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Politique

Subventions salariales: les députés fédéraux siégeront aux Communes samedi

OTTAWA — Le projet de loi sur les subventions salariales aux entreprises devrait être adopté dans les prochains jours.

Le président de la Chambre des communes, Anthony Rota, a convié un nombre réduit de députés à siéger samedi dès 12h15 afin de débattre et de voter la suite du plan d’urgence en lien avec la pandémie de COVID-19.

Le Sénat devrait siéger à compter de 16h, samedi.

Cette nouvelle arrive près de trois jours après le début des négociations sur le projet de loi. Le texte législatif avait été remis aux partis d’opposition lundi en début de soirée.

Jusqu’à maintenant, les conservateurs ne s’entendaient pas avec les autres partis fédéraux sur la marche à suivre pour la tenue des prochaines séances à la Chambre des communes dans les semaines à venir.

Libéraux, bloquistes et néo-démocrates se sont prononcés en faveur d’un Parlement «virtuel» qui permettra à tous de siéger à distance. Mais les conservateurs insistaient pour que les députés soient présents physiquement aux Communes.

Le premier ministre Justin Trudeau avait sous-entendu jeudi que l’opposition bloquait le processus parlementaire pour cette raison.

«On ne devrait pas empêcher le passage d’un projet de loi important juste parce qu’on veut continuer d’avoir ces discussions», a-t-il insisté.

S’exprimant jeudi matin de Regina, le chef conservateur Andrew Scheer a réitéré qu’il souhaite voir un nombre réduit de députés siéger pour questionner le gouvernement, comme ça s’est fait il y a deux semaines.

Il a ajouté que les séances virtuelles pourraient constituer un «outil additionnel» pour permettre à tous les députés du pays de participer à l’exercice démocratique.

Le chef conservateur a cependant rejeté toute suggestion que son parti retardait l’adoption du projet de loi, puisque les discussions n’auront aucun impact sur l’échéancier prévu, à son avis.

«Le premier ministre lui-même a dit que ça va prendre six semaines avant que les ministères, que les fonctionnaires soient prêts à envoyer les subventions salariales», a répété M. Scheer.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Bill Morneau, avait plutôt évoqué un délai de trois à six semaines pour que ce portail soit en marche.

Questionné au sujet du commentaire de M. Scheer, M. Trudeau a répondu qu’il était «un peu déconcerté».

«Pour moi, de pouvoir rassembler les parlementaires, ce n’est pas juste de mettre une étampe sur un projet qu’on aurait discuté à l’avance, c’est pour avoir un vrai débat pour pouvoir s’assurer qu’on est en train de faire les bonnes choses pour les Canadiens», a indiqué le premier ministre.

«Si c’est effectivement ce que M. Scheer a dit, je suis un peu déçu de son manque de compréhension de l’importance du débat informé qui se passe au Parlement quand on se penche sur des projets de loi», a-t-il ajouté.

Les séances virtuelles à la Chambre des communes, elles, pourraient être une réalité d’ici quatre semaines, selon le président de la Chambre, Anthony Rota, dans une lettre envoyée à tous les partis mercredi.

Jeudi, un premier comité fédéral sur la santé s’est déroulé de façon virtuelle sans trop d’accrochages.

Le Canada n’est pas le seul pays à se pencher sur la possibilité d’un Parlement virtuel. Le Royaume-Uni a aussi l’intention d’aller de l’avant avec cette idée d’ici la fin du mois d’avril.

Politique

Négociations ardues entre partis fédéraux pour les subventions salariales

OTTAWA - Les partis politiques fédéraux ne se sont toujours pas entendus pour une date de rappel du Parlement afin d’adopter les mesures d’urgence pour aider les entreprises pendant la pandémie de COVID-19.

Il semblerait que le processus bloque au niveau des mesures d’imputabilité demandées par les conservateurs.

L’opposition officielle veut s’assurer de questionner les ministres en public, mais le gouvernement préconise plutôt un Parlement «virtuel» qui respecterait les mesures de distanciation sociale.

Ces séances virtuelles pourraient se tenir d’ici quatre semaines, selon une lettre du président de la Chambre des communes, Anthony Rota, envoyée mercredi à tous les leaders parlementaires des partis.

Ce bras de fer qui oppose surtout le gouvernement et l’opposition conservatrice depuis 48 heures a été évoqué tant par le premier ministre Justin Trudeau que son ministre des Finances, Bill Morneau, qui craint que l’adoption du programme de subventions salariales soit retardée.

«De mon point de vue, c’est le temps d’aller de l’avant», a martelé le grand argentier de l’État, affichant une impatience certaine lors d’une conférence de presse à Toronto mercredi après-midi.

Il a insisté sur l’urgence de la situation, puisque de nombreuses entreprises veulent avoir la certitude qu’elles auront droit aux subventions salariales avant de réembaucher des employés.

Le PCC se défend

Mercredi matin, le porte-parole du Parti conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, a confirmé que son parti exige «une forme de période de questions» pour demander des comptes au gouvernement sur ses mesures d’aide qui atteignent maintenant 257 milliards $.

Il s’est cependant défendu d’en faire une condition à l’appui aux subventions salariales.

«La seule raison que nous revenons (au Parlement), (...) c’est qu’ils ont mal rédigé leur propre loi. C’est littéralement la seule raison. Ce n’est pas le Parti conservateur qui empêche la subvention», a renchéri M. Poilievre.

«Nous proposons simplement que les partis de l’opposition puissent poser des questions aux ministres», a-t-il ajouté.

Politique

Le Bloc québécois veut élargir la subvention salariale aux entreprises

OTTAWA — Le Bloc québécois propose d'élargir la subvention salariale de 75% offerte aux entreprises afin de les aider à passer à travers la crise de la COVID-19.

Dans une lettre envoyée au premier ministre Justin Trudeau, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, l'invite à considérer «l'ajout à la subvention salariale d'un pourcentage» qui couvrirait une part des coûts fixes d'opération pendant la suspension des activités des entreprises.

«En effet, les PME québécoises et canadiennes doivent assumer des dépenses récurrentes que la crise ne suspend pas. Ces dépenses compromettent la viabilité financière de nombreuses entreprises», fait valoir M. Blanchet par écrit.

En plus de la subvention salariale, le fédéral a présenté le Compte d'urgence pour les petites entreprises et organismes à but non lucratif afin de les aider à couvrir leurs coûts d'exploitation. Les organisations admissibles peuvent obtenir un prêt sans intérêt de 40 000 $ - dont 10 000$ qui pourrait être non remboursable.

«Les revenus que perdent ces industries, services et commerces durant la crise ne reviendront en général pas. Il est donc risqué pour ces entreprises de remplacer des liquidités générées par des ventes par des liquidités obtenues via le crédit», constate M. Blanchet, qui ajoute que cette charge ajoutée lors de la reprise des activités peut être «un danger réel».

Un Parlement réduit devrait être convoqué de nouveau pour adopter les mesures d'urgence pour les entreprises. Le programme de subvention salariale doit être mis en place d'ici trois à six semaines.

Politique

L'armée canadienne déployée dans des villages inuits

MONTRÉAL — L'armée canadienne a été déployée dans le nord du Québec pour freiner la propagation de la pandémie de coronavirus dans des villages inuits, où deux cas ont été confirmés, a annoncé vendredi le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Les Rangers, une branche de la force de réserve des forces armées canadiennes (FAC), assuraient déjà une «présence militaire dans les régions peu peuplées du nord du Canada», a indiqué le gouvernement canadien.

«On a reçu une demande du gouvernement du Québec pour une intervention des forces armées pour prêter main-forte aux communautés nordiques et isolées», a dit le Premier ministre Justin Trudeau, lors de sa conférence de presse quotidienne.

«Nos membres sont toujours prêts à aider les communautés à lutter» contre la COVID-19. «Je peux confirmer que les forces armées seront là pour les Québécois comme pour tous les Canadiens», a-t-il ajouté.

«Le nombre de militaires et de ressources requis pour effectuer les tâches précises déterminées» doit encore être précisé, a indiqué un porte-parole de l'armée.

Environ 700 Rangers canadiens, parmi les 5 000 que compte cette unité, sont basés au Québec.

Lundi, le ministre de la Défense Harjit Sajjan a affirmé que 24 000 militaires pourraient être mobilisés pour aider à ralentir la propagation du virus et intervenir en renfort pour les inondations et les incendies.

Le premier cas de coronavirus au Nunavik, région arctique québécoise qui abrite quelque 12.000 habitants, essentiellement des Inuits répartis dans un chapelet de 14 villages côtiers, a été recensé samedi.

Un second cas a été confirmé mercredi dans le village de Puvirnituq, sur la baie d'Hudson.

Le Canada recensait vendredi après-midi plus de 12 000 cas de coronavirus et 208 morts.

En outre, 60 000 soldats, soit 85% de l'armée canadienne, ont reçu l'ordre de se placer en isolement en préparation d'éventuels déploiements pour faire face à la pandémie de COVID-19 au Canada.

«Ils ont l'ordre de rester chez eux et de rester en bonne santé», a indiqué le chef d'État-major des forces armées canadiennes Jonathan Vance à la chaîne anglophone Global News.

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Politique

Sortir vos parents des résidences? Québec dit oui, avec des conditions

Après avoir hésité et exprimé des réticences jeudi, le gouvernement Legault autorise maintenant les familles à aller chercher leurs parents âgés, mais en santé, cloîtrés dans des résidences pour aînés.

Jeudi, le directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, avait exprimé un «malaise», tandis que François Legault avait dit qu'il était «sensible» au voeu des familles et qu'il les comprenait. Vendredi, le gouvernement a tenu à exprimer une directive claire.

Alors que des centaines d'établissements pour aînés au Québec comptent au moins un cas de coronavirus, des familles souhaitent accueillir chez elles leurs parents en santé plutôt que de les voir confinés dans un tout petit appartement en résidence privée ou dans un CHSLD pendant des semaines.

Certains sont prêts à partir de la région métropolitaine de Montréal ou Québec pour aller les chercher au Saguenay ou au Bas-Saint-Laurent, alors qu'il y a pourtant des barrages policiers.

Vendredi, lors du bilan quotidien sur la lutte à la pandémie à Québec, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a dit que l'orientation était maintenant «claire». Les familles pourront aller cueillir leurs parents, mais à la porte, sans entrer dans l'établissement.

«Nous en avons discuté très rapidement jeudi (hier) et nous avons convenu que c'était la meilleure chose à faire, a-t-elle déclaré. Nous avons agi rapidement parce que nous sommes très sensibles à cette situation. C'est ce qu'il y a de mieux pour les membres de la famille, dans des conditions de protection appropriées.»

Barrages policiers

Dans les régions bouclées par des contrôles policiers, des informations laissent croire que les personnes en déplacement pour aller chercher leurs vieux parents peuvent présenter une lettre de l'établissement d'hébergement des parents qui justifie leur sortie pour des «motifs humanitaires».

La Sûreté du Québec (SQ), qui a érigé des barrages routiers pour contrôler la circulation vers les régions de l'Est et du Nord du Québec, dit qu'elle examinera la situation au «cas par cas».

C'est ce qu'a indiqué une porte-parole de la SQ, l'agente Valérie Beauchamp, vendredi en fin de journée. Elle a indiqué que les policiers se montraient compréhensifs, mais n'a pas confirmé les renseignements sur les documents demandés.

Les porte-parole de la ministre de la Santé n'ont pas donné suite à nos demandes d'entrevue.

Jeudi, Horacio Arruda avait exprimé son «malaise» concernant la sortie des parents âgés de leurs résidences, en émettant des mises en garde. Il craignait notamment que des familles asymptomatiques ne transmettent le virus à leurs parents sans le savoir. Ou encore, il redoutait le transfert d'une région à risque faible vers une zone à risque élevé, comme la région de Montréal. Toutefois, il avait ajouté qu'il fallait évaluer au «cas par cas».

Politique

François Paradis: un président en confinement, les yeux dans les yeux

Le parlement a beau être fermé depuis près de trois semaines, le président de l’Assemblée nationale ne passe pas ses journées en pyjama à regarder ses anciens collègues à la télé, en attendant le retour à la normale. Tout le contraire.

«J’aurais été partie prenante de la situation dans ma carrière précédente. Maintenant, je relaie l’information que je reçois d’une autre façon, mais encore avec une volonté de bien communiquer et d’être transparent dans ce qu’on fait et ce qu’on dit», a affirmé François Paradis au Soleil, cette semaine, joint à son domicile où il observe les consignes de confinement.

Après une carrière médiatique de plus de 35 ans, surtout à la barre d’émissions d’affaires publiques et de bulletins d’information, M. Paradis est devenu député de la circonscription provinciale de Lévis pour la Coalition avenir Québec, en 2014. Aux dernières élections, il a accédé à la prestigieuse fonction de président de l’Assemblée nationale du Québec.

Reconnu comme un homme du peuple, l’animateur devenu politicien continue d’être interpellé dans la rue par les citoyens, même en ces temps d’espacement individuel.

«Je vais prendre une marche et les gens m’abordent : “Heille, François! C’est-tu correct, la distance qu’on a?” Il y a toujours cette proximité-là qui est fascinante et que je prends comme un beau témoignage de confiance», confirme-t-il, parlant d’«un privilège».

Même si le premier ministre François Legault et ses principaux ministres occupent toute l’avant-scène politique depuis le début de la crise du coronavirus, M. Paradis garantit que les 125 députés sont à pied d’œuvre dans leur circonscription partout au Québec. Et les batailles partisanes sont laissées de côté.

Au temps du choléra

Le mardi 17 mars, à 10h43, M. Paradis a posé un geste historique en suspendant les travaux parlementaires pour des raisons de santé publique.

Du jamais vu depuis l’épidémie de choléra de 1852 et 1853. Il y a 167 ans! C’était avant la Confédération, période où le parlement de la Province du Canada, aussi appelé le Canada-Uni, siégeait à Québec.

À l’époque, le parlement avait fermé ses portes pendant trois mois, du 10 novembre 1852 au 14 février 1853. Moins de deux semaines plus tôt, le 29 octobre, le député de Standstead, Hazard Bailey Terrill, avait succombé au choléra. Il avait 40 ans.

«On peut y aller de projections, d’hypothèses, mais la suspension des travaux, pour tout le monde qui était là, c’est du jamais vu, c’est du pas vécu!» s’exclame M. Paradis.

«L’histoire nous rappellera que le choléra a déjà forcé nos prédécesseurs à poser un geste semblable. Mais on est tous dans cet environnement de nouveauté qui nous force à changer nos habitudes, à penser différemment. On est rendu là.

«Et la particularité, dans tout ça, c’est que tout le monde se demande : qu’est-ce que l’avenir nous réserve? On doit rester porteur d’espoir. Mais chaque jour nous amène de nouvelles décisions, de nouveaux questionnements, ne nouvelles réalités.»

Se regarder dans les yeux

Situation qui provoque des angoisses chez tout le monde.

«C’est important de maintenir les contacts. Pour le travail, oui, pour continuer d’avancer. Mais aussi être capable de se voir le visage un peu, de se regarder dans les yeux à l’occasion, de se servir de la technologie pour faire ça. Faut aussi qu’on sente qu’il y a du monde autour de nous.

«Je privilégie beaucoup les visioconférences avec mes équipes. Qu’on puisse déceler dans les yeux de quelqu’un comment ça file, comment ça va, l’inquiétude. Il ne faut pas perdre ces contacts-là! Je dis ça pour mon boulot, mais je le dis ça aussi pour ma vie en général. Donnons-nous quand même l’occasion de se regarder de temps en temps et je pense que la technologie nous permet de le faire maintenant», poursuit-il.

Côté boulot, justement, il n’en manque pas.

«Deux fois par semaine, on tient une rencontre en visioconférence avec les whips des partis représentés à l’Assemblée nationale. On met sur la table les préoccupations des députés, comment on peut aider davantage les organismes, qu’est-ce qu’on fait avec un cas de citoyen, comment on voit la situation évoluer dans les différentes circonscriptions», explique-t-il, vantant la collaboration transpartisane indéfectible.

Le budget discrétionnaire des députés a été doublé par le gouvernement, cette semaine, passant de 10 à 20 millions $ répartis entre les 125 élus.

«Nos 125 députés, de tous les partis politiques, connaissent bien leurs citoyens. Ce que je dis aux députés : il faut s’occuper de notre monde», a dit le premier ministre Legault, mercredi, en conférence de presse.

«La démocratie s’adapte»

L’ajournement des travaux à l’Assemblée nationale laisse croire à un possible effacement temporaire de notre démocratie parlementaire. La date de retour d’abord prévue le 21 avril sera assurément repoussée.

Le président rappelle que pour maintenir cette motion d’ajournement, il devra recevoir un avis de chacun des quatre leaders parlementaires pour confirmer que tout le monde adhère à cette prolongation, soit la Coalition avenir Québec, le Parti libéral du Québec, Québec solidaire et le Parti québécois. 

«Les parlementaires sont en contact avec les ministres et l’administration gouvernementale pour les sensibiliser et tenter de trouver des solutions aux problèmes de leurs commettants. Dans cette situation exceptionnelle, la démocratie s’adapte et les équilibres sont maintenus», rassure le président Paradis.

Politique

Québec offre 100 $ de plus par semaine pour les travailleurs à faible revenu

Le gouvernement Legault veut séduire les bas salariés tentés de quitter leur emploi pour encaisser les généreuses prestations fédérales.

Pour rivaliser avec les 2000 $ offerts par Ottawa aux sans emploi, Québec offre un supplément de 100 $ par semaine imposable aux travailleurs à faible revenu qui oeuvrent dans les services essentiels.

Ce nouveau Programme incitatif pour la rétention des travailleurs (PIRTE) coûtera 890 millions $. Pas moins de 600 000 salariés seraient admissibles.

Le versement du PIRTE ne se fera qu'à compter du 19 mai. «Si on avait pu le verser plus rapidement, nous l'aurions fait», a indiqué le ministre des Finances, Eric Girard, en conférence de presse vendredi après-midi au parlement.

Le PIRTE vise à compenser des travailleurs qui se retrouvent à gagner moins que s'ils étaient sans travail et touchaient la prestation canadienne d'urgence du fédéral, d'un montant de 2000 $ par mois. Il était donc tentant pour des travailleurs au salaire mininum dans des secteurs critiques, commis de supermarché, chauffeurs, cuisiniers, de quitter leur emploi moins payant pour toucher l'allocation fédérale.

«Les gens se disent: "peut-être que je pourrais faire plus d'argent sans travailler"», a dit M. Girard.

Le ministre du Travail et de l'Emploi, Jean Boulet, qui échange avec les employeurs, a reconnu que les secteurs essentiels actuels sentent une «certaine fragilité».

«C'est sûr que la prestation canadienne d'urgence a eu un certain effet désincitatif», a-t-il admis, au côté de son collègue, qui lui a parlé d'un «bon programme fédéral» avec des «effets non souhaités».

Pour être admissible, un travailleur doit notamment travailler dans un service essentiel et gagner au plus 550 $ brut par semaine. Son revenu de travail annuel doit être d'au moins 5000 $ et un revenu total annuel de 28 600 $ ou moins, avant la prestation.

Le montant forfaitaire équivaudra donc à 400 $ par mois. La prestation sera versée rétroactivement au 15 mars, pour 16 semaines maximum.

Un formulaire web de Revenu Québec sera accessible à compter du 19 mai.

Politique

Québec et des syndicats prêts à reprendre la négociation

MONTRÉAL — L'idée d'une négociation accélérée avec Québec pour renouveler les conventions collectives du secteur public semble maintenant écartée, mais des parties sont ouvertes à poursuivre les discussions, malgré un contexte économique et social incertain.

Maintenant que les deux sujets les plus urgents ont été réglés, à savoir les mesures de protection du personnel contre le coronavirus et les primes aux travailleurs dans la santé, les parties pourront se concentrer sur la négociation du renouvellement des conventions collectives, a fait savoir le président du Conseil du trésor, Christian Dubé.

«C'est évident que d'essayer de régler des conventions collectives pour cinq grandes centrales qui représentent 550 000 personnes, c'était un exploit assez difficile. Par contre, on ne veut pas s'empêcher de leur donner cette possibilité-là», a affirmé le ministre Dubé, au cours de sa conférence de presse sur les primes pour les travailleurs de la santé, jeudi après-midi.

Québec avait proposé une négociation accélérée aux centrales syndicales, le 15 mars dernier, mais les conventions sont maintenant échues depuis le 31 mars et le plus urgent a été réglé, a-t-il fait valoir.

Au cours des derniers jours, des centrales syndicales ont rapporté que Québec offre maintenant 1,75, puis 1,75 et 1,5 pour cent d'augmentations sur trois ans. Le ministre Dubé n'a toutefois ni confirmé ni infirmé ces chiffres.

Il a tout de même justifié ses offres, en les qualifiant de raisonnables, et en laissant entendre qu'on ne sait pas de quoi aura l'air le contexte économique et financier dans quelques mois.

«On a voulu s'assurer que ce qu'on connaît aujourd'hui comme conditions, on les connaît aujourd'hui. Et notre offre que l'on trouve - c'est notre version à nous - plus que raisonnable, reflète les conditions qui étaient en place le 15 mars. Est-ce que ces conditions-là vont durer? Moi, si vous me le demandez aujourd'hui, à la vitesse des changements que l'on connaît, il n'y a grand monde qui est capable de dire qu'est-ce que ça va être dans deux mois, dans six mois», a lancé le ministre Dubé.

FTQ ouverte

En entrevue avec La Presse canadienne, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a déploré le fait que les organisations syndicales ont dû perdre un temps précieux pour négocier le renouvellement des primes qui arrivaient à échéance le 30 mars - celles des préposés aux bénéficiaires, ouvriers spécialisés, psychologues et autres. Celles-ci auraient dû être reconduites sans embûche, plaide-t-il. Elles ont d'ailleurs fini par l'être, pour six mois.

Mais M. Boyer estime qu'il est possible de négocier les conventions collectives des secteurs public et parapublic maintenant.

«Il y a une opportunité qui nous est offerte. Ça peut paraître ésotérique de négocier, alors que le Québec est sens dessus dessous, mais on est capable de faire deux choses en même temps», objecte M. Boyer.

«C'est même une bonne affaire de le faire en ce moment, parce qu'au lendemain de la crise, on va avoir un grand défi de redressement économique devant nous. Et on va avoir d'autres chats à fouetter», ajoute le président de la plus grande centrale syndicale du Québec.

Mais la FTQ ne compte pas précipiter les choses non plus. «On souhaite prendre le temps de bien faire les choses. On ne sent pas qu'on est dans une négociation accélérée.»

CSN et CSQ

La Confédération des syndicats nationaux n'a pas la même position que la FTQ. «Nous, on maintient que ce n'est pas le moment de négocier les conventions collectives», a-t-on fait savoir. La CSN souhaiterait plutôt suspendre les négociations des conventions collectives.

De son côté, le conseil général de négociation de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) était encore réuni, à 16h vendredi, pour discuter des démarches en cours et de l'attitude à adopter dans le contexte actuel.

Politique

Canada: 71 milliards $ en aide aux entreprises pour trois mois

MONTRÉAL — Les subventions salariales de 75 % qu’Ottawa compte verser aux entreprises pour éviter des licenciements massifs coûteront 71 milliards $, a estimé mercredi le gouvernement canadien, alors que la progression de l’épidémie de coronavirus s’accélérait dans le pays.

Cette aide d’une durée de trois mois et rétroactive au 15 mars s’adresse à toutes les entreprises qui ont subi une «baisse de 30 % ou plus de leurs revenus» par rapport à la même période l’an dernier, a dit le ministre des Finances, Bill Morneau.

Ottawa subventionnera 75 % de la première tranche de 58 700 $ de chaque salaire et les employeurs devront faire «tout ce qui est en leur pouvoir» pour payer les 25 % restants. Le gouvernement fédéral pourrait ainsi assurer jusqu’à 847 $ par semaine, par employé. La mesure est rétroactive au 15 mars.

Le programme coûtera à lui seul 71 milliards $ à l’État.

Pour y être admissible, une entreprise devra avoir perdu au moins 30 % de son revenu brut par rapport à la même période l’année dernière. «La baisse de revenus sera calculée en comparant le mois en question avec le même mois l’an dernier pour mars, avril et mai», a précisé M. Morneau.

Chaque entreprise devra soumettre une nouvelle demande chaque mois par le biais d’un portail en ligne sur l’Agence de revenu du Canada. Ce portail sera dévoilé dans «entre trois et six semaines», selon le grand argentier de l’État.

Politique

COVID-19: le Parlement sera rappelé pour adopter des mesures d’urgence

OTTAWA - Le Parlement fédéral sera rappelé une seconde fois pour adopter de nouvelles mesures économiques d’urgence et il faudra voir si le gouvernement a appris de ses erreurs.

Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé pendant son point de presse quotidien qu’il avait demandé à son équipe de contacter les partis d’opposition à ce sujet, soulignant que la réponse à la crise devait être un «effort de l’équipe Canada».

«C’est peut-être pour se reprendre par rapport au cafouillage de la semaine passée. C’était mal parti pour le gouvernement et il n’a pas montré une très bonne image vis-à-vis des partis d’opposition», analyse Geneviève Tellier, professeure en études politiques à l’Université d’Ottawa.

La semaine dernière, l’adoption du plan fédéral, qui ne devait être qu’une formalité, s’est transformée en marathon de négociations après que l’opposition eut accusé le gouvernement de vouloir s’attribuer des pouvoirs sans précédent dans le contexte de la crise de la COVID-19.

Cette fois, le gouvernement n’a pas attendu. Il a déjà contacté les partis d’opposition pour déterminer une date pour un autre court retour à la Chambre des communes, quelques heures après que les conservateurs en eurent fait la demande.

Les élus se pencheront sur la subvention salariale pour les entreprises, qui coûtera 71 milliards $ à l’État et qui devrait être mise sur pied d’ici six semaines.

Les bloquistes sont prêts à collaborer, mais à certaines conditions.

Le chef Yves-François Blanchet exige que tous les parlementaires aient en main le libellé du projet de loi et s’entendent sur la version finale du projet de loi avant de se déplacer vers Ottawa. Il souhaite ainsi que l’exercice se fasse au plus vite.

M. Blanchet a reproché au gouvernement d’avoir cédé, la semaine dernière, aux pressions des conservateurs alors que les bloquistes étaient prêts à permettre au gouvernement d’aller de l’avant avec la subvention salariale et des baisses d’impôts sans demander une nouvelle autorisation au Parlement.

«Notre proposition nous aurait évité de revenir au Parlement», de l’avis du chef bloquiste. «Je réitère que la partisanerie doit être laissée au vestiaire», a-t-il réclamé, se désolant de ce que cette nouvelle réunion d’élus et de sénateurs retarde le versement de l’aide financière.

Mme Tellier se demande comment l’opposition se comportera lors de cette nouvelle séance aux Communes.

«Est-ce qu’ils vont essayer de marquer des points? Ça pourrait être au désavantage des partis d’opposition s’ils commencent à rentrer un peu de partisanerie qui est plus ou moins fondée, je vous dirais», a-t-elle dit, citant en exemple les gouvernements du Québec et de l’Ontario qui ont l’appui de tous les partis dans le combat contre la COVID-19.

Affaires

Sylvain Gaudreault demande un «plan Marshall» pour relancer l’économie

Le député et candidat à la direction du Parti québécois (PQ), Sylvain Gaudreault, appelle le gouvernement Legault à mettre en place un «plan Marshall» pour relancer l’économie du Québec après la crise du coronavirus.

M. Gaudreault fait ainsi allusion au vaste plan de reconstruction de l’Europe après la Deuxième Guerre mondiale, massivement financé par les États-Unis et baptisé du nom du secrétaire d’État George Marshall.

Le député péquiste de Jonquière souhaitait ainsi répliquer à l’escouade mise en place par le gouvernement caquiste en vue de l’après-crise.

En effet, selon ce qu’a révélé Québecor, François Legault a réuni autour de lui un comité de ses ministres économiques, Pierre Fitzgibbon (Économie), Eric Girard (Finances), Christian Dubé (Conseil du Trésor) et Jean Boulet (Travail), chargé de réévaluer les engagements électoraux et de stimuler la relance.

Dans une publication diffusée par l’entremise de Facebook mardi après-midi, M. Gaudreault propose pour sa part d’élargir le projet de relance, en ajoutant les ministères de l’Environnement et de la Santé, et appelle à un «plan Marshall du 21e siècle».

«Infrastructures vertes»

Cette sortie de crise doit être, selon lui, l’occasion d’investir dans des «infrastructures vertes», soit des projets de transport en commun, et non dans un projet de lien routier comme le futur tunnel Québec-Lévis que la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est engagée à construire.

Le député de Jonquière réclame également des mesures pour les travailleurs qui seront affectés par la transition d’une économie fondée sur les hydrocarbures vers une économie verte.

En outre, il exige par la même occasion une véritable dévolution des pouvoirs aux régions. Et enfin, il réclame que chaque décision économique soit prise en fonction des coûts humains et financiers sur la santé publique.

Lors de sa conférence de presse quotidienne pour faire le point sur la lutte au coronavirus, M. Legault a par ailleurs indiqué que la relance économique passera en partie par l’accélération de certains projets de transport en commun, notamment dans les couronnes de la région métropolitaine.

«Tous les projets qu’on a dans le transport en commun, que ça soit Montréal, Longueuil, Laval, Québec, Gatineau, les autobus électriques dans les 20 grandes villes du Québec, je pense que ça va aider à ajouter rapidement des infrastructures. Donc, des contrats publics qui vont remplacer des contrats privés qui ne seront peut-être pas là, au rendez-vous, dès le redémarrage.»

Rappelons que la course à la direction du PQ a été suspendue en raison de la crise sanitaire actuelle.

Politique

Secteur public: Québec prolonge des primes qui venaient à échéance le 30 mars

Certaines primes aux travailleurs du secteur public qui devaient prendre fin le 30 mars, notamment celle accordée aux préposés aux bénéficiaires en soins de longue durée, seraient finalement prolongées.

«Le gouvernement a contacté tous les syndicats pour leur indiquer que nous étions disposés à prolonger les primes qui devaient arriver à échéance aujourd’hui pour les 6 prochains mois et que nous souhaitions en discuter avec eux», a indiqué l’attachée de presse de Christian Dubé, le président du Conseil du trésor, dans un courriel à La Presse canadienne.

La durée de la prolongation annoncée variait cependant selon le syndicat qui a d’abord confirmé l’information, lundi soir.

Plusieurs primes versées aux travailleurs des secteurs public et parapublic font l’objet de lettres d’entente et devaient venir à échéance le 30 mars.

Les conventions collectives 2015-2020 des 550 000 employés de l’État, elles, viennent à échéance le 31 mars.

Lundi soir, l’Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux (APTS) a été la première à l’annoncer. Dans son cas, trois primes seraient prolongées pour six mois : celle pour le travail en hébergement et soins de longue durée (qui inclut les préposés), celle pour les salariés qui travaillent auprès de la clientèle ayant des troubles graves du comportement et celle des psychologues.

Jointe au téléphone peu de temps après, la CSN a indiqué qu’elle avait aussi obtenu le maintien de toutes ses primes, mais seulement «pour le temps de la négociation accélérée». Il n’y a pas eu de mention d’une durée de six mois à la CSN. Et cela touche aussi d’autres primes que celles qui ont été mentionnées, dont celle des ouvriers spécialisés.

Jointes par téléphone et par courriels, la FTQ et la CSQ attendaient encore des nouvelles de leur équipe de négociation respective, tard en soirée lundi. Les deux centrales syndicales ont des membres qui sont aussi directement concernés par ces primes qui devaient venir à échéance le 30 mars.

Le Conseil du trésor avait confirmé la tenue de négociations intensives avec les syndicats, en ajoutant qu’il ne négocierait pas sur la place publique.

La prime pour le travail en hébergement et de soins de longue durée est de 180 $ par bloc de 750 heures de travail.

La prime pour les psychologues varie de 6,7 % à 9,6 %.

La prime pour le travail auprès d’une clientèle ayant des troubles graves du comportement est de 295 $ ou 360 $ par bloc de 500 heures de travail, a précisé l’APTS.

Ces primes avaient été instaurées, en 2015, parce qu’il y avait rareté de personnel dans ces métiers et professions du secteur public.

Il importe de souligner que comme il n’existe pas de front commun intersyndical, les syndicats ont des négociations distinctes avec Québec - ce qui peut expliquer le délai dans les offres à chaque syndicat.

Négo accélérée

La «négociation accélérée» a été proposée par Québec dans le contexte de la crise du coronavirus. Il avait d’abord été question de suspendre les négociations, à cause de la crise - ce que les syndicats avaient accepté.

Puis on a plutôt pensé à l’accélérer, mais pour un terme plus court, afin de trouver du même souffle des moyens pour mieux protéger les travailleurs concernés durant la crise.

Ainsi, les syndicats revendiquent par exemple une prime de reconnaissance pour le travail qu’ils font durant la crise, une sorte de «prime coronavirus».

Pour appuyer leur revendication à cet effet, ils rappellent que les travailleurs dans les épiceries et d’autres maillons de la chaîne alimentaire, par exemple, ont reçu une prime de 2 $ l’heure de la part de leur employeur privé.

Parmi leurs autres demandes liées au coronavirus, on trouve celle de retirer les travailleuses enceintes ou immunosupprimées des situations où elles pourraient être exposées à la COVID-19.

Politique

Ottawa subventionnera 75 % des salaires pour toutes les entreprises

Lundi, le premier ministre Justin Trudeau a donné les détails de cette subvention de 75 % des salaires, annoncée vendredi, et le nombre d'employés ne sera pas un critère d'accès à cette mesure d'aide.

Une entreprise devra avoir perdu au moins 30 % de son revenu pour être admissible à la subvention. Ottawa subventionnera 75 % de la première tranche de 58 700 $ de chaque salaire. Le gouvernement fédéral pourrait ainsi assurer jusqu'à 847 $ par semaine, par employé.

«La subvention s'appliquera aux organismes à but non lucratif, aux organismes de bienfaisance, ainsi qu'aux entreprises de toute taille. Le but, c'est que les gens puissent continuer à recevoir un salaire, peu importe s'ils travaillent pour une entreprise qui emploie 10 ou 1000 personnes», a expliqué le premier ministre à sa sortie quotidienne, lundi avant-midi.

«On n'a pas changé d'avis. On a précisé les détails», selon la vice-première ministre Chrystia Freeland, à qui on a demandé d'expliquer pourquoi la mesure n'était plus réservée aux PME comme cela avait été annoncé vendredi. «L'impact économique du coronavirus ne distingue pas entre les grandes, les petites et les moyennes entreprises», a-t-elle souligné.

Le premier ministre, lui, a mis en garde ceux qui voudraient profiter d'un programme préparé dans l'urgence.

«S'il y a des compagnies ou des individus qui prennent avantage de ce système, il va y avoir des conséquences sévères. On est dans un moment où les Canadiens doivent pouvoir se faire confiance», a-t-il insisté.

Puis, il a invité les entreprises qui en ont les moyens à payer les 25 % du salaire que la subvention fédérale ne couvre pas.

La mesure est rétroactive au 15 mars.

Ottawa ne peut pas encore dire à quel moment l'argent sera versé aux entreprises. Le premier ministre conseille aux employeurs d'utiliser le crédit offert par son gouvernement pour continuer à verser les salaires en attendant la subvention.

«Je peux dire maintenant aux entrepreneurs, aux commerçants, aux propriétaires d'entreprise que cette aide s'en vient pour eux. Alors, réembauchez vos employés», a-t-il plaidé.

Ottawa veut ainsi assurer le maintien du lien d'emploi pour autant de Canadiens que possible.

Le premier ministre a toutefois souligné que c'est l'aide financière à ceux qui n'ont plus de revenu qui est la priorité de la machine gouvernementale, en ce moment. Il s'agit de la prestation canadienne d'urgence (PCU).

En attendant le portail en ligne

Le gouvernement fédéral recommande aux Canadiens qui ont l'intention de demander la PCU d'ouvrir tout de suite un dossier à l'Agence du revenu du Canada (ARC).

«Si vous prévoyez de demander la Prestation canadienne d'urgence, inscrivez-vous à Mon Dossier de l'ARC pour assurer le paiement le plus rapidement possible. Si vous n'êtes pas inscrit, vous pouvez le faire en ligne MAINTENANT», a écrit la ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, sur son compte Twitter, lundi matin.

Ottawa a promis un portail en ligne dès le 6 avril pour faire des demandes de PCU. Cette prestation garantit 2000 $ par mois, pendant quatre mois, à quiconque n'a plus de revenus en raison de la pandémie. Les autorités fédérales calculent que l'argent sera disponible dans les 10 jours qui suivront une demande. L'inscription à l'ARC devrait accélérer le processus.

Les militaires prêts si on les appelle

Lundi, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a indiqué qu'il a un plan pour déployer jusqu'à 24 000 membres des Forces armées canadiennes si nécessaire. Ce plan permettrait aux militaires d'assurer aussi l'aide habituellement fournie pour des inondations ou des feux de forêt.

Or certains ont déjà levé la main. C'est le cas de la Première Nation Long Point, en Abitibi. Elle a déclaré l'état d'urgence dimanche et estime que le nombre d'agents de la Sûreté du Québec disponibles est «nettement insuffisant» pour garantir la fermeture de son territoire.

Lundi, le chef Steeve Mathias a donc envoyé des lettres aux premiers ministres Justin Trudeau et François Legault et a réclamé l'aide de la GRC ou de l'armée.

«Nous sommes en contact avec plusieurs communautés isolées, particulièrement des communautés autochtones, et le chef d'état-major élabore des plans pour des premières mesures que nous pourrions prendre», a indiqué le ministre Sajjan.

«Nous prenons chaque requête très au sérieux», a-t-il ajouté, après avoir rappelé qu'il était aussi possible de compter d'abord sur les mesures prises par les provinces.

Premiers cas dans un pénitencier

Deux détenus de l'établissement à sécurité maximale de Port-Cartier ont reçu des diagnostics de COVID-19.

C'est ce qu'on apprend dans un communiqué diffusé par Service correctionnel Canada, lundi après-midi.

«Avant que les deux détenus ne soient diagnostiqués, neuf employés travaillant dans le même établissement avaient également été déclarés positifs à la COVID-19. Ils sont tous en isolement à la maison», a-t-on écrit.

Les deux détenus malades ont été isolés et «l'isolement cellulaire a été imposé à l'établissement par mesure de précaution».

Depuis le début de la pandémie, les défenseurs des droits des détenus et les syndicats des agents correctionnels se sont inquiétés pour la population carcérale où le danger de contagion est particulièrement élevé.

Nombre de cas

Il y a maintenant 7288 cas confirmés et probables au Canada, dont 71 décès.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux disponibles : 3430 au Québec, dont 25 décès; 1706 en Ontario, dont 23 décès; 884 en Colombie-Britannique, dont 17 décès; 661 en Alberta, dont trois décès; 156 en Saskatchewan; 148 à Terre-Neuve-et-Labrador, dont un décès; 127 en Nouvelle-Écosse; 72 au Manitoba, dont un décès; 68 au Nouveau-Brunswick; 18 à l'Île-du-Prince-Édouard, dont un décès; quatre cas au Yukon; un seul cas dans les Territoires du Nord-Ouest. On n'a rapporté aucun cas au Nunavut.

Il faut ajouter à ces bilans les 13 cas chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

Les données épidémiologiques publiées par l'Agence de la santé publique du Canada relèvent que 63 % des cas sont des transmissions communautaires qu'on ne peut relier à un voyage à l'étranger.

Plus de 220 000 Canadiens se sont soumis à un test.

Politique

COVID-19: 133 millions $ de Québec aux institutions s'occupant des aînés

Le gouvernement du Québec annonce lundi l'octroi d'une aide d'urgence de 133 millions $ aux institutions qui hébergent ou accueillent des personnes aînées ou des clientèles avec des besoins spécifiques, afin de les aider à faire face à la pandémie de COVID-19.

Dimanche, lors de sa conférence de presse quotidienne, le premier ministre François Legault a affirmé que le gouvernement comptait ajouter beaucoup de ressources dans les CHSLD et les résidences pour personnes âgées, les aînés étant les plus susceptibles d'attraper le nouveau coronavirus.

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, précise que plus de la moitié de cette somme, 73 millions $, sera versée aux ressources intermédiaires et aux ressources de type familial.

Un montant de 40 millions $ sera remis aux résidences privées pour aînés certifiées, alors que 20 millions $ seront consacrés aux CHSLD privés non conventionnés.

La ministre Blais estime que ces montants d'argent permettront aux ressources d'hébergement de composer avec leurs enjeux de ressources humaines, par exemple le paiement d'heures supplémentaires d'employés et l'embauche de personnel additionnel.

La ministre Blais croit aussi que l'argent permettra l'approvisionnement en équipements de protection et de désinfection pour assurer la sécurité et la santé des personnes hébergées.

Dimanche, le premier ministre Legault a mentionné que le personnel, les gens qui viennent livrer la nourriture et les résidents eux-mêmes, avec supervision, entrent et sortent des résidences. Il a signalé l'importance qu'il y ait plus de contrôle, notamment par des vérifications des symptômes de la maladie qui soient faites à l'entrée.

COVID-19

Joël Lightbound en mode résolution de problèmes

Joël Lightbound a vécu ses jours de travail «les plus intenses» dans les dernières semaines, l’état de crise sanitaire et le confinement venu avec elle en sont bien sûr responsables. Même si les séances parlementaires sont suspendues, les tâches du député sont loin d’être réduites.

Ce qui occupe le député libéral de la circonscription de Louis-Hébert depuis deux semaines demeure majoritairement les cas de Canadiens coincés à l’étranger. Joël Lightbound et son équipe essaient de transmettre à tous les voyageurs les bonnes informations de rapatriement, mais essaient surtout de rassurer.

Entre les appels téléphoniques du caucus de Québec pour gérer la crise et la quantité de courriel des citoyens inquiets, il y a les petites victoires.

«C’est beaucoup d’adrénaline, mais ça amène des petites victoires qui font du bien. Elles donnent de l’énergie pour continuer. Comme des cas désespérés qu’on réussit finalement à rapatrier au pays», indique le député.

C’est ce qui s’est passé dimanche. Des Québécois étaient en plein processus d’adoption lorsque la crise de la COVID-19 a éclaté. Une jeune orpheline d’Haïti devait rejoindre sa nouvelle famille, la fermeture des frontières en a voulu autrement.

Après plusieurs démarches, le député et toute l’équipe d’immigration ont réussi à faire embarquer la petite dans un vol de Port-au-Prince vers Montréal, son futur papa était en route vers l’aéroport pour la récupérer dimanche. 

«La situation va se détériorer en Haïti à cause de la COVID-19, il fallait la ramener le plus vite possible.»

«Joël est mon héros»

Une résidente de Sainte-Foy âgée de 71 ans, Maria Landeloos, se trouvait au Maroc lorsque la crise a éclaté. Elle devait revenir le 19 mars, mais son vol a été annulé.

Elle a contacté Joël Lightbound pour de l’aide, il l’a bien dirigée vers l’ambassade pour s’inscrire dans les bons formulaires. Mais Mme Landeloos est surtout reconnaissante du soutien moral qu’elle a reçu. 

«Il a été d’un grand secours. J’ai que de bons mots pour lui! Chaque fois que les émotions montaient, je pouvais parler avec mon député et il a pu me calmer. On peut constater l’importance de son travail, il me tenait au courant des évènements et me disait comment ça allait se passer. Des fois je regardais l’heure du Canada et il me répondait à 5h du matin», témoigne la dame âgée, bien heureuse d’être finalement rentrée à la maison le 24 mars. 

Au bout du fil

Joël Lightbound s’occupe aussi d’informer les entreprises des mesures mises en place pour les aider. Il s’assure de faire les connexions entre un entrepreneur qui souhaite donner des masques et une clinique qui en a terriblement besoin, parmi d’autres. 

«On s’assure de voir si on n’a pas échappé un certain groupe, on vérifie si certaines situations n’ont pas échappé au ministre des Finances. On propose des solutions au ministre Jean-Yves Duclos.»

Dimanche était aussi la première journée où le président du caucus québécois libéral prenait le temps de décrocher un peu. «Dur de prendre du temps pour toi quand les deux yeux sont rivés sur les problèmes que fait face tout un chacun dans toutes les sphères de la société, c’est dur de se changer les idées.»

Il recommande à tout le monde de prendre l’air, marcher un peu dehors. Il essaie lui-même d’appliquer ses propres conseils.

«Quand tu sais que des gens sont pris au Pérou et en Inde, ça nous préoccupe, comme de savoir la situation financière dramatique de certains commerces», indique le député.

Même si le député est confronté à des situations parfois «crève-cœur», il constate que l’aide aux entreprises est bien reçue, qu’elle permet aux entrepreneurs de souffler un peu. 

«Bien qu’on soit séparés par la force des choses, ça amène ce genre de réflexion... On a la chance d’avoir des gouvernements forts, un système de santé universel ou des dirigeants qui respectent les données scientifiques et qui sont là pour la population, on peut s’estimer très chanceux d’être au Canada.»

En attendant un dénouement positif, toute l’équipe de la circonscription de Louis-Hébert continue de répondre au téléphone et aux courriels. Plusieurs précisions dans les prochains jours pourront permettre au député d’annoncer plus de bonnes nouvelles que de mauvaises.

Politique

Le Parti québécois suspend temporairement sa course à la direction

Le Parti québécois (PQ) suspend sa course à la direction.

Dans un communiqué transmis samedi après-midi, la formation politique a fait savoir qu’elle devait montrer l’exemple dans le contexte de la pandémie actuel et interrompre les activités non essentielles.

«Face à la pandémie sans précédent à laquelle fait face le Québec, toutes nos énergies doivent être consacrées à la résolution de cette crise», a déclaré la présidente d’élection, Agnès Maltais.

La réception par la permanence du parti des signatures recueillies par les aspirants à titre de condition de leur candidature est suspendue, peut-on apprendre.

La suspension des dons sera quant à elle effective à partir du lundi 30 mars. La conférence de coordination, qui gère les activités de la course, se réunira de nouveau dans un délai maximal de 30 jours pour évaluer la possibilité de rouvrir la période de mise en candidature. À la suite de la reprise, un délai de 21 jours sera accordé aux candidats pour terminer la collecte de leurs signatures.

La période des débats entre les candidats devait être entreprise sous peu mais ils n’auraient pu se dérouler devant public, en raison de l’interdiction des rassemblements.

Parmi les candidats en lice, il y a le député Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre-Plamondon, l’historien Frédéric Bastien, l’humoriste Guy Nantel et l’homme d’affaires Laurent Vézina.

Politique

Le Parti conservateur suspend sa course à la chefferie 

OTTAWA — Le Parti conservateur suspend sa course à la direction en raison de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19, a annoncé tard jeudi la formation politique.

Le parti affirme qu’il n’est plus possible de respecter les délais pour traiter les adhésions et les dons, et gérer les bulletins de vote à temps pour l’élection prévue le 27 juin.

Aucune nouvelle date n’a été fixée. Le parti a indiqué qu’il réévaluera la situation le 1er mai.

La pression est forte depuis plusieurs jours sur les organisateurs pour que la course soit suspendue.

Les demandes de retarder la course provenaient de deux candidats - Erin O’Toole et Derek Sloan - ainsi que de dizaines de conservateurs de haut rang et de membres de la base.

Le candidat Peter MacKay avait plutôt insisté pour que la date limite soit avancée, tandis que Leslyn Lewis, le quatrième candidat sur le bulletin de vote, a fait valoir que les délais fixés devaient être respectés.

Politique

COVID-19: Les députés travaillent d’arrache-pied pour répondre aux besoins

«Il n’y a plus d’histoires de partis, de partisanerie, ça n’existe plus.» C’est dans ces termes que le député caquiste de Vachon, Ian Lafrenière, décrit l’expérience vécue par les élus, qui sont de plus en plus appelés à se serrer les coudes et faire preuve de débrouillardise pour aider la population en temps de pandémie. Ils rassurent, trouvent des solutions, réunissent des familles, et ce, aux quatre coins du Québec. Tour d’horizon.

Joël Arseneau, Parti québécois, Îles-de-la-Madeleine

Le député commence sa journée à 6h et ne sait jamais quand elle se terminera. C’est que les enjeux aux Îles-de-la-Madeleine - qui comptent désormais trois cas confirmés de coronavirus - sont énormes. Comment assurer la livraison de médicaments quand Air Canada a suspendu ses vols? Comment respecter les distances dans un bateau de pêche? Y aura-t-il une saison touristique? Comment rapatrier des Madelinots coincés au Maroc, aux Philippines, au Salvador? Et se coordonner avec l’Île-du-Prince-Édouard pour assurer leur droit de passage?

«On a tous les enjeux gouvernementaux concentrés dans un microcosme social insulaire», déclare en entrevue M. Arseneau, qui est porte-parole du PQ en matière de santé, de transports, des pêcheries et des affaires internationales.

Il raconte avoir développé des liens presque familiaux avec les gens de son comté. «La personne qui était prise au Maroc voulait partir de Marrakech, on voulait qu’elle se rende à Casablanca. Quand tout ça a été réglé, elle me dit: «Je suis pognée à Montréal. Il n’y a plus de vols pour les Îles!» Il y a ce double rapatriement. J’ai joué le rôle d’agent de voyages», a-t-il relaté, le sourire dans la voix.

Ian Lafrenière, Coalition avenir Québec, Vachon

Père de deux filles âgées de 10 et 12 ans, Ian Lafrenière s’est placé en isolement volontaire début mars après un voyage à New York. «Tout le monde est en santé, on a pris ça très au sérieux», dit-il au bout du fil. Dans son comté de la Rive-Sud de Montréal, les entreprises se demandent si elles sont un service essentiel, les restaurants se réinventent et des personnes vulnérables tiennent à être rassurées quant au va-et-vient dans leur habitation à loyer modique (HLM). «On devient des facilitateurs pour eux, dit-il. C’est juste devenu exposant 100, parce que ça n’a pas d’allure la quantité de demandes qu’on reçoit et il faut les traiter vite.»

Ses 26 ans comme policier lui ont appris à rester calme. Des gens écrivent pour dire: «Mon entreprise a une perte, c’est l’État qui a fait fermer ça, ça n’a pas d’allure!» S’il s’assure de répondre personnellement à chaque citoyen, il dit aussi apprécier l’«auto-régulation» sur les réseaux sociaux. «D’autres citoyens embarquent pour dire: «Attends un peu, là»». Sans encourager la dénonciation citoyenne, cet ancien policier croit néanmoins à la «pression sociale», qu’il définit comme le fait de «poser beaucoup de questions», ce qui est positif, d’après lui. «C’est ensemble qu’on réfléchit, qu’on se creuse la tête.»

Marwah Rizqy, Parti libéral du Québec, Saint-Laurent

Se décrivant comme «hyperactive», la députée libérale semble gérer tout à la fois. «Les demandes entrent de partout: téléphone, courriel, Messenger, ma page officielle, ma page perso, même Instagram.» Cas consulaires, commandes pour les aînés, appels aux lieux de culte, jamais n’a-t-elle eu autant de dossiers à coordonner avec les autres élus du municipal et du fédéral. Le travail de député, selon elle, s’est intensifié. «Dans Saint-Laurent, on reçoit énormément de nouveaux arrivants. On a besoin de bénévoles, parce que ceux qui ont besoin d’une allocation pour enfants, bien ça va prendre quand même une déclaration de revenus, au moins une pour y avoir droit. Je suis fiscaliste, j’en fais quelques-unes!»

«On n’a pas le choix d’opérer, on est en mode urgence, poursuit-elle. Si on ne répond pas rapidement, il peut y avoir de l’incertitude. Le niveau de stress des gens est à son maximum, alors c’est à nous de vraiment tout faire pour qu’ils comprennent qu’ils sont pris en charge.»

Ruba Ghazal, Québec solidaire, Mercier

Pour Mme Ghazal également, il est clair que le député a un rôle important à jouer en temps de crise. «Le citoyen ne peut pas prendre le téléphone et appeler le ministre; moi, je peux le faire», a-t-elle déclaré de son domicile où elle prend en note les questions de plusieurs travailleurs autonomes, tels que les artistes et les chauffeurs de taxi. «Ce qui est drôle, maintenant que j’y réfléchis, c’est qu’il y a des gens qui ont l’impression qu’on fait partie du gouvernement, même si on est dans l’opposition, parce que ce n’est plus les lignes de partis, on n’est plus en train de dire: «Mon dieu, le gouvernement a pris telle ou telle décision». On n’est plus là-dedans.» La crise du coronavirus pourrait contribuer à changer des comportements à l’avenir, selon elle.

Politique

Conservateurs: Erin O'Toole souhaite le report du vote pour élire un chef

Le candidat à la direction du Parti conservateur, Erin O’Toole, ajoute sa voix à celles qui demandent le report du vote prévu le 27 juin.

M. O’Toole, un ancien ministre de Stephen Harper, estime que tous les Canadiens doivent se concentrer sur la lutte contre la COVID-19, y compris sa propre équipe de campagne, les députés du parti et les membres de la base.

Dans une vidéo diffusée dimanche, il a appelé ses partisans à consacrer leurs ressources aux besoins de la collectivité.

«Je ne quitte pas la course, en fait je pense que nous allons la gagner, mais je propose que nous mettions les besoins de nos concitoyens au premier plan», a-t-il déclaré.

M. O’Toole est le plus deuxième des quatre candidats encore en lice à réclamer que la course à la direction conservatrice soit suspendue.

À la fin de la semaine dernière, le député ontarien Derek Sloan avait plaidé pour un report de toutes les dates limites, y compris celle du 17 avril pour recruter de nouveaux membres, et celle du 25 mars pour répondre aux exigences d’admissibilité.

D’ici le 25 mars, les candidats doivent payer 300 000 $ et soumettre 3000 signatures pour être inscrits sur le bulletin de vote.

M. O’Toole, M. Sloan, une avocate de Toronto, Leslyn Lewis, et l’ancien ministre conservateur Peter MacKay ont déjà satisfait à ces exigences.

L’organisation de M. MacKay a indiqué, par voie de communiqué, qu’elle avait été la première à suspendre les rencontres de campagne. Elle dit continuer de faire la cour aux membres en utilisant des moyens techniques. Selon elle, la décision de suspendre la course appartient au parti.

Besoin d’un chef

Mme Lewis a affirmé dimanche qu’elle ne pensait pas que la course devait être annulée jusqu’à ce que le comité organisateur décide que c’était logistiquement impossible. Selon elle, le parti a besoin d’un chef qui sera mis à l’épreuve.

«Le prochain chef de notre parti devra faire preuve de leadership, à un moment où le Canada est toujours dans une vallée de larmes créée par cette pandémie, a-t-elle exprimé dans une déclaration. La façon dont vous dirigez et gérez une campagne en temps de crise est très révélatrice de la façon dont vous pouvez diriger le parti, et plus important encore, notre pays en temps de crise.»

La députée Marilyn Gladu poursuit ses efforts afin de respecter la date limite du 25 mars, même si elle avait demandé un report du vote, il y a deux semaines.

Un autre autre candidat, Rick Peterson, a abandonné la semaine dernière la course, citant l’impossibilité d’obtenir des fonds et le soutien des membres du parti, à un moment où les gens sont plus préoccupés par des questions pratiques, pas par la politique.

Rudy Husny, dont le nom demeure encore sur la liste des candidats, a cessé sa campagne, défiant même le parti de le disqualifier.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne à la fin de la semaine dernière, le chef actuel du parti, Andrew Scheer, a refusé de commenter lorsqu’on lui a demandé si le scrutin devait se dérouler à la date prévue.

Selon lui, le conseil national du parti et le comité organisateur de l’élection sont conscients des défis posés par la pandémie.

«Comme vous pouvez l’imaginer dans une course au leadership, la modification des règles, des délais ou des dates peut avoir des ramifications majeures, a t-il déclaré. On accorde une haute importance à la mise en place de règles équitables pour tous.»

Le comité organisateur a apporté quelques modifications mineures à la course à la direction: les débats prévus pour avril se tiendront à huis clos, et des portails en ligne ont été mis en place pour faciliter les demandes d’adhésion.

Politique

Trudeau demande aux Canadiens de «rester chez eux»

OTTAWA — Malgré le beau temps, Justin Trudeau demande aux Canadiens de «rester chez eux». Et s’ils décident d’aller dehors, ils devraient respecter la distance sociale recommandée de deux mètres.

Si les Canadiens n’adhèrent pas à ces consignes qui visent à freiner la propagation de la COVID-19, le gouvernement fédéral pourrait intervenir pour serrer la vis.

Les provinces ont annoncé, tour à tour, des mesures plus strictes sur leur territoire, allant de la fermeture de lieux publics à des amendes salées ou des arrestations en cas de rassemblements.

Malgré tout, des publications sur les réseaux sociaux montrent des personnes qui sortent dehors, en groupe, défiant ainsi ces interdictions.

«On a tous et chacun la capacité d’aplatir cette propagation, de protéger nos communautés et il faut absolument le faire», a déclaré M. Trudeau, en point de presse quotidien devant sa résidence.

«Je comprends que les gens apprécient la fin de l’hiver et le beau temps qui s’en vient, mais les gens peuvent aller dehors en se gardant une distance les uns des autres, en évitant les rassemblements», a-t-il ajouté.

Pour l’instant, il n’est pas question d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence. M. Trudeau a dit qu’elle sera nécessaire seulement s’il estime avoir épuisé tous les autres recours sur le plan provincial et territorial.

«On n’est pas rendus à ce point-là, mais on est en train de veiller attentivement pour voir si on va y arriver», a-t-il dit.

La réponse de sa ministre de la Santé, Patty Hajdu, laissait moins place à l’interprétation : «Laissez-moi être parfaitement claire : nous allons utiliser tous les outils dans notre boîte à outils, au niveau fédéral, pour assurer le respect [ des indications]», a-t-elle martelé.

Snowbirds

Puis, s’adressant aux snowbirds («retraités migrateurs») et autres voyageurs qui reviennent de l’étranger, elle a lancé un appel sans équivoque. «Quand on dit que vous devez rester à la maison pour 14 jours, vous restez à la maison pour 14 jours. Vous n’allez pas acheter des courses, vous n’allez pas visiter vos voisins ou vos amis. Vous vous reposez chez vous pendant 14 jours, sans exception», a-t-elle dit.

Mme Hajdu n’est pas allée aussi loin que le directeur national de la santé publique du Québec, Horacio Arruda qui, sept jours plus tôt, ordonnait aux Québécois de respecter les consignes pour freiner la propagation du virus.

«J’espère qu’on n’aura pas à leur ordonner [de le faire]», a laissé tomber la ministre.

Plus d’uniformité?

Alors que les Territoires du Nord-Ouest ferment leur frontière, que la Nouvelle-Écosse interdit les rassemblements de plus de cinq personnes et que le Québec ordonne même la fermeture des centres commerciaux, Ottawa devrait-il mettre des balises claires pour s’y retrouver?

Mme Hajdu dit que des «standards uniformes» sont peut-être à prévoir à travers le pays, pas seulement pour les tests médicaux, mais également pour la surveillance et la collecte des données. Ça inclut aussi les avis de santé publique et la communauté, ajoute-t-elle.

«Nous n’allons pas hésiter à intervenir, si nous le devons, pour fournir une orientation plus solide et des mesures plus robustes pour assurer de l’uniformité à travers le pays», a-t-elle indiqué.

«Nous savons que diverses provinces ont des problèmes et des défis qui varient, mais aussi des atouts et des forces. Ce que nous essayons de faire est de nous assurer d’avoir une approche unifiée à travers le pays au moment où nous amorçons une nouvelle semaine», a précisé la ministre.

Rapatriements en cours

Des milliers de Canadiens à l’étranger sont revenus ou sont sur le chemin du retour.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a confirmé dimanche qu’il travaille avec des compagnies aériennes pour sécuriser des vols commerciaux au Pérou, en Espagne, au Maroc, en Équateur, au Salvador, au Guatemala et au Honduras.

En fin d’après-midi, M. Champagne a annoncé qu’il s’est assuré de la collaboration de Cuba, de l’Équateur et de l’Uruguay pour les Canadiens qui souhaitent rentrer au pays.

La compagnie Sunwing a annoncé 30 vols de rapatriement dans la journée de dimanche seulement, ramenant ainsi 5000 Canadiens chez eux.

De lundi à mercredi, la compagnie WestJet prévoit 34 vols de rapatriement pour aider les Canadiens à rentrer chez eux de destinations internationales.

Air Transat, de son côté, travaille avec Affaires mondiales Canada pour obtenir des permissions spéciales pour voler là où l’espace aérien est fermé, a confirmé M. Trudeau.

Samedi, tard en soirée, 444 Canadiens qui étaient au Maroc sont arrivés à Montréal à bord d’un vol commercial d’Air Canada. La société a confirmé dimanche après-midi que deux autres vols de Casablanca sont prévus les 23 et 25 mars.

Nouveaux cas

Au Canada, il y avait plus de 1400 cas confirmés de personnes atteintes de la COVID-19 et 20 personnes en sont décédées, selon les données offertes dimanche midi par le sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada Howard Njoo (voir tableau).

Le Québec compte maintenant 219 cas, une augmentation de 38 nouveaux cas depuis samedi. Le premier ministre François Legault attribue cette hausse à une accélération des tests pour détecter la COVID-19.

L’Ontario compte 48 nouveaux cas dans la province. Elle en recense désormais 425. Les autorités ont mentionné que deux femmes âgées de la vingtaine figuraient parmi ceux qui étaient atteints de la maladie. En fin de journée, les autorités ont annoncé un cinquième décès dans la province.

Politique

PLQ et PQ suspendent leur course à la direction jusqu’à nouvel ordre

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a annoncé vendredi qu'il suspend sa course à la direction jusqu'à nouvel ordre en raison de la pandémie de COVID-19.

Cette décision a été prise d'un commun accord avec les deux candidats en lice, Alexandre Cusson et Dominique Anglade, a précisé le parti dans un communiqué.

Le PLQ se trouve ainsi à répondre positivement à la demande de M. Cusson, qui jeudi avait mis de la pression sur l'exécutif pour qu'il suspende la course.

Selon l'ancien maire de Drummondville, il était «irresponsable» de poursuivre comme si tout était normal, alors que les Québécois sont mobilisés à combattre le coronavirus.

Sa rivale, Mme Anglade, une ex-ministre libérale, avait plutôt plaidé pour que la course, qui tire à sa fin, se poursuive de façon virtuelle.

Le vote pour élire le nouveau chef du PLQ devait se tenir le 31 mai. D'ici là, cinq débats allaient être diffusés sur le web. Le parti avait annulé toutes ses activités publiques, dans le respect des directives de santé publique.

Vendredi, la présidente du PLQ, Linda Caron, a déclaré que vu le contexte «exceptionnel», l'exécutif avait décidé de suspendre la course jusqu'à nouvel ordre et de fixer un nouveau calendrier dans les meilleurs délais.

«Notre priorité est d'être solidaires avec toute la population du Québec», a-t-elle affirmé.

Alexandre Cusson a aussitôt salué la décision du PLQ.

«Cette décision permettra à tous (...) de se concentrer sur ce qui est essentiel, soit de tout mettre en ?uvre pour combattre la pandémie que nous vivons présentement», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

De son côté, Mme Anglade, qui n'avait pas réclamé la suspension de la course, a dit bien accueillir la décision. Elle a assuré le parti de son entière collaboration.

Elle affirme que le Québec vit actuellement une crise «d'une ampleur inédite» et que la priorité doit être de contribuer à l'effort collectif pour limiter la propagation de la COVID-19.

La décision du parti lui permettra de mettre toutes ses énergies «au bon endroit», a-t-elle laissé savoir.

«Je continuerai donc de veiller au bien-être des citoyens de mon comté et de jouer mon rôle comme porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie», a-t-elle ajouté.

Le Parti québécois, qui tient également une course à la direction, a annoncé en soirée qu'il reportera lui aussi le vote pour élire un nouveau chef. Le scrutin, qui était initialement prévu en juin, se tiendra finalement le 28 août.

La course n'est pas suspendue, mais plutôt «prolongée», a indiqué un porte-parole. La période de mise en candidature a été repoussée de trois semaines et de nouvelles dates pour les débats seront fixées.

Les candidats qui s'affrontent dans cette course sont le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l'avocat Paul St-Pierre Plamondon, l'humoriste Guy Nantel et l'historien Frédéric Bastien.

Politique

COVID-19: La frontière canado-américaine est officiellement fermée aux migrants

OTTAWA — La frontière canado-américaine est maintenant fermée pour tout voyage non essentiel, y compris aux migrants qui traversent au chemin Roxham. L’interdiction est officiellement entrée en vigueur sur le coup de minuit.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi matin qu’à partir de minuit, les migrants seraient remis entre les mains des autorités américaines et ne pourront pas entrer au Canada.

La veille, pourtant, Ottawa avait annoncé que les demandeurs d’asile seraient logés par le gouvernement fédéral pour la période de 14 jours d’isolement demandée à tous les voyageurs, évitant ainsi une querelle avec Québec qui ne voulait pas assurer leur logement.

«Ça faisait plusieurs années qu’on était en discussions avec les Américains pour trouver une mesure comme celle-ci. On a pu se mettre d’accord sur ce processus, de façon temporaire, liée à cette crise de la COVID-19», a dit M. Trudeau pour expliquer ce changement soudain.

Une heure plus tard, son ministre de la Sécurité publique confirmait, en conférence de presse à Ottawa, que l’entente avec les États-Unis est «temporaire».

Elle sera maintenue seulement «aussi longtemps que les restrictions sur les voyages non essentiels sont en place», a déclaré Bill Blair. La vice-première ministre Chrystia Freeland a fait savoir que 90 migrants, au Canada depuis moins de 14 jours, sont maintenant pris en charge par Ottawa pour assurer leur logement en isolement.

Pour ce qui est de la fermeture de la frontière à tout voyage non essentiel, les ministres ont dû répéter que les travailleurs temporaires étrangers et les étrangers qui ont des visas d’étudiant ou de travailleur sont considérés comme se prêtant à des voyages essentiels. Ils peuvent donc traverser les frontières.

On a rapporté quelques cafouillis aux aéroports.

«Pour ce qui est de l’incertitude aux frontières à propos des règles, je crois que nous devons tous avoir un peu de patience. (...) Ceci est une période exceptionnelle», a plaidé la vice-première ministre Chrystia Freeland.

Les rapatriements

M. Trudeau a assuré que son gouvernement poursuit ses efforts auprès de lignes aériennes pour ramener les Canadiens coincés à l’étranger. «Un premier vol pourrait partir du Maroc en fin de semaine», a-t-il annoncé.

En début soirée, Air Canada a d’ailleurs confirmé qu’un de ses appareils ramènera samedi des Canadiens depuis le Maroc, en collaboration avec Affaires mondiales Canada.

Un gros-porteur d’une capacité de 450 places sera affecté à ce vol Casablanca-Montréal.

Vendredi à l’aube, des Canadiens qui ont pu débarquer à Marseille d’un autre bateau de croisière infecté, le Costa Luminosa, avaient atterri à Atlanta. Ils sont 70 et rentrent au pays «sur des vols commerciaux», a fait savoir le bureau du ministre Champagne.

Au retour, «on va leur demander, comme les autres voyageurs, de s’isoler pendant 14 jours», a-t-on indiqué. Et «oui», on juge prudent de ne pas leur imposer une quarantaine.

Le dernier groupe de passagers d’un bateau de croisière à avoir été rapatrié - les 228 Canadiens à bord du Grand Princess - est en quarantaine à Trenton depuis le 10 mars. On compte maintenant 12 personnes atteintes de la COVID-19 dans ce groupe, qui avait été rapatrié dans un avion affrété par Ottawa, ce qui a assuré une quarantaine stricte de 14 jours.

À l’heure où on impose le confinement dans différents pays, le premier ministre Trudeau dit qu’il n’en est pas question pour le Canada. Mais là encore, «rien n’est exclu», a répété le premier ministre avant de féliciter les Canadiens qui pratiquent de plus en plus la distanciation sociale.M. Trudeau continue de travailler de sa résidence puisque sa conjointe a contracté le virus.

Nombre de cas

Le nouveau coronavirus a emporté un 13e Canadien.

Cette personne, hospitalisée au Japon, était du voyage du Diamond Princess, le navire de croisière qui a été coincé le mois dernier alors que les cas d’infections se multipliaient à bord.

«C’est avec profonde tristesse que nous apprenons le décès d’un Canadien au Japon, suite à des complications liées à la COVID-19», a écrit le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, sur son compte Twitter vendredi matin.

Le bureau du ministre n’a donné aucun détail sur l’identité de cette plus récente victime canadienne de la COVID-19. On a simplement indiqué qu’il reste cinq Canadiens hospitalisés au Japon. Ils ont été plus de 50 à être recueillis par les hôpitaux japonais.

En fin de journée, la Colombie-Britannique a rapporté 77 nouveaux cas de la COVID-19, ce qui a porté le bilan à 348 cas dans la province et à 1085 cas dans l’ensemble du pays.

Le ministre de la Santé, Adrian Dix, a précisé que 22 patients sont aux soins intensifs et que la province ne ménagera aucun effort pour s’assurer qu’elle dispose de l’équipement nécessaire pour protéger les travailleurs de la santé et les autres travailleurs essentiels.

De son côté, l’Ontario a annoncé qu’il en était à 318 cas, dont deux morts. Il y a maintenant au Québec 139 cas, en comptant Mariette Tremblay, la dame âgée décédée à Lavaltrie.

Le Manitoba a déclaré à son tour l’état d’urgence.

Vendredi, on ajoutait deux cas de plus chez les Canadiens mis en quarantaine à la base militaire de Trenton depuis leur rapatriement d’un navire de croisière qui longeait la côte californienne. Douze d’entre eux sont maintenant malades.

Par ailleurs, le ministre Champagne met fin à son isolement volontaire. Il a reçu un résultat de test négatif pour le nouveau coronavirus.

Politique

Coronavirus : test négatif pour François-Philippe Champagne

MONTRÉAL — Le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne, en isolement volontaire suite à des symptômes grippaux, n’a pas contracté le coronavirus, a-t-il annoncé vendredi sur Twitter.

«Le résultat de mon test au Covid-19 est revenu négatif», a tweeté en début de matinée le chef de la diplomatie canadienne, âgé de 49 ans.

M. Champagne avait annoncé jeudi qu’il s’était mis à l’isolement et s’était soumis à un test par précaution après avoir «avoir ressenti des symptômes semblables à ceux d’un rhume moins de 14 jours après être rentré de voyage» à l’étranger.

Le premier ministre Justin Trudeau, 48 ans, est lui aussi à l’isolement depuis une semaine, et pour encore une semaine, après que son épouse Sophie Grégoire Trudeau a été déclarée positive au coronavirus et placée en quarantaine.

Deux autres ministres du gouvernement Trudeau s’étaient également mis à l’isolement par précaution ces dernières semaines, mais leurs tests au Covid-19 se sont révélés négatifs.

Le Canada recensait vendredi matin plus de 870 cas confirmés de coronavirus et 12 décès, selon les chiffres officiels diffusés par les provinces.

Les gouvernements de plusieurs pays (Espagne, France, Royaume-Uni, Iran, Pologne, Norvège, Maroc) comptent un ou plusieurs membres affectés.

Politique

Cusson demande la suspension de la course à la direction du PLQ

Les courses à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ) se poursuivent jusqu’à nouvel ordre, même si un premier candidat a dit souhaiter jeudi que la course libérale soit suspendue.

L’ex-maire de Drummondville et candidat à la chefferie du PLQ, Alexandre Cusson, a diffusé un communiqué dans lequel il invite le parti à remettre le vote prévu pour le 31 mai en raison de la pandémie de COVID-19.

Il a dit constater que tous les Québécois sont présentement mobilisés à combattre la propagation du virus. Sa rivale, l’ex-ministre libérale Dominique Anglade, n’a pas formulé la même demande de suspension, jeudi.

De son côté, la directrice générale et organisatrice en chef du PLQ, Véronyque Tremblay, a déclaré sur Twitter que son équipe se pencherait sur la question.

«Dans le contexte exceptionnel auquel le Québec fait face et qui évolue constamment, l’exécutif du PLQ se réunira à nouveau très rapidement pour discuter de la course à la chefferie», a-t-elle écrit.

Le coronavirus a déjà passablement bousculé la course à la direction du PLQ. Le parti avait décidé la semaine dernière de tenir cinq débats virtuels ainsi qu’un congrès et un scrutin virtuel.

Il n’empêche qu’il serait «irresponsable» pour les candidats dans le contexte actuel de poursuivre leur campagne comme si tout était normal, argue désormais M. Cusson.

«Les militants s’attendent à ce qu’une réelle course à la direction du parti ait lieu et il est présentement impossible, dans un avenir prévisible, de leur en offrir une», a-t-il déclaré.

M. Cusson affirme par ailleurs qu’il serait «tout à fait contre-productif» de changer de chef de l’opposition officielle en temps de pandémie.

Le chef intérimaire Pierre Arcand fait présentement «un travail extraordinaire d’arrimage avec le gouvernement», a-t-il écrit, en ajoutant qu’il ne fallait pas briser ce lien pour des raisons purement partisanes.

Dans ce contexte, le parti n’a d’autre choix que de remettre l’élection du nouveau chef à une date ultérieure, selon Alexandre Cusson.

«Il en va de la légitimité du prochain chef du parti et de sa capacité de bien représenter l’ensemble des membres», a-t-il indiqué.

Anglade travaillera avec le parti

Pour sa part, Dominique Anglade se dit «pleinement consciente» des impacts du coronavirus. C’est pourquoi elle a décidé la semaine dernière de suspendre l’ensemble de ses activités publiques.

Soulignant que la course à la direction a débuté le 23 novembre dernier et qu’elle tire à sa fin, Mme Anglade a félicité le PLQ d’avoir su s’adapter à la situation et demandé à tous de faire preuve de «résilience».

«Nous devons (...) rappeler que dans la crise, nous demeurons au service des Québécois», a-t-elle déclaré.

«En tant qu’aspirante cheffe du PLQ, c’est dans mon devoir de travailler en concertation avec les instances du parti pour prendre la meilleure des décisions dans le contexte que nous connaissons», a-t-elle ajouté.

Le PQ fera le point vendredi

Par ailleurs, le Parti québécois (PQ), qui tient également une course à la direction, a indiqué jeudi que la conférence de coordination allait se réunir vendredi soir pour discuter de la suite des choses.

Le parti avait déjà décidé que les deux débats, qui devaient se tenir à Montréal et à Drummondville, auront lieu sans public et seront webdiffusés sur les médias sociaux et le site Internet du PQ.

Le vote pour élire le prochain chef du PQ est pour l’instant maintenu aux mêmes dates et selon les mêmes modalités, soit du 15 au 19 juin, par internet ou par téléphone.

Les principaux candidats qui s’affrontent sont le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’humoriste Guy Nantel et l’historien Frédéric Bastien.

Politique

L'Assemblée nationale s'apprête à suspendre ses travaux jusqu'au 21 avril

L’Assemblée nationale suspendra ses travaux jusqu’au 21 avril en raison de la pandémie de COVID-19, ont confirmé des sources à La Presse canadienne.

Une motion d’ajournement des travaux devrait être déposée mardi, comme ce fut le cas à la Chambre des communes, vendredi dernier.

«Ce qu’on souhaite, c’est adopter les crédits budgétaires nécessaires (...) rapidement et ensuite de fermer l’Assemblée nationale», a déclaré le premier ministre François Legault, lundi, lors de son point de presse quotidien.

La semaine dernière, l’Assemblée nationale avait fermé ses portes aux visiteurs, sans toutefois interrompre les travaux parlementaires.

Mais la situation a évolué et «les circonstances actuelles justifient pleinement cet ajournement», a souligné le premier ministre dans un communiqué. «Il est important pour tous les députés de concentrer leurs efforts à aider les collectivités dans leurs comtés.»

On s’attend à ce qu’un petit nombre de députés se présentent en Chambre mardi, dès 9h, pour adopter les crédits budgétaires suffisants pour faire fonctionner l’appareil gouvernemental.

Pouvoirs aux superinfirmières

Le gouvernement souhaite en outre adopter à toute vapeur quatre projets de loi qui sont somme toute consensuels, notamment celui accordant plus de pouvoirs aux superinfirmières.

Le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, a affirmé lundi sur les réseaux sociaux tenir des «discussions positives» avec les leaders parlementaires des oppositions quant à l’organisation des travaux parlementaires à l’Assemblée.

Ils les a remerciés pour leur collaboration, qualifiée également d’»exemplaire» par le premier ministre.

«C’est dans un esprit d’unité et en mettant la santé publique au-dessus toute autre préoccupation que je participe depuis ce matin à ces discussions au nom de Québec solidaire», a répondu sur Twitter Gabriel Nadeau-Dubois.

«Nous convenons ensemble de procédures d’exception pour une situation exceptionnelle», a ensuite gazouillé le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Martin Ouellet.

Deux députés en isolement

Le PQ a indiqué que son porte-parole en matière d’agriculture, le député de Bonaventure, Sylvain Roy, s’était placé en isolement.

«Par souci de prévention, je fais un confinement volontaire, car comme vous le savez, il y un peu plus d’un an, j’ai eu des traitements médicaux liés à un cancer. J’ai actuellement certains symptômes qui s’apparentent à la grippe et qui m’obligent à être prudent», a écrit M. Roy.

Il emboîte ainsi le pas au député caquiste de Vachon, Ian Lafrenière, qui vendredi dernier s’est placé en isolement volontaire à la suite d’un voyage aux États-Unis.

«À la suite d’un court séjour aux États-Unis, je me place en quarantaine volontaire jusqu’au 23 mars. Je m’isole par respect pour mes collègues et mes concitoyens, et ce, même sans aucun symptôme», a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux.

Évitez les bureaux de comté, demande l’Assemblée

Par ailleurs, l’Assemblée nationale a publié un communiqué lundi, dans lequel elle demande aux citoyens d’éviter de se rendre dans les bureaux de circonscription «dans le contexte du coronavirus».

«Les moyens tels que le téléphone ou le courriel sont privilégiés pour toute personne qui souhaite entrer en communication avec son député. Cette demande a pour but de réduire les déplacements de la population et ce, conformément aux recommandations émises par les autorités publiques.»

Politique

Tous les syndicats du secteur public acceptent de suspendre les négociations

Les organisations syndicales ont répondu positivement à la demande du gouvernement québécois de suspendre les négociations en vue du renouvellement des conventions des employés du secteur public jusqu’au 5 avril, en raison de la crise de la COVID-19.

Cinq syndicats présents dans la fonction publique — Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIS), Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec (FTQ) et Centrale des syndicats du Québec (CSQ) — ont rédigé un commun de presse commun pour dire qu’ils avaient convenu, avec le Conseil du trésor, «de suspendre les négociations pour l’instant, tout en maintenant les canaux de communication bien ouverts».

Au cours d’une rencontre qui s’est déroulée dimanche après-midi, ces cinq syndicats disent avoir confirmé leur «engagement à tout mettre en œuvre pour que la population du Québec obtienne tous les services nécessaires et que ces services se donnent dans les conditions les plus sécuritaires possible». Ils disent toutefois s’attendre «à ce que le gouvernement soutienne l’ensemble des travailleuses et des travailleurs dans leurs efforts». Ils ont aussi demandé l’élimination de «toutes les contraintes qui pourraient nuire à la mobilisation de celles et ceux qui seront sur le terrain, 24h sur 24, 7 jours sur 7, pour rendre les services aux Québécoises et aux Québécois».

La CSQ avait déjà fait savoir la veille qu’elle ne s’opposait pas à la demande «compte tenu de l’importante crise actuelle».

Deux autres organisations syndicales avaient déjà accepté la demande du gouvernement dès samedi : le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

«Il est plus important présentement de s’assurer que la multiplication du virus ne se fasse pas», avait résumé la présidente du SGPQ Line Lamarre en entrevue à La Presse canadienne. «On ne va pas mettre de pression sur un gouvernement qui, je pense, essaie présentement lui aussi de faire de son mieux de jour en jour. C’est quand même une situation exceptionnelle.»

Dans une déclaration transmise samedi à La Presse canadienne, le président du Conseil du trésor Christian Dubé avait expliqué avoir fait cette demande «afin de permettre de nous concentrer sur l’atténuation et le contrôle des impacts de la pandémie».

Santé

COVID-19: avec une hausse rapide des cas, Santé Canada presse le public à agir

Avec une hausse d'une soixantaine de cas de la COVID-19 au pays entre dimanche matin et le milieu de la journée, l'administration de la Santé publique du Canada a demandé aux citoyens, sur une base individuelle, de prendre des mesures importantes pour aider à retarder la propagation du virus.

Lors d'un point de presse tenu dimanche après-midi à Ottawa, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique, et le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef, ont notamment insisté sur le fait que la marge de manoeuvre pour aplanir la courbe épidémique est étroite et que tous doivent agir, maintenant.

Selon des données dévoilées par ces deux médecins, on comptait 313 cas au Canada, et au moins un dans chacune des dix provinces. Selon les chiffres publiés à 9 h dimanche matin, le total était alors de 249 cas, soit une augmentation de 25 % au cours de la journée.

Selon les docteurs Tam et Njoo, les augmentations de cas sont particulièrement importantes en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario. À ce jour, c'est dans cette dernière province que l'on retrouve la plus forte hausse en une seule journée.

Par ailleurs, les autorités sanitaires ont testé plus de 25 000 personnes jusqu'à maintenant.

Les deux médecins ont rappelé que la COVID-19 constituait une grave menace pour la santé publique. De plus, ont-ils aussi mentionné, même si elle est particulièrement grave pour les personnes âgées et les personnes médicalement vulnérables, tous les âges sont à risque.

Parmi les mesures suggérées pour protéger le plus grand nombre de personnes possible, les médecins ont insisté sur la nécessité de reporter ou d'annuler tous les voyages à l'étranger qui ne sont pas absolument essentiels, d'éviter les grands rassemblements publics, d'augmenter l'espace physique personnel par rapport aux autres et de s'enquérir de la possibilité de travailler à domicile si c'est nécessaire.

«Et on ne saurait trop insister : si vous êtes à haut risque de maladie grave ou mortelle, pratiquez la distanciation sociale et séparez-vous en tout temps et partout où vous le pouvez, ont déclaré les docteurs Tam et Njoo. Tous les autres doivent s'assurer de prendre toutes les précautions nécessaires pour protéger les personnes à haut risque tout en veillant à ce qu'ils soient pleinement soutenus et non isolés. Ceci est notre chance, ici et maintenant. Nous devons agir maintenant et agir ensemble.»

Trudeau promet de l'aide

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau a réitéré de nouveau que son gouvernement viendra en aide aux personnes qui ne pourront se rendre au travail parce qu'elles sont en quarantaine ou devront garder leurs enfants privés d'école ou de garderie en raison de la crise du coronavirus.

M. Trudeau a accordé dimanche des entrevues à divers réseaux de télévision, dont TVA et CTV.

Il a notamment indiqué que des mesures seront annoncées la semaine prochaine pour aider les familles qui n'ont pas accès à l'assurance-emploi en ces temps qui s'annoncent fort difficiles.

Répondant aux questions de l'animateur Pierre Bruneau à TVA, le premier ministre a également défendu la position de son gouvernement de ne pas avoir encore fermé les frontières à tous visiteurs venant de l'étranger, disant vouloir suivre à ce sujet les recommandations des experts de la santé publique.

Certaines mesures supplémentaires pourront toutefois être adoptées. M. Trudeau dit vouloir en discuter avec son ministre de la Sécurité publique Bill Blair. «Rien n'est écarté», a-t-il répondu. Le chef du gouvernement fédéral estime toutefois que le personnel de santé sera plus utile dans les établissements comme les hôpitaux et les cliniques que dans les aéroports.

Il a toutefois rappelé que les États-Unis et l'Italie, deux pays qui avaient rapidement fermé leur frontière aux Chinois au début de l'éclosion de la COVID-19 sont parmi les pays les plus touchés présentement.

En après-midi, le premier ministre s'est entretenu avec le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Ils ont notamment discuté des répercussions économiques et sociales de la COVID-19 et des façons dont le G7 peut «contribuer à accroître la résilience de l'économie mondiale».

G7

Plus tôt, le président de la France Emmanuel Macron a annoncé que les dirigeants du G-7 tiendront une réunion pour coordonner une réponse économique à la pandémie mondiale de la COVID-19.

Selon la déclaration du président français sur Twitter, le sommet, qui aura lieu ce lundi par visioconférence, servira à coordonner les efforts sur le vaccin et les traitements.

Nous «travaillerons à une réponse économique et financière», a indiqué Emmanuel Macron.

Le Canada fait partie du G-7, avec les États-Unis, la France, l'Italie, la Grande-Bretagne, le Japon et l'Allemagne.

Encore plus de cas

La situation sur le terrain continue de se dégrader dans l'ensemble du pays.

En Ontario seulement, 39 nouveaux cas confirmés ont été signalés par les autorités de la province, portant ainsi le total à 142 (dont cinq cas considérés comme guéris). Il s'agit d'une augmentation de près de 38 % par rapport à samedi. Les données semblent indiquer qu'une grande partie de nouveaux cas ont été recensés dans le sud de la province.

La Nouvelle-Écosse a annoncé dimanche ses trois premiers cas probables, tous reliés à des voyageurs.

Les autorités de la santé publique de la province ont indiqué que ces trois individus sont en isolement volontaire.

Le premier ministre Stephen McNeil et le docteur Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la province, devraient fournir plus de détails lors d'une conférence de presse cet après-midi à Halifax.

Au Nouveau-Brunswick, la médecin-hygiéniste en chef de la province a rapporté quatre nouveaux cas probables.

Selon la Dre Jennifer Russell, ils sont tous des membres de la famille ou des proches du premier cas de la province qui avait séjourné à l'extérieur du pays.

Politique

Québec demande la suspension des négociations avec le secteur public

Le gouvernement du Québec demande la suspension de la négociation pour le renouvellement des conventions collectives des employés du secteur public jusqu'au 5 avril prochain, en raison de la crise de la COVID-19.

Dans une déclaration transmise samedi à La Presse canadienne, le président du Conseil du trésor Christian Dubé explique avoir fait cette demande «afin de permettre de nous concentrer sur l'atténuation et le contrôle des impacts de la pandémie».

Selon M. Dubé, sa proposition a été reçue «avec beaucoup d'ouverture».

Trois syndicats ont fait savoir à La Presse canadienne qu'ils ont accepté ou comptent accepter l'offre de Québec: le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

«Il est plus important présentement de s'assurer que la multiplication du virus ne se fasse pas, a résumé la présidente du SGPQ Line Lamarre en entrevue. On ne va pas mettre de pression sur un gouvernement qui, je pense, essaie présentement lui aussi de faire de son mieux de jour en jour. C'est quand même une situation exceptionnelle.»

Même réponse à la CSQ. Par courriel, le conseiller aux relations de presse, Sébastien Marcil, a confirmé que le syndicat ne s'objecte pas à la demande «compte tenu de l'importante crise actuelle».

Le SFPQ a également indiqué que dans les circonstances il va «très certainement répondre dans l'affirmative». La réponse officielle sera fournie lundi.

La plupart des autres syndicats ont confirmé avoir reçu la demande et être en train d'en discuter.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a rapporté avoir été informée vendredi lors d'une rencontre à la table centrale. Des discussions se poursuivent et ils comptent répondre à la demande dimanche, a précisé un porte-parole de la centrale.

Pour sa part la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a indiqué qu'une rencontre aura lieu dimanche afin de prendre une décision.

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ont tous deux dit prendre en délibéré la demande.

Politique

Coronavirus et fermeture des frontières: Ottawa cache encore son jeu

OTTAWA — La vice-première ministre Chrystia Freeland refuse de dire quelles sont ses intentions quant à la possibilité de fermer les frontières canadiennes, pour mettre à l’abri du coronavirus le Canada et son voisin américain.

Elle dit avoir discuté avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, jeudi. Mercredi soir, le président Donald Trump a annoncé la fermeture des frontières américaines à tous les voyageurs en provenance de 26 pays européens, à compter de 23h59 vendredi, et ce, pour une période de 30 jours.

Mme Freeland dit avoir expliqué à M. Pompeo les mesures prises par le Canada pour lutter contre la pandémie. Elle a insisté sur le dépistage des voyageurs arrivant aux aéroports canadiens.

Impossible de savoir si Washington a été rassuré par les mesures canadiennes ou si le gouvernement américain demande à son voisin au nord de fermer à son tour ses frontières aux voyageurs venant d’Europe.

Au cours d’un point de presse à sa sortie des Communes jeudi après-midi, Mme Freeland a contourné la plupart des questions directes qui lui ont été posées, se contentant de répéter que la situation change rapidement et que le gouvernement s’ajuste d’heure en heure.

«La décision des États-Unis, évidemment, est une décision qui est significative pour le Canada», a-t-elle d’abord offert.

«Vous savez la situation, jusqu’à ce moment, c’est qu’on a un contrôle élevé sur tous les voyageurs des pays où le coronavirus a déjà eu un impact plus élevé. Concernant l’avenir, ce que je peux dire c’est qu’on est en train à chaque heure de regarder la situation», a-t-elle dit.

«Suite à l’annonce d’hier soir, c’est sûr qu’on a cette préoccupation de préserver les relations avec le gouvernement américain et de s’assurer de l’intégrité, non seulement de ces relations, mais aussi des frontières», a renchéri, debout à ses côtés, le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos.

Le ministre Duclos a confirmé que son gouvernement a appris, en même temps que tout le monde, mercredi soir, la décision du président américain de fermer son pays aux voyageurs en provenance d’Europe.

À l’intérieur de la Chambre, l’opposition conservatrice et bloquiste a continué de réclamer des mesures plus strictes aux portes d’entrée du pays.

«Encore hier, des voyageurs arrivant d’Italie à l’aéroport Trudeau étaient stupéfiés de constater qu’on ne leur posait aucune question. On s’est contenté de leur remettre un dépliant, alors qu’ils arrivaient d’un des plus grands foyers de contamination au monde», s’est insurgée la députée bloquiste Claude DeBellefeuille.

«Encore ce midi, le gouvernement donnait à l’Europe le niveau de risque le plus bas possible comme conseils aux voyageurs, en pleine pandémie. M. le président, il y a un juste milieu entre paniquer et rien faire», a-t-elle encore protesté.

«Nous avons mis en place des mesures de dépistage renforcées», lui a assuré le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair.

Après vérification, les mesures sont les mêmes depuis le début de l’épidémie.

Seul changement: depuis jeudi matin, les voyageurs qui arrivent d’Italie se font dire de s’isoler pour 14 jours et d’avertir la santé publique s’ils développent des symptômes pendant cette quarantaine volontaire. Pareilles instructions étaient déjà données aux voyageurs arrivant d’Iran et de la province chinoise de Hubei.

Chez les conservateurs, comme chez les bloquistes, on ne dit pas si on croit préférable ou non de fermer les frontières canadiennes aux voyageurs venant d’Europe.

«Le fait que les Américains l’ont fait n’est pas en soi une raison pour que le Canada se sente obligé de le faire. Le Canada (...) prend ses propres décisions», a déclaré, prudent, le chef bloquiste Yves-François Blanchet.

Les conservateurs, eux, s’en tiennent à leur critique des vérifications aux frontières.

«Le minimum auquel on s’attend, de la part du gouvernement, c’est qu’un contrôle soit fait à la frontière pour les gens qui veulent rentrer dans le pays, qu’ils soient Canadiens ou visiteurs, pour s’assurer d’éviter toute aggravation de la situation au pays», a critiqué le député Alain Rayes, aux portes des Communes.

Actualités

COVID-19: Sophie Grégoire infectée; Justin Trudeau restera en isolement

OTTAWA — La conjointe du premier ministre Justin Trudeau, Sophie Grégoire, est bel et bien atteinte de la COVID-19.

Dans un communiqué transmis tard jeudi, le cabinet du premier ministre a annoncé que son test pour le nouveau coronavirus s'est avéré positif.

Ses symptômes demeurent faibles et elle demeurera en quarantaine pour une durée indéterminée, précise-t-on.

M. Trudeau ne présenterait toujours aucun symptôme, mais selon l'avis des médecins, il demeurera en isolement pour une durée de 14 jours.

«Le premier ministre continuera d'assumer pleinement ses fonctions et s'adressera aux Canadiens demain», peut-on lire.

De retour d'un séjour à Londres, Sophie Grégoire présentait depuis mercredi soir des symptômes semblables à la grippe et une faible fièvre.

Le bureau du premier ministre avait déjà annoncé jeudi avant-midi que M. Trudeau se plaçait en isolement volontaire «par une abondance de précaution», en attendant les résultats du test de sa conjointe.

Ce développement inattendu a conduit à l'annulation de la rencontre des premiers ministres du pays, qui devait se tenir jeudi soir et vendredi toute la journée.

M. Trudeau devait, aussi, rencontrer des leaders autochtones jeudi.

Le premier ministre a plutôt contacté ces leaders et ses homologues par téléphone.

La liste s’allonge

Par ailleurs, la liste des politiciens en isolement volontaire s’allonge.

Le chef néo-démocrate a fait savoir jeudi, via son compte Twitter, qu’il reste chez lui.

«Je suis à la maison aujourd’hui, je ne me sens pas bien. J’ai contacté un médecin et il ne pense pas que je présente des symptômes compatibles avec la COVID-19. Mais il me conseille de limiter les contacts avec le public jusqu’à ce que je me sente mieux», a écrit Jagmeet Singh.

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, est en quarantaine volontaire depuis l’apparition de symptômes semblables à ceux d’une grippe, mardi. Sa collègue ministre des Petites Entreprises, Mary Ng, s’est également retirée des lieux publics, mercredi, en attendant le résultat d’un test de la COVID-19.

Le député libéral montréalais Anthony Housefather a, lui, décidé de s’isoler parce qu’il a participé à une réunion, aux États-Unis, où certains participants ont reçu des diagnostics de la maladie COVID-19.