «remarques irresponsables»

PÉKIN — La Chine a demandé lundi au premier ministre Justin Trudeau «d’arrêter de passer des remarques irresponsables» après qu’il eut déclaré que la décision de Pékin d’accuser deux Canadiens d’espionnage était liée à l’arrestation par son pays d’une dirigeante chinoise de Huawei.

Les accusations d’espionnage sont «complètement différentes» du cas de la dirigeante de Huawei Meng Wanzhou, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Mme Meng a été arrêtée en raison d’accusations américaines liées à de présumées violations des sanctions commerciales contre l’Iran.

L’arrestation de Michael Kovrig et Michael Spavor a été largement considérée comme des représailles contre le Canada, après l’arrestation de Mme Meng en décembre 2018 à Vancouver. Des accusations ont été portées contre eux vendredi après qu’un juge canadien eut décidé que l’affaire d’extradition de Mme Meng pouvait passer à l’étape suivante, la rapprochant de la remise de son dossier aux autorités américaines.

M. Trudeau, s’adressant à des journalistes à Ottawa, a déclaré que les autorités chinoises avaient «directement lié» les cas de MM. Kovrig et Spavor à celui de Mme Meng. Il a appelé Pékin à mettre fin à leur «détention arbitraire».

«La détention arbitraire n’existe pas», a déclaré le porte-parole du ministère, Zhao Lijian.

«La Chine exhorte le leader canadien concerné à respecter sérieusement l’esprit de l’état de droit, à respecter la souveraineté judiciaire de la Chine et à cesser de faire des remarques irresponsables», a ajouté M. Zhao.

Mme Meng, directrice financière de Huawei Technologies et fille de son fondateur, est accusée d’avoir menti à des banques à Hong Kong au sujet des relations de Huawei avec l’Iran, en violation possible des sanctions américaines.

Le cas de Mme Meng est un «incident politique grave» et fait partie des efforts américains pour «supprimer les entreprises chinoises de haute technologie et Huawei», a déclaré M. Zhao. Il a déclaré que le Canada «jouait le rôle d’un complice».

«Nous demandons instamment au Canada de corriger ses erreurs dès que possible, de libérer immédiatement Meng Wanzhou et de veiller à ce qu’elle rentre chez elle en toute sécurité», a demandé M. Zhao.

Mme Meng vit dans un manoir qu’elle possède à Vancouver, où elle travaillerait à l’obtention d’un diplôme d’études supérieures. MM. Kovrig et Spavor sont détenus dans un lieu tenu secret et se sont vu refuser l’accès à des avocats ou à des membres de leur famille.

La Chine a également condamné à mort deux autres Canadiens et suspendu les importations de canola canadien.

M. Zhao a déclaré que les visites de diplomates étrangers aux prisonniers avaient été suspendues en raison de la pandémie de coronavirus.

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Travail-famille: un sceau pour les meilleurs employeurs

Politique

Travail-famille: un sceau pour les meilleurs employeurs

EXCLUSIF / Le ministère de la Famille veut reconnaître les entreprises qui mettent en place de bonnes mesures pour la conciliation famille-travail. Un sceau distinctif sera décerné aux employeurs pour souligner leurs pratiques organisationnelles, a appris Le Soleil.

Le ministre Mathieu Lacombe en fera l’annonce lundi, à Montréal. La pandémie aura accentué le besoin d’innover en terme de conciliation travail-famille-études. Beaucoup de Québécois ont été forcés de travailler à la maison, et avec les écoles fermées, les enfants agissaient comme de nouveaux collègues. 

Le gouvernement accordera 900 000 $ à deux organismes pour revoir l’organisation du travail en ce sens. Le Réseau pour un Québec Famille (RPQF) bénéficiera de cette aide, il chapeaute le Programme de reconnaissance conciliation famille-travail et collabore avec le gouvernement depuis un bon moment déjà.

D’ailleurs, l’annonce de ce sceau distinctif devait avoir lieu au mois de mars, au moment où la crise sanitaire a éclaté. Le nouveau programme destiné aux employeurs est devenu encore plus pertinent pendant la pandémie.

Le RPQF décernera donc le sceau aux entreprises qui se démarquent, plusieurs critères devront être respectés.

Pour les parents

En plus d’offrir de l’encadrement aux employeurs pour les aider à appliquer des mesures acceptables pour la conciliation travail-famille, le gouvernement espère offrir des outils aux parents. Selon un sondage Léger réalisé en 2018, 49 % des parents se disent réticents à utiliser les mesures en place par leurs employeurs.

Le deuxième organisme qui touchera une partie du montant investi, la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF), essaiera de faire diminuer ce pourcentage. Leur tout nouveau projet permettra de joindre, d’accompagner et d’outiller les parents afin qu’ils utilisent davantage les mesures de conciliation famille-travail-études offertes par leur employeur ou leur établissement d’enseignement.

L’objectif du gouvernement est de faciliter en partie la vie des parents et employeurs, surtout en période de reprise économique. L’annonce de lundi couvre plusieurs aspects de la conciliation famille-travail.

Le Canada souligne le 70e anniversaire de la Guerre de Corée malgré la pandémie

Politique

Le Canada souligne le 70e anniversaire de la Guerre de Corée malgré la pandémie

OTTAWA - Des couronnes de fleurs ont été déposées et le chant d'un seul clairon a résonné près du Parlement dimanche matin, lors d'une modeste cérémonie soulignant le 70e anniversaire du début de la Guerre de Corée.

Un petit groupe de dignitaires canadiens et coréens ont assisté à la cérémonie, en compagnie d'une poignée d'anciens combattants qui ont participé au conflit.

Harcèlement psychologique au parlement: un député visé par une plainte

Politique

Harcèlement psychologique au parlement: un député visé par une plainte

Malgré les beaux discours qui en émanent et son aura de respectabilité, l’Assemblée nationale du Québec n’est pas un lieu de travail à l’abri du harcèlement, tant psychologique que sexuel.

La dernière année a donné lieu à une nouvelle série de signalements et de plaintes sur ce qui se trame parfois derrière les portes closes des bureaux parlementaires. Au total : 11 plaintes formelles de harcèlement psychologique ont dû être examinées. Un cas de harcèlement sexuel a aussi été signalé.

Les représentants du peuple ne donnent pas toujours l’exemple : un élu de l’Assemblée nationale, député ou ministre, a fait l’objet d’une plainte formelle de harcèlement psychologique, dans le cadre de ses fonctions, au cours des derniers mois.

L’élu mis en cause est-il un homme? Une femme? Simple député d’arrière-ban ou ministre en vue? Membre de l’équipe gouvernementale ou de l’opposition? Impossible de le savoir. Et quels faits lui reproche-t-on? On n’en saura pas davantage. Et la victime alléguée, quel était son lien d’emploi avec le présumé harceleur? Pas de réponse.

Le rapport annuel 2020 du harcèlement au travail produit par l’Assemblée nationale et rendu public récemment se contente de fournir le strict minimum d’informations sur les faits rapportés, sous prétexte de garantir la confidentialité absolue aux personnes impliquées.

Ce rapport, qui s’appuie sur la politique de prévention du harcèlement à l’Assemblée nationale, est d’une opacité totale. Une firme a d’ailleurs reçu récemment le mandat de revoir les fondements de cette politique, adoptée en 2015, et de formuler des recommandations à l’Assemblée, d’ici décembre.

En attendant, qu’on se le tienne pour dit, «toute autre information au sujet de la nature des plaintes, des personnes plaignantes ou des personnes mises en cause sont des renseignements personnels de nature confidentielle et l’Assemblée ne peut donc y répondre», a commenté la porte-parole de l’Assemblée nationale, Julie Champagne, en réponse à une demande de précisions formulée par La Presse canadienne cette semaine.

Cette année, l’Assemble nationale a dû aussi traiter un signalement de harcèlement sexuel, dossier qui n’a cependant pas donné lieu au dépôt d’une plainte en bonne et due forme. Comme il se doit, le rapport ne dit rien de la nature des gestes reprochés et ne fournit aucune indication sur la personne visée par cette allégation.

Les signalements et les plaintes peuvent provenir d’un employé de cabinet (de ministre ou de député) ou d’un membre du personnel de l’Assemblée nationale.

S’il y a plainte, le processus d’examen est assumé par une firme externe, qui doit évaluer si elle est recevable. Au besoin, une enquête sera instituée.

Au total, durant l’année, 10 personnes reliées à l’Assemblée nationale ont affirmé avoir fait l’objet d’une forme ou d’une autre de harcèlement, possiblement de la part d’un élu. De ce nombre, la plupart du temps (7 cas sur 10) il s’agissait de dénoncer le fait d’avoir subi du harcèlement psychologique. On a relevé un seul cas de dénonciation de harcèlement sexuel. Les deux autres portaient sur d’autres types de comportements.

Au total, par la suite, 11 plaintes formelles ont été déposées, toutes ayant trait à du harcèlement psychologique. Deux de ces dossiers sont toujours sous enquête.

Formation: des députés fautifs

Pendant ce temps, plusieurs élus se font tirer l’oreille, remettant sans cesse à plus tard la formation offerte, pourtant obligatoire, visant à prévenir toute forme de harcèlement au parlement.

En tant qu’employeurs, les députés doivent suivre une formation sur la prévention du harcèlement en milieu de travail, tant psychologique que sexuel. Cette formation ne dure que deux heures.

Or, il s’est écoulé 20 mois depuis l’élection d’octobre 2018 et près de 14 % des députés (soit 17 sur 125) ne l’ont toujours pas suivie, la plupart appartenant au groupe parlementaire formé par la Coalition avenir Québec (CAQ). En novembre, le gouvernement s’était pourtant engagé à ce que tous les députés caquistes aient reçu la formation au plus tard en février dernier.

Une nouvelle session de formation, qui comporte un volet théorique et des mises en situation, est prévue à l’automne pour accommoder les retardataires.

Au cours de l’année, deux ministres ont défrayé la manchette en raison de relations difficiles avec leurs employés.

Du côté de la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, Québecor a rapporté que 14 employés de son cabinet avaient démissionné en un an, en dénonçant un climat de travail toxique.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a dû présenter des excuses publiques après avoir annoncé qu’elle avait congédié certains de ses employés pour incompétence. Blessées, les personnes en cause avaient réagi en réclamant des excuses.

Par ailleurs, Québecor a rapporté cette année que l’ancien député et ex-président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon a été visé par des allégations d’attouchements sexuels, qui se seraient produits en 2011 au parlement. Comme il n’y a pas eu de plainte déposée par la députée belge à l’origine de l’histoire, l’Assemblée nationale n’a pas ouvert d’enquête. M. Chagnon a nié catégoriquement les allégations.

Erin O’Toole porte plainte à la police contre l’équipe de Peter Mackay

Politique

Erin O’Toole porte plainte à la police contre l’équipe de Peter Mackay

OTTAWA — L’équipe de campagne du candidat à la direction du Parti conservateur du Canada Erin O’Toole déclare avoir déposé une plainte officielle auprès de la police et demande que les autorités enquêtent sur l’organisation de son rival Peter MacKay.

La campagne d’Erin O’Toole indique que la plainte implique le vol de données confidentielles de campagne et de stratégies, ce que nie la campagne de Peter Mackay.

«Notamment le vol de vidéoconférences Zoom, comprenant les vidéoconférences de stratégies de campagne confidentielle ainsi que des vidéoconférences avec des membres du Parti conservateur à travers le Canada», peut-on lire dans le communiqué émis par l’équipe d’Erin O’Toole.

Selon une enquête interne de l’équipe d’Erin O’Toole, «l’organisateur principal de la campagne Mackay, Jamie Lall, a obtenu des informations de connexions confidentielles de la campagne O’Toole le 5 juin».

Toujours selon l’équipe d’Erin O’Toole, les téléchargements volés ont eu lieu les 5, 7, 8, 9 et 11 juin, en provenance de Calgary et Toronto.

La campagne d’Erin O’Toole a précisé que les informations détaillées ont été partagées avec la Gendarmerie royale du Canada et la Police provinciale de l’Ontario ainsi que le Service de police de Toronto.

En début de nuit, la directrice de campagne de Peter Mackay pour le Québec a réagit aux accusations dans message envoyé à La Presse canadienne.

«Il est assez amusant de recevoir cette accusation tard un vendredi après une mauvaise semaine pour la campagne O’Toole. Si quelqu’un de la campagne O’Toole a divulgué des informations, la campagne O’Toole devrait parler à ses bénévoles», a écrit Catherine Major.

La directrice de campagne de Peter Mackay a également laissé entendre que ces accusations pourraient être «une tactique de leur campagne pour faire oublier les mauvaises performances de Erin O’Toole dans les débats.»

François Legault: orchestrer le chaos

Politique

François Legault: orchestrer le chaos

«La nuit, je me levais pour prendre des notes et j’arrivais à la réunion du matin avec deux pages de questions. Je leur ai fait construire beaucoup de tableaux qui n’existaient pas. Je disais : “On va prendre les CHSLD un par un. Combien de cas? Combien de décès? Classez-moi ça, vert, jaune, rouge.”»

François Legault est visuel. Le comptable de formation a toujours aimé comprendre ou expliquer à l’aide de tableaux, de graphiques, de schémas. Illustrer les chiffres.

Le long pupitre où il travaille chaque jour était rempli de dossiers, quand le premier ministre a reçu Le Soleil dans son bureau de la colline parlementaire à Québec, cette semaine. L’hôte a pris la peine de tasser une pile pour être en mesure de bien voir ses interlocuteurs, en face de lui, le temps de l’entrevue.

Le meuble en bois blond derrière lequel il s’assoit est un cadeau de fête offert par l’Union nationale à Maurice Duplessis, en 1958. Dix-sept premiers ministres s’y sont installés avant M. Legault. Aucun autre n’a eu à gérer une pandémie qui a fauché la vie à plus de 5000 Québécois.

Samedi, cela fait 100 jours que le Québec vit sous l’état d’urgence sanitaire déclarée par le gouvernement Legault pour combattre le virus de la COVID-19.

M. Legault revient sur ses fameux points de presse menés chaque début d’après-midi depuis le 12 mars, flanqué du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, et de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann. 

«Ç’a été improvisé», assure-t-il. «On ne s’est pas dit : “On va faire ça à 13h!” On a commencé à faire ça à 13h la première journée et on a continué les journées suivantes.»

Routine qui a maintenant pris fin de façon non officielle, «à moins qu’il arrive quelque chose de spécial», précise-t-il.

Faire peur au monde

Cette apparition quotidienne d’une heure à l’écran, souvent plus regardée que District 31 ou La Voix, nécessitait des heures de préparation pour aboutir à une courte adresse sentie à la nation avant de répondre aux questions des journalistes. Celui qui a été ministre de la Santé il y a 17 ans, pendant 15 mois, a surtout eu besoin d’approfondir ses connaissances en santé publique.

«Une part du succès [du confinement], c’est parce que les gens écoutaient à 13h et ont suivi les consignes. C’est au Québec que les directives ont été le plus suivies et il y a un lien à faire avec l’émission de 13h. Les gens me voyaient un peu comme le père de famille», analyse M. Legault.

Arme qu’il a plus tard réalisé être à double tranchant, au moment du déconfinement. 

«Les Québécois avaient déjà peur. On a peut-être trop bien réussi notre opération de 13h», réfléchit tout haut le premier ministre.

Mais il a encore sur le cœur les commentaires de certains qui ramaient à contresens, de son point de vue. Comme la députée de l’opposition péquiste Véronique Hivon au moment de rouvrir les écoles, début mai.

«Véronique Hivon est sortie pour dire : “Ça n’a pas de bon sens qu’on pense rouvrir les écoles et mettre à risque nos enfants!”» rappelle-t-il, appuyant sur le mot enfants pour en accentuer la gravité.

«Comme si on les retournait à la guerre, presque... Mais il faut expliquer l’envers de la médaille! Que si un enfant ne retourne pas à l’école avant septembre et qu’il a des difficultés d’apprentissage, ne pas aller à l’école pendant six mois, c’est très grave pour cet enfant-là! Et je savais par la Santé publique que les risques pour les jeunes étaient très limités. Mais faire peur au monde, c’est facile.»

En plus des critiques de l’opposition, les doutes fusaient dans ses propres rangs. «Des gens en communications me disaient aussi : “Si jamais la réouverture des écoles primaires en régions ne va pas bien, votre vie politique est finie, M. Legault! Pensez-y deux fois!” Mais il faut penser au bien des enfants aussi. Et ç’a bien été», se félicite-t-il aujourd’hui.

Il manquait d’information

Comme un écho de lui-même. «Ça va bien aller!» Le Québec a entendu son premier ministre répéter le slogan à compter du 24 mars. «Ç’a bien été, sauf dans les CHSLD», admet-il maintenant avec humilité.

«Je pense qu’on a été transparents», affirme-t-il, avec un peu de recul. «Des gens ont essayé à un moment donné de dire qu’on ne l’était pas, mais c’est tout simplement parce que je n’avais pas les informations, moi le premier! Parce qu’on a un système d’information qui est archaïque à la Santé, en fait dans beaucoup de ministères au gouvernement du Québec», déplore-t-il. On pense entre autres aux déclarations de décès par fax.

Les députés bloquistes claquent la porte de la Chambre parce que Singh y parle

Politique

Les députés bloquistes claquent la porte de la Chambre parce que Singh y parle

OTTAWA — Les bloquistes n’ont pas réussi à empêcher Jagmeet Singh de prendre la parole aux Communes, jeudi, au lendemain de l’insulte lancée par le chef néo-démocrate à un député bloquiste. Ils ont donc décidé de quitter les lieux et de ne pas y être chaque fois que M. Singh y parlera.

Dès que le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) s’est levé pour poser une question, comme il est d’usage de le faire quatre jours par semaine, en comité plénier pour parler de la COVID-19, la whip bloquiste Claude DeBellefeuille a bondi pour faire un appel au règlement.

«Il a insulté le député de La Prairie, Alain Therrien (...). Il l’a traité à quatre reprises de «raciste»», a rappelé la députée.

«Il a aussi contesté votre autorité quand vous lui avez demandé de s’excuser, il a refusé. Vous l’avez expulsé de la Chambre. Je vous redemande à nouveau, M. le président, de ne pas le reconnaître aujourd’hui», a-t-elle plaidé à l’arbitre des Communes.

Le président Anthony Rota a alors invoqué les règles parlementaires précises pour expliquer pourquoi M. Singh pouvait être dans le même décor que la veille et prendre parole.

M. Singh a été expulsé pendant une séance normale de la Chambre, mercredi. Jeudi, on était en comité plénier.

«J’ai passé un règlement... à la Chambre», a répondu le président Anthony Rota à Mme DeBellefeuille, lui promettant une décision pour l’avenir de M. Singh en Chambre lorsque celle-ci sera convoquée à nouveau, soit le 8 juillet, pour une journée.

«Je vais prendre le temps d’y réfléchir et avoir une réponse (...) avant la prochaine session (de la Chambre). Pour aujourd’hui, dans le comité, nous allons continuer comme normal. Alors, je reconnais M. Singh», a-t-il tranché.

«Si on permet à un député, à un chef de parti, d’insulter un autre député, qu’est-ce qui va nous arriver tous ici? Vous avez le droit d’insulter un collègue et vous avez une journée d’expulsion seulement. Ça fait pas sérieux, M. le président», a protesté la whip bloquiste.

Le président ayant tranché, M. Singh a pu enchaîner en posant des questions au premier ministre sur ses intentions de s’attaquer concrètement au racisme systémique.

Les trois députés bloquistes sur place, Mme DeBellefeuille, M. Therrien et Marilène Gill, se sont levés et sont sortis.

«Tant et aussi longtemps que le chef du NPD ne s’excusera pas, les députées et députés du Bloc québécois ne siégeront pas en présence de Jagmeet Singh», a écrit à La Presse canadienne une porte-parole de la formation politique, en spécifiant que le boycott ne s’exercerait que pendant les temps de parole de M. Singh.

Le matin, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, avait indiqué qu’il ne passerait pas l’éponge tant que M. Singh ne présentait pas d’excuses.

Chez les néo-démocrates, on estime que la punition imposée par le président de la Chambre, l’expulsion de M. Singh, est terminée. Et toujours pas question d’excuses.

M. Singh a traité de «raciste» le député Alain Therrien, leader parlementaire bloquiste, parce que le Bloc a refusé l’unanimité de la Chambre pour l’adoption d’une motion qui affirme qu’il y a du racisme systémique à la GRC.

Le Bloc a expliqué que comme il venait d’appuyer une demande néo-démocrate d’une étude, en comité parlementaire, du racisme systémique dans les corps de police, y compris la GRC, la motion était prématurée.

Selon M. Blanchet, depuis mercredi après-midi, les médias sociaux de sa formation politique sont assaillis par des accusations de racisme.

«C’est déplorable pour tous les élus et pour tous les gens qui travaillent au Bloc québécois. On se fait tous traiter de racistes en même temps, en tas», a-t-il rapporté, lors d’un point de presse jeudi matin.

Le Bloc québécois a refusé de dire s’il contemplait la possibilité de recours légaux, M. Singh ayant répété l’insulte hors de la Chambre, mercredi en fin de journée, sans la protection du privilège parlementaire.

«J’ai un immense malaise avec cette histoire-là. J’ai un immense malaise avec l’idée que ça s’étire et que ça perdure. (...) J’aimerais ça que ça finisse», a simplement répondu M. Blanchet.

Au parti, on indique qu’Alain Therrien «réfléchit à ses diverses options» et que la décision d’aller plus loin ou pas sera la sienne.

Le ministre de l’Environnement refuse de déposer son plan de réduction des GES

Politique

Le ministre de l’Environnement refuse de déposer son plan de réduction des GES

QUÉBEC - L’opposition a demandé jeudi matin au ministre de l’Environnement, Benoit Charette, de déposer son plan de réduction des gaz à effet de serre (GES).

Le bras de fer a tourné à l’affrontement et la présidente de la commission parlementaire, la députée Agnès Grondin, en colère, a dû suspendre les travaux.

Des éléments du plan ont été révélés dans La Presse de jeudi matin, et le Parti québécois (PQ) a demandé à ce que les parlementaires en prennent connaissance, à la commission parlementaire portant sur l’étude du projet de loi 44 sur la réforme du Plan vert.

Le porte-parole du PQ en matière d’Environnement, Sylvain Gaudreault, a insisté en invoquant le privilège des parlementaires de prendre connaissance en premier des documents.

Benoit Charette a refusé en affirmant qu’il s’agissait d’une version préliminaire du plan qui doit être mise à jour.

«C’est un document de travail», a-t-il répété , en ajoutant que le plan allait être amélioré.

Il a rappelé que les règles parlementaires n’imposent pas le dépôt des documents de travail préliminaires.

Pas de siège au Conseil de sécurité pour le Canada

Monde

Pas de siège au Conseil de sécurité pour le Canada

OTTAWA — Le Canada a perdu son pari visant à obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Ses concurrents, la Norvège et l'Irlande, ont obtenu les deux sièges disponibles, mercredi. 

Le Canada a même perdu au tout premier tour d'un scrutin secret des 193 États membres de l'Assemblée générale des Nations unies.

Déjà, en 2010, le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait perdu cette course, aux mains de l'Allemagne et du Portugal. Dès son élection, en octobre 2015, le premier ministre Justin Trudeau avait déclaré que «le Canada était de retour» sur l'échiquier international, et il avait promis de faire campagne pour regagner un siège au Conseil de sécurité.

Le Canada a perdu cette fois contre la Norvège et l'Irlande, pour l'obtention de ces deux sièges non permanents disponibles pour un mandat de deux ans, à compter de l'an prochain.

Le Canada avait besoin de 128 voix - les deux tiers des membres votants. La Norvège a remporté son siège au premier tour avec 130 voix et l'Irlande avec 128. Le Canada a obtenu 108 voix - il en avait obtenu 114 au premier tour en 2010.

Le vote a commencé à 9 h mercredi; les ambassadeurs auprès de l'ONU avaient un accès restreint, en petits groupes, à la grande salle de l'Assemblée générale, à New York, pour respecter les mesures de distanciation.

À la suite du dévoilement du résultat, le premier ministre Justin Trudeau félicité la Norvège, l'Irlande, l'Inde et le Mexique pour leur élection au Conseil de sécurité et a remercié tous les États qui ont offert leur collaboration au cours de la campagne canadienne.

Dans une déclaration transmise par voie de communiqué, M. Trudeau souligne que le Canada voulait obtenir un siège pour contribuer à bâtir «un monde qui favorise une paix durable, lutte contre les effets des changements climatiques, renforce le multilatéralisme et fait la promotion de la sécurité économique et de l'avancement de l'égalité des sexes».

«Le Canada a la capacité de changer les choses, mais nous savons que nous ne pouvons pas y arriver seuls. Au fur et à mesure que nous progressons, nous restons engagés envers les objectifs et les principes que nous avons mis de l'avant pendant cette campagne», a-t-il ajouté en promettant de continuer de promouvoir la coopération mondiale.

La Norvège et l'Irlande ont connu un début de campagne anticipé, car M. Trudeau n'a annoncé l'intention du Canada de demander un siège qu'en 2015, après l'élection des libéraux.

Le premier ministre a rejeté mercredi matin les suggestions selon lesquelles une défaite pour le Canada constituerait un échec politique personnelle, compte tenu de tout le capital qu'il a investi dans cette candidature - à commencer par son fameux «Le Canada est de retour» d'il y a cinq ans.

Le mauvais groupe?

M. Trudeau a déclaré mercredi que son gouvernement s'était engagé dans un large éventail d'activités et d'organismes multilatéraux parce que c'était dans l'intérêt de tous les Canadiens, qui ont besoin du commerce mondial et de la réussite économique partout dans le monde pour pouvoir réussir chez eux.

«Ce sont des choses que nous continuerons de faire à l'avenir, peu importe ce qui se passera cette semaine (à l'ONU), a déclaré M. Trudeau. Mais il serait certainement agréable d'avoir ce levier supplémentaire d'un siège au Conseil de sécurité.»

La campagne du Canada pour ce siège non permanent au Conseil s'est concentrée en grande partie sur ce que le pays a fait en réponse à la pandémie de COVID-19. M. Trudeau a notamment convoqué d'autres pays aux vues similaires pour garantir la sécurité alimentaire dans les pays en développement, le maintien de chaînes d'approvisionnement vitales à travers le monde et l'élaboration de nouveaux modèles de financement pour aider les pays en difficulté dont les économies ont été décimées par la pandémie.

Cabinet fantôme libéral: André Fortin monte en grade, Gaétan Barrette en retrait

Politique

Cabinet fantôme libéral: André Fortin monte en grade, Gaétan Barrette en retrait

La nouvelle cheffe de l’opposition officielle Dominique Anglade n’a pas perdu de temps pour imprimer sa marque sur son parti, son équipe d’officiers parlementaires et ses porte-parole dans les différents dossiers.

À première vue, l’allégeance des uns et des autres durant la récente course au leadership ne semble pas avoir eu d’influence notable sur les choix de la cheffe libérale, au moment de constituer son cabinet fantôme, dont la composition a été annoncée mardi.

C’est donc cette équipe de députés de l’opposition officielle qui devra affronter le gouvernement lors de la rentrée parlementaire de l’automne.

Le député de Pontiac, André Fortin, qui était resté neutre durant la course au leadership, devient l’homme fort du caucus libéral. Il monte en grade pour occuper désormais la fonction de leader parlementaire de l’opposition officielle, le poste le plus prestigieux en Chambre, après celui de chef. En prime, il devient aussi le porte-parole en finances, détrônant l’ex-ministre des Finances, Carlos Leitao.

M. Fortin, qui avait le dossier de la santé, avait été pressenti pour se lancer dans la course, mais s’était rapidement désisté pour des raisons familiales.

M. Leitao, qui avait coprésidé la campagne de Mme Anglade, s’occupera désormais d’économie et de lutte aux changements climatiques. Les libéraux considèrent que les deux dossiers doivent être désormais «interdépendants». Le développement économique «doit passer par l’adaptation aux changements climatiques», a indiqué M. Leitao en entrevue téléphonique.

Le très expressif député de Lafontaine, Marc Tanguay, perd donc son rôle de leader parlementaire pour occuper un rôle plus discret à l’avenir, comme responsable de la justice, la famille, l’accès à l’information et la réforme du mode de scrutin.

Un autre député qui avait affiché sa neutralité durant la course et qui avait lui-même pensé à se porter candidat, l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, très combatif jusqu’à maintenant dans son rôle de porte-parole dans les dossiers du Conseil du trésor, a été surpris d’apprendre qu’il devrait désormais se faire valoir dans ceux de l’immigration, un domaine qui lui est moins familier. Il s’occupera aussi d’infrastructures, d’éthique et des marchés publics, et pourra donc garder l’oeil ouvert lors de la reprise du débat autour du controversé projet de loi 61, sur la relance économique, cet automne.

Marie Montpetit à la santé

En pleine pandémie, le dossier stratégique de la santé assure au porte-parole de l’opposition officielle une visibilité quotidienne au parlement. Ce sera sans nul doute un des dossiers chauds de l’automne, où l’opposition peut marquer des points. Il sera confié à la députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, qui avait donné son appui à Mme Anglade, après avoir sérieusement songé à se porter elle-même candidate au leadership.

Une autre députée qui avait supporté Mme Anglade, la députée de Marguerite-Bourgeoys, Hélène David, présidera le caucus libéral, un rôle-clé parlementaire. Elle défendra aussi le dossier délicat de la langue française, au moment où le gouvernement s’engage à présenter un plan d’action et des mesures cet automne.

La députée de Jeanne-Mance-Viger, Filoména Rotiroti, succède à Nicole Ménard dans le rôle de whip en chef. Députée de Laporte, Mme Ménard aura le portefeuille de critique en relations internationales.

Le député de Nelligan, Monsef Derraji, monte en grade lui aussi, se voyant confier le rôle de leader parlementaire adjoint, tout en surveillant le sort réservé aux petites et moyennes entreprises (PME). Il a aussi les dossiers du travail et de l’emploi.

La députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, une des deux seules du caucus avec Lise Thériault à avoir appuyé Alexandre Cusson plutôt que Mme Anglade, ne sort pas égratignée par ses choix politiques.

Elle conserve l’éducation, autre dossier chaud de l’automne avec la rentrée scolaire dans le contexte de la pandémie, sans compter les controversées maternelles 4 ans, mais surtout elle acquiert en plus le dossier clé du Conseil du trésor.

Elle perd cependant l’enseignement supérieur, qui sera dorénavant sous la responsabilité de la députée d’Acadie, Christine St-Pierre.

La députée de Verdun, Isabelle Melançon, conserve la culture, et gagne le tourisme et la condition féminine.

Véronyque Tremblay quitte

À l’automne, le gouvernement sera rendu à mi-mandat et les partis vont commencer à placer leurs pions en prévision de la prochaine campagne électorale.

Sour la gouverne de Mme Anglade, le PLQ aura besoin à court terme d’une personne de confiance pour diriger le parti et enclencher déjà le processus d’organisation de la prochaine campagne électorale.

La directrice générale actuelle, l’ex-ministre Véronyque Tremblay, a annoncé mardi qu’elle quittait ses fonctions, le jour même de l’annonce du cabinet fantôme.

On ne sait pas encore qui va lui succéder.

En vrac

En vrac, les autres responsabilités confiées aux députés libéraux sont les suivantes : Pierre Arcand (transports et métropole), Frantz Benjamin (environnement), David Birnbaum (relations intergouvernementales canadiennes, francophonie canadienne et santé mentale), Francine Charbonneau (formation professionnelle et aux adultes et forêt, faune et parcs), Enrico Ciccone (sports, loisirs, saines habitudes de vie, lutte à l’intimidation), Gregory Kelley (affaires autochtones et relations avec les Québécois d’expression anglaise), Jennifer Maccarone (diversité et Inclusion, LGBTQ2 et clientèles vivant avec un handicap ou avec le spectre de l’autisme), Marie-Claude Nichols (affaires municipales et habitation), Saul Polo (énergie et ressources naturelles), Paule Robitaille (solidarité sociale et lutte à la pauvreté), Jean Rousselle (sécurité publique et agriculture), Monique Sauvé (aînés), Lise Thériault (protection des consommateurs), Kathleen Weil (protection de la jeunesse).