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Politique

Bilan de la CAQ: la région de Québec «gâtée»

Avec 9 députés sur 11, la région de Québec a gâté la CAQ. Et en retour, la CAQ a gâté la région de Québec, affirme le caucus régional mené par la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, dans son bilan de fin d’année. L’opposition dénonce pour sa part ce «pétage de bretelles [...] un peu déconnecté».

80 %. Voilà le chiffre à retenir de leurs 14 premiers mois de pouvoir, selon les députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) de la région de la Capitale-Nationale.

«En nous basant sur les engagements qu’on avait pris en campagne électorale pour la Capitale-Nationale, on a 80 % de nos engagements qui sont en voie d’être réalisés ou qui sont déjà réalisés. C’est une statistique qui parle d’elle-même», a déclaré Mme Guilbault, lors du point de presse tenu vendredi.

Dans le hall principal d’un parlement de plus en plus déserté en vue de la période des Fêtes, Mme Guilbault était entourée de ses huit collègues élus de Portneuf à Charlevoix. Dont la dernière en lice, Joëlle Boutin, victorieuse dans la circonscription de Jean-Talon il y a moins de deux semaines. 

À travers les dizaines de projets énumérés et surtout leur coût en millions de dollars pour le gouvernement, ceux liés aux transports ont encore retenu l’attention. Futur troisième lien routier sous-fluvial, futur tramway, remplacement du pont de l’île d’Orléans. Il n’a toutefois pas été question de la peinture du pont de Québec ni du port.

«Avant la fin du mandat»

«Le troisième lien, c’est une promesse phare. Il y aura un troisième lien. C’est une promesse névralgique pour la Coalition avenir Québec de commencer les travaux avant la fin du mandat», a affirmé le député de La Peltrie et ministre délégué, Éric Caire.

«Déjà, les forages ont commencé au mois d’octobre pour faire les tests de sols. Le projet avance bien. On a ramené ça à deux tracés : un tracé privilégiant la pointe de l’île [d’Orléans], un autre qui relie centre à centre Lévis et Québec, qui seront étudiés très sérieusement, pour lesquels il y aura des annonces. Et, je le redis, je le répète, nous débuterons les travaux du troisième lien avant la fin du mandat», martèle M. Caire.

Le gouvernement fédéral de Justin Trudeau n’a toujours pas donné son aval au projet et encore moins allongé sa part d’argent nécessaire. «Le gouvernement fédéral attend de voir notre projet, entre autres l’aspect financier, et on sera en mesure de leur déposer un projet très bientôt», atteste Mme Guilbault, la ministre responsable de la région.

Son collègue de Charlesbourg et aussi ministre, Jonatan Julien, a vanté la constance et la «prévisibilité» des débours gouvernementaux de la CAQ à l’intention des municipalités.

Même si la région de la Capitale-Nationale ne couvre que la Rive-Nord, Mme Guilbault a tenu à souligner l’importance de la Rive-Sud et surtout Lévis, «laissée pour compte depuis plusieurs années par les précédents gouvernements». Les sept députés de Chaudière-Appalaches sont caquistes.

Et le logement social?

L’un des deux élus de Québec solidaire à Québec, percée dans les quartiers centraux qui prive la CAQ du monopole régional, Sol Zanetti estime que ce «pétage de bretelles» de la CAQ s’avère «un peu déconnecté» de la réalité.

«Les plus grands problèmes n’ont pas été attaqués. Comme le logement social! Québec vit la plus grosse crise de l’itinérance de son histoire et la CAQ se donne des tapes dans le dos. C’est hallucinant!» dénonce le député de la circonscription de Jean-Lesage, qui pointe le transport collectif et la qualité de l’air comme autres failles dans l’armure régionale de la CAQ.

Si QS s’affiche contre le troisième lien, le Parti libéral du Québec souligne que «nous ignorons toujours les coûts qui y sont rattachés, le tracé et l’échéancier. Le rôle de la ministre responsable de la Capitale-Nationale est d’informer les citoyens sur ce projet d’envergure. Elle devrait exiger que toutes les informations soient transmises et demander à ce que le directeur du bureau de projet puisse être entendu».

Politique

Dépenses consacrées à l’OTAN: le Canada s’approche de son engagement

OTTAWA — Le gouvernement fédéral prévoit que ses dépenses en matière de défense nationale s’approcheront un peu plus de son engagement financier à l’égard de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais pas parce qu’Ottawa a l’intention d’injecter plus d’argent dans l’armée.

En 2014, tous les pays membres de l’OTAN se sont entendus pour tenter de consacrer 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense d’ici 2024, tandis que l’alliance militaire cherchait à partager le fardeau de la protection contre de nouvelles menaces comme la Russie et la Chine.

Il y a deux ans, le gouvernement du Canada a annoncé qu’il s’attendait à n’atteindre qu’une proportion de 1,4 % à temps pour 2024-2025. Toutefois, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a déclaré cette semaine que le ratio devrait finalement atteindre 1,48 % du PIB, sans fournir plus d’explications.

Une telle hausse devrait représenter des dépenses supplémentaires de quelque deux milliards de dollars par année, mais le ministère a confirmé à La Presse canadienne qu’aucun investissement supplémentaire n’était prévu à son budget.

Le porte-parole du ministère de la Défense nationale, Daniel Le Bouthiller, explique plutôt la hausse du ratio par un ralentissement de la croissance économique plus important que prévu ainsi que par de plus grandes dépenses consacrées à des activités connexes comme celles de la Garde côtière canadienne et les avantages sociaux aux anciens combattants.

«Environ deux tiers de la hausse du ratio de 1,40 à 1,48 % seraient dus à une augmentation des prévisions (dans un autre ministère) et un tiers serait dû à la fluctuation des prévisions sur le PIB», a précisé par courriel M. Le Bouthillier.

Le gouvernement a inclus ces dépenses dans les calculs budgétaires depuis 2017 afin de répondre aux plaintes des États-Unis et des autres alliés de l’OTAN qui reprochent au Canada de ne pas investir assez dans ses Forces armées.

Au récent sommet de l’OTAN qui s’est déroulé à Londres, le président des États-Unis, Donald Trump, a de nouveau exprimé sa déception sur le pourcentage du PIB canadien consacré aux dépenses militaires. Lors de sa rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau, il a d’ailleurs qualifié le Canada de légèrement délinquant à ce sujet.

Le Canada dépense actuellement environ 1,31 % de la valeur de son PIB dans sa défense et ne dispose d’aucun plan en vue d’atteindre le ratio de 2 %.

«Il ne paie pas 2 % et il devrait payer 2 %, a dénoncé à nouveau Donald Trump lors d’une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel le 4 décembre. C’est le Canada. Ils ont de l’argent et ils devraient payer 2 %.»

Le gouvernement libéral refuse de dire s’il croit en cette cible de 2 % et préfère répéter que le Canada contribue en soldats et en équipement aux missions de l’OTAN en Lettonie, en Irak et ailleurs — une participation à l’alliance militaire qu’Ottawa juge plus significative.

Pressions de Trump

La cible de dépenses constitue une manière imparfaite de mesurer la contribution de chaque État, soutient l’experte de l’OTAN et des affaires militaires de l’Université Queen, à Kingston, Stefanie von Hlatky.

Elle ajoute cependant que les pays alliés subissent les pressions de Donald Trump pour démontrer qu’ils en font davantage en matière de dépenses militaires. Une pression doublement plus forte pour Justin Trudeau depuis sa rencontre avec le président à Londres.

Le porte-parole de l’opposition en matière de Défense nationale, le conservateur James Bezan, accuse le gouvernement libéral de jouer avec les chiffres en essayant de mieux faire paraître le Canada sans avoir à investir dans les Forces armées.

«C’est un triste constat pour nos héros militaires de voir que Justin Trudeau ne peut améliorer le ratio des dépenses en défense qu’en fabriquant une récession et en impliquant d’autres ministères dans des tours de passe-passe budgétaires pour gonfler les chiffres», a-t-il dénoncé.

Politique

Trudeau demande à Morneau de réduire les impôts, mais de garder des réserves

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau demande à son ministre des Finances de réduire les impôts, mais aussi de préserver du «pouvoir financier» au cas où on devrait faire face à un ralentissement économique.

M. Trudeau a remis vendredi des listes de tâches détaillées à son cabinet dans des «lettres de mandat» publiées en ligne.

Ses premiers mots à chaque ministre rappellent que les libéraux n'ont qu'un gouvernement minoritaire et que trouver des moyens de coopérer avec d'autres partis et les gouvernements provinciaux sera essentiel.

Dans sa lettre au ministre des Finances, Bill Morneau, M. Trudeau énonce un certain nombre de priorités financières, notamment la réduction de la dette fédérale par rapport à la taille de l'économie canadienne.

Il souhaite que M. Morneau continue à «investir dans les gens», mais qu'il garde également des réserves au moment où certains prédisent que l'économie pourrait ne pas être aussi robuste dans les mois à venir.

M. Trudeau demande également à la ministre de la Santé, Patty Hajdu, de présenter immédiatement un règlement pour réduire le nombre d'adolescents adeptes du vapotage, et au ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, de réglementer les plateformes de médias sociaux pour réduire les méfaits en ligne.

Politique

François Legault demande au Bloc d’appuyer l’ACEUM

MONTRÉAL — C’est une assiette bien garnie que le premier ministre François Legault a présentée à son homologue fédéral Justin Trudeau pour leur première rencontre depuis la réélection de ce dernier, cet automne.

À l’issue de la rencontre, c’est toutefois au chef bloquiste Yves-François Blanchet que M. Legault a envoyé le message le plus direct: «Je demande à Yves-François Blanchet et au Bloc d’appuyer l’Accord (de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique), de ne pas retarder les travaux, de ne pas faire comme on dit de ‘filibust’ et que ce soit adopté rapidement».

François Legault a balayé les craintes de voir l’industrie de l’aluminium, concentrée au Québec, perdre des plumes en marge de cet accord, affirmant qu’au contraire, «il y a des gains importants pour les travailleurs de l’aluminium.»

Il a rappelé qu’avant la conclusion de cet accord, l’administration Trump avait imposé des tarifs punitifs à l’aluminium canadien. Il a soutenu que «c’est un gain puisqu’on est assurés qu’il n’y aura pas de tarifs», tout en reconnaissant que l’entente n’était pas parfaite et qu’il aurait été préférable «qu’il n’y ait pas une clause d’évitement où le Mexique peut s’approvisionner avec de l’aluminium qui provient de Chine (...) Ce n’est pas idéal, mais c’est un gain et je pense qu’il faut sauter sur ce gain rapidement.»

Dans cette optique, le premier ministre a affirmé que «le Bloc québécois doit défendre les intérêts des Québécois et c’est dans les intérêts des Québécois que cette entente soit ratifiée, adoptée.» M. Legault n’a pas manqué d’évoquer le surplus de 20 milliards $ de la balance commerciale du Québec avec les États-Unis pour justifier le besoin de «protéger le marché» en ratifiant l’entente.

La réponse du chef bloquiste ne s’est pas fait attendre. Dans un courriel à La Presse canadienne, M. Blanchet a répliqué que sa formation «travaille exclusivement dans l’intérêt des Québécois, de tous les Québécois, de toutes les régions» et qu’elle demande «que nos travailleurs de l’aluminium aient droit à la même protection que les travailleurs de l’acier, quitte à renégocier. Nous voulons la meilleure entente possible pour notre monde».

Plus tôt dans la journée, pourtant, l’Association de l’aluminium du Canada a également demandé aux parlementaires de ratifier l’entente. Son président-directeur général Jean Simard, conclut qu’après «un examen détaillé» de l’Accord Canada États-Unis Mexique (ACEUM), celui-ci «contribuera à assurer un avenir durable» à l’industrie. «Cet accord fournit un cadre durable et prévisible pour notre commerce et jette les bases d’une modernisation de la façon dont nos trois pays font des affaires afin de tirer le meilleur parti de cet espace commercial renouvelé», ajoute-t-il.

Demandes de financement

François Legault a profité de la présence de Justin Trudeau pour revenir à la charge sur les demandes de financement fédéral pour le transport en commun, en l’occurrence les nouveaux projets de tramway, maintenant que le financement de celui de Québec est ficelé.

Selon lui, le gouvernement Trudeau «est très ouvert» aux projets, mais ceux-ci ne correspondent pas nécessairement aux critères des programmes d’infrastructure fédéraux, ce qui vient alourdir les démarches, au grand déplaisir de M. Legault. «J’aimerais que ça se fasse plus rapidement pour les projets dans l’Est de Montréal, à Longueuil, entre Chambly et Saint-Jean(-sur-Richelieu), à Laval et à Gatineau», a-t-il souhaité.

«Je souhaiterais aussi que le train Québec-Trois-Rivières-Montréal-Toronto-Windsor se fasse le plus rapidement possible», a-t-il ajouté à un menu déjà lourd.

Par ailleurs, François Legault a évoqué avec son vis-à-vis la question de taxer les géants du web, une direction qui semble devenue incontournable: «La position est commune, c’est-à-dire qu’on souhaiterait que la TPS soit appliquée le plus rapidement possible, comme on l’a déjà fait au Québec avec la TVQ. Pour ce qui est de l’impôt sur les profits qui passerait par un 3 pour cent sur les revenus, on préfère attendre en 2020 que ce soit fait avec l’OCDE», a-t-il dit, réitérant une position déjà exprimée, le Québec voulant agir avec la force du nombre plutôt que de s’attaquer seul à ces puissantes entreprises.

Laïcité: le désaccord persiste

«J’ai quand même insisté pour revenir sur la Loi 21 (sur la laïcité) et le respect de la nation québécoise» a déclaré M. Legault au sortir de la rencontre avant même d’être interrogé là-dessus.

«C’est important que, même si le gouvernement fédéral n’est pas d’accord avec certaines décisions du gouvernement du Québec, qu’il respecte ces décisions. C’est appuyé par une majorité de Québécois, ç’a été adopté en bonne et due forme à l’Assemblée nationale», a-t-il fait valoir.

«Je ne demande pas son accord à Justin Trudeau, mais je demande qu’il respecte la décision de la nation québécoise.»

Justin Trudeau ne s’est pas adressé aux journalistes à l’issue de la rencontre, se contentant d’un court mot d’usage à son arrivée pour insister sur les sujets qui font l’objet d’une entente entre les deux gouvernements, tout en ajoutant qu’ils discuteraient aussi de ceux «sur lesquels on va continuer de travailler ensemble», euphémisme choisi par Justin Trudeau pour désigner cette pomme de discorde.

Les deux hommes, accompagnés de leurs ministres des relations intergouvernementales, Chrystia Freeland et Sonia LeBel et du lieutenant québécois de M. Trudeau, Pablo Rodriguez, étaient réunis dans les bureaux montréalais de M. Legault.

Une courte manifestation d’une cinquantaine de personnes opposées à la construction de pipelines et en soutien aux peuples autochtones s’est tenue devant l’édifice du centre-ville de Montréal ou les chefs de gouvernement du Québec et du Canada se rencontraient.

Politique

Loi 21: cadeau de Noël avant le temps pour Jolin-Barrette

Deux semaines avant le temps, Simon Jolin-Barrette a reçu son premier cadeau de Noël. Le refus de la Cour d’appel du Québec de suspendre la Loi 21 sur la laïcité de l’État, jeudi, s’avère une belle façon de clore une année mouvementée pour le ministre québécois de l’Immigration.

«On est satisfaits de la décision», atteste au Soleil M. Jolin-Barrette, vendredi matin. «Par contre, ce n’est par terminé. La loi reste contestée sur le fond du dossier et le gouvernement va défendre jusqu’au bout sa loi pour s’assurer qu’elle s’applique et qu’elle demeure», affirme le ministre, toujours pragmatique.

N’empêche qu’une suspension temporaire de la loi aurait constitué une fort désagréable épine au pied du gouvernement de la Coalition avenir Québec pour terminer 2019 et amorcer 2020.

Le ministre analyse la décision en détail. «La cour d’appel a reconnu deux choses : lorsque le législateur adopte une loi, il y a une présomption de validité et on doit respecter le choix du législateur. Deuxième chose, la cour a reconnu que les choix de société se font à travers les gens élus de la population québécoise et respectent le pouvoir du parlement. Notamment par l’utilisation de la clause dérogatoire, un choix de société qui a été fait par les élus de la nation québécoise».

M. Jolin-Barrette se réjouit de voir «la Cour d’appel valider le pouvoir de l’Assemblée nationale d’adopter une telle loi, une loi que les Québécois veulent et qu’ils souhaitent que le gouvernement défende. La laïcité de l’État, c’est une chose qui traînait depuis 10 ans et qui était importante de régler. Ce qu’on a fait».

La Loi québécoise sur la laïcité de l’État a été adoptée par l’Assemblée nationale le 16 juin 2019. Elle est contestée devant les tribunaux surtout pour l’interdiction du port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité, dont les enseignants.

Politique

Course à la direction du PCC: des paramètres à définir

OTTAWA — Maintenant qu’Andrew Scheer a annoncé sa décision de quitter son poste de chef conservateur, le parti commencera à sortir les plans des cartons pour une course à la direction.

Le conseil national, dirigé par le président du parti, Scott Lamb, s’est déjà réuni jeudi après-midi pour discuter de la marche à suivre. Comme M. Scheer a l’intention de rester à la tête du parti jusqu’à ce que son successeur soit choisi, il ne sera pas nécessaire de trouver un chef intérimaire.

Quand Stephen Harper a démissionné au soir de la défaite électorale des conservateurs en 2015, il a aussi quitté immédiatement la direction du parti. Le caucus avait alors choisi Rona Ambrose comme cheffe intérimaire jusqu’à ce qu’un nouveau chef soit élu par les membres du parti en mai 2017 — Andrew Scheer.

Le conseil national du parti devra plutôt choisir d’abord et avant tout les membres du comité organisateur de cette course à la direction. Ce sont eux qui décideront des règles et procédures, y compris le début de la campagne et sa durée. Le comité décidera également depuis combien de temps un candidat doit avoir été membre du Parti conservateur avant de pouvoir se présenter.

On fixera aussi les limites de dépenses pour chaque candidat — c’était 5 millions $ lors de la dernière course. On avait également fixé en 2017 le prix du «billet d’entrée» à 100 000 $ — des frais d’inscription de 50 000 $ et un dépôt de conformité de 50 000 $, remboursables à condition que le candidat respecte les règles.

Calcul des voix

L’une des règles les plus importantes de cette course, qui a été controversée dans le passé, est toutefois inscrite dans la constitution du parti — et ne peut donc être facilement modifiée. Il s’agit de la méthode de calcul des voix.

Chaque membre en règle du Parti conservateur a droit à un bulletin de vote, mais tous les bulletins n’ont pas le même poids. Chacune des 338 circonscriptions du pays compte pour 100 points, peu importe le nombre de membres du parti dans le comté. Le jour du scrutin, chaque candidat se voit attribuer des points en fonction du pourcentage de voix obtenus dans chaque circonscription. Le candidat qui recueille une majorité de points au pays (16 900 plus un) remporte la course à la direction.

Cette méthode signifie que les membres issus de comtés où les militants conservateurs sont moins nombreux ont un poids plus grand dans le calcul final.

Politique

Les conservateurs refusent une citoyenneté honorifique à Raïf Badawi

OTTAWA — Dans un effort pour venir en aide à Raïf Badawi qui vient d’entamer une autre grève de la faim dans sa prison saoudienne, le Bloc québécois a tenté de lui faire accorder une citoyenneté canadienne à titre honorifique... en vain.

Les conservateurs se sont interposés lorsqu’une députée bloquiste, jeudi après-midi, a demandé le consentement unanime de la Chambre pour ce faire.

«Qu’il soit résolu par la Chambre d’octroyer à Raïf Badawi le titre de citoyen honoraire du Canada», a lu la députée Christine Normandin, interrompue par les cris des élus conservateurs. Le président a appelé au calme, puis demandé si la députée avait le consentement unanime pour proposer sa motion. «Non», a-t-on crié des banquettes conservatrices, alors qu’Ensaf Haidar, la conjointe de M. Badawi, surveillait la scène du haut des tribunes.

Le chef du Bloc québécois, sorti des Communes, a dénoncé «l’indignité» des députés conservateurs avant de souligner l’utilité du geste.

«Ce n’est pas qu’emblématique, c’est un outil important», a insisté Yves-François Blanchet qui avait noté, en Chambre, «une ouverture d’esprit du côté des libéraux et du côté du Nouveau Parti démocratique».

Mme Haidar, qui a fait la route de Sherbrooke pour l’occasion, est convaincue que «ça changerait» les choses si son conjoint pouvait se dire Canadien.

«Maintenant, quand [le Canada] demande la libération de Raïf, l’Arabie saoudite dit que Raïf est saoudien. «Vous êtes Canadiens, pourquoi vous demandez?» S’il a la citoyenneté, [l’intervention canadienne] serait plus solide», a-t-elle expliqué.

Grève de la faim

En voyage en Égypte, le ministre canadien des Affaires étrangères s’est dit «très inquiet» par la nouvelle grève de la faim de M. Badawi.

«Je suis ça de très près. J’ai l’intention d’appeler mon homologue saoudien avant la fin de l’année pour soulever les inquiétudes du Canada», a dit François-Philippe Champagne au cours d’une conférence téléphonique avec les journalistes canadiens.

«J’ai bon espoir que M. Champagne va poser des gestes», a réagi M. Blanchet.

Son député Stéphane Bergeron s’est montré plus impatient.

«La politique des petits pas fait en sorte que ça fait sept ans qu’il est emprisonné. Or la peine est de 10 ans. À ce rythme-là, il va faire les 10 ans si quelque chose de plus dramatique encore ne survient pas entretemps», a dénoncé le député bloquiste.

Mme Haidar a justement souligné que ce n’est pas la première grève de la faim du blogueur.

«Je suis très, très inquiète. [...] Sa santé, son moral, sont plus bas», a-t-elle confié.

Raïf Badawi a été condamné à

10 ans de prison et à 1000 coups de fouet pour avoir créé un forum en ligne afin de discuter de questions sociales en Arabie saoudite.

Politique

Secteur public: Québec propose des hausses de 7 % sur cinq ans

Le gouvernement Legault offre des hausses salariales de 7 % sur cinq ans à l’ensemble du secteur public — une proposition inférieure à l’inflation —, mais il laisse miroiter d’autres gains pour des groupes privilégiés.

Pourtant, en septembre, le premier ministre François Legault avait dit que les travailleurs de l’État allaient devoir se contenter d’augmentations correspondant à l’inflation et qu’il n’y avait plus de marge de manœuvre budgétaire.

Mais ce n’est que le début dans les négociations et il reste de la marge de manœuvre, a laissé entendre le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, jeudi, en conférence de presse au parlement à Québec.

L’offre de base sur cinq ans pour les 550 000 employés de l’État se ventile comme suit : 1,75 % chaque année pour deux ans jusqu’en 2021-2022, 1,5 % pour 2022-2023, et 1 % par an pour les deux années suivantes, jusqu’en 2024-2025 donc, pour un total de 7 %.

Un boni de 1000 $ est prévu pour les employés au plus haut de l’échelle, tandis que des mesures sectorielles sont prévues pour les groupes jugés prioritaires par le gouvernement, soit les préposés aux bénéficiaires et les enseignants.

En incluant les offres bonifiées pour ces groupes, les hausses seront de 2 % par année sur trois ans, et 1,5 % par an pour les deux années suivantes, pour un total de neuf pour cent. Or le taux d’inflation est prévu pour être de 2,2 % en 2019 et en 2020.

Ce sont des «offres très, très raisonnables», correspondant à la «capacité de payer des Québécois», a laissé entendre M. Dubé. Il a aussi rappelé que chaque point de pourcentage de hausse salariale coûte 400 millions $ au Trésor public.

«On ne vous dira pas le chiffre, il reste encore de la marge de manœuvre, pour être capable d’aller atteindre, justement, les engagements électoraux qu’on a faits, en éducation et en santé», a-t-il poursuivi.

Les syndicats indignés

Les syndicats rejettent unanimement ces offres. Même si les centrales ne se sont pas regroupées en front commun pour cette négociation, elles tiennent sensiblement toutes le même langage.

Les syndicats de la fonction publique, des professionnels du gouvernement, des infirmières, professionnels et techniciens de la santé, d’enseignants, la CSN et la FTQ, qui représentent plusieurs centaines de milliers d’employés de l’État, s’insurgent contre la volonté du gouvernement Legault de leur consentir des hausses salariales inférieures à l’inflation.

Tous invoquent les importants surplus enregistrés par le gouvernement à la suite des années de compressions dont leurs membres ont fait les frais pour réclamer leur part du butin, tout en rappelant que l’Institut de la statistique du Québec fait état d’un retard salarial de 13,2 % du personnel de l’État québécois par rapport aux autres salariés québécois.

Le gouvernement crée par ailleurs trois forums où des bonifications financières de l’offre seront sur la table, a-t-on indiqué. Les trois forums seront respectivement consacrés à la réussite éducative, à l’accessibilité aux soins, ainsi qu’à la santé globale des personnes salariées.

Ainsi, l’amélioration de la rémunération des préposés aux bénéficiaires «risque d’être suffisante pour attirer et retenir» les préposés, a affirmé la ministre de la Santé, Danielle McCann, au côté du président du Conseil du Trésor.

De même, la réduction des échelons salariaux dans l’enseignement — un autre engagement de la CAQ — pourrait y être abordée, a laissé entendre le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Québec entend aussi s’attaquer entre autres au problème de l’absentéisme en milieu de travail.

Des forums qui pourront discuter de rémunération, c’est nouveau, plaide le gouvernement. «[M. Dubé] vient ébranler les colonnes du temple, on innove», a soutenu M. Roberge.

Politique

François Legault admet son déficit de crédibilité en matière d’environnement

SAN FRANCISCO - Le gouvernement actuel souffre d’un déficit de crédibilité en matière de protection de l’environnement et le premier ministre François Legault affirme en être bien conscient.

En entrevue à La Presse canadienne, cette semaine, en marge de la mission qu’il dirigeait en Californie, M. Legault a cherché à casser cette image d’homme de droite, peu soucieux de la crise climatique qui frappe la planète.

Mais il sait qu’il doit encore faire ses preuves pour se poser en premier ministre «vert», même s’il soutient être bien moins à droite et bien plus écolo que ce qu’on croit en général.

Mais d’où vient cette méprise, alors?

«Ça remonte à loin», répond M. Legault, expliquant que cette étiquette d’homme de droite lui colle à la peau depuis la fusion de son parti, la Coalition avenir Québec (CAQ), avec l’Action démocratique (ADQ), en 2011.

Depuis, «il y a des gens qui pensent encore que je suis à droite, que c’est pas important l’environnement pour moi». Et il s’en désole.

Sauf que depuis 2011, M. Legault a eu droit à trois campagnes électorales (2012, 2014 et 2018) pour se rattraper, bâtir un programme en environnement, dresser une liste d’engagements, fixer des objectifs et des échéanciers.

Or, la CAQ s’est présentée devant l’électorat en demeurant pratiquement muette sur cette question.

M. Legault explique ce silence par le fait que les quatre partis ont, selon lui, à peu près les mêmes idées et les mêmes objectifs à atteindre dans la lutte aux changements climatiques, alors qu’en campagne électorale, chacun cherche à se démarquer.

En campagne, «on essaie d’insister sur les points sur lesquels on se différencie», dit-il, pour justifier sa position, ajoutant qu’il ne croit pas «qu’on se différencie beaucoup sur l’environnement, les quatre partis». La CAQ a donc choisi de miser sur d’autres enjeux.

«J’ai pas insisté plus qu’il ne faut sur l’environnement, mais ça ne veut pas dire que je ne me sens pas responsable de déposer un plan qui va réduire les GES», insiste le premier ministre, qui mise beaucoup sur le plan de lutte aux gaz à effet de serre (GES) que son ministre Benoit Charette va déposer au début de l’année 2020 pour se rattraper et redorer son image.

«Il y a des attentes qu’il faut rencontrer», dit le premier ministre, répétant toujours la célèbre réplique du Capitaine Bonhomme (une émission de télé des années 1960) dès qu’il est question de ses projets en environnement: «Les sceptiques seront confondus.»

Si les objectifs se ressemblent, le ton et l’approche des partis diffèrent. Loin du discours lyrique de Québec solidaire, à la CAQ on est pragmatique et on privilégie l’approche «business».

Pour lutter contre les GES, l’accent sera mis sur le transport. Le gouvernement voit dans le contexte actuel des occasions d’affaires à exploiter, en misant notamment sur l’électrification des voitures, camions et autobus.

Avec la Californie, cinquième économie au monde, le Québec veut développer des partenariats en ce domaine pour la fabrication de véhicules de transport individuels et collectifs plus écolos, moins polluants.

Mais la profession de foi environnementale du premier ministre n’empêchera pas le gouvernement, en parallèle, de promouvoir des projets plus controversés sur ce plan, comme le coûteux troisième lien entre Québec et Lévis, qui favorisera, selon plusieurs, un accroissement de la circulation automobile et entraînera l’étalement urbain.

M. Legault a déjà déclaré que ce tunnel sous le fleuve Saint-Laurent était un projet «vert» car des voitures électriques l’emprunteront. Le ministre Charette l’a décrit comme un outil de développement économique qui servira au transport collectif.

Avec la Californie, M. Legault va aussi militer pour faire adhérer davantage de provinces et une «vingtaine» d’États américains à la bourse du carbone, qui vise à réduire les émissions de GES des grandes entreprises grâce à un programme de plafonnement et d’échange de droits d’émissions, car «on n’y arrivera pas juste deux États sur 60 en Amérique du Nord».

Il dit être sensible à la crise climatique et nourrir «des inquiétudes bien plus sur la Chine et l’Inde, quand on voit le nombre de centrales au charbon et la taille des dommages qu’ils font à l’environnement, ça m’inquiète».

L’année 2020 devrait être celle de l’environnement au Québec avec l’annonce du plan de lutte aux GES, et l’avancement de divers projets, dont six projets de tramways, la mise en place du recyclage des gros électroménagers et de la consigne du verre, notamment.

Actuellement, le Québec vise à réduire de 37,5 % ses émissions de GES pour 2030, par rapport au niveau de 1990.

Le premier ministre ne participe pas au sommet des Nations unies sur le climat, la COP25, qui se tient présentement à Madrid, mais il promet qu’il sera présent au prochain, à Glasgow, en Écosse, en décembre 2020.

Politique

Andrew Scheer: démission sur fond de controverse

OTTAWA — Andrew Scheer annonce qu’il quittera la direction du Parti conservateur du Canada, au même moment où des allégations au sujet de l’utilisation des caisses du parti au bénéfice de sa famille font surface.

Le directeur du Parti conservateur, Dustin van Vugt, a confirmé qu’il a lui-même offert à M. Scheer de rembourser certaines dépenses personnelles après son élection comme chef en 2017 — dont une partie des frais scolaires pour l’école privée de ses enfants.

«Nous avons eu une rencontre lors de laquelle j’ai fait l’offre standard de couvrir les coûts liés au déménagement de sa famille de Regina à Ottawa. Cela comprend la différence dans les frais de scolarité entre Regina et Ottawa», dit M. van Vugt, qui assure que «toutes les procédures appropriées ont été respectées et autorisées par les responsables visés».

La situation reste tout de même «inacceptable» pour le sénateur Jean-Guy Dagenais, qui a quitté le caucus conservateur pour siéger avec un nouveau groupe de sénateurs indépendants.

«Moi, quand je contribue au parti, c’est pour supporter les candidats pendant une élection et aider le parti à gagner l’élection», a critiqué M. Dagenais, qui demande à ce que M. Scheer remette l’argent dans les coffres du parti.

Le député Gérard Deltell aimerait pour sa part avoir des explications. «Comme tout le monde, je l’ai appris ce matin. Alors c’est le genre de chose qu’on préfère savoir avant que pendant, parce que l’après n’est pas toujours agréable», a-t-il dit.

Seuls quelques responsables auraient été mis au courant en 2017 de cette entente, qui aurait refait surface dans les derniers jours, selon nos informations.

«Si ça sort aujourd’hui et qu’il démissionne aujourd’hui, j’imagine que c’est peut-être une des gouttes qui ont fait déborder le vase», a offert en guise d’explication le sénateur conservateur Claude Carignan.

L’entourage de M. Scheer assure cependant qu’elle n’a pas précipité sa prise de décision concernant son avenir. «Ça n’a rien à voir avec sa décision», a déclaré le député albertain Chris Warkentin, qui agit comme coordonnateur du caucus conservateur.

M. van Vugt soutient que M. Scheer a pris la décision de démissionner «après des semaines de discussions longues et difficiles avec ses amis et sa famille». Il a commencé à informer les membres de son personnel de son départ plus tôt cette semaine et l’a annoncé à la fin d’un caucus spécial qui devait porter sur le nouvel ALENA jeudi en matinée.

La grogne à l’endroit de M. Scheer n’avait cessé de s’intensifier depuis la défaite de son parti lors des élections du 21 octobre. Il a été ouvertement critiqué par des membres de son caucus et d’anciens candidats, qui estimaient qu’il n’était pas l’homme de la situation pour les mener à la victoire aux prochaines élections.

Les critiques ont été particulièrement virulentes au Québec où les candidats défaits ont surtout reproché au chef conservateur ses positions sur l’avortement et le mariage gai.

M. Scheer a délégué à l’ancien ministre John Baird la tâche de faire la lumière sur les raisons de la défaite conservatrice. M. Baird a rencontré les membres du caucus du Québec mardi et ceux du caucus régional des maritimes mercredi.

L’ancien ministre a confirmé dans un gazouillis que son travail n’est pas encore terminé.

«Mon mandat d’échanger avec les conservateurs se poursuit, incluant cette semaine. Je suis impatient de rédiger et puis de soumettre mon rapport lorsqu’il sera complet. J’espère qu’il aidera la prochaine campagne de notre parti et conseillera quiconque les membres du PCC choisiront pour devenir chef», a-t-il écrit.

En poste jusqu’au choix d’un successeur

M. Scheer a confirmé jeudi midi qu’il cédera sa place lorsque son successeur sera choisi par les membres, au lieu de se faire remplacer par un chef par intérim.

Son choix a été entériné par ses députés lors d’une rencontre de caucus en début de soirée.

M. Scheer a expliqué qu’il s’agit de la «décision la plus difficile» qu’il ait eu à prendre, mais dit qu’il veut se consacrer à sa famille d’abord.

Il dit qu’il veut s’assurer que la personne qui lui succèdera aura l’appui nécessaire du caucus pour mener les conservateurs à la victoire. Il va demander à l’administration du parti de démarrer le processus d’une course à la direction pour le remplacer dès maintenant.

Il a également un message pour tous ses collègues pour la suite des choses : «Restons unis.»

M. Scheer compte rester député de sa circonscription de Regina-Qu’Appelle, en Saskatchewan, dans un «futur proche», n’indiquant pas s’il va compléter son mandat.

Politique

Politique fédérale: Joël Lightbound président du caucus québécois libéral

Joël Lightbound, député fédéral de la circonscription de Louis-Hébert à Québec, est nommé président du caucus québécois des élus du Parti libéral du Canada. Il est aussi le nouveau secrétaire parlementaire du ministre canadien de la Sécurité publique.

Avant ses nominations, M. Lightbound ne pouvait éviter de commenter la démission-surprise du chef conservateur Andrew Scheer, jeudi midi. «C’était rendu intenable pour lui de rester à la tête de son parti. Mais quand quelqu’un part comme ça, on se concentre sur ses bons coups. Je lui souhaite donc la meilleure des chances et, pour le reste, je vais laisser les conservateurs se gérer», a indiqué M. Lightbound, joint au téléphone à Ottawa.

L’avocat de 31 ans vient d’être réélu avec plus de 40 % des suffrages et une très confortable avance de 7765 voix, le 21 octobre, dans la circonscription couvrant l’arrondissement Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge.

Le jeune député, qui en est à son deuxième mandat, est flatté d’avoir été choisi à l’unanimité par ses 34 collègues députés libéraux fédéraux du Québec pour présider le caucus provincial. Ils ont été nombreux à proposer sa candidature.

«Ce n’était pas dans mes plans il y a deux semaines, mais plusieurs députés m’ont approché pour le poste, la semaine passée. Je suis très honoré que ça vienne de mes pairs», affirme M. Lightbound.

Complémentaire au lieutenant libéral du Québec, Pablo Rodriguez, le président du caucus québécois tisse le lien avec le premier ministre et les ministres pour plaider les dossiers chers au Québec, en plus de présider la réunion hebdomadaire du mercredi.

Michel Picard, défait dans Montarville, présidait le caucus québécois du PLC avant les récentes élections.

Promesse à remplir

Au sein du premier gouvernement de Justin Trudeau, M. Lightbound a été secrétaire parlementaire aux Finances (2017 à 2019) et à la Santé (2017). Cette fois, il occupe ces fonctions de «ministre adjoint» auprès du ministre de la Sécurité publique à Ottawa, Bill Blair.

Ancien chef de police de Toronto, M. Blair était secrétaire parlementaire à la Justice et M. Lightbound à la Santé quand ils ont travaillé ensemble sur la légalisation du cannabis.

«C’est un homme très brillant. Il ne parle pas français, mais gagnerait à être plus connu au Québec», croit M. Lightbound.

Son gros dossier sera l’interdiction des armes d’assaut de style militaire, une promesse électorale des libéraux. «C’est un sujet qui résonne beaucoup avec ce qui est arrivé à Québec», soit la tuerie du 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée, dans sa circonscription. «Il est plus que temps d’agir là-dessus», tranche-t-il.

Après une session de sept jours pour lancer la 43e législature canadienne, les travaux parlementaires seront ajournés vendredi, en début d’après-midi. Après quoi le député de Louis-Hébert sautera dans le premier vol pour Québec et passera les Fêtes à la maison, avant le retour à la Chambre des communes prévu le 27 janvier.

Le député de Hull-Aylmer, Greg Fergus, a été nommé secrétaire parlementaire auprès du président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, qui est député de la circonscription de Québec.

Politique

Loi sur la laïcité de l'État: «15 à 20 Québécois» auraient répondu à l'appel du Manitoba

WINNIPEG — Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, reconnu pour ne jamais fuir la confrontation, promet une approche encore plus «audacieuse» en 2020. Il a d'ailleurs réitéré son intention de poursuivre sa croisade contre la loi québécoise sur la laïcité de l'État.

Il y a deux semaines, le gouvernement manitobain a acheté de la publicité dans des médias québécois, invitant les employés de l'État qui se sentent menacés par cette loi à déménager au Manitoba, qui cherche à pourvoir des postes bilingues dans sa fonction publique.

Politique

Salaire des députés: un comité indépendant, mais avec quel pouvoir?

Les députés du parlement du Québec s’entendent pour nommer un comité indépendant qui se penchera sur leurs futures conditions de travail, dont le salaire. Mais les élus ne parviennent pas à décider s’ils seront obligés d’écouter ce comité!

«Un consensus ne se dégageant pas quant au caractère exécutoire des recommandations d’un comité indépendant, le Bureau de l’Assemblée nationale poursuivra ses échanges», conclut le rapport sur le processus indépendant de détermination de l’ensemble des conditions de travail des députés déposé jeudi dernier par le président de l’Assemblée nationale, François Paradis.

M. Paradis est aussi président du Bureau de l’Assemblée nationale (BAN), instance composée de députés choisis par leurs pairs et chargée d’établir les règles administratives de l’Assemblée. Le groupe réunit 11 élus, six du gouvernement (CAQ) et cinq de l’opposition (3 du Parti libéral du Québec, 1 de Québec solidaire, 1 du Parti québecois).

Lors de la session parlementaire du printemps, le 6 juin, les députés s’étaient voté une augmentation de leur allocation annuelle de dépenses équivalente à l’impôt fédéral nouvellement appliqué depuis le 1er janvier sur ce montant. Une loi adoptée à 105 contre 10, les 10 députés de Québec solidaire (QS) se prononçant contre cette loi 19.

La semaine suivante, en toute fin de session, l’Assemblée avait mandaté le BAN pour «déterminer le meilleur processus à mettre en place visant à assurer périodiquement, en toute indépendance, la détermination de l’ensemble des conditions de travail des députés». Et cela, au plus tard le 6 décembre 2019.

Le BAN opte donc pour la constitution d’un comité indépendant de trois ou cinq personnes formé «dans les meilleurs délais» au cours du mandat actuel de la Coalition avenir Québec (CAQ). Ce comité devra rendre son rapport au plus tard huit mois après sa création. Un comité qui sera reformé avec de nouveaux membres à toutes les deux législatures, soit environ aux huit ans, afin de mettre le tout à jour.

Le BAN nommera les membres du comité et déterminera leur rémunération et autres avantages obtenus dans l’exercice de leur mandat. On compte recruter parmi les juges à la retraite, jurisconsultes, secrétaires généraux de l’Assemblée nationale à la retraite, anciens députés, personnes du domaine de la gestion des ressources humaines et personnes du domaine de la finance, des assurances ou des régimes de retraite.

Le comité se penchera sur «l’ensemble des conditions de travail des députés et des membres de l’exécutif ayant une incidence monétaire», dont «l’indemnité de base et les indemnités additionnelles, les diverses allocations, le mécanisme d’indexation annuelle, le régime de retraite, les assurances».

Comparaisons

Les membres du comité pourront réaliser les comparaisons avec d’autres parlements au Canada et ailleurs dans le monde, en plus de consulter d’actuels et d’anciens députés, suggère le BAN.

Seul problème, on ne s’entend pas sur le pouvoir à donner aux résultats des travaux de ce comité! Souveraine quant à la détermination des conditions de travail de ses élus, l’Assemblée nationale pourrait dorénavant s’astreindre à «donner suite par règlement à l’ensemble des recommandations du comité indépendant» ou encore simplement accueillir ces recommandations «comme une proposition non contraignante». Et tout le spectre entre les deux.

Les députés provinciaux du Québec obtiennent un salaire annuel de base de 95 704 $. S’ajoutent des primes de fonction selon les postes occupés, comme 71 778 $ de plus (total 167 482 $) pour une tâche de ministre ou de chef de l’opposition officielle. Chacun des 125 députés empoche aussi des allocations de dépenses (17 650 $) et de déplacement (8600 $ à 21 300 $), ces deux derniers montants après soustraction de l’impôt fédéral sur le revenu.

Politique

Jason Kenney vient plaider la cause albertaine à Ottawa

OTTAWA — Le premier ministre de l'Alberta est en visite cette semaine à Ottawa pour obtenir des preuves tangibles que le gouvernement libéral va poser des gestes afin de répondre à certaines des demandes de sa province.

Jason Kenney a déclaré lundi à Ottawa qu'il présentera cinq demandes concrètes au premier ministre Justin Trudeau lors de leur rencontre de mardi. Il souhaite notamment des modifications au programme de stabilisation fiscale et à deux lois fédérales plus strictes en matière d'environnement.

Politique

Les conservateurs demandent une mise à jour économique

OTTAWA — Les conservateurs réclament que le ministre des Finances Bill Morneau présente une «urgente» mise à jour économique qui comprendrait un plan afin de rétablir l’équilibre budgétaire.

En conférence de presse, le porte-parole du parti en matière de finances, Pierre Poilievre, a déclaré dimanche qu’il souhaite que le gouvernement libéral présente cette mise à jour avant le congé des Fêtes. Selon lui, celle-ci devrait comprendre des réductions fiscales pour les entreprises, un plan pour supprimer la paperasserie inutile et un autre pour éliminer le déficit au cours des prochaines années.

Le député de Carleton n’a pas manqué de rappeler que Statistique Canada avait annoncé vendredi la perte de 71 000 emplois en novembre, la plus importante baisse depuis la crise financière d’il y a une dizaine d’années.

Le taux de chômage aux États-Unis est le plus bas depuis 50 ans.

Il a aussi indiqué que le Canada était à la traîne des autres pays du G8 dans plusieurs secteurs.

Les libéraux ont promis au cours de la récente campagne électorale de réduire le déficit à 21 milliards $ d’ici la quatrième année de leur mandat alors que les conservateurs se sont engagés à présenter des surplus de 667 millions $ en 2024-2025.

M. Poilievre souligne que le gouvernement a eu assez de temps pour préparer une mise à jour économique depuis sa réélection en octobre.

«Les nuages planent sur notre économie depuis un long moment. Alors si le gouvernement dit ne pas être prêt pour le temps trouble qui se présente à l’horizon, cela en dit long sur son habileté à diriger», a-t-il soutenu.

Le ministre Morneau dit que le gouvernement entend plutôt réduire les réductions fiscales promises à la classe moyenne. L’économie est résiliente, a-t-il mentionné.

«Même si on doit demeurer vigilant pour affronter tous risques potentiels à notre économique, le Canada compte sur un secteur financier stable et résilient qui soutient notre économie en croissance. Cette croissance se poursuivra puisque nous collaborons avec nos partenaires de partout au pays pour relever les défis immédiats et à long terme, dont ceux du secteur des ressources», a déclaré M. Morneau.

Les néo-démocrates veulent que M. Morneau ajuste son plan afin que les réductions fiscales envisagées ne profitent qu’à ceux dont les revenus ne dépassent pas 90 000 $ par année.

Ainsi, estime le parti dirigé par Jagmeet Singh, cela permettrait de réduire le coût des réductions de 1,6 milliard $. Ce montant pourrait être utilisé pour instaurer un régime d’assurance-dentaire.

«Nous pensons qu’il s’agit d’une proposition construction qui améliorerait concrètement la vie de millions de Canadiens - particulièrement ceux qui en ont le plus besoin», peut-on lire dans le projet de lettre que compte transmettre le NPD à M. Morneau.

Santé

Préposés aux bénéficiaires: McCann a brisé son engagement, accuse l’opposition

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a brisé son engagement envers l'Assemblée nationale en refusant de présenter un plan pour contrer la pénurie de préposés aux bénéficiaires.

Elle s'y était pourtant engagée le 29 novembre en votant en faveur de la motion suivante : «Que l'Assemblée nationale demande à la ministre de déposer un plan d'action à l'Assemblée d'ici la fin de la présente période des travaux».

Or, la session parlementaire s'est terminée dans la nuit de samedi à dimanche avec un bâillon, sans que la ministre dépose quoi que ce soit.

«Nous allons rendre public ce plan d'action éventuellement», s'est défendue Mme McCann en Chambre, samedi.

Elle était talonnée par le porte-parole libéral en santé, André Fortin, qui l'a accusée de ne pas être «prête» à s'attaquer à la pénurie de main-d'oeuvre qui sévit dans le milieu de la santé, plus précisément au chapitre des préposés aux bénéficiaires en CHSLD.

Sur les 4565 postes équivalant à du temps complet qui se sont ajoutés dans le réseau cette année, seulement 350 concernaient des préposés aux bénéficiaires, a révélé Le Devoir la semaine dernière.

Le gouvernement avait calculé au printemps qu'il devait en embaucher 33 036 d'ici cinq ans pour répondre aux besoins des Québécois.

Par ailleurs, le programme de bourse mis sur pied par Mme McCann connaît un succès mitigé. Seulement 645 bourses ont été octroyées sur les 2000 offertes.

«L'engagement, il est brisé à 100 %, a fulminé M. Fortin. Le fameux plan, là, il est tellement secret, M. le Président, qu'il n'est même pas encore écrit. On a compris. Un engagement de la ministre de la Santé, ça ne vaut pas grand-chose», a-t-il renchéri.

Pour Québec solidaire, la situation illustre à quel point le gouvernement caquiste méprise les institutions démocratiques.

Le leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, a fait état, samedi, d'une série d'événements qui démontrent, selon lui, que le gouvernement se moque de l'Assemblée nationale.

Il a rappelé que dans la dernière semaine seulement, les ministres de l'Environnement et de la Famille, Benoit Charette et Mathieu Lacombe, ont commis des fautes, dont un outrage au parlement, et que la semaine a culminé avec un bâillon.

C'est ce même gouvernement caquiste qui, cet automne, au nom du respect de l'Assemblée nationale, avait critiqué sa collègue Catherine Dorion à cause de la manière dont elle était habillée.

«Alors, j'aimerais juste dire, M. le Président, que la prochaine fois qu'on essaiera de faire, ici, des leçons à des députés sur le respect des institutions puis le respect de l'Assemblée nationale, il y a un gouvernement qui devra se regarder dans le miroir», a-t-il déclaré.

Politique

Legault courtise Hollywood

LOS ANGELES — Risque-t-on de voir plus souvent Brad Pitt et Bradley Cooper arpenter les rues de Montréal, en marge du tournage de leur prochain succès au box-office?

C’est du moins ce que souhaite le premier ministre François Legault, qui rencontrera lundi quelques-uns de ceux qui sont reconnus pour tirer les ficelles du cinéma hollywoodien, afin de les convaincre de choisir Montréal pour lieu de tournage de leurs prochaines productions cinématographiques.

Il veut surtout les inciter à changer d’approche, en leur demandant de s’engager à s’installer pour plusieurs tournages à Montréal, au lieu d’y aller à la pièce, procurant ainsi une certaine stabilité d’emploi aux techniciens québécois qui gravitent dans cette industrie.

Mesures fiscales avantageuses

En échange, le premier ministre serait disposé à offrir aux producteurs américains des mesures fiscales avantageuses, sous forme de crédit d’impôt ou autre, ce qui pourrait les convaincre de préférer Montréal à ses deux rivales, Toronto et Vancouver.

C’est en substance ce qu’il a indiqué, dimanche, lors d’une mêlée de presse, à Los Angeles, en marge de la mission de quatre jours qu’il dirige en Californie.

Le monde du cinéma est un des trois enjeux de la mission, avec l’avenir de la bourse du carbone et la recherche de partenariats à conclure entre le monde universitaire et celui de l’industrie.

Année après année, il se tourne toujours davantage de films étrangers au Québec. Mais le premier ministre croit qu’on pourrait faire davantage pour donner un caractère plus «permanent» à ce secteur d’activité en pleine expansion.

«Ce qu’on veut, c’est qu’il y ait plus de permanence» dans l’industrie québécoise du tournage, a indiqué le premier ministre.

«Ce que je veux essayer de faire avec les compagnies de production - Walt Disney, Sony, Netflix - c’est de leur dire : pourquoi vous ne venez pas de façon un peu plus permanente, plutôt que de venir par projet?» a-t-il ajouté, en disant qu’il était prêt à offrir aux géants américains du cinéma «de meilleurs avantages financiers», s’ils sont disposés en retour à garantir «un certain nombre d’emplois sur un certain nombre d’années».

L’idée consisterait à leur remettre une partie des revenus fiscaux additionnels dans les coffres de l’État engendrés par des tournages étrangers procurant «100-200 emplois, au moins sur une période de trois à cinq ans», a calculé le premier ministre, qui ne se fixe pas d’objectif précis, en termes de nombre de tournages idéal à atteindre au Québec dans les années qui viennent.

Pour le trésor québécois, les retombées économiques de ces productions cinématographiques étrangères ne sont pas négligeables.

Et le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec croit lui aussi qu’elles pourraient être encore plus importantes. Le Bureau veut voir les dépenses de tournages étrangers à Montréal atteindre un total de 700 millions $, en 2022. L’an dernier, elles ont frôlé les 400 millions $.

Déjà, pour les attirer chez nous, les producteurs étrangers ont droit à des crédits d’impôt qui peuvent atteindre jusqu’à 36 % des dépenses, principalement sur le coût de la main-d’œuvre.

Par rapport à ses deux rivales canadiennes, Montréal a plusieurs atouts, selon M. Legault. La ville offre un milieu «créatif», sans compter ses deux «immenses» studios, Montréal Grandé et Mels, et son expertise reconnue dans le secteur des effets spéciaux.

Le taux de change, très avantageux pour les Américains, peut aussi peser lourd dans la balance.

Lundi, M. Legault rencontrera donc en rafale les dirigeants de Netflix, de Sony Pictures Studios et de Walt Disney, pour voir s’ils seront réceptifs à ses arguments.

Sur l’heure du midi, il cassera la croûte avec le réalisateur de la série télé à succès Petits secrets, grands mensonges, Jean-Marc Vallée, devenu une valeur sûre à Hollywood, comme en témoignent les prix Emmy reçus pour son travail ces dernières années.

Visite du Staples Center

Après une semaine mouvementée à l’Assemblée nationale, qui s’est conclue par un bâillon sur le projet de loi 34, samedi soir, M. Legault est arrivé dimanche midi à Los Angeles, et, en bon amateur de hockey, n’a pas tardé à se rendre au Staples Center, au centre-ville, pour y rencontrer le président des Kings de Los Angeles, le Québécois Luc Robitaille, lui-même un ancien joueur de l’équipe et membre du Panthéon du hockey.

Accompagné de sa femme, Isabelle Brais, le premier ministre a eu droit à une visite guidée du temple californien du hockey et du basketball, incluant un détour par le vestiaire des joueurs.

Politique

Bâillon: Legault réalise son rêve de jouer dans les tarifs d'Hydro, dit le PQ

Le premier ministre François Legault réalise son vieux rêve de prendre le contrôle des tarifs d'électricité, estime le député du Parti québécois (PQ) et candidat à la chefferie, Sylvain Gaudreault.

Les élus siégeront jusqu'à tard en soirée samedi, car le gouvernement caquiste a choisi d'imposer le bâillon et forcer l'adoption expéditive du projet de loi 34, qui gèle les tarifs d'électricité en 2020 pour ensuite les faire grimper à l'inflation, notamment

Il soustrait Hydro-Québec à un examen annuel de la part de la Régie de l'énergie.

«J'ai siégé avec M. Legault dans un même parti et je me souviens de l'avoir entendu se lever souvent pour dire: "Ah, il faudrait dégeler les tarifs d'Hydro"», a déclaré M. Gaudreault en point de presse samedi.

«Dans le fond de lui-même, il est en train de réaliser un vieux rêve de pouvoir remettre les deux mains dans la fixation des tarifs d'électricité pour en faire une taxe déguisée pour financer l'éducation, la santé et d'autres services», a-t-il ajouté.

Furieux, il a qualifié le projet de loi 34 de «bullshit». Selon lui, non seulement le gouvernement renie sa promesse de rembourser 1,5 milliard $ de trop-perçus aux Québécois, mais il leur impose des hausses de tarifs de 600 millions $ pour les cinq prochaines années.

Le 12 juin dernier, le ministre de l'Énergie, Jonatan Julien, claironnait: «Les mesures que nous mettons en place dès janvier 2020 permettront de retourner près de 1,5 milliard $ sur cinq ans aux clients d'Hydro-Québec sous forme de remise et d'économies».

Mensonge, a crié samedi Québec solidaire (QS), tandis que M. Gaudreault se désolait que M. Julien se soit «laissé embobiner comme un pauvre type dans la farine» par Hydro-Québec, qui a un «appétit gargantuesque» et qui «se réveille la nuit pour haïr la Régie de l'énergie».

Urgence?

De son côté, le gouvernement plaide l'urgence d'adopter le projet de loi 34, car il lui permettrait de retourner 500 millions $ dès janvier aux clients d'Hydro-Québec. Selon M. Julien, pour les clients résidentiels, cela correspond à un crédit de 60 $ sur leur facture.

Il s'agit du troisième bâillon en six mois pour le gouvernement Legault. En juin dernier, il avait adopté à toute vapeur le projet de loi 21 sur la laïcité de l'État et le projet de loi 9 réformant le système d'immigration.

Il n'y a aucune urgence concernant le projet de loi 34, a martelé samedi le chef intérimaire du Parti libéral du Québec (PLQ), Pierre Arcand, qui croit que le gouvernement a simplement «besoin de cet argent-là pour financer, évidemment, ses nombreuses promesses électorales».

«Nous nous rappellerons tous de cette soirée du 7 décembre 2019, cette fameuse soirée où la CAQ aura ignoré l'avis de tous les experts du Québec afin d'augmenter les tarifs d'électricité. [...] Le bulldozer caquiste aura encore une fois sévi», a-t-il tonné.

Le gouvernement, tant qu'à invoquer l'urgence, aurait pu poursuivre l'étude du projet de loi la semaine dernière, mais ne l'a pas fait — «Heille! Vous ne nous avez même pas convoqués!» s'est exclamé M. Gaudreault.

Aux yeux de QS, M. Legault se comporte comme le «pdg» du parlement, alors qu'il n'a obtenu que 37 % des voix exprimées aux dernières élections.

«Insignifiants»

La députée Ruba Ghazal, de QS, a d'ailleurs dressé la longue liste des opposants au projet de loi: Option Consommateurs, Union des consommateurs, Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, Regroupement des organismes environnementaux en énergie, Institut de recherche et d'informations socioéconomiques, Association québécoise de la production d'énergie renouvelable, Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Association de l'aluminium du Canada, Conseil de la transformation alimentaire du Québec, Stratégies énergétiques, les experts Jean-François Blain, Jean-Pierre Finley, Jean-Thomas Bernard, Sylvain Audet, Normand Mousseau, Pierre-Olivier Pineau, François Tanguay, les anciens ministres Guy Chevrette, Rita Dionne-Marsolais, François Gendron et Pierre Moreau.

Les libéraux ont ajouté à cette liste le Conseil du patronat et la FADOQ, ce groupe de défense des aînés.

Combatif, François Legault a néanmoins amorcé la période des questions, samedi, en répétant à trois reprises la phrase de Talleyrand: «Tout ce qui est excessif est insignifiant». Il a accusé M. Arcand, qui critiquait le projet de loi, de tenir des propos «excessifs». Le Parti libéral en a conclu que le premier ministre traitait donc tous les opposants «d'insignifiants».

M. Legault a rappelé que les élus avaient passé plus de 100 heures à étudier seulement deux des 22 articles du projet de loi 34.

«C'est combien de temps la démocratie? Mille heures? Deux mille heures? Moi je pense qu'après 100 heures, les gens autour de la table ont dit ce qu'ils avaient à dire. Après 100 heures, il est temps qu'on passe au vote», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Politique

Jason Kenney ira à la rencontre de Justin Trudeau la semaine prochaine

EDMONTON — Le premier ministre Justin Trudeau et son homologue albertain Jason Kenney se rencontreront bientôt pour la première fois en personne depuis les élections fédérales.

M. Kenney indique qu'il sera de passage à Ottawa lundi et mardi, en compagnie de huit de ses ministres et autres hauts fonctionnaires, pour discuter de questions allant de la construction d'oléoducs à la péréquation.

Cette délégation albertaine compte faire valoir que la province a été «un contributeur énorme aux emplois et à la prospérité, aux programmes sociaux et au progrès social du Canada», affirme-t-on.

M. Kenney précise qu'il s'entretiendra lundi avec le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Jagmeet Singh, et le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer. Sa rencontre avec Justin Trudeau est pour sa part prévue mardi, en après-midi.

Il veut saisir l'occasion pour lui faire part d'une résolution adoptée à l'unanimité lors de la récente conférence des dirigeants provinciaux et territoriaux en faveur d'une réforme du programme de stabilisation fiscale. Ce fonds aide les provinces à faire face à des baisses de leurs revenus qui ne sont pas tirés des ressources naturelles, mais l'Alberta se dit désavantagée en raison de plafonds liés à la taille de sa population. M. Kenney dit constater une «ouverture» du gouvernement fédéral à discuter des modifications réclamées.

Le premier ministre albertain veut également faire pression sur Ottawa afin qu'une date soit fixée pour l'achèvement de l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain. Il compte aussi réitérer ses préoccupations face à la réglementation fédérale interdisant les pétroliers sur la côte nord de la Colombie-Britannique et face aux critères d'approbation des mégaprojets énergétiques.

Son tête-à-tête avec Justin Trudeau posera un nouveau jalon dans ce qui constitue une relation complexe et parfois très tendue entre les deux hommes, autrefois des adversaires à la Chambre des communes.

Après avoir quitté la politique fédérale et accédé à la tête du Parti conservateur uni de l'Alberta, Jason Kenney avait dépeint Justin Trudeau comme un amateur. Il en avait même fait une cible dans sa propre campagne électorale au printemps dernier, en présentant la première ministre sortante, la néo-démocrate Rachel Notley, comme le laquais de M. Trudeau et de ses prétendus efforts pour nuire à l'industrie du pétrole.

Puis, aux élections fédérales, Jason Kenney a appuyé le chef conservateur fédéral Andrew Scheer, en prétendant qu'un deuxième mandat libéral serait catastrophique pour l'économie albertaine.

Justin Trudeau a finalement été réélu le 21 octobre, à la tête d'un gouvernement minoritaire toutefois, et les libéraux ont été rayés de la carte en Alberta et en Saskatchewan. Il a depuis tendu la main à ces deux provinces, envoyant notamment sa vice-première ministre Chrystia Freeland pour disctuer avec M. Kenney et le premier ministre de la Saskatchewan Scott Moe la semaine dernière.

Politique

Bilan de session: virage à droite, dénonce l’opposition

Pour l’opposition, la CAQ va trop vite, sans consulter. Mais n’y voyez pas d’improvisation, préviennent les autres partis. Québec solidaire constate là «une idéologie conservatrice», tandis que le Parti québécois compare le gouvernement actuel à l’Union nationale!

À l’avant-dernière journée des travaux parlementaires, Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) ont livré leur bilan de session, vendredi.

Les deuxième et troisième oppositions à l’Assemblée nationale du Québec ont tiré à boulets rouges sur les erreurs faites par la CAQ au cours des derniers mois. À commencer par la «désastreuse réforme du PEQ» (Programme d’expérience québécoise) en immigration, comme l’a dit le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Jolin-Barrette dans la mire

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, s’avère la cible privilégiée des critiques de l’opposition. Pas seulement pour son rôle dans le PEQ, mais aussi à titre de leader parlementaire du gouvernement, après une session aux travaux houleux et parfois acrimonieux.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, souligne que «les réponses robotiques» de M. Jolin-Barrette «manquai[en]t d’humanisme». Humanisme que les députés péquistes, passés de dix à neuf durant l’année, ont apporté aux débats toute la session, croit-il.

Son coéquipier Martin Ouellet propose de son côté à M. Jolin-Barrette d’adresser le vœu suivant au père Noël : «Donne-moi des oreilles, donne-moi un cœur et je serai meilleur.»

Québec solidaire affirme pour sa part que les caquistes «ont déclaré la guerre aux contre-pouvoirs». «En démocratie, les contre-­pouvoirs, ce n’est pas des décorations. C’est pour freiner les mauvais réflexes des politiciens, c’est pour empêcher les abus, c’est pour garder le public informé», rappelle M. Nadeau-Dubois.

Continuer de déranger

Pour 2020, QS vise à imposer davantage l’enjeu des changements climatiques dans le débat public. On reconnaît aussi que cette première année complète à titre de groupe parlementaire officiel, avec 10 députés, a forcé une courbe d’apprentissage ultra rapide. «On mange nos croûtes vite», illustre la co-porte-parole Manon Massé, dans son langage coloré.

Pas question toutefois pour les solidaires de s’adoucir ou d’exiger davantage de conformité vestimentaire de leur députée de Taschereau, à Québec, Catherine Dorion.

«Québec solidaire dérange, a dérangé et va continuer de déranger. C’est dans notre ADN de bousculer, et Catherine est une de nos députés qui bousculent. Mais ça ne nous a pas empêchés de faire notre travail et les gens nous ont entendus. À la longue, on va se rendre compte que Québec solidaire marche toujours dans le même sens», prédit Mme Massé.

Fier des sondages en hausse, le PQ doit amorcer 2020 avec une course à la chefferie réussie, selon M. Bérubé.

Le Parti libéral (PLQ) s’était livré au même exercice la veille, jeudi. Quatorze mois après avoir perdu le pouvoir, le PLQ et ses 28 élus se sont posés en «défenseurs des intérêts des gens». Si l’année 2019 se termine sur un revers amer à l’élection partielle dans Jean-Talon, à Québec, lundi dernier, les libéraux veulent profiter de leur course à la chefferie pour retrouver un élan positif en 2020.

Tout ce beau monde participera à une période de prolongation des travaux parlementaires, samedi, pour voter sous bâillon le projet de loi numéro 34 sur les tarifs d’Hydro-­Québec. Les parlementaires reviendront ensuite au Salon bleu le 4 février.

Politique

Partielle dans Jean-Talon: une péquiste derrière la nouvelle députée caquiste

Ancienne candidate et péquiste toujours convaincue, Diane Lavallée a quand même accueilli avec grand bonheur la victoire électorale de la caquiste Joëlle Boutin, dans Jean-Talon.

Lundi dernier, jour du vote pour l’élection partielle. Mme Lavallée met la main à la pâte du Parti québécois en faisant des appels téléphoniques pour le candidat bleu foncé, Sylvain Barrette. La dame a représenté le PQ lors de deux élections générales : dans Jean-Talon, dans les années 1990, et l’an dernier, dans Taschereau.

Mais lundi soir venu, quand le triomphe de Mme Boutin et de la CAQ s’est confirmé, elle ne s’est pas gênée pour applaudir. Et deux fois plutôt qu’une.

«Je suis fière que ce soit une jeune femme, que je connais en plus. Et ça m’a rappelé de bons souvenirs!» a confié Mme Lavallée au Soleil, cette semaine.

Après s’être affrontées dans des débats régionaux durant la campagne électorale de 2018, perdante pour les deux, les deux femmes que 23 ans séparent se sont liées d’amitié.

«On a développé des affinités et après les élections, Joëlle m’a rappelée pour savoir si j’acceptais d’être sa mentore dans ses responsabilités de cheffe de cabinet [du ministre délégué Éric Caire]. Avec l’expérience que j’ai dans la haute fonction publique, elle trouve mon parcours intéressant pour lui donner certains conseils, même si elle est déjà très débrouillarde avec un bon jugement.

«On s’est revues à quelques reprises dans la dernière année pour échanger sur sa vision, son développement professionnel et politique», poursuit la femme de 63 ans, que le public a d’abord connue comme présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, avant qu’elle devienne gestionnaire dans la haute fonction publique québécoise.

«Au-delà de toute partisanerie, je regarde les personnes pour ce qu’elles sont!» tranche celle qui a des amis dans tous les partis. «Joëlle est une femme intelligente, qui va en politique pour les bonnes raisons. Elle veut vraiment servir la population, est très travaillante, engagée. Comme femme d’une autre génération, ça me fait plaisir de jouer un rôle de mentore auprès d’une femme de cœur avec un grand potentiel comme elle.»

Pas assez de chicane

Mme Lavallée a aussi savouré une petite vengeance personnelle datant de 25 ans. À ses premières élections, dans Jean-Talon, la candidate du Parti québécois avait perdu par 24 voix au terme d’un recomptage judiciaire de presque un mois.

La politicienne recrue avait en outre donné naissance à son premier fils une semaine avant le déclenchement des élections de l’été 1994. «Pas le temps de faire de dépression post-partum!» s’esclaffe-t-elle, ravivant ce qu’elle considère comme de bons souvenirs malgré la défaite.

«J’avais à peu près l’âge de Joëlle [qui a 40 ans], même un peu plus jeune. J’ai vécu les hauts et les bas! La journée du vote, j’avais gagné par 500 voix, mais j’ai perdu ma majorité par le dépouillement des votes par anticipation. Donc à 9h10, Bernard Derome me donnait gagnante et à 9h40, perdante», raconte-t-elle.

Elle souligne le respect qui régnait entre elle et sa principale rivale, la libérale Margaret Delisle. 

«On avait beaucoup d’estime l’une pour l’autre. Même que nos organisateurs politiques trouvaient qu’on était trop gentilles! Mais on a fait de la politique autrement et les deux, on en était très fières. Je me disais qu’au moins, que ce soit elle ou moi qui gagne, une autre femme entrerait à l’Assemblée nationale. Et aujourd’hui, je suis contente de voir entrer une jeune femme comme Joëlle», fait valoir Mme Lavallée.

Elle habite encore la circonscription du secteur Sainte-Foy–Sillery; elle a voté à la récente partielle. On ne lui a pas demandé pour qui.

Dur coup pour le PQ

La Coalition avenir Québec est devenue lundi le premier parti autre que le Parti libéral à remporter Jean-Talon en 19 élections et 53 ans d’existence de la circonscription.

Ce revers historique provoque des remises en question dans le camp libéral. Mme Lavallée connaît la candidate Gertrude Bourdon pour l’avoir côtoyée quand elle œuvrait comme directrice générale de l’Association québécoise des établissements de santé et que Mme Bourdon en était membre, à titre de présidente-directrice générale du CHU de Québec.

«Gertrude Bourdon est une femme de grande valeur, une grande gestionnaire reconnue. Malheureusement, sa mauvaise entrée en politique l’année dernière lui colle à la peau. Je ne pense pas que c’était la candidate de choix pour le Parti libéral», analyse-t-elle.

Si la défaite libérale est amère, Mme Lavallée admet que celle du Parti québécois l’est tout autant, pour d’autres raisons. Le PQ n’a obtenu que 9,3 % des voix.

«C’est peu. C’est même moins qu’aux élections de l’année dernière [14,5 %]. Mais les gens de Jean-Talon, même des péquistes, voulaient sortir le Parti libéral en misant sur la CAQ», constate celle qui est toujours membre du PQ, mais moins militante.

Pas de doute pour elle, «le résultat de l’élection partielle dans Jean-Talon est une autre évidence qu’il y a un renouvellement à avoir» au PQ. «Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus de gens qui y croient [à l’indépendance]. Le projet souverainiste demeure toujours pertinent et beaucoup de jeunes y adhèrent, que ce soit par le Parti québécois, Québec solidaire et aussi Ambition Québec.»

L’ancienne députée péquiste devenue indépendante Catherine Fournier, fondatrice du projet Ambition Québec, fait partie de ces politiciennes de la relève que côtoie Mme Lavallée. Son fils Hubert, le bébé électoral de 1994, est conseiller politique de Mme Fournier.

Quant à une candidature en 2022, Diane Lavallée préfère «laisser la chance à des plus jeunes de faire la lutte». Ce qui est loin de la cantonner à une retraite inactive, elle qui aide entre autres des réfugiés à s’intégrer dans la région de Québec.

Politique

Le ministre Blair refuse de dire si l'arme de Marc Lépine sera interdite

OTTAWA — Au 30e anniversaire de la tuerie à l'École Polytechnique, le gouvernement Trudeau souligne sa promesse d'interdire des armes d'assaut de style militaire mais refuse de dire si l'interdiction à venir s'appliquera à l'arme utilisée par Marc Lépine.

Aux Communes vendredi matin, c'était l'heure des discours commémoratifs. Le premier ministre Justin Trudeau a profité de son temps de parole pour souligner que son gouvernement a l'intention d'interdire «le genre d'arme utilisée à l'École Polytechnique».

«Nos gestes en disent plus long que nos mots», a d'abord noté M. Trudeau dans son discours. «Ces armes conçues pour tuer le plus grand nombre de personnes possible dans le plus court laps de temps possible n'ont pas de place dans nos communautés, dans nos rues, dans notre pays», a-t-il ajouté.

Tous les députés l'ont alors applaudi, sauf les élus conservateurs. Il y a toutefois eu une exception dans les bancs de l'opposition officielle. Un des 10 députés conservateurs québécois, l'élu de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, a participé aux applaudissements.

Quelques heures plus tard, le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a tenté de préciser le message.

«Ce que (le premier ministre) a dit (...) c'est que nous faisons le travail nécessaire pour interdire les armes semblables à celle utilisée dans cet événement tragique il y a 30 ans», a déclaré le ministre.

Pas question d'identifier le Ruger Mini-14 par son nom, malgré l'insistance des journalistes.

«Ce que je ne veux pas provoquer comme phénomène, c'est que des individus aillent s'acheter ces armes avant que ne soit publiée la liste (des armes éventuellement interdites)», a fini par lâcher le ministre pressé de questions.

Et il a tenu à répéter à plusieurs reprises que lorsque cette liste sera publiée, il fera connaître les critères utilisés pour la dresser.

Pour l'opposition bloquiste, le message du discours de M. Trudeau semblait pourtant clair.

«J'ai cru entendre (...) que le premier ministre avait bel et bien dit qu'il allait s'assurer du bannissement de cette arme-là», a affirmé le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

La prudence du ministre Blair ne plaît pas à sa collègue libérale de Brossard-Saint-Lambert, «déçue» qu'on n'ait pas encore banni cette arme, 30 ans après la tuerie.

«Ça nous laisse dans des beaux débats de caucus», a fait remarquer Alexandra Mendès, décrivant le caucus libéral «à l'image du pays», c'est-à-dire divisé sur la question du contrôle des armes à feu.

«Le ministre Blair est (...) très engagé à arriver à une décision mais c'est le comment, je crois, qui actuellement est le plus difficile», a-t-elle tout de même offert.

Mme Mendès a cru bon rappeler le prix politique payé par son parti lorsqu'il a mis en place un registre d'armes d'épaule.

La tuerie de Polytechnique avait donné naissance à une campagne pour le contrôle des armes à feu, campagne qui, après plusieurs années de lutte, avait convaincu le gouvernement libéral de Jean Chrétien de mettre sur pied ce registre. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper l'a détruit.

La semaine dernière, Polysesouvient a rappelé aux libéraux leur promesse d'étendre le contrôle des armes à feu. Et à la lecture de la lettre signée par Heidi Rathjen et Nathalie Provost, on comprend que le groupe croit que la promesse libérale couvre le Ruger Mini-14.

«Nous anticipons enfin le bannissement du Ruger Mini-14, l'arme utilisée pour tuer quatorze de nos filles ou consoeurs et en blesser autant d'autres en moins de 20 minutes», dit la lettre adressée au ministre Blair.

Extraits des discours aux Communes

Andréanne Larouche, députée bloquiste: «L'attentat antiféministe de Polytechnique n'a pas fait que 14 victimes. Il en a fait beaucoup plus: des milliers, des millions. Le Québec tout entier, 30 ans plus tard, vit encore avec ce fardeau, ce sentiment désagréable de s'être sali.»

Jagmeet Singh, chef du NPD: «Trente ans après que les Canadiennes et les Canadiens aient dit "plus jamais" à la suite de la tragédie de l'École Polytechnique, nous devons reconnaître collectivement qu'il nous reste un long chemin à parcourir pour respecter cet engagement.»

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur: «Il est tout à fait inacceptable que la violence faite aux femmes soit d'actualité. C'est pourquoi je me propose et je propose à tous les Canadiens de ne pas se contenter d'être respectueux envers les femmes. Soyons également proactifs et prouvons par des gestes concrets à quel point nous avons à coeur la sécurité et la dignité de chaque vie, de chaque femme.»

Justin Trudeau, premier ministre: «Nos gestes en disent plus long que nos mots. (...) Ces armes conçues pour tuer le plus grand nombre de personnes possible dans le plus court laps de temps possible n'ont pas de place dans nos communautés, dans nos rues, dans notre pays.»

Jenica Atwin, députée du Parti vert: «Il ne s'agissait pas d'un acte isolé, mais plutôt la conséquence directe de la misogynie rampante dans notre société. Cette violence qui cible spécifiquement les femmes n'a toujours pas été éradiquée dans nos communautés.»

Politique

Catherine Dorion n’a pas l’impression de nuire à QS

La députée solidaire Catherine Dorion jure qu’elle n’a pas l’impression de nuire à son parti et entend conserver la même approche lors de la prochaine session parlementaire.

«Je n’ai pas l’impression que j’ai fait ombrage» aux autres députés de Québec solidaire, a expliqué Mme Dorion vendredi en marge du bilan de session de sa formation politique.

La députée s’est fait accuser cet automne de contrevenir au décorum, notamment à cause d’une photo d’Halloween prise au Salon rouge et publiée sur Instagram, et d’un coton ouaté porté au Salon bleu.

Plus de détails sur le site de La Presse

Politique

Andrew Scheer encore en mode campagne électorale

OTTAWA — La campagne électorale est peut-être terminée, mais pas pour Andrew Scheer.

Lors de sa réplique au discours du Trône, vendredi, le chef conservateur a averti qu’il utiliserait «tous les outils» à la disposition de son parti pour s’opposer aux éléments du gouvernement Trudeau «qui risquent de faire du tort aux Canadiens et aux Canadiennes».

«Nous serons constamment aux aguets avec de meilleures politiques et un meilleur plan pour remplacer ce gouvernement quand il tombera», a-t-il dit.

Depuis plusieurs jours, le chef conservateur - dont le leadership est contesté - se bombe le torse et laisse entendre que le règne minoritaire des libéraux pourrait être très court pour le bien de l’unité nationale.

Selon M. Scheer, le premier ministre ne doit pas sous-estimer la «profonde aliénation» de l’Alberta et de la Saskatchewan, qui n’ont pas fait élire de députés libéraux le 21 octobre dernier.

S’exprimant en français, M. Scheer a également attaqué le Bloc québécois, qui n’aurait pas suffisamment porté les demandes du gouvernement Legault à son avis, avant d’annoncer qu’il appuierait le discours du Trône.

Le chef conservateur a rappelé la promesse de son parti de rendre la lutte contre les changements climatiques globale et a présenté un amendement au discours du Trône afin d’annuler la taxe sur le carbone au pays.

Puis, il a servi un ultimatum au gouvernement Trudeau et aux partis d’opposition: sont-ils du côté des activistes qui s’opposent à l’énergie canadienne ou du côté des travailleurs dans l’industrie du gaz et du pétrole?

Le néo-démocrate Charlie Angus a eu une réponse cinglante au discours de M. Scheer, l’accusant de verser dans les «théories de la conspiration» alors que «la terre est en train de fondre sous ses pieds».Il a aussi accusé M. Scheer d’accentuer les divisions régionales avec sa rhétorique.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, est d’avis que M. Scheer tente de détourner l’attention des enjeux internes chez les conservateurs en laissant planer une autre élection imminente.

Trudeau réplique à Scheer

Le premier ministre Justin Trudeau a décidé de laisser tomber son discours écrit à l’avance pour répondre aux doléances du chef conservateur, point par point, et sans notes.

Il a rappelé que son gouvernement était d’accord avec la majorité des points soulevés par M. Scheer, à quelques exceptions près.

Sur les changements climatiques, le premier ministre a répété que son gouvernement compte être «ambitieux» parce que «c’est exactement ce que 60 % des Canadiens nous ont demandé».

Il n’a pas l’intention de reculer sur la tarification du carbone, mais estime du même coup que les Canadiens les moins nantis, soumis au programme fédéral, recevront plus d’argent dans leurs poches au final.

«Une des choses les plus importantes, ça va être qu’on réduise un petit peu l’intensité du débat politique qui entoure ces questions-là», souligne M. Trudeau.

Le premier ministre a aussi mis de l’avant ses baisses d’impôt, qui s’inspirent d’une proposition conservatrice, ajoutant qu’il cherchera des «terrains d’entente» avec tous les partis d’opposition.

Cet appel à la collaboration a visiblement été entendu par au moins l’un des députés de M. Scheer.

Dans une déclaration, l’Ontarien Scott Aitchison dit qu’il est «temps que tout le monde travaille ensemble» après une campagne électorale qui a semé la division.

«Dans ce Parlement minoritaire, j’espère qu’on va baisser le ton sur la rhétorique, augmenter le positivisme et s’atteler à l’édification de la nation», a-t-il déclaré.

«Hypocrites!»

Il n’a fallu qu’une heure ou deux avant que le ton monte à la Chambre des communes.

La députée conservatrice albertaine Michelle Rempel Garner a accusé les libéraux d’être des «hypocrites» qui «boivent des smoothies au chou frisé» et souhaitent la fin de l’industrie pétrolière, alors qu’ils se battent pour l’industrie automobile en Ontario ou l’aérospatiale au Québec - qui consomment du pétrole.

«Hypocrites! Quiconque dit que les citoyens de ma circonscription ont des emplois sales et n’ont pas le droit de travailler est hypocrite. Parce que personne n’est prêt à (s’occuper des) changements climatiques de façon individuelle dans ce pays. On met l’entière responsabilité sur les gens dans ma circonscription», s’est-elle insurgée.

Mme Rempel Garner prévient que le sentiment séparatiste en Alberta n’est pas si marginal et pourrait prendre de l’ampleur si rien n’est fait. «Les gens ne sentent pas qu’ils ont leur place dans ce pays», se désole-t-elle.

Politique

Bilan de session : «Attachez vos ceintures, on va continuer !» dit Legault [VIDÉO]

Non seulement le gouvernement québécois poursuivra dans la même direction en 2020, mais François Legault compte appuyer sur l’accélérateur. «Attachez vos ceintures, on va continuer !» a lancé le premier ministre, vendredi, lors de son bilan de session.

Avertissement à ceux pour qui la Coalition Avenir Québec (CAQ) pèche par excès d’impatience dans ses actions. Comme les partis d’opposition, qui réclament plus de consultation.

Critique que le leader parlementaire du gouvernement et super-ministre Simon Jolin-­Barrette prend en partie sur son dos, sachant fort bien que sa réforme ratée du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), en immigration, aura été le faux pas majeur du gouvernement cet automne.

«J’ai appris l’importance de bien consulter!» a répondu M. Jolin-­Barrette, avec le sourire, questionné sur ce que 2019 lui a enseigné.

M. Jolin-Barrette et la vice-­première ministre, Geneviève Guilbault, accompagnaient leur patron dans le chic hall d’entrée de l’édifice Honoré-Mercier, qui loge les bureaux du premier ministre.

Pour bien clore cette première année civile complète au pouvoir, M. Legault a répété vouloir «respecter toutes nos promesses». Donc pour connaître la suite du programme, retournez voir la plateforme électorale de 2018.

Plus facile que prévu

«Je m’attendais à ce que la première année soit plus difficile», a reconnu M. Legault. «Je me disais : je n’ai jamais été premier ministre; à part Marguerite Blais, je n’ai aucun ministre qui a déjà été ministre; on a recruté nos employés un peu au PQ, un peu au Parti libéral, un peu des gens qui n’avaient jamais fait de politique.

«Donc, je craignais la première année. Je me disais que ça nous prendrait sûrement une année d’ajustement. Mais là, ça va tellement bien que je me dis que peut-être que le plus difficile est passé! On va être meilleurs que la première année!»

Le mot «efficacité» est revenu dans les réponses du premier ministre, qui a confié que même sa mère est efficace.

Un autre indice de la volonté gouvernementale de suivre l’avenue empruntée depuis 14 mois, et de manière accélérée si possible, est venue de la vice-première ministre Geneviève Guilbault. Qui n’aura par contre d’autre choix que de s’arrêter dans les prochaines semaines pour donner naissance à son deuxième enfant.

«On a tous été confrontés au fait que, malheureusement, la façon dont le système est fait, on ne peut pas toujours aller aussi vite qu’on le souhaiterait. Même si les intentions sont là et partagées par une majorité de Québécois», a constaté Mme Guilbault.

«C’est un apprentissage qu’on partage tous de devoir s’astreindre à cette patience parlementaire et gouvernementale pour être capables de livrer intelligemment ce à quoi les Québécois s’attendent. Mais l’expérience avançant et le mandat avançant, on va juste être de meilleur en meilleur pour livrer ce qu’on a à livrer», promet-elle.

Le bulletin Jean-Talon

Sur la réforme de l’immigration, le chef persiste. «On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Quand on fait de grands changements comme ça, ça peut arriver qu’on ait besoin de faire des ajustements. Mais la dernière chose qu’on doit faire, c’est de protéger le statu quo et de ne rien faire», affirme M. Legault.

«Ça peut arriver qu’on aille parfois de façon un peu rapide et on corrige quand on ne s’en va pas tout à fait là où on voulait aller. Les Québécois apprécient cette façon de faire et sont fiers de leur gouvernement. Notre objectif est de continuer dans cette direction et d’en faire encore plus, en 2020», poursuit le PM, sur l’orientation générale pour la prochaine année.

Le premier ministre estime avoir obtenu son bulletin lors de la récente élection partielle dans Jean-Talon, à Québec, où la CAQ l’a emporté haut la main avec 43 % des voix. Joëlle Boutin est ainsi devenue la 76e députée caquiste sur 125.

La session d’automne, qui a duré 11 semaines, a permis le dépôt de 19 projets de loi et l’adoption de 14 avec celui de samedi. En comparaison, en 15 semaines d’activité parlementaire au printemps dernier, la CAQ avait déposé 30 projets et en avait fait adopter 15.

Les travaux parlementaires pour 2019 se concluent samedi avec un troisième projet de loi adopté sous le bâillon en six mois, cette fois celui sur les tarifs d’Hydro-­Québec. Le premier ministre Legault prendra ensuite la direction de la Californie, où il sera en mission quelques jours.

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Politique

Mode de scrutin: 1,7 million $ pour les deux camps au référendum de 2022

L'État accordera au total 1,7 million $ aux deux camps pour le référendum sur la réforme du mode de scrutin en 2022.

Le gouvernement Legault a ainsi fait connaître, jeudi, l’encadrement qu’il souhaite pour la campagne référendaire.

L’étude du projet de loi 39 sur la réforme du mode de scrutin ne commencera que le 22 janvier, avec la comparution de plusieurs organismes, syndicats, experts, etc. Donc c’est seulement après que les élus étudieront chacun des articles et les amendements proposés.

En vertu de la liasse d’amendements déposée par la ministre responsable, Sonia LeBel, le Directeur général des élections (DGE) choisira un organisme sans but lucratif pour être à la tête de chacun des deux camps.

Toujours selon les propositions du gouvernement, les camps du Oui et du Non obtiendront chacun 850 000 $ et la limite de dépenses référendaire de chacun des camps a été fixée à 1,5 million $. La contribution maximale autorisée pour chaque électeur serait de 200 $.

Les partis, les élus ou les candidats aux élections ne pourraient être administrateurs ou dirigeants d’un camp, mais pourront bien sûr s’exprimer ou militer pour un camp ou l’autre.

La campagne référendaire commencera le 1er mai 2022 et le référendum aura lieu en même temps que l’élection générale de 2022, soit le 3 octobre.

Rappelons que le premier ministre François Legault se trouve en quelque sorte à renier un de ses engagements électoraux avec ce processsus de réforme. En effet, il s’était engagé en mai 2018, s’il devenait premier ministre, à procéder à une réforme du mode de scrutin dans un premier mandat, donc à temps pour l’élection de 2022.

Or finalement, si les électeurs votent pour un nouveau mode de scrutin, il sera en place seulement aux élections de 2026.

En vertu du modèle proposé dans le projet de loi 39, le Québec serait toujours représenté par 125 députés, mais l’Assemblée nationale ne compterait plus que 80 députés élus selon le mode uninominal à un tour actuel, auxquels s’ajouteraient 45 députés de liste, non élus, associés à une région déterminée et choisis par leur parti en fonction du nombre de votes obtenus dans cette région.

Au lieu des 125 circonscriptions actuelles, le territoire québécois compterait 80 circonscriptions, épousant essentiellement les contours des circonscriptions fédérales, et 17 régions électorales. Il y aurait deux exceptions: les Îles-de-la-Madeleine et Ungava.

L’idée de base de la réforme consiste à faire en sorte que le nombre de sièges occupés par un parti à l’Assemblée nationale corresponde le plus près possible au pourcentage de votes obtenu par ce parti.

Un parti devra avoir obtenu au moins 10 pour cent du vote populaire pour participer au partage des 45 sièges de régions.

En octobre dernier, la CAQ a récolté 37 pour cent du vote populaire, mais a obtenu 59 pour cent des sièges de l’Assemblée nationale, un exemple de distorsion que le nouveau mode de scrutin aiderait à corriger.

On sait déjà que deux partis d’opposition, le Parti québécois et Québec solidaire, appuient l’idée d’un changement du mode de scrutin, alors que l’opposition libérale est réticente. M. Legault a dit que le gouvernement devrait avoir l’assentiment du PQ et de QS pour donner toute sa légitimité à la future loi 39.

Politique

Discours du trône: Trudeau promet un gouvernement à l’écoute

OTTAWA — Justin Trudeau s’engage à mener un gouvernement minoritaire «réceptif aux nouvelles idées», dont celles de l’opposition. C’est ce qu’assure le discours du Trône livré jeudi après-midi.

La gouverneure générale Julie Payette a fait la lecture, au Sénat, du document préparé par le gouvernement libéral. Ce discours marque le début des travaux du Parlement.

Il reprend les thèmes de la campagne libérale qui a conduit à l’élection d’un gouvernement minoritaire : lutte aux changements climatiques, réduction d’impôt pour la classe moyenne, logements abordables, contrôle des armes à feu.

Mais le premier ministre Trudeau a aussi cru bon de prendre acte de la colère albertaine qui s’est faite bruyante ces derniers mois. «Les préoccupations économiques régionales d’aujourd’hui sont à la fois justifiées et importantes», note le discours.

Tout en réitérant que les changements climatiques sont un des enjeux «les plus graves et pressants de notre temps» et tout en assurant que «la tarification de la pollution» — ou un prix sur le carbone — est là pour rester, le gouvernement s’engage à nouveau à acheminer les ressources canadiennes vers de nouveaux marchés, faisant ainsi référence, sans le nommer, au pipeline Trans Mountain.

Pas de révision des cibles

Le gouvernement promet d’avoir recours à «des solutions axées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques, comme planter deux milliards d’arbres». Rien dans le document n’annonce une révision des cibles des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2030, révision réclamée à hauts cris par le Parti vert, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD), ainsi que par les groupes environnementalistes.

Le discours s’attarde sur le besoin de réconciliation avec les Premières Nations. Il promet d’indemniser «équitablement et en temps opportun» tous ceux qui ont été «blessés par le système d’aide à l’enfance». Il n’annonce cependant pas l’abandon de l’appel de la cause qui est devant les tribunaux, abandon réclamé par les néo-démocrates.

Le NPD trouve toutefois dans les pages de ce discours un engagement clair pour la mise sur pied d’une assurance médicaments. Il y a même là une ouverture pour un possible régime universel de soins dentaires.

«Le gouvernement est réceptif aux nouvelles idées provenant de tous les parlementaires, les parties intéressées, les fonctionnaires et les Canadiens — des idées comme les soins dentaires universels méritent d’être étudiées», affirme le discours intitulé «Avancer ensemble».

«Il y a de bonnes idées dans tous les partis, et ce gouvernement est prêt à apprendre de vous et à travailler avec vous», a-t-on fait dire à Mme Payette.

À la veille du 6 décembre, le gouvernement Trudeau a cru bon souligner le 30e anniversaire de la tuerie à l’École Polytechnique. Son discours réitère donc la promesse de permettre aux villes d’interdire les armes de poing et de mettre sur pied un programme de rachat pour interdire les armes d’assaut de type militaire.

En plus de son engagement qui vise les armes à feu, engagement qui n’est attaché à aucune date précise, le gouvernement dit vouloir élaborer «un plan d’action national» pour lutter contre la violence sexiste au Canada.

La réduction d’impôt promise à «tous les Canadiens, à l’exception des plus riches», sera la première mesure prise par le gouvernement, à en croire le discours.

Politique

Dominique Anglade émouvante pour les 10 ans du séisme en Haïti [VIDÉO]

«Je suis assise quand je reçois un appel de ma sœur, et ma sœur me dit... En fait, elle est incapable de me dire qui est décédé, elle est seulement capable de me dire qui est vivant. Elle me dit, untel a survécu, untel a survécu. Et je dis : “Papa et maman?” C’est à ce moment-là que je comprends que j’ai perdu, d’un coup, mon père, ma mère, mon oncle et mon cousin.»

Rare moment d’émotion jeudi au Salon bleu de l’Assemblée nationale, lors d’une motion sur la commémoration prochaine des 10 ans du séisme en Haïti. Le 12 janvier 2010, un terrible tremblement de terre a fait plus de 200 000 morts et des centaines de milliers de blessés dans la capitale Port-au-Prince et ses environs.

En déposant une résolution parlementaire, l’ancienne ministre et députée libérale Dominique Anglade a raconté son histoire en chambre. En visite dans leur pays natal, Georges Anglade et Mireille Neptune ont péri dans l’un des séismes les plus meurtriers de l’histoire de l’humanité.

C’est aussi «l’histoire de centaines de milliers de personnes, cette journée-là», a poursuivi Mme Anglade, après avoir essuyé quelques larmes, tout comme plusieurs de ses collègues députés.

«Quand je suis assise, je me dis : “Je ne sais pas comment je vais trouver la force pour me relever”. Je décide de parler à ma tante, qui vient de perdre son fils. Et ma tante me dit : “Dominique, nos morts sont morts, il va falloir qu’on les enterre. Par contre, on peut faire encore beaucoup pour les vivants”.

«Et c’est là que je prends tout le courage et la force de dire qu’on n’a pas le droit de se laisser abattre, qu’il faut vivre nos peines, qu’on est capables d’aller plus loin et de se tenir debout pour ceux qui en ont encore besoin.»

Son intervention de deux minutes a beaucoup ému les élus québécois. Les ministres du gouvernement caquiste Nadine Girault et Lionel Carmant, aussi d’origine haïtienne, ont même traversé l’enceinte des débats pour aller lui faire une accolade bien sentie.

Plus que les 35 secondes funestes de ce début d’année 2010, Mme Anglade tenait aussi à souligner «la mise sur pied d’un programme spécial de parrainage destiné aux membres des familles gravement et personnellement affectées par le séisme, programme qui a permis à plus de 5000 personnes de refaire leur vie au Québec».

Ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Girault a de son côté réitéré les liens tissés serrés entre Haïti et le Québec, fort d’une communauté haïtienne de 143 000 personnes. 

«Ce drame a été aussi québécois. Plusieurs de nos concitoyennes et concitoyens y sont décédés. Un deuil québécois aussi», a-t-elle affirmé, soulignant le décès dans le cataclysme de l’ancien parlementaire Serge Marcil.

Devoir de se souvenir

«Face à une catastrophe de cette importance, nous avons le devoir de nous souvenir. C’est au nom du gouvernement que je m’associe aujourd’hui avec tout mon cœur, tous mes sentiments et mes larmes, à cette commémoration. Malgré le temps qui passe, la douleur n’est jamais moindre. Cela dit, la meilleure des réactions dans ces circonstances est pourtant de continuer à démontrer notre solidarité sans faille avec le peuple haïtien et ses nombreux défis», a conclu Mme Girault.

Catherine Dorion, qui prenait la parole «très humblement» pour Québec solidaire, a rappelé qu’«en accueillant au Québec 8400 personnes d’origine haïtienne après le séisme, on a encore une fois fait la preuve que notre réputation de peuple accueillant n’était pas surfaite».

Mais Mme Dorion insiste sur l’importance de continuer à «accueillir à bras ouverts ceux qui en ont besoin [...] et prendre nos responsabilités face au reste du monde pour éviter d’autres catastrophes annoncées qui vont produire d’autres malheurs évitables».

Le député péquiste Joël Arseneau a aussi exprimé tout son soutien au peuple haïtien encore accablé. «Votre pays a été meurtri, mais il n’est certainement pas vaincu. Votre avenir est plein de promesses. Vous avez trop à offrir au monde pour que votre voix se taise», a terminé l’élu des Îles-de-la-Madeleine, un insulaire comme les Haïtiens.

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Politique

Le PLQ jouit d’une image positive, selon le chef intérimaire Pierre Arcand

QUÉBEC - Le Parti libéral du Québec (PLQ) jouit d’une image positive dans l’opinion publique.

C’est ce que conclut le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, à l’heure de dresser le bilan de la session parlementaire pour sa formation.

Encore secoué par la défaite historique dans son bastion de Jean-Talon lundi, le parti estime néanmoins qu’il jouit d’une perception favorable dans la population. Selon M. Arcand, elle tient notamment au bilan des gouvernements libéraux en matière de gestion et redressement de l’économie.

«On n’a pas une mauvaise image, on a une image positive, je pense, a-t-il déclaré en conférence de presse jeudi matin. Les Québécois voient en nous des gens qui sommes, lorsqu’entre autres l’économie est en difficulté, de bons gestionnaires.»

Selon lui, c’est un «point extrêmement positif». M. Arcand a dit fonder sa perception sur la campagne qu’il a faite sur le terrain pendant la complémentaire de Jean-Talon.

M. Arcand a reconnu que le PLQ devait travailler pour être «encore plus près des Québécois» et défendre la nation québécoise.

Rappelons que lundi soir, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a mis fin à plus de 50 ans de règne ininterrompu des libéraux dans Jean-Talon. La candidate libérale Gertrude Bourdon a terminé deuxième, avec 25 pour cent, tandis que la caquiste Joëlle Boutin, a raflé 43 pour cent des suffrages.