Politique

Véronyque Tremblay lance un appel aux militants libéraux

Véronyque Tremblay lance un appel aux sympathisants libéraux afin qu’ils fournissent leurs idées au parti qui est en pleine reconstruction. «Faut pas avoir honte de s’impliquer en politique», croit la nouvelle directrice générale et organisatrice en chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

En entrevue au Soleil, l’ex-députée de Chauveau indique que le nombre de membres du PLQ est «en augmentation depuis quelques mois», sans fournir de chiffres précis. Elle aimerait toutefois que son parti, tout comme les partis politiques en général, suscitent davantage d’engouement. «C’est important de s’impliquer. Faut pas être gêné de le faire.»

Enfant, Véronyque Tremblay raconte avoir assisté à de nombreuses assemblées de cuisine où sa grand-mère, une grande militante du PLQ, jasait politique avec la famille ou les voisins. «Des tournées des régions, des assemblées de cuisine, c’est efficace. Je pense qu’il est toujours important d’être branché sur le terrain.»

Mettre les idées de l’avant

C’est ce qu’elle compte faire dans le rôle qui lui a été confié par le PLQ. «Ce qui est important, c’est de mettre de l’avant de nos militants, leurs idées. Il faut qu’ils sentent qu’on respecte leur opinion», indique Mme Tremblay, qui n’ose toutefois pas critiquer l’organisation actuelle. 

Ayant eu une carrière de 21 ans comme journaliste, chroniqueuse et lectrice de nouvelles à la télé et à la radio, Véronyque Tremblay n’est pas une militante libérale de longue date. Elle aurait pu retourner travailler en communication, mais le goût de la politique était trop fort. 

«Le Parti libéral, c’est une belle famille, et c’est un beau défi aussi», raconte-t-elle. Mme Tremblay est d’ailleurs retournée sur les bancs d’école. Elle complète à l’heure actuelle un certificat en gouvernance à l’Université Laval. «Je trouve ça hyper motivant. Ce que je trouve le plus grisant, ce qui vient me chercher, c’est tout le temps la politique.»

Politique

En pleine controverse, le ministre Pierre Fitzgibbon évoque la démission

Empêtré dans une controverse et visé par deux enquêtes, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a déclaré mercredi que s’il devenait nuisible pour le gouvernement, il allait démissionner.

Il a tenu une mêlée de presse mercredi à Québec, visiblement irrité d’être accusé de copinage après avoir nommé son ami et partenaire d’affaires Guy LeBlanc à la tête d’Investissement Québec, le bras financier du gouvernement. La veille, la Commissaire à l’éthique et à la déontologie a annoncé une deuxième enquête en quelques mois sur M. Fitzgibbon.

«Si ma présence est perçue comme étant négative ou comme une embûche à ce que M. Legault veut accomplir, je vais démissionner, c’est clair», a-t-il déclaré, en ajoutant que c’est «trop tôt» pour passer à l’acte.

«Moi, je veux ventiler, cette discussion-là, on ne l’aura pas la semaine prochaine.»

Amis et partenaires d’affaires

M. Fitzgibbon était actionnaire et administrateur avec M. LeBlanc de Move Protéine, une entreprise de protéines végétales. Le ministre a assuré qu’il avait vendu sa participation l’automne dernier - même si tout a été officialisé récemment - alors que M. LeBlanc a été nommé la semaine dernière, avec un salaire qui pourrait atteindre près d’un million de dollars, soit presque le double de celui de son prédécesseur.

Le ministre a dit être conscient de l’apparence de conflit d’intérêts, mais assure qu’il a respecté les règles: il est en voie de vendre tous ses actifs dans 13 compagnies privées non inscrites en bourse, et le Code de déontologie ne permet pas que ces actifs soient gérés par le mandataire sans droit de regard.

C’est un processus long et le ministre laisse entendre qu’il ne se serait pas lancé en politique s’il avait su.

«La réalité, c’est que si j’avais su que de détenir des compagnies privées, c’était compliqué (pour un élu), je serais chez nous aujourd’hui, je ne serais pas ici. Je ne savais pas. C’est mon erreur peut-être, là. Le code de déontologie fait 150 pages.»

M. Fitzgibbon a laissé entendre qu’il n’allait toutefois pas en rester là et que d’autres nominations allaient suivre prochainement, des gens dont il a besoin pour réaliser le mandat que lui a confié le premier ministre François Legault.

«On s’en va à la guerre, et à la guerre, on part avec un fusil et on met des munitions dedans, je ne partirai pas avec un «gun» vide.»

La Commissaire à l’éthique et à la déontologie a annoncé la tenue d’une enquête sur M. Fitzgibbon mardi, pour s’assurer que les règles sur les conflits d’intérêts et la déclaration des intérêts ont été respectées. C’est la deuxième enquête de la commissaire Ariane Mignolet visant M. Fitzgibbon: la première est à propos de ses interventions dans le domaine aéronautique, alors qu’il détenait des actions dans Héroux-Devtek, un joueur important de cette industrie.

«Conflit d’intérêts», «arrogance», «effet boomerang»

Le Parti libéral (PLQ) estime que le ministre a manqué de jugement et qu’il aurait dû consulter la Commissaire à l’éthique dans l’ensemble du processus, notamment lors de la nomination de M. LeBlanc.

La porte-parole libérale en matière d’éthique, Dominique Anglade, a rappelé que l’État ne se gère pas comme une entreprise privée. «Nommer à la tête d’une société d’État un partenaire d’affaires et doubler son salaire, c’est un conflit d’intérêts flagrant», a-t-elle déclaré dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Selon Québec solidaire (QS), M. Fitzgibbon se victimise en reprochant aux médias leur acharnement et en menaçant de démissionner. Le député de Rosemont, Vincent Marissal, un des élus qui avait réclamé une enquête de la commissaire, a appelé le ministre à prudence avant de nommer d’autres personnes qu’il connaît, ce qui est «à la limite de l’arrogance».

«S’il devait démissionner, ce n’est pas parce qu’il deviendrait un fardeau pour son gouvernement, mais parce qu’il aurait posé des gestes répréhensibles, c’est une nuance.»

Pour sa part, l’opposition péquiste trouve «un peu suspecte» la vente des intérêts dans Move Protéine, qui s’est officialisée à peine quelques jours avant la nomination de M. LeBlanc. Le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, reconnaît que le ministre avait le droit de vendre ou non sa participation, mais se demande pourquoi tout s’est réglé juste avant l’arrivée de M. LeBlanc.

«Qu’est-ce que ça dit sur sa nomination? Il faut être capable d’être confronté à ses choix. Dans ce cas, cela démontre qu’il y avait promiscuité.»

Selon lui, la CAQ est victime de «l’effet boomerang», pour avoir longtemps déchiré sa chemise dans l’opposition en dénonçant les libéraux sur des enjeux éthiques.

Chronologie

Le 1er octobre, M. Fitzgibbon a démissionné de tous les conseils d’administration auxquels il siégeait, selon son attaché de presse. Toutes ses actions ont aussi été transférées dans une fiducie sans droit de regard.

Le 25 mars, deux jours après qu’on eut appris que Guy LeBlanc sera nommé à la tête d’Investissement Québec, Move Protéine modifie la composition de sa direction, selon ce que rapporte Québecor. M. LeBlanc démissionne comme administrateur, de même que M. Fitzgibbon, mais les deux restent actionnaires.

Le 10 avril, M. LeBlanc cède ses actions à sa conjointe, et M. Fitzgibbon cède les siennes le 15 avril, selon les informations rapportées par Québecor.

Le 18 avril, M. Fitzgibbon annonce officiellement que M. LeBlanc prend la tête d’Investissement Québec.

Politique

Gouvernement minoritaire progressiste-conservateur à l’Île-du-Prince-Édouard

CHARLOTTETOWN — Les électeurs de l’Île-du-Prince-Édouard ont mis fin à leur système centenaire d’alternance entre deux partis majoritaires au pouvoir, mardi soir. Au terme d’une course électorale serrée, les insulaires ont élu un gouvernement minoritaire progressiste-conservateur, accordant aussi une place de choix au Parti vert à l’Assemblée législative.

Les conservateurs remportent 12 sièges, les verts en obtiennent neuf, tandis que les libéraux au pouvoir, dirigés par le premier ministre Wade MacLauchlan, doivent se contenter du troisième rang avec cinq députés.

M. MacLauchlan a même subi la défaite dans sa circonscription de Stanhope-Marshfield.

«C’est quelque chose qui se passe en politique», a-t-il déclaré aux journalistes. «La marée a changé.»

Devant ses partisans, le chef progressiste-conservateur Dennis King a parlé d’une «nouvelle ère» pour la politique dans la province.

«Nous accueillons l’honneur formidable et la responsabilité formidable de gouverner», a-t-il déclaré.

Commentant la performance solide des verts, M. King a dit croire que cela démontrait que les électeurs souhaitent voir les partis travailler ensemble et éviter la politique partisane.

Le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, a aussi dit croire fermement «dans la capacité d’un gouvernement minoritaire à créer un environnement de collaboration».

Au cours des derniers mois, plusieurs firmes de sondage prédisaient que le Parti vert dirigé par M. Bevan-Baker avait de bonnes chances de former le prochain gouvernement. Jamais dans l’histoire du Canada un gouvernement n’a été dirigé par le Parti vert.

À la dissolution de l’Assemblée législative, les verts détenaient deux des 27 sièges.

La victoire des conservateurs représente le plus récent d’une série de gains pour les partis de droite, y compris des victoires en Alberta, au Nouveau-Brunswick et en Ontario, le tout au cours de la dernière année.

Organisation dysfonctionnelle

Plus tôt cette année, les progressistes-conservateurs de l’île étaient largement considérés comme une organisation dysfonctionnelle, ayant connu pas moins de six chefs au cours des huit dernières années.

En dépit de luttes internes dans les rangs des conservateurs, Dennis King a été félicité pour avoir mené une campagne solide, principalement en renforçant un message positif.

Ancien directeur des communications de l’ancien premier ministre conservateur Patt Binns, M. King a très bien fait lors d’une série de débats des chefs remarquablement polis.

Controverse

Cependant, la course du chef recrue a été entachée par une légère controverse sur une série de tweets censés être amusants, mais ayant offensé certains, qui les ont critiqués pour leur sexisme et leur homophobie.

M. King a admis que certains des messages sur Twitter étaient inappropriés.

L’accès aux médecins de famille est apparu comme un élément clé de la campagne. Les quatre partis ont parlé de recruter plus de médecins. Selon Santé Î.-P.-É., 13 083 insulaires sont sur la liste d’attente d’un médecin de famille.

Dirigée par le dentiste d’origine écossaise Peter Bevan-Baker, la montée en popularité des verts a suscité un intérêt particulier lors d’une campagne par ailleurs terne.

Au cours de la course, M. Bevan-Baker a tenté de convaincre les électeurs que les verts ne se préoccupaient pas que de l’environnement, offrant une plateforme centrée sur un éventail de problèmes sociaux.

Le chef du Parti vert, élu à l’Assemblée législative en tant que premier membre vert en 2015, l’a emporté dans sa circonscription, New Haven-Rocky Point.

Les libéraux cherchaient à obtenir un quatrième mandat, après avoir rappelé à maintes reprises aux insulaires que l’économie de la province demeurait la plus forte du pays.

Lors de la dissolution de l’Assemblée législative, les libéraux détenaient 16 sièges sur 27, les conservateurs huit et le Parti vert deux. Il y avait un indépendant.

Un total de 14 sièges est nécessaire pour une majorité, mais seulement 26 des 27 sièges étaient en élections, mardi.

Samedi, la commission électorale a reporté le vote dans le district de Charlottetown-Hillsborough Park après le décès du candidat du Parti vert Josh Underhay, et de son jeune fils, dans un accident de bateau sur la rivière Hillsborough.

Une élection partielle aura lieu dans la circonscription au cours des trois prochains mois.

Politique

La commissaire à l’éthique enquête sur Pierre Fitzgibbon

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, fera l’objet d’une enquête quant à de potentiels manquements au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale.

La commissaire à l’éthique et à la déontologie, Ariane Mignolet, a indiqué mardi qu’elle ouvrira une enquête à son initiative, à compter de lundi prochain. Un préavis écrit a été transmis au ministre à cet effet.

Selon le communiqué publié mardi, l’enquête concernera principalement la détention d’intérêts, par le ministre, dans certaines entreprises, et cherchera notamment à déterminer «si les règles relatives aux conflits d’intérêts et à la déclaration des intérêts ont été respectées par le ministre».

La semaine dernière, le Parti québécois (PQ) réclamait une enquête, disant soupçonner le ministre d’avoir passé des instructions à l’administrateur de sa fiducie sans droit de regard — ce qui est interdit en vertu du Code d’éthique — pour vendre ses intérêts dans une entreprise de protéines végétales. La commissaire a confirmé avoir reçu une demande d’enquête en ce sens du député de René-Lévesque, Martin Ouellet.

La commissaire a dit aussi mardi avoir reçu du député solidaire Vincent Marissal une demande d’enquête concernant le ministre.

Les faits allégués dans cette demande d’enquête concernent «la nomination de Guy LeBlanc à titre de pdg d’Investissement Québec [?] connaissant les liens d’amitié et les liens d’affaires entre MM. Fitzgibbon et LeBlanc» ainsi que les intérêts que détenait le ministre dans l’entreprise MOVE Protéine et du fait que le ministre «aurait donné instruction à sa fiducie de se départir de ses actions dans [cette entreprise]».

Nomination

M. Fitzgibbon a nommé jeudi dernier son ami et partenaire d’affaires Guy LeBlanc à la tête d’Investissement Québec, le bras financier du gouvernement. Les deux étaient actionnaires et administrateurs de l’entreprise de protéines végétales et ont renoncé à leur poste et actions.

Le jour même, le premier ministre François Legault disait vouloir changer les règles sur les conflits d’intérêts de ses ministres, s’attirant les critiques incisives de l’opposition. M. Legault voudrait augmenter le délai de 60 jours accordé à un ministre pour se départir de ses intérêts dans une entreprise ou les confier par exemple à une fiducie.

«Puisque ces demandes concernent des questions connexes, soit celles relatives aux intérêts détenus dans des entreprises par le ministre, celles-ci seront traitées dans le cadre de l’enquête à l’initiative de la commissaire», a indiqué le bureau de Mme Mignolet concernant les demandes du PQ et de Québec solidaire.

Comme le prévoit le Code, la commissaire mène son enquête à huis clos. Une fois ses travaux terminés, elle produit un rapport d’enquête énonçant les motifs à l’appui de ses conclusions et de ses recommandations, le cas échéant.

Ce rapport est transmis au président de l’Assemblée nationale qui le dépose devant les élus, après quoi il devient public.

Politique

Projet éolien Apuiat: une relance grâce à New York?

L’appétit de la Ville de New York pour l’hydroélectricité québécoise pourrait contribuer à ressusciter Apuiat, ce projet éolien des Innus que le gouvernement caquiste avait torpillé l’an dernier.

Hydro-Québec pourrait en effet avoir besoin dans un avenir rapproché de l’électricité d’Apuiat, si le maire de New York, Bill de Blasio, concrétise son intention exprimée lundi d’alimenter sa métropole à 100 % avec de l’hydroélectricité canadienne d’ici à 2020.

La société d’État québécoise essaie actuellement d’écouler ses surplus d’énergie, estimés pour 2019 à 12,6 térawattheures (TWh), or, ce juteux contrat d’approvisionnement en gestation avec New York pourrait solliciter jusqu’à 5 TWh par an.

Et si le projet d’entente d’approvisionnement de 9,45 TWh par an avec le Massachusetts aboutit, c’est alors que le parc éolien Apuiat, avec son potentiel de 200 mégawatts (MW), permettrait de sécuriser les approvisionnements.

En mêlée de presse mardi à Québec, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a confirmé que le Québec allait «réactiver de manière intense» les négociations avec New York, en plus de rouvrir la porte aux Innus de la Côte-Nord.

«Pour nous, c’est clair que le prochain projet électrique de toute nature sera Apuiat, donc aussitôt qu’on aura la démonstration que nos surplus seront bien entamés, Apuiat aura lieu.»

Rappelons que le gouvernement Legault avait bloqué l’automne dernier le projet de 600 millions $ des Innus, qui avait pourtant reçu l’appui du précédent gouvernement libéral.

Le gouvernement caquiste faisait valoir qu’Hydro devait d’abord écouler ses surplus avant de s’engager à acheter l’électricité d’Apuiat, qui représentait un «coût potentiel» de 1,6 milliard $ pour la société d’État.

Le premier ministre François Legault avait toutefois fait valoir en consolation au Conseil de la Première Nation des Innus ESSIPIT que son projet serait réactivé en priorité dès qu’Hydro aurait écoulé ses surplus.

Appel à la prudence

Cependant, ces nouveaux blocs d’énergie dont Hydro disposerait éventuellement aux fins d’exportation pourraient bien ne pas être aussi attrayants que l’espère la société d’État pour les clients potentiels. Le professeur Jean-Thomas Bernard, de l’Université d’Ottawa, qui est spécialiste en énergie, appelle à la prudence.

Par exemple, pour le complexe hydroélectrique La Romaine sur la Côte-Nord, qui n’est pas encore totalement complété, Hydro-Québec évalue le coût du kWh à 6 ¢ ou 6,5 ¢, un prix encore concurrentiel, mais «de la nouvelle électricité au Québec à ce prix, il n’en existe plus, il faut être prudent dans les engagements à long terme», a-t-il expliqué dans une entrevue avec La Presse canadienne.

«On est en période de surplus et le meilleur prix que l’on peut obtenir [sur les marchés] est le prix standard, puisque les coûts sont déjà encourus. Mais pour des engagements de long terme où il faudrait développer [de nouveaux projets] afin de respecter ces contrats, il faut garder à l’esprit le coût de ces nouveaux développements.»

Politique

Suprémacisme blanc: le Canada très actif dans le monde pour dénoncer la «menace»

OTTAWA — Le Canada tente de convaincre certains de ses plus proches alliés que la montée du «suprémacisme blanc» au pays et à l’étranger constitue le principal péril mondial, selon des sources à Ottawa.

Cette diplomatie discrète, mais parfois controversée, fait son œuvre depuis quelque temps alors que les libéraux de Justin Trudeau, qui se préparent pour une campagne électorale fédérale cet automne, suggèrent déjà que le chef conservateur Andrew Scheer et son parti manquent d’ardeur lorsque vient le temps de dénoncer les «suprémacistes blancs» et autres partisans de l’alt-right.

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Dinard, en France, au début du mois d’avril, la ministre canadienne Chrystia Freeland a rencontré une vive résistance de la part de ses homologues au sujet du vocabulaire qu’elle souhaitait utiliser dans le communiqué commun, a appris La Presse canadienne.

Mme Freeland voulait que le G7 publie une déclaration commune après les fusillades dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui ont fait 50 morts. «Cela n’a pas abouti parce que nous ne pouvions pas obtenir l’accord de tous les autres pays sur le suprémacisme blanc et l’islamophobie», a déclaré un responsable canadien qui a requis l’anonymat afin de pouvoir discuter des délibérations.

Une semaine plus tôt, devant l’Assemblée générale des Nations unies, Mme Freeland avait qualifié le «suprémacisme blanc» et autres groupes d’extrême droite de pires menaces pour la sécurité mondiale — des propos qui ont par la suite courroucé un sénateur conservateur lors du témoignage de la ministre devant le comité des affaires étrangères de la chambre haute, à Ottawa.

Lorsque les ministres du G7 se sont rencontrés en France en avril, certains de ses homologues ne voulaient pas emprunter cette voie, a déclaré le responsable canadien. En ce qui concerne l’islamophobie et la menace du «nationalisme blanc», le Canada «tend à être celui qui en parle le plus et fait le maximum pour que ce vocabulaire se retrouve dans les communiqués».

Un deuxième responsable canadien, s’exprimant également sous le couvert de l’anonymat, renchérit : «Il s’agit évidemment de questions importantes pour nous, et nous essayons d’en parler ici au pays, mais aussi à l’étranger.»

Communiqué plus général

Le communiqué du G7 indiquait finalement que les ministres réunis à Dinard étaient «vivement préoccupés par les formes résurgentes de racisme et de discriminations, notamment l’antisémitisme, les sentiments islamophobes et les attaques contre les minorités chrétiennes, qui conduisent à la violence partout dans le monde». Les ministres s’engageaient à «combattre et contrecarrer ces manifestations de haine», tout en «préconisant la reconnaissance des bienfaits des convictions et de l’inclusion qui sont une force pour l’humanité».

Les sources ont hésité à nommer les ministres qui résistaient à Mme Freeland. La première source a finalement admis à demi-mot que la résistance venait notamment des États-Unis.

Après les fusillades de Christchurch, le président des États-Unis, Donald Trump, a été souvent critiqué pour avoir minimisé le lien immédiatement tissé entre ce massacre et le suprémacisme blanc. Dans ses premiers commentaires de condoléances, il a estimé que cette idéologie ne représentait «pas une menace grandissante».

Un rapport publié en novembre 2018 par le département américain de la Justice a révélé que les crimes motivés par la haine aux États-Unis avaient augmenté pour la troisième année consécutive en 2017. Statistique Canada a également signalé une forte augmentation du nombre de crimes haineux au Canada en 2017 — 2073 cas, en hausse de 47 % par rapport à l’année précédente, principalement en raison de l’augmentation du nombre de crimes contre la propriété liés à la haine. Les incidents ciblant les musulmans, les juifs et les Noirs ont été à l’origine de la majeure partie de l’augmentation nationale, en particulier en Ontario et au Québec.

La cible de Trudeau

Lors d’une activité de financement à Mississauga, en Ontario, le 12 avril, M. Trudeau a clairement indiqué qu’il envisageait d’attaquer Andrew Scheer notamment sur le terrain de la droite extrême.

«Andrew Scheer omet commodément de dénoncer les théories du complot de l’alt-right, a lancé le chef libéral à ses partisans. Andrew Scheer s’est battu contre une motion non contraignante [aux Communes] dénonçant l’islamophobie. Andrew Scheer a fièrement partagé des tribunes avec des nationalistes blancs. Est-ce cela, le leadership? Est-ce qu’il pourra être le premier ministre de tous les Canadiens?»

Le porte-parole de M. Scheer, Brock Harrison, a soutenu par la suite que M. Trudeau avait tout faux, soulignant plus d’une douzaine d’occasions au cours desquelles le chef conservateur avait dénoncé la haine et l’intolérance.

Deux jours avant le discours du chef libéral, M. Scheer déclarait en conférence de presse qu’il «dénonçait à 100 %» tous ceux qui «font la promotion du nationalisme blanc, qui encouragent tout type d’extrémisme».

Au cours de la période de questions aux Communes, le même jour, il a qualifié les accusations de «tactique de diffamation typique des libéraux», qui utilisent «la très réelle menace de haine et de racisme dans ce pays» pour détourner l’attention des scandales qui sévissent au sein du gouvernement.

Politique

Trop-perçus: les pétitionnaires doublement floués par la CAQ, dit le PLQ

Les Québécois qui ont signé la pétition de la Coalition avenir Québec (CAQ) exigeant le remboursement des trop-perçus d’Hydro-Québec en 2017 ont été «doublement floués», estime l’opposition officielle libérale.

Non seulement l’équipe caquiste n’a pas remboursé ces trop-perçus une fois arrivée au pouvoir, mais elle a probablement mal utilisé les données personnelles de quelque 55 000 signataires, a accusé le député Saul Polo. L’affirmation a aussitôt été réfutée par le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien. «Je ne pense pas qu’on les utilise», a-t-il dit.

M. Polo a d’abord fait ce lien la semaine dernière, lors de l’étude des crédits du ministère de l’Énergie. Il est allé plus loin en entrevue mardi, en affirmant soupçonner la CAQ de s’être servie de la question des trop-perçus pour engraisser sa banque de données avant les élections.

«Aujourd’hui, on peut se poser la question si [les électeurs] ont été doublement floués face à une promesse non respectée et d’autre part, face à de l’information et des données qui ont été utilisées peut-être autrement que pour le sujet en question», a-t-il déclaré.

«Qu’est-ce qu’ils ont fait avec ces données-là? [...] Est-ce qu’ils les ont utilisées pour bâtir des profils d’électeurs pour les sonder sur d’autres enjeux ou leur demander de faire du financement? [...] Qui gère ces données-là aujourd’hui et où sont-elles archivées, est-ce qu’elles sont sécurisées?» s’est-il interrogé.

Il réclame que les règles entourant la protection de la vie privée des électeurs soient «resserrées», mais ne va pas jusqu’à demander une enquête formelle du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) sur la pétition de la CAQ.

Il croit que la Commission des institutions de l’Assemblée nationale l’abordera de toute façon avec le DGEQ, Pierre Reid, au moment de sa comparution annuelle devant les parlementaires le 27 mai.  

Politique

Jagmeet Singh révèle avoir été agressé sexuellement à l’âge de 10 ans

OTTAWA — Jagmeet Singh a décidé de «prendre un risque» et de dévoiler publiquement qu’il a été agressé sexuellement à l’âge de 10 ans, en espérant ainsi pouvoir aider d’autres victimes.

Le chef du Nouveau Parti démocratique fédéral relate pour la première fois ces agressions dans un livre paru mardi, Love & Courage.

M. Singh y raconte qu’il a été agressé à l’âge de 10 ans par un instructeur en arts martiaux.

En entrevue avec La Presse canadienne, le chef néo-démocrate a aussi dit croire que ses expériences dans l’enfance l’ont aidé à gérer la très grande attention des médias et du public envers un leader politique national.

M. Singh soutient que même s’il est la cible de beaucoup de critiques, l’expérience n’est jamais «aussi mauvaise» que celle qu’il a vécue auparavant.

Depuis qu’il a pris les rênes du NPD en octobre 2017, M. Singh a été confronté à de nombreux défis, notamment remporter un siège à la Chambre des communes dans la circonscription de Burnaby-Sud, un financement médiocre pour le parti et un marasme ayant soulevé des questions sur ses propres capacités de leadership.

Malgré tout, le politicien de 40 ans a semblé étonnamment calme, à tout le moins en façade.

Un livre éclairant

Son livre publié mardi apporte un éclairage sur son comportement.

«Il est difficile d’être sous les projecteurs, en particulier en tant que politicien, je suis donc très sensible à quiconque franchit le pas», a-t-il déclaré en entrevue.

«Je pense parfois que cela est en partie dû à mes expériences de vie. J’ai traversé beaucoup de moments difficiles.»

Parmi les «moments difficiles» auxquels il a fait référence, il y a les sévices sexuels subis à l’âge de 10 ans aux mains d’un instructeur en arts martiaux.

«M. N a lié sa perversion à ma performance [sportive], qui était ma principale motivation. Et comme les séances du week-end se poursuivaient en plus de mon entraînement hebdomadaire, je me suis convaincu que je progressais au taekwondo», écrit le chef du NPD.

M. Singh a déclaré mardi qu’il se sentait une «responsabilité» d’utiliser sa tribune de manière positive.

«J’ai pensé, que puis-je faire? Quelle histoire puis-je raconter qui aurait réellement un impact positif ou peut-être aider les gens qui en ont besoin?» a-t-il fait valoir.

«Peut-être que cela pourrait aider les gens à se sentir moins seuls. Peut-être que cela pourrait aider les gens à avoir le courage de s’aimer eux-mêmes et à aimer les autres parce que je sais que pour moi, être victime d’abus vous fait sentir que vous ne méritez pas le bonheur et vous cessez de vous aimer», a ajouté M. Singh.

Statistiquement, le récit de M. Singh sur sa capacité à surmonter les impacts de longue date des sévices sexuels est rare. De nombreuses victimes souffrent de problèmes de santé mentale débilitants, de problèmes de toxicomanie et de pensées suicidaires.

Soutien

Le chef du NPD a déclaré qu’il avait personnellement tiré sa force de sa spiritualité, de sa méditation et de son réseau de soutien.

«C’est aussi le sujet de cette histoire», a-t-il affirmé.

«Je n’aurais pas pu y arriver seul. Je ne pense pas que quiconque le fasse tout seul... Des tas de gens, certains qui savaient que j’étais dans une situation difficile et beaucoup qui ne savaient probablement pas que j’étais un enfant quasiment anéanti, sont intervenus et m’ont aidé», a déclaré l’élu fédéral.

Le livre de M. Singh aborde également la lutte de son père contre l’alcoolisme, notamment le temps passé en cure de désintoxication et le soutien de sa famille.

L’ancien Zapartistes Denis Trudel candidat à l’investiture du BQ dans Longueuil-Saint-Hubert

MONTRÉAL - Denis Trudel sera candidat à l’investiture du Bloc Québécois (BQ) dans la circonscription de Longueuil/Saint-Hubert, en Montérégie.

Le comédien âgé de 55 ans a été le candidat du Bloc aux élections fédérales du 19 octobre 2015. Il a terminé en troisième place; Pierre Nantel, du Nouveau Parti démocratique (NPD), est député de Longueuil/Saint-Hubert depuis 2011.

Denis Trudel est ancien membre du groupe d’humoristes Les Zapartistes. Il a tenu des rôles au cinéma et à la télévision.

Il a été porte-parole du mouvement Montréal-Français pendant plusieurs années et en 2011, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal l’a proclamé «Patriote de l’année».

Le communiqué qui annonce sa candidature à l’investiture souligne que ses préoccupations sont les changements climatiques, la pauvreté, la pénurie de main-d’oeuvre et le dossier du prolongement du Métro de Longueuil.

Politique

La chef du Parti vert Elizabeth May se marie à l'occasion du jour de la Terre

VICTORIA — La chef du Parti vert, Elizabeth May, et l'entrepreneur britanno-colombien John Kidder se sont mariés lundi, jour de la Terre, à la cathédrale Christ Church de Victoria.

Mme May avait annoncé ses fiançailles avec M. Kidder en novembre. Elle avait précisé qu'elle connaissait M. Kidder depuis environ cinq ans, mais qu'il y avait eu des étincelles entre eux lors du congrès du Parti vert en septembre.