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Politique

Comment écarter les psychopathes et narcissiques du pouvoir?

Au cours de l’histoire, les personnes qui ont accédé à des positions d’autorité ont eu tendance à être celles qui précisément n’auraient pas dû y accéder. Le désir de pouvoir coïncide fréquemment avec des traits de caractère nocifs: l’égoïsme, l’appât du gain, et un manque d’empathie. Et ceux chez qui le désir de pouvoir est le plus puissant ont tendance à être les plus dépourvus de scrupules et à manquer de compassion.

Il arrive souvent que ceux qui atteignent le pouvoir présentent des traits associés au narcissisme et à la psychopathie. Les dirigeants psychopathes de l’histoire récente se retrouvent fréquemment à la tête des pays économiquement défavorisés, présentant des déficiences en infrastructures et des institutions politiques et sociales instables. Par exemple : Saddam Hussein en Irak, Mouammar Kadhafi en Libye et Charles Taylor au Liberia.

Mais les psychopathes des temps modernes ne deviennent généralement pas dirigeants des pays riches (on aurait plutôt tendance à les retrouver au sein d’entreprises multinationales). Dans ces pays, les psychopathes sont remplacés par les narcissiques, comme cela se voit aux États-Unis et en Russie.

Car après tout, quelle profession peut être plus séduisante pour un narcissique que la politique, alors que les projecteurs sont constamment braqués sur vous? Les narcissiques pensent qu’ils méritent d’être au pouvoir en raison de leur sentiment de supériorité et de leur propre importance.

Les personnalités narcissiques tendent à avoir soif d’attention et d’admiration. À leurs yeux, ce n’est que justice si les autres se comportent comme des subordonnés en leur présence. Leur manque d’empathie signifie qu’ils n’ont pas d’état d’âme lorsqu’il s’agit d’exploiter les autres pour atteindre le pouvoir ou le conserver.

Ceci dit, le genre de personnes qui nous sembleraient parfaitement adéquates pour l’exercice du pouvoir - empathiques, justes, responsables, et faisant preuve de sagesse - sont naturellement celles qui tendent à l’éviter. Les personnalités empathiques préfèrent se plonger dans la réalité et interagir avec les autres, plutôt que de se placer au-dessus d’eux. Ils ne souhaitent pas contrôler ni se placer en position d’autorité, mais préfèrent l’interaction, et laissent de ce fait le champ libre à ceux au narcissisme et aux tendances psychopathiques plus développées.

Les différents types de leaders

On aurait toutefois tort d’affirmer que seuls les psychopathes et les narcissiques accèdent au pouvoir. Je suggère plutôt qu’il existe trois types de leaders.

Les premiers sont des leaders accidentels qui arrivent au pouvoir par privilège ou mérite (ou les deux à la fois) sans vraiment le rechercher, du moins pas consciemment.

Le deuxièmes sont plus rares. Ce sont les idéalistes et altruistes. Ils se sentent poussés vers le pouvoir afin d’améliorer la vie des gens - ou encore de promouvoir justice et égalité, et se voient comme les instruments du changement.

Les leaders du troisième type sont les narcissiques et psychopathes, ceux dont la quête de pouvoir est purement égoïste.

Bien sûr, ce n’est pas qu’en politique que l’on retrouve ce phénomène. C’est un enjeu que l’on rencontre dans toute organisation hiérarchisée. Au sein de toute institution ou entreprise, il y a de fortes chances que ceux qui accèdent au pouvoir soient les plus ambitieux et sans scrupules, en plus de manquer de compassion.

Les leaders narcissiques peuvent sembler séduisants parce qu’ils sont fréquemment charismatiques (un comportement qu’ils cultivent afin d’attirer l’attention et l’admiration). En tant que dirigeants, ils ont confiance en eux et sont déterminés. Leur manque d’empathie peut, dans certains cas, nourrir un entêtement qui leur permet d’accomplir des choses. Mais en dernière analyse, le chaos et la souffrance qu’ils infligent prendra le pas sur leurs réussites.

Ce qu’il faut, c’est un moyen de contrôler le pouvoir –en limiter non seulement l’exercice, mais aussi l’accès. En bref, le type de personnalités qui sont le plus fortement en quête de pouvoir devraient être écartées des postes d’autorité.

Tout candidat devrait être évalué sur la base de son degré d’empathie, de narcissisme ou de tendances psychopathes afin de déterminer son aptitude à exercer le pouvoir. En même temps, les personnes empathiques à qui l’ambition peut faire défaut devraient être encouragées à accéder aux postes de responsabilité. Même si elles ne le désirent pas, elles devraient se sentir interpelées à le faire, ne serait-ce que pour barrer la route aux tyrans.

Modèles de société

Cela peut sembler absurde ou irréaliste, mais comme je le suggère dans mon livre, The Fall, ça s’est déjà fait. Il existe de nombreuses organisations sociales tribales de chasseurs-cueilleurs où le plus grand soin est apporté afin de s’assurer que des individus inadéquats n’accèdent pas au pouvoir.

Toute personne animée d’un fort désir de pouvoir et de richesse est éliminée d’office dans la course au pouvoir. Selon l’anthropologue Christopher Boehm, les organisations tribales, les tribus de chasseurs-cueilleurs qui persistent aujourd'hui « appliquent des techniques de contrôle social en supprimant à la fois un leadership dominant et la compétition indue ».

Si un mâle dominant tente de prendre le contrôle du groupe, ces tribus mettent en pratique ce que Boehm intitule « la sanction égalitaire ». Elles se mettent en équipe contre la personne dominante, et la mettent au ban ou l’abandonnent. De cette façon, dit Boehm, « les subalternes évitent d’être soumis en gardant un œil vigilant sur les mâles alpha, les plaçant ainsi sous surveillance » .

Tout aussi important, le pouvoir est attribué à des membres du groupe plutôt que sollicité par des candidats. Personne ne se met en avant pour obtenir le pouvoir - d’autres membres du groupe émettent leurs recommandations sur la base de l'expérience et de la sagesse, ou encore parce qu’une personne détient les compétences nécessaires à une situation particulière.

Dans certaines sociétés, le rôle de chef n’est pas fixe, mais se pratique par rotation selon les circonstances. Selon Margaret Power, une autre anthropologue: « Le rôle du chef est donné spontanément par le groupe à certains de ses membres selon la situation. Un chef en remplace un autre selon les besoins ».

C’est de cette façon que les groupes de chasseurs-cueilleurs maintiennent stabilité et égalité, et minimisent les risques de conflit ou de violence.

S’il est vrai que les grandes sociétés modernes sont bien plus complexes et denses que les groupes de chasseurs-cueilleurs, il nous serait cependant possible d’adopter des principes similaires. Au minimum, nous devrions évaluer les leaders potentiels sur leur capacité d’empathie afin de bloquer l’accès au pouvoir des personnes narcissiques et sans scrupules.

Nous pourrions également identifier les narcissiques et psychopathes déjà au pouvoir afin de prendre les mesures nécessaires pour limiter leur influence. Nous pourrions peut-être demander aux communautés de nommer des personnes sages et altruistes pour y jouer un rôle de conseil sur les décisions politiques importantes.

Bien sûr cela entraînerait des changements radicaux dans le personnel politique de la plupart des gouvernements, des institutions, et des entreprises. Mais cela permettrait de remettre au pouvoir les gens qui le méritent, et de ce fait rendrait notre monde beaucoup moins dangereux.

* * * * *

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Politique

Jean-Talon: Gertrude Bourdon à nouveau candidate libérale

Les députés libéraux n’en voulaient pas, mais ils sont forcés de l’accepter. Candidate défaite il y a un an, Gertrude Bourdon portera les couleurs du PLQ pour l’élection partielle dans la circonscription de Jean-Talon à Québec.

Selon les informations obtenues par La Presse, l’élection partielle qui désignera le successeur de Sébastien Proulx, seul député libéral à l’est de Montréal, devrait être déclenchée rapidement après le scrutin fédéral lundi. Le scénario le plus plausible est un déclenchement à la fin d’octobre pour un vote fin novembre. À la Coalition avenir Québec (CAQ), la candidate sera Joëlle Boutin, chef de cabinet du ministre de la Transition numérique, Éric Caire.

À la dernière réunion du caucus libéral, la semaine dernière, le chef intérimaire, Pierre Arcand, avait annoncé que le PLQ était prêt pour la partielle, que le local et l’équipe de bénévoles avaient été décidés et qu’on avait trouvé un candidat. Il n’avait pas révélé l’identité de celui-ci, toutefois – on compte l’annoncer après les élections fédérales. Des sources à l’interne au PLQ confient que pas moins de 30 personnes ont été sollicitées avant qu’on revienne à Mme Bourdon, qui avait, tôt, signalé son intérêt par le truchement de l’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Plus de détails sur le site La Presse

Élections 2019

Trudeau et Blanchet sont cousins

Le chef du Parti libéral et le chef du Bloc québécois sont-ils proches d’une alliance dans un éventuel gouvernement minoritaire ? En tout cas, Justin Trudeau et François-Yves Blanchet sont plus proches qu’ils ne le pensent tout court. Ils sont cousins… au huitième degré !

C’est ce que révèle Ancestry.ca. L’entreprise de recherches généalogiques en ligne a trouvé un lien entre les deux politiciens remontant à «environ 350 ans, au 17e siècle, suite à l’union de François Hamelin et Madeleine Aubert».

«C'est toujours intéressant de trouver un lien de parenté entre deux personnes qui sont étroitement liées par leur travail, a déclaré une experte en généalogie chez Ancestry, Lesley Anderson, dans un communiqué. Ce l’est d’autant plus lorsqu’ils sont rivaux, que ce soit en affaires ou en politique. On dit souvent que les divergences d’opinions sont fréquentes dans les familles. Ce lien de parenté illustre très bien cet énoncé.»

En 2013, Ancestry.ca avait aussi trouvé que Justin Trudeau partageait des liens avec Thomas Mulcair, alors chef du Nouveau Parti démocratique.

Élections 2019

Les conservateurs ne toucheront pas au financement du tramway [VIDÉO]

Rarement neuf petits mots dans une plateforme électorale de 106 pages auront retenu autant d’attention, surtout pour un bilan de campagne à trois jours du vote. Comme si l’élection ou non d’un gouvernement conservateur dépendait de ce si court passage. «Page 98, deuxième colonne!» a répété Gérard Deltell à plusieurs reprises, vendredi matin.

La veille, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, émettait des doutes sur la réalisation de la nouvelle ligne rose de métro dans la métropole et du tramway à Québec, si les conservateurs sont portés au pouvoir. Crainte qu’Andrew Scheer, comme premier ministre, sabrerait dans les projets d’infrastructures démarrés sous le règne libéral.

«C’est écrit noir sur blanc dans notre programme. Page 98, deuxième colonne! Un gouvernement conservateur va “maintenir tous les projets promis par le gouvernement libéral”», a martelé le député sortant et candidat conservateur dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent. M. Deltell est le leader du groupe de députés conservateurs de la région de Québec.

Les six autres candidats de la Rive-Nord, dont quatre déjà élus en 2015, l’accompagnaient pour ce bilan régional de campagne avec les journalistes. Rencontre tenue à Beauport, dans la circonscription très serrée de Beauport-Limoilou détenue pour l’instant par un conservateur, Alupa Clarke.

On a retrouvé l’information, mais en page 99. Détail. C’est aussi là que le Parti conservateur dit vouloir «prolonger les investissements dans le plan Investir dans le Canada de trois années additionnelles pour que la totalité des 187 milliards de dollars soit dépensée en 15 ans au lieu de 12».

Bien que le montant total reste inchangé, un allongement de la période de décaissement pourrait nuire à certaines panifications de projets. «Les ententes signées seront honorées!» tranche M. Deltell.

Politique

Avortement: le premier ministre du Nouveau-Brunswick maintient sa politique

FREDERICTON — Le premier ministre du Nouveau-Brunswick n’entend pas apporter de changements à la politique de sa province en matière d’avortement, malgré la fermeture d’une clinique privée de Fredericton en raison d’une pénurie de fonds.

La loi de la province sur le financement des services médicaux stipule que seuls les avortements pratiqués dans les hôpitaux peuvent être payés par des fonds publics.

Blaine Higgs a déclaré qu’il ne céderait pas aux pressions politiques pour changer cette politique, qui existait également sous le précédent gouvernement libéral de Brian Gallant.

Il a cité la Loi canadienne sur la santé, qui interdit le financement des cliniques privées, bien que de nombreuses cliniques du pays soient en partie financées par les régies publiques d’assurance-maladie pays en raison de l’interprétation de la Loi canadienne sur la santé en 1995 par la ministre fédérale de la Santé de l’époque, Dianne Marleau.

Élections 2019

Trudeau ne dit pas ce qu’il ferait si Scheer élit plus de députés que lui

TROIS-RIVIÈRES — À quatre jours des élections, Justin Trudeau refuse de dire ce qu’il fera si les Canadiens élisent plus de députés conservateurs que de députés libéraux, le 21 octobre.

Mercredi soir, dans une entrevue au réseau de télévision CTV, le chef conservateur Andrew Scheer a dit que selon lui, c’est le parti qui obtiendra le plus de sièges qui devra former le gouvernement.

Or, la règle veut plutôt que le premier ministre sortant ait, le premier, la possibilité de former un gouvernement s’il croit pouvoir obtenir la confiance d’une majorité d’élus. Dans ce scénario, une équipe libérale pourrait gouverner tant qu’elle aurait, au Parlement, l’appui de suffisamment de députés néo-démocrates ou verts ou bloquistes.

Un tel scénario ne signifie pas forcément la formation d’une coalition officielle.

Jeudi matin, à Trois-Rivières, M. Trudeau n’a pas voulu contempler cette perspective. À la journaliste qui lui demandait s’il se prévaudrait de la règle ou s’il cèderait la place à M. Scheer, le chef libéral a répondu qu’il travaillait fort pour faire élire un gouvernement libéral.

Ce message, M. Trudeau l’a déjà livré à quelques reprises pendant sa tournée de deux jours au Québec. Jeudi matin, il pointait sa candidate locale Valérie Renaud-Martin.

«Les Québécois ne veulent pas retourner en arrière avec Andrew Scheer vers les années Harper. Ils veulent continuer d’avancer. Et pour ça, il faut avoir des gens comme Valérie, des Québécois forts au sein d’un gouvernement progressiste. Ça ne sert à rien d’être en opposition contre un gouvernement conservateur», a-t-il dit.

«Andrew Scheer (...) sa priorité, c’est de couper et Yves-François Blanchet ne pourra pas l’arrêter», a repris le chef libéral, une fois de plus.

S’écartant, pour une rare fois, de son message prévu, M. Trudeau a lancé une invitation au chef conservateur alors qu’une journaliste soulignait une publicité libérale s’attaquant aux conservateurs dans un média de langue chinoise. Le message publicitaire associe conservateurs et armes d’assaut.

«S’il veut interdire les armes d’assaut, il peut sortir aujourd’hui et dire qu’il a l’intention d’interdire les armes d’assaut. Ce serait merveilleux d’avoir un consensus de tous les partis pour assurer la sécurité des Canadiens. (...) S’il faisait ça, je serais heureux de retirer toute publicité qui souligne le fait qu’il ne veut pas interdire les armes d’assaut», a lancé M. Trudeau.

En après-midi, M. Trudeau a accordé une entrevue à la chef d’antenne de Radio-Canada, Céline Galipeau. Il a reconnu qu’il restait beaucoup de travail à faire et qu’il comprenait que les gens s’impatientent. Au sujet des controverses qui ont marqué son mandat, le chef libéral a dit n’avoir jamais eu la prétention d’être parfait, mais qu’il travaillera toujours dans le but de bâtir une société meilleure qui défend les droits de chacun.

Lors d’un rassemblement jeudi soir à Montréal, M. Trudeau a affirmé qu’il restait concentré sur la victoire d’un gouvernement libéral fort.

C’est le message qu’il a livré aux partisans libéraux enthousiastes lors d’un rassemblement au cours duquel quelques drapeaux québécois ont rejoint les drapeaux canadiens dans la foule.

Le rassemblement a connu des difficultés techniques, le système de son ayant coupé avant que Sophie Grégoire Trudeau ne monte sur scène pour prononcer son discours, la forçant à crier.

Mais les libéraux étaient satisfaits de cet événement qui s’est déroulé dans la circonscription de Rosemont-La Petite-Patrie, actuellement représentée par Alexandre Boulerice, chef adjoint du NPD.

Les libéraux ont soutenu que les responsables à l’entrée avaient enregistré la présence d’environ 2000 personnes, auxquelles se sont joints 37 candidats libéraux d’un peu partout au Québec.

Obama s’invite dans le débat

Au lendemain du message d’appui de l’ex-président américain Barak Obama sur Twitter, Justin Trudeau n’a pas voulu dire si son équipe avait sollicité un tel geste. Cet appel aux Canadiens à se rallier derrière les libéraux est tombé au moment où le parti déploie de grands efforts rallier les électeurs progressistes.

«J’ai été content de voir ses mots hier, mais évidemment, Barack Obama prend toujours ses propres décisions», a-t-il d’abord répondu. Puis, invité à dire précisément si son équipe avait sollicité l’ex-président, il a simplement laissé tomber que M. Obama «prend ses décisions par lui-même», en ajoutant qu’il ne lui avait pas parlé personnellement depuis le printemps dernier.

Le chef libéral a également fait écho aux propos de Barack Obama en mentionnant à son tour avoir été «très content de pouvoir travailler» avec l’ex-président démocrate «sur des grands enjeux mondiaux, dont la lutte contre les changements climatiques».

Le chef libéral a dit espérer «continuer ce travail progressiste pendant encore quatre ans».

Appelé à réagir à cette intervention, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet en a profité pour mettre de l’avant ce qu’il considère comme une incohérence du gouvernement sortant.

«Quand le gouvernement canadien se fait demander d’avoir un peu de dignité et de se porter à la défense d’élus catalans jetés en prison pour des périodes de 9 à 13 ans, il dit qu’il ne veut pas s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Espagne. Le grand héros international, M. Trudeau, se fait tout petit. Mais de demander une intervention dans la politique intérieure canadienne de la part d’un ancien président des États-Unis, qui est son ami, ça ne le dérange pas pantoute.»

Élections 2019

Barack Obama invite les Canadiens à appuyer Justin Trudeau

OTTAWA — L’ex-président des États-Unis Barack Obama a publiquement exprimé son soutien à Justin Trudeau, mercredi, en invitant les Canadiens à lui accorder un nouveau mandat.

Sur son compte Twitter, Barack Obama déclare qu’il a été fier de travailler à ses côtés en tant que président américain. Il décrit le chef libéral comme un «dirigeant travaillant et efficace qui s’attaque à d’importants enjeux comme les changements climatiques».

M. Obama ne s’est toutefois pas arrêté aux éloges: il a lancé un appel aux Canadiens pour qu’ils reportent au pouvoir le premier ministre sortant. «Le monde a besoin de son leadership progressiste en ce moment et j’espère que nos voisins du nord vont le soutenir pour un nouveau mandat», a-t-il écrit.

M. Trudeau n’a pas mis de temps à saluer cet appui. «Merci mon ami. Nous travaillons très fort pour que les choses continuent à progresser», a souligné le chef libéral.

Ce message d’encouragement de l’ex-président tombe à cinq jours du scrutin fédéral du 21 octobre, alors que les sondages placent libéraux et conservateurs au coude à coude dans les intentions de vote des Canadiens.

Élections 2019

Ne pas voter sous la peur, disent Singh et Blanchet

OTTAWA — Deux partis pour qui le pouvoir à Ottawa n’est pas accessible appellent les électeurs à ne pas succomber aux messages «de peur» des conservateurs et des libéraux.

Le néo-démocrate Jagmeet Singh et le bloquiste Yves-François Blanchet étaient sur la même longueur d’onde, mercredi, invitant leurs électeurs à faire la sourde oreille aux appels des conservateurs et des libéraux.

À cinq jours du vote, Justin Trudeau faisait campagne à Montréal pour convaincre les Québécois qu’ils n’ont pas besoin d’envoyer des bloquistes à Ottawa.

«On n’a pas besoin de Québécois à Ottawa pour lutter contre un gouvernement qui est d’accord avec les Québécois, qui représente ces valeurs québécoises (...). On a besoin de Québécois forts pour tenir tête à Jason Kenney, à Doug Ford, aux politiciens de l’Ouest qui ne comprennent pas nos valeurs, nos priorités de lutter contre les changements climatiques», a plaidé M. Trudeau.

Le chef libéral s’en est aussi pris une nouvelle fois aux conservateurs d’Andrew Scheer, leur reprochant de mener «une campagne sale» et vicieuse comme on n’en avait jamais vu auparavant.

Mardi, alors qu’il passait toute la journée au Québec, Andrew Scheer avait prédit qu’un vote pour le Bloc québécois conduirait au retour des libéraux au pouvoir et à pire encore, selon lui.

«Le Bloc n’aura jamais la balance du pouvoir, car Justin Trudeau va former une coalition avec le NPD pour garder le pouvoir», avait-il dit mardi soir.

Mercredi, il reprenait le même thème, prédisant «des demandes sans fin du NPD pour des taxes plus élevées uniquement pour que Justin Trudeau puisse rester au pouvoir».

«Le sentiment de peur, je pense qu’il ne marche plus», a répliqué M. Blanchet, mercredi matin.

«On a souvent utilisé le sentiment de peur à l’encontre de gens plus vulnérables, à l’encontre de nos retraités qui sont souvent plus vulnérables. Mais vous savez, les retraités aujourd’hui au Québec, c’est la génération qui a élu René Lévesque. C’est des gens qui ne sont plus sensibles aux arguments de la peur», a-t-il conclu.

«Ne laissez pas la peur guider votre vote», a conseillé de son côté le chef néo-démocrate, lors d’un point de presse à Hudson.

«Rien de bien dans la vie ne vient d’une décision prise à cause de la peur. (...) Votez avec votre cœur, votez avec votre espoir, votez pour ce en quoi vous croyez», a ajouté M. Singh.

Politique

Libéraux et conservateurs se livrent une chaude lutte dans la banlieue de Toronto

OTTAWA - Un nouveau sondage laisse croire que les libéraux font preuve de résilience dans la bataille cruciale et chaudement disputée pour remporter la faveur des électeurs de la banlieue de Toronto.

L’occasion qui se profile pour le Parti libéral du Canada (PLC), selon le sondage Léger, n’aurait toutefois pas grand-chose à voir avec une quelconque hausse de popularité du PLC. Il semble plutôt que les électeurs craignent fortement le retour d’un gouvernement du Parti conservateur du Canada (PCC) à Ottawa.

Selon les données de l’enquête menée du 10 au 14 octobre pour le compte de La Presse canadienne, 43 pour cent des répondants ont mentionné qu’ils s’inquiétaient davantage de la perspective d’un retour du PCC que de celle de quatre années de plus sous les libéraux.

En contrepartie, 33 pour cent des 1003 répondants ont affirmé l’inverse, c’est-à-dire qu’ils craignent davantage la réélection des libéraux qu’un retour des conservateurs. Aussi, 18 pour cent ont dit ne pas avoir d’opinion claire sur le sujet et cinq pour cent ont refusé de répondre à la question.

Ces chiffres pourraient offrir un certain indice de la tendance qui se cache derrière l’égalité persistante entre les deux partis en tête des intentions de vote. Libéraux et conservateurs obtiennent tous deux la faveur de 37 pour cent des répondants de la banlieue torontoise.

Élections

Le candidat du PPC Paul Reed publie une photo de son bulletin de vote et la retire

Le candidat pour la Parti populaire du Canada (PPC) dans Compton-Stanstead, Paul Reed, a suscité plusieurs réactions après avoir publié sur son compte Facebook personnel une photo de son bulletin vote, où un « x » est accolé à son nom. Or, cette pratique serait illégale.

« Enfin, un candidat que je peux appuyer ! », avait écrit en anglais le candidat du PPC pour accompagner la publication, qu’il a rapidement supprimée. Joint par écrit par La Tribune, M. Reed a tenu à expliquer qu’il avait voulu faire « une blague » en indiquant avoir finalement trouvé le candidat idéal.

« Un instant après, quelqu’un m’avisait que ce n’était pas permis, a poursuivi l’avocat de profession. J’ai immédiatement retiré la publication et j’ai consulté la loi électorale. Pour enfreindre les dispositions en question, il faut le faire “sciemment” et avec intention. Ce n’était pas le cas. Par ailleurs, ce n’est pas un secret qu’un candidat va voter pour lui-même. » 

Selon la Loi électorale du Canada, il est interdit à toute personne de « photographier un bulletin de vote — ou un bulletin de vote spécial — marqué par un électeur dans le cadre d’une élection ou d’en faire un enregistrement vidéo ».

Serge Fleyfel, porte-parole pour Élections Canada, rappelle également qu’« il est interdit d’avoir des activités partisanes à l’intérieur ou à l’approche d’un bureau de vote. Partisan veut dire (entre autres) faire la promotion d’un parti ou d’un candidat ».

Refusant de se prononcer sur des cas particuliers, le porte-parole explique que des amendes de plusieurs centaines à plusieurs milliers de dollars peuvent être infligées pour ce type d’infractions. Des plaintes doivent cependant être déposées auprès de l’organisme pour que de telles sanctions soient imposées.

Labrie partage un bulletin vierge 

La députée provinciale de Sherbrooke, Christine Labrie, a elle aussi provoqué certaines interrogations, lundi, après avoir partagé la photo d’un bulletin de vote vide sur sa page Facebook de députée, qu’elle a accompagnée d’un texte encourageant les citoyens à aller voter. Le geste a notamment été questionné en raison d’une section du site web d’Élections Canada indiquant qu’il est « interdit de filmer ou prendre des photos dans un lieu de vote ». 

« Un bureau de vote doit être un endroit paisible et serein et prendre des photos à l’intérieur ne favorise pas cette atmosphère recherchée », indique Serge Fleyfel. 

« J’ai essayé tout l’automne de m’intéresser aux élections fédérales, de suivre les débats, mais j’avais de la difficulté à me sentir concernée, a écrit dans sa publication Christine Labrie. J’avais l’impression que c’était de la politique étrangère. Pourtant, on passe notre temps à Québec à faire des demandes au gouvernement fédéral, parce qu’ils ont le pouvoir sur plein d’enjeux qui nous concernent. Alors on peut se sentir loin de ce qui se passe à Ottawa, mais la réalité, c’est qu’on est encore directement touchés par les décisions prises là-bas. Alors je suis allée voter aujourd’hui [lundi], et je vous encourage à faire de même, parce que tant qu’on reste dans le Canada, on doit au minimum essayer d’orienter les gouvernements fédéraux. »

Lorsque jointe par La Tribune, la députée solidaire a affirmé qu’elle ne voyait pas d’infraction dans son geste et que sa publication demeurerait en ligne. « Je savais que c’était interdit de prendre une photo de bulletin de vote marqué. J’ai déjà vu souvent des médias prendre des images dans des bureaux de vote, à ma connaissance il n’y avait donc pas de problème à ce que je prenne mon bulletin de vote vide en photo. Personne de chez Élections Canada n’est entré en contact avec moi en rapport avec ça. »

Mme Labrie confirme par ailleurs qu’elle a apposé une croix sur son bulletin par la suite, et que la photo n’était donc pas celle d’un vote en blanc. 

Actualités

Une campagne sans mesure phare en économie, selon Frédéric Laurin

«On dirait qu’il n’y a pas de campagne électorale, car il n’y a pas de mesure phare pour mobiliser l’électorat. C’est pour ça qu’on s’arrête aux histoires de blackface de M. Trudeau ou de turban de M. Singh. C’est une campagne ennuyante.»

Le verdict de Frédéric Laurin concernant l’actuelle campagne électorale fédérale est sans équivoque. Le professeur d’économie à l’école de gestion de l’Université du Québec à Trois-Rivières a analysé les propositions économiques des principaux partis de la course électorale. Selon lui, chaque parti y va de suggestions qui peuvent se ressembler, mais rien pour se démarquer.

Politique

Le gouvernement de l'Alberta ne rencontrera pas Greta Thunberg

EDMONTON — Le gouvernement albertain ne cherchera pas à rencontrer la militante écologiste Greta Thunberg, mais le ministre de l'Environnement, Jason Nixon, a dit espérer que la jeune Suédoise prendra le temps d'en apprendre davantage sur l'industrie pétrolière et gazière de la province.

«Je pense que lorsque vous regardez certains des commentaires de Mlle Thunberg, elle ne comprend pas notre province. Elle ne comprend pas qu'en réalité, pour atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques dans le monde, on a besoin que l'Alberta fasse partie de la solution», a déclaré M. Nixon aux journalistes mardi.

Politique

Catalogne: «le jupon d’ex-péquiste de François Legault dépasse», selon le Parti libéral du Québec

L’opposition officielle déplore la réaction du premier ministre François Legault dans la crise qui secoue actuellement la Catalogne.

M. Legault a déclaré, mardi, que le Québec ne peut rester indifférent devant l’ampleur des lourdes peines infligées à des élus du mouvement indépendantiste catalan.

Or le Parti libéral du Québec (PLQ) a rappelé que l’Espagne est un pays démocratique avec un pouvoir judiciaire indépendant dont il faut respecter les décisions.

Dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, la porte-parole du PLQ en matière de relations internationales, Paule Robitaille, a reproché au chef caquiste d’avoir un parti-pris qui vient de son passé d’ancien ministre péquiste et souverainiste.

Dans «les commentaires de M. Legault, le jupon de l’ex-péquiste dépasse un peu», a-t-elle commenté.

Selon elle, le Québec devrait plutôt proposer de jouer un rôle de médiateur dans ce conflit, puisque la Catalogne est une «amie» du Québec.

Le Québec et la Catalogne entretiennent des relations bilatérales. Les deux gouvernements ont signé une entente de coopération en 1996 qui s’étend à plusieurs domaines, dont la culture et l’éducation.

En 1999, le gouvernement a ouvert un Bureau du Québec à Barcelone, une sorte de représentation diplomatique. Le gouvernement Legault a nommé Isabelle Dessureault directrice du Bureau du Québec l’été dernier.

Élections 2019

Jagmeet Singh veut se distinguer des autres partis progressistes

TORONTO — Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a tenté de se définir comme seul véritable choix progressiste en vue du scrutin de lundi prochain.

À un moment où les libéraux et les verts tentent également de s’attribuer l’étiquette progressiste, M. Singh a affirmé que son parti est le seul à vouloir mettre en oeuvre de véritables changements qui avantageraient les Canadiens.

Il a repris sa formule lancée au dernier débat des chefs en français pour décrire les libéraux, affirmant que «M. Trudeau «flash» à gauche, mais tourne à droite», c’est-à-dire qu’il fait des promesses progressistes, puis gouverne de manière conservatrice.

«Les libéraux sont des progressistes qui donnent des belles paroles, nous sommes des progressistes qui donnent des actions concrètes», a-t-il affirmé mardi matin devant des journalistes rassemblés sur un trottoir du quartier Danforth, à Toronto.

Les verts critiqués

Il a également critiqué le Parti vert, qui s’est dit ouvert à travailler avec les conservateurs, ce qu’il refusera absolument de faire, a-t-il promis.

«Il n’est pas question que j’appuie un parti qui couperait tout ce dont nous avons besoin», a-t-il dit.

«On est fier du fait qu’on a déjà dit qu’on ne peut pas travailler avec les conservateurs parce qu’ils veulent couper dans les services. Mais on sait aussi que les libéraux n’ont pas livré la marchandise. Ils ont promis beaucoup, mais ils ont brisé les promesses.»

M. Singh estime que le NPD a vu sa cote monter dans les intentions de vote parce que les gens se reconnaissent dans son parti.

«Nous avons eu une campagne où les gens se sont sentis représentés. Les jeunes voient un parti qui se bat pour eux.»

Politique

Un vote pour les conservateurs est un vote pour le lobby des armes, croit Heidi Rathjen

MONTRÉAL - Des familles des victimes de tueries au Québec estiment que voter pour le Parti conservateur, le 21 octobre, équivaudra à voter pour le lobby des armes.

Si le Parti conservateur gagne lors du scrutin de lundi prochain, le lobby des armes aura gagné, estime Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient et diplômée de l’École polytechnique de Montréal en 1980.

Presque 30 ans après la tuerie de Polytechnique, en 1989, des familles des victimes et des survivants de tueries ont rencontré la presse, mardi dans l’institution universitaire, pour expliquer la lecture qu’ils font des engagements des partis politiques quant au contrôle des armes à feu.

«Ce que nous disons aux Canadiens, c’est qu’un vote pour les conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes. Si les conservateurs rentrent, le lobby des armes va avoir gagné au niveau du contrôle des armes», a lancé Mme Rathjen.

Élections 2019

Andrew Scheer fait les yeux doux à Québec [VIDÉO]

Lors de son passage à Québec, le chef conservateur a dit qu’il travaillait pour former un gouvernement majoritaire et pour ce faire, il dit avoir «besoin de la nation québécoise». Dans son discours, il a lancé une flèche au candidat libéral dans Québec, Jean-Yves Duclos, en le traitant de menteur.

Plus tôt mardi matin, Duclos répétait aux Québécois que «les coupes d’Andrew Scheer dans l’infrastructure annuleront l’investissement de 1,2 milliard $ dans le tramway de Québec».

«C’est complètement faux. C’est un autre mensonge de la part des libéraux», avait répliqué le chef du Parti conservateur lors du point de presse au Vieux-Port de Québec, dans la circonscription même de M. Duclos. 

Élections 2019

Le Bloc québécois s’attend à faire des gains dans la grande région de Québec

La grande région de Québec pourrait pencher vers le Bloc québécois le 21 octobre, à en croire le chef bloquiste Yves-François Blanchet.

Il faisait campagne mardi au chantier maritime Davie, à Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, où il a dit espérer déloger les conservateurs.

Plusieurs victoires sont «possibles», selon M. Blanchet, qui est en ascension dans les sondages d’opinion. Il déplore que des médias affirment que le Bloc fait de la «figuration» à Québec, sans «réel projet».

«Est-ce que les conservateurs vous ont si bien servis que ça? Est-ce que vous avez eu votre part? Est-ce que vous avez eu des réalisations réelles?» a-t-il lancé en point de presse.

La région de Québec compte actuellement cinq députés du Parti conservateur et deux du Parti libéral, dont le ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos.

De l’autre côté du fleuve, la région de Chaudière-Appalaches est entièrement représentée par des députés conservateurs, à part Maxime Bernier, qui est aujourd’hui chef du Parti populaire du Canada.

Ce portrait pourrait changer le 21 octobre, prédit M. Blanchet, qui accuse les conservateurs de n’avoir su répondre aux attentes de la population québécoise.

«Arnaque historique»

Tous les partis cautionnent, depuis 2011, la stratégie de construction navale qui écarte le Québec, une «arnaque historique», a-t-il illustré en point de presse, mardi, entouré de candidats bloquistes.

M. Blanchet a demandé aux chefs des partis fédéraux de s’engager notamment à faire du chantier Davie le troisième partenaire de la stratégie de construction navale canadienne, à lui octroyer un contrat pour un second pétrolier ravitailleur, l’Obélix, et à tenir une commission d’enquête spéciale sur l’ensemble de la stratégie navale.

Selon lui, le chantier Davie n’a obtenu que 2 milliards $ de contrats du fédéral depuis le début de cette stratégie, tandis que le chantier Irving (Nouvelle-Écosse) et le chantier Seaspan (Colombie-Britannique) ont reçu 75 milliards $ et 25 milliards $ de contrats respectivement.

«Quand il y a une grappe de centaines d’entreprises à travers le Québec avec des retombées économiques de ce poids-là, qui sont laissées pour compte pour favoriser de façon grossière Irving dans les Maritimes, et à Vancouver, on a le droit de savoir ce qui s’est passé», a martelé le chef bloquiste.

Les adversaires contre-attaquent

La sortie de M. Blanchet mardi - à six jours du vote - a fait grand bruit. Le Parti libéral et le Parti conservateur se sont tous deux empressés de réagir dans les minutes qui ont suivi son point de presse.

Rappelons que le plus récent sondage Forum Research, réalisé auprès de 1001 Québécois pour le compte de Métro Montréal, suggère que le Bloc serait en deuxième position derrière les libéraux, avec 31 % des intentions de vote.

«Malgré toutes ses incantations, le chef du Bloc ne peut rien faire pour aider les travailleurs de la Davie», a déclaré la candidate libérale dans Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, Laurence Harvey, par voie de communiqué.

Élections 2019

Justin Trudeau promet de protéger l’accès aux cliniques d’avortement

FREDERICTON — Justin Trudeau promet que si son gouvernement libéral est réélu, il viendra au secours de la clinique d’avortement de Fredericton menacée de fermeture en raison du retrait de son financement provincial. Un engagement qu’il a pris malgré les critiques qui plaident que le problème aurait pu être évité s’il avait lui-même réagi plus tôt.

Lors d’un premier point de presse à Fredericton en début de journée, M. Trudeau a promis aux électeurs néo-brunswickois qu’une fois élu, il rencontrerait le premier ministre progressiste-conservateur Blaine Higgs pour s’assurer que la province offre à ses citoyens des services d’avortement, sans quoi des pénalités pourraient être imposées en vertu de la Loi canadienne sur la santé.

L’avortement est devenu un enjeu dans la province maritime, alors que la seule clinique privée d’avortement du Nouveau-Brunswick, la Clinique 554, a annoncé récemment devoir fermer ses portes, le gouvernement refusant de couvrir les procédures d’avortement qui ne se déroulent pas dans un hôpital.

Cette clinique offre aussi de la médecine familiale et des services particuliers à la communauté LGBTQ+.

Il n’y a pas eu de véritable changement de politiques par rapport au précédent gouvernement libéral de Brian Gallant, considéré comme un allié de Justin Trudeau, mais ce détail n’a pas freiné le discours politique.

«Un gouvernement libéral défendra toujours les droits des femmes, y compris contre des politiciens conservateurs qui veulent limiter les droits des femmes, quelque chose qu’Andrew Scheer ne ferait certainement pas», a-t-il lancé.

Andrew Scheer, un catholique pratiquant qui a voté pour restreindre le droit à l’avortement dans le passé, a affirmé qu’il était personnellement anti-choix, mais qu’il s’opposerait à toute tentative de relancer ce débat à la Chambre des communes.

Deux hôpitaux à Moncton et un autre à Bathurst sont devenus les seuls endroits où sont offerts les services d’avortement couverts par l’assurance-maladie dans la province.

Élections 2019

Coalition: le chef libéral prêt à «n'importe quoi» pour le pouvoir, dit Scheer

WINNIPEG — Le chef conservateur Andrew Scheer accuse son adversaire Justin Trudeau d’être prêt à faire «n’importe quoi pour rester au pouvoir», même de former une coalition avec d’autres progressistes.

Le chef libéral a été questionné par les journalistes sur la possibilité de former une coalition avec le Nouveau Parti démocratique. M. Trudeau a esquivé les questions, se contentant de dire qu’il voulait faire élire un «gouvernement progressiste».

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a pour sa part reculé sur l’idée d’une coalition avec les libéraux, après avoir ouvert la porte la veille pour empêcher un gouvernement conservateur.

De passage à Winnipeg, lundi, M. Scheer a répété que «le choix est clair» entre «une coalition de Justin Trudeau et du NPD» — qui dilapiderait les fonds publics, à son avis — et un «gouvernement conservateur majoritaire» — qui remettrait de l’argent dans les poches des Canadiens.

«Le problème est qu’une coalition entre Justin Trudeau et le NPD va coûter plus cher aux Canadiens, va augmenter les impôts, va tuer les emplois et rendre la vie plus chère», a illustré le chef conservateur. À son avis, M. Trudeau serait le «porte-parole» d’une potentielle coalition progressiste, alors que ce serait le NPD qui mènerait le bal.

De son côté, M. Scheer a rejeté l’idée de négocier avec le Bloc québécois, et ce, même si les deux formations politiques promettent de mettre en œuvre certaines demandes du premier ministre québécois François Legault, comme une déclaration de revenus unique gérée par Québec ou plus de pouvoirs en immigration.

«Je n’ai pas besoin du Bloc québécois pour livrer des résultats pour le Québec, a martelé le chef conservateur. C’est notre priorité de travailler avec M. Legault sur les dossiers qui vont permettre de rendre la vie plus simple pour les Québécois et Québécoises et rendre la vie plus abordable.»

S’il forme le gouvernement, M. Scheer a annoncé qu’il ordonnerait à son ministre des Finances de présenter une mise à jour économique dans les 45 jours suivant l’assermentation de son cabinet.

Il compte y présenter quatre crédits d’impôt — pour les rénovations vertes, pour les activités sportives et culturelles des enfants, et pour le transport collectif — qui seraient mis en vigueur dès le 1er janvier 2020.

Critiqué par des sinistrés

Un peu plus tôt en journée, M. Scheer a été critiqué par des sinistrés des Premières Nations qui l’accusent de venir faire campagne au Manitoba au moment où la province fait face à un état d’urgence.

Une tempête de neige s’est abattue sur la province et a causé des pannes d’électricité majeures. Plusieurs membres des Premières Nations ont été contraints de quitter leur communauté au courant de la fin de semaine.

Margaret Missyabit, une sinistrée de la Première Nation du lac Manitoba, a estimé que M. Scheer aurait dû s’abstenir de venir faire campagne dans la province tandis que des milliers de personnes, comme elle, ont été évacués de leur domicile en vitesse.

«Non, je ne pense pas “que c’est approprié de faire campagne”. Il devrait être en train de nous aider», a-t-elle dit.

Au moment où La Presse canadienne s’est entretenue avec elle, Mme Missyabit attendait la venue d’un autre autobus de la réserve qui viendrait transporter les sinistrés — dont de nombreux enfants et de très jeunes bébés — vers un autre hôtel.

«On est trimballés à gauche et à droite. C’est très frustrant… On n’est pas des animaux», s’est désolée la mère de famille. «C’est ridicule. La majorité d’entre nous n’a même pas de vêtements de rechange», a ajouté son fils, Edward Prince.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, avait prévu se rendre à Winnipeg pour faire campagne, mais il a décidé d’annuler ses plans en raison de l’état d’urgence.

Il n’a pas voulu pour autant critiquer M. Scheer ni les autres partis qui décideraient tout de même de faire campagne dans la province dans les prochains jours.

«C’est à eux de répondre à cette question. Mais je peux dire pour moi, j’ai pris la décision parce que je pense que ce ne n’est pas le moment d’y aller à cause de la situation», a affirmé M. Singh.

On estime que près de 10 000 personnes sont privées de courant dans la province. Hydro Manitoba a prévenu qu’il pourrait falloir de 7 à 10 jours pour rétablir l’électricité sur tout le territoire.

Élections 2019

Un vote pour le NPD ou le Bloc favorise Scheer selon Trudeau

WINDSOR — Au 34e jour de la campagne électorale fédérale, lundi, le chef libéral a accordé un peu plus d’attention à sa gauche qu’à sa droite.

À son premier arrêt de la journée à Windsor, en Ontario, Justin Trudeau a tenté de convaincre les électeurs qu’un vote pour les néo-démocrates ou les bloquistes ne réussirait pas à empêcher les conservateurs de mettre en œuvre un plan d’austérité.

M. Trudeau a rappelé, une fois de plus, l’ancien gouvernement conservateur.

«J’étais là, a-t-il dit, pendant presque 10 ans de gouvernement Harper qui, malgré toute la lutte féroce de l’opposition, a continué à couper.» Le chef libéral venait de dresser une liste : la culture, les infrastructures, les anciens combattants, la lutte contre les changements climatiques, la place du Canada dans le monde. Tout ça, selon lui, à cause de l’austérité conservatrice passée qui risque de revenir si les conservateurs reprennent le pouvoir.

Coalition esquivée

M. Trudeau a esquivé toutes les questions sur un possible gouvernement de coalition réunissant libéraux et néo-démocrates.

«Nous travaillons fort pour élire un gouvernement progressiste», a-t-il répété à plusieurs reprises alors que les journalistes lui soumettaient la même question en plusieurs versions.

Dans cette région du sud de l’Ontario qui a l’habitude de voter pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) et qui dépend beaucoup de l’industrie automobile, M. Trudeau a mis le nouvel accord de libre-échange nord-américain dans la balance.

«Le NPD a annoncé qu’ils allaient rouvrir, renégocier, et donc mettre de côté cet accord qu’on a signé avec tant de peine avec Donald Trump. Ce n’est pas de cette instabilité-là que nos travailleurs, nos familles ont besoin», a-t-il affirmé.

Scène internationale

Par ailleurs, invité à mettre son chapeau de premier ministre pour deux questions de journalistes, Justin Trudeau a refusé de commenter la situation en Catalogne.

«C’est une affaire interne espagnole, et je n’aurai pas de commentaires à faire», a-t-il déclaré.

Il n’a toutefois pas hésité à parler de ce que subissent les Kurdes dans le nord de la Syrie.

«Nous condamnons fortement l’incursion de la Turquie en Syrie. Nous sommes, comme nos alliés et partenaires à l’international, extrêmement préoccupés par cette situation. On est en communication avec les différents gouvernements sur cet enjeu-là, mais je n’ai pas parlé directement à d’autres chefs d’État depuis que la campagne électorale a été lancée», a-t-il précisé.

Justin Trudeau passait la journée de lundi dans le sud de l’Ontario. Après Windsor, il s’est arrêté à London, le temps de dire quelques mots à des militants regroupés à l’extérieur.

«Nous avons besoin d’un gouvernement progressiste, pas d’une opposition progressiste», a-t-il offert à leurs applaudissements.

En campagne dans le cœur du secteur manufacturier en Ontario, y compris dans trois circonscriptions détenues depuis longtemps par les néo-démocrates, M. Trudeau a vanté la mission de sauvetage par son gouvernement du nouvel ALENA comme une victoire cruciale pour le Canada, que ses rivaux abandonneraient si l’occasion se présentait.

Préserver l’ALENA

À Hamilton-Centre, M. Trudeau a décrit les néo-démocrates comme des opposants au nouvel accord de libre-échange nord-américain, qu’ils élimineraient s’ils étaient élus.

«[À] un moment où nous avons enfin conclu notre plus important accord commercial avec notre voisin le plus proche, le NPD veut revenir à la table de négociations avec Donald Trump, veut mettre de côté un ALENA qui protège les travailleurs, protège les emplois aux quatre coins du pays», a déclaré M. Trudeau.

Plus tôt lundi, le chef du NPD, Jagmeet Singh, avait accusé M. Trudeau d’avoir menti sur la position du NPD concernant le nouvel ALENA.

«Ce que nous demandons, c’est ceci : les protections en place ne sont pas exécutoires et cela signifie que nos travailleurs canadiens ne sont pas protégés», a affirmé M. Singh à Vancouver.

Élections 2019

Blanchet exhorte Trudeau à dénoncer la condamnation d'indépendantistes catalans

ALMA — Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, exhorte le chef libéral Justin Trudeau à dénoncer la décision de la Cour suprême espagnole de condamner des indépendantistes catalans à la prison.

Le plus haut tribunal d’Espagne a délivré lundi un mandat d’arrêt international contre l’ex-président régional catalan Carles Puigdemont, en plus d’imposer de longues peines d’emprisonnement à neuf de ses collègues séparatistes pour leur rôle dans une tentative de sécession en 2017. Outre les accusations de sédition, quatre d’entre eux ont été reconnus coupables de détournement de fonds publics. Trois autres ont été mis à l’amende pour désobéissance à l’autorité.

En conférence de presse lundi à Alma, au Lac-Saint-Jean, M. Blanchet a avancé que leur seul crime est d’avoir organisé un référendum sur l’autodétermination de leur peuple. Il a invité l’ensemble de ses adversaires politiques à joindre leur voix à la sienne pour décrier ce «coup de force contre la démocratie».

«Je demande à tous les partis politiques de s’exprimer publiquement et clairement, de dénoncer l’emprisonnement politique de gens qui n’ont posé aucun geste criminel, qui n’ont posé aucun geste violent, qui ont eu pour seul crime d’avoir organisé un référendum sur le droit à l’autodétermination du peuple catalan», a-t-il martelé.

«L’emprisonnement est clairement une mesure totalement inappropriée et gravement exagérée», a-t-il ajouté, en précisant que la désobéissance civile des Catalans serait selon lui justifiée dans de telles circonstances.

M. Blanchet a annoncé qu’il se rendrait en Catalogne après le scrutin du 21 octobre, car le Bloc québécois est «proche de cette cause depuis le début». Il tentera notamment de rencontrer à nouveau M. Puigdemont, qui s’était exilé en Belgique après avoir défié les interdictions de justice en orchestrant un référendum et en déclarant unilatéralement l’indépendance catalane.

Questionné à ce sujet lors de son passage à Windsor, en Ontario, Justin Trudeau a refusé de se mouiller.

«C’est une affaire interne, espagnole, et je n’aurai pas de commentaires à faire», a-t-il expliqué.

Lors de la même conférence de presse, il n’a toutefois pas hésité à condamner l’incursion de la Turquie en Syrie.

À exactement une semaine des élections, le chef bloquiste faisait campagne lundi au Saguenay? Lac-Saint-Jean. En matinée, il était accompagné de ses trois candidats dans la région : Alexis Brunelle-Duceppe (Lac-Saint-Jean), fils de l’ex-chef bloquiste Gilles Duceppe; Mario Simard (Jonquière); et Valérie Tremblay (Chicoutimi-Le Fjord), qui compte parmi les cinq candidats ayant dû s’excuser la semaine dernière pour leurs propos anti-islam.

M. Blanchet doit terminer sa journée dans la région de la Capitale-Nationale avec, entre autres, un rassemblement militant à La Malbaie.

Élections 2019

Le Parti vert espère des percées dans les Maritimes

FREDERICTON — À l’automne 2015, la carte électorale au Canada atlantique a viré complètement au rouge, alors que les libéraux raflaient les 32 sièges de la région. Mais cette année, le Parti vert espère tirer profit des récents succès des écologistes dans certaines provinces.

En 2018, les citoyens du Nouveau-Brunswick ont élu trois verts à l’Assemblée législative. Cette année, huit députés verts ont été élus à l’Île-du-Prince-Édouard, la province voisine, ce qui fait de ce parti l’opposition officielle à l’Assemblée législative. 

Pour les élections fédérales du 21 octobre, le Parti vert du Canada souhaite une percée dans plusieurs circonscriptions clés de l’Atlantique, avec Fredericton en tête de liste.

Cette circonscription se donne en alternance des députés libéraux et conservateurs depuis des lustres, mais les électeurs de la région témoignent aujourd’hui d’une grande affinité pour les verts. Le chef du parti provincial, David Coon, est député de Fredericton-Sud à l’Assemblée législative depuis 2014 — il a donc été élu deux fois.

La candidate des verts dans Fredericton, Jenica Atwin, est une jeune mère de deux enfants qui travaille comme chercheuse et coordonnatrice de programmes en éducation auprès des Premières Nations. Elle se dit optimiste quant à ses chances, mais reconnaît que la course à trois pourrait être serrée. «Nous constatons dans le porte-à-porte beaucoup de soutien, vraiment, dans tout le spectre politique : les verts sont considérés comme une option cette fois-ci», a-t-elle soutenu.

Mme Atwin tentera de déloger le député libéral Matt DeCourcey, qui avait remporté la victoire en 2015 avec 49 % des voix. En 2011, le conservateur avait gagné avec sensiblement le même score. 

Élections 2019

Scheer veut créer une commission pour amputer les subventions aux entreprises

BURNABY — Au lendemain du dévoilement sa plateforme électorale chiffrée, le chef conservateur Andrew Scheer s'est engagé à dégager 1,5 milliard $ en amputant les subventions aux entreprises.

Pour ce faire, M. Scheer compte rapidement mettre sur pied une commission coprésidée par Kevin Falcon, auparavant ministre des Finances de la Colombie-Britannique, et Yves Desjardins-Siciliano, l'ex-président et chef de la direction de VIA Rail, dont le mandat n'a pas été renouvelé au printemps dernier par le gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Les conservateurs ont révélé vendredi comment ils comptent réaliser les économies nécessaires aux baisses et crédits d'impôt promis. Ils repousseraient notamment des milliards de dépenses en infrastructures, en plus d'imposer les géants du web.

La promesse de sabrer les subventions aux entreprises s'inscrit dans cette lignée de compressions pour mettre fin à ce que M. Scheer désigne comme les «dépenses frivoles» du premier ministre sortant, Justin Trudeau.

«Un nouveau gouvernement conservateur va donner cet argent à ceux qui en ont vraiment besoin: vous et votre famille», a-t-il déclaré en français, lors d'une conférence de presse à Burnaby, en Colombie-Britannique, dans la circonscription du chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

La commission aura aussi le mandat de recommander des mesures de la performance des programmes de subventions aux entreprises et de revoir les programmes d'innovation pour assurer qu'ils soutiennent les entreprises canadiennes qui offrent des avantages, des profits et des brevets qui restent au Canada.

Selon M. Scheer, Kevin Falcon et Yves Desjardins-Siciliano apportent «la bonne combinaison d'expérience et d'expertise» à cette tâche.

Le chef conservateur n'a pas pu dire quel sera le salaire versé aux deux hommes. C'est un point qui sera réglé lorsque le gouvernement conservateur sera éventuellement mis en place.

Il a aussi promis de mettre un terme «aux folies du mois de mars», lorsque les ministères fédéraux s'empressent de dépenser l'argent à la fin de l'exercice financier pour éviter des coupes budgétaires à l'occasion du suivant. M. Scheer a soutenu que «plusieurs centaines de millions de dollars» sont gaspillés pour l'achat de «télévisions, de téléphones, de chaises et de pupitres.»

Gouvernement minoritaire

Tandis que les intentions de vote laissent présager une course très serrée, M. Scheer n'a pas voulu préciser s'il serait prêt à joindre ses forces avec d'autres partis, advenant l'élection d'un gouvernement minoritaire.

«Nous sommes très confiants. Nous avons proposé un plan pour rendre la vie plus abordable, pour baisser les impôts. Et je suis confiant que les Canadiens vont nous donner un mandat», s'est-il contenté de répéter.

Élections 2019

Jagmeet Singh invite les électeurs à surpasser la peur

BRAMPTON — En cette deuxième journée de vote par anticipation, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a fouetté ses troupes à Brampton, en Ontario, pour inciter les électeurs à ne pas prendre une décision motivée par la peur.

Lors d'un rassemblement festif «pour faire sortir le vote», M. Singh a tenu à rappeler les avancées réalisées par des gouvernements minoritaires au sein desquels le Nouveau Parti démocratique était bien représenté.

Le vote par anticipation est en cours et se terminera lundi.

M. Singh a laissé entendre que son parti pourrait faire valoir certaines de ses positions aux Communes sans nécessairement former le gouvernement, citant en exemple ses engagements à créer un régime national d'assurance-médicaments et abolir les subventions à l'industrie pétrolière.

Bien qu'il vise le poste de premier ministre, M. Singh a mis l'accent sur l'importance de porter un maximum de candidats néo-démocrates au pouvoir.

«Mes amis, dans cette élection, on a un choix. On a choix pour défendre l'environnement, on a un choix pour investir dans l'énergie propre, on a un choix de défendre l'avenir pour les gens. On peut investir dans les soins de santé. On peut choisir l'espoir. Il ne faut pas choisir la peur», a-t-il martelé en français.

«Peu importe la décision des Canadiens, je veux qu'ils gagnent. S'ils votent pour le NPD, ils vont gagner», a-t-il enchainé.

Les plus récentes intentions de vote compilées par Léger pour le compte de La Presse canadienne indiquent que le Parti libéral et le Parti conservateur sont au coude-à-coude, ce qui laisse présager la formation d'un gouvernement minoritaire.

Six conditions pour une coalition

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a fait savoir que la collaboration de son parti serait assortie de six conditions.

À neuf jours des élections, M. Singh a expliqué qu’il se montrerait seulement favorable à la formation d’une coalition si celle-ci accepte d’intervenir immédiatement dans six dossiers.

Parmi ces enjeux dits «urgents» figurent l’accès à des logements abordables, la lutte contre l’endettement étudiant ainsi que la création de régimes nationaux de soins dentaires et d’assurance-médicaments.

La lutte contre les changements climatiques, l’établissement d’un plafond sur les factures de téléphone cellulaire et la mise en place d’un impôt sur les grandes fortunes font également partie du lot.

En point de presse à Toronto, samedi après-midi, M. Singh a été catégorique: «Pour avoir notre appui, il faut travailler sur ces enjeux».

Le chef néo-démocrate a toutefois souligné que la réforme électorale constitue une autre question «essentielle», mais qui n’est selon lui pas aussi «urgente» dans la mesure où elle n’affecte pas les Canadiens dans leur vie quotidienne.

Il la présente néanmoins comme une «priorité» du Nouveau Parti démocratique, afin de «s’assurer que chaque vote compte» et que les électeurs n’aient plus à tenir compte de considérations stratégiques.

La réconciliation avec les peuples autochtones constitue un autre «thème transversal» dans les priorités néo-démocrates, a-t-il ajouté.

Appel aux travailleurs de l'énergie

Jagmeet Singh s'est aussi engagé à aider les travailleurs des sables bitumineux à leur trouver des emplois dans d'autres secteurs de l'économie si le NPD prenait le pouvoir et mettait en oeuvre son plan contre les changements climatiques.

Les néo-démocrates veulent cesser de subventionner les sociétés pétrolières et gazières afin d'assurer la transition vers les ressources énergétiques renouvelables.

Cet engagement n'est pas bien accueilli par les travailleurs du secteur pétrolier qui craignent de perdre leur emploi.

M. Singh promet de consacrer une partie des milliards de dollars qu'un gouvernement néo-démocrate compte tirer en imposant plus durement les plus riches à aider les travailleurs albertains à trouver de nouveaux emplois.

Selon lui, l'engagement du parti à construire 500 000 logements abordables permettra à ces travailleurs d'exercer leurs compétences dans un autre secteur de l'économique.

«Nous pouvons y arriver. C'est une question d'engagement. Il faut avoir le courage de le faire et nous sommes prêts à le faire», a-t-il dit.

Élections 2019

Elizabeth May veut «s'occuper adéquatement» des anciens combattants

CHARLOTTETOWN — Le Canada a besoin d’un «réexamen national» des questions touchant les anciens combattants, a indiqué samedi la cheffe du Parti vert Elizabeth May.

Elle a promis de mettre en branle son processus dès une éventuelle arrivée au pouvoir des verts.

«C’est très important de s’occuper adéquatement de ceux qui sont montés au front pour nous, a déclaré Mme May. Nous devons aussi réassurer les jeunes qui souhaitent faire carrière dans les Forces armées que leur avenir sera protégé.»

Mme May mène campagne dans les provinces maritimes. Elle a fait son annonce à Charlottetown, sur l’Île-du-Prince-Édouard, là où le ministère des Anciens Combattants à son siège social.

Plusieurs anciens combattants en veulent aux conservateurs et aux libéraux des modifications apportées à leur région de pension et le manque d’appui à ceux qui ont été blessés en devoir.

Le Parti vert s’est engagé à «rétablir les paiements périodiques aux niveaux d’avant 2006». Mme May s’est aussi engagée à abroger «l’article de la Loi sur les pensions de retraite qui prive de pension les conjoints survivants de certains travailleurs, y compris ceux de la GRC, et les anciens combattants qui se sont mariés après 60 ans.»

Selon elle, il ne s’agit que d’une première étape d’un chemin menant vers un plus grand examen de la manière dont le pays traite ceux qui l’ont servi militairement.

Mme May a souligné que ce n’est pas seulement une chose juste à faire, mais cela aussi permettrait de rassurer ceux qui choisissent de faire carrière dans les Forces armées canadiennes qu’ils ne seront pas abandonnés s’ils se font blesser en devoir.

Guerre de mots

Les verts se livrent à une guerre de mots acharnée avec les néo-démocrates.

Le parti de Mme May a accusé samedi le NPD de distribuer des dépliants mensongers sur l’ile de Vancouver, là où la lutte est plus féroce.

Ces dépliants citent des journaux s’interrogeant sur les positions de Mme May et son parti au sujet de l’avortement et d’un appui des verts à un gouvernement minoritaire conservateur.

Mme May a déclaré qu’elle ne pouvait pas empêcher officiellement un député de sa formation de présenter un projet de loi limitant l’avortement, insistant toutefois sur le fait qu’aucun ne le ferait. Elle a aussi dit qu’elle est prête à travailler avec tous les partis partageant ses préoccupations climatiques.

La cheffe des verts a remercié la comédienne Pamela Anderson, pour une vidéo qu’elle a publiée pour dénoncer le dépliant.

«Nous avons été déçus de cette campagne de dénigrement du NPD, a renchéri Mme May. Notre campagne demeure positive.»

S’exprimant à Toronto, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s’est défendu en déclarant que les néo-démocrates ne faisaient que répéter les propres paroles de Mme May.

«Il est important que les gens sachent quels sont ses choix. Avec les néo-démocrates, on ne se pose pas de questions sur le droit des femmes de choisir. C’est un fait. Avec elle, il y a une question. Elle a ouvert cette question par ses commentaires.»

Élections 2019

Les libéraux seront-ils hantés par l'échec de la réforme électorale?

OTTAWA — La décision du gouvernement Trudeau de renoncer à la réforme électorale aura-t-elle une influence quelconque sur le résultat du scrutin du 21 octobre?

Selon le directeur général de la firme de sondage Abacus Data, David Coletto, la réforme électorale n’est pas à elle seule un facteur assez puissant pour motiver assez d’électeurs pour influencer les résultats. Toutefois, si on considère ce sujet comme une promesse brisée des libéraux parmi tant d’autres, l’histoire pourrait être différente.

«Cela fait partie d’un ensemble de décisions du gouvernement qui ont déçu plusieurs de ceux qui avaient voté pour les libéraux», dit-il.

Représentation équitable au Canada est un groupe tiers qui fait la promotion de la réforme électorale. Il a ciblé 21 circonscriptions et y exhorte les électeurs à voter pour les candidats qui soutiennent une forme de démocratie proportionnelle. Au Québec, les circonscriptions visées sont Hochelaga, Laurier-Sainte-Marie et Rosemont-La-Petite-Patrie. La circonscription d’Ottawa-Centre, en Ontario, figure aussi sur cette liste.

Le groupe appuie le NPD, qui s’est engagé à adopter la représentation proportionnelle dès son premier mandat, s’il est élu, et le Parti vert, qui veut remplacer le système uninominal à un tour d’ici 2023.

Les conservateurs ne veulent pas de réforme électorale tandis que les libéraux sont muets à ce sujet.

«Comme une entente»

Le président de Représentation équitable au Canada, Réal Lavergne, croyait bien que Justin Trudeau allait respecter sa promesse électorale d’adopter une réforme électorale. Plusieurs électeurs qui auraient autrement voté pour les néo-démocrates ou les verts l’ont appuyé de manière stratégique.

«C’était comme une entente: on vote pour lui pour ne plus avoir à le refaire», souligne-t-il.

Melanee Thomas, professeure de sciences politiques à l’Université de Calgary, estime que le désir de changement a probablement joué un rôle plus important dans la décision des électeurs que la réforme électorale en 2015.

Elle concède que la promesse libérale de réformer le système électoral a pu convaincre plus d’un à voter de manière stratégique en 2015 que d’habitude.

Mme Thomas s’attend à ce que le vote stratégique joue un rôle minimal cette année.

«Tout cela s’est soldé par une baisse de l’engouement pour le vote stratégique», estime-t-elle.

Leadnow, un autre groupe tiers enregistré auprès d’Élections Canada, ne consacre plus ses efforts à la réforme électorale pour se concentrer cette année sur les changements climatiques.

Représentation équitable au Canada appuie un certain nombre de candidats qui ont exprimé leur appui à la réforme électorale.

Parmi eux, un libéral: Nathaniel Erskine-Smith dans la circonscription de Beaches-Est, à Toronto. Celui-ci avait même présenté des excuses à ses électeurs lorsque le gouvernement Trudeau avait renoncé à la réforme électorale.

Il reconnait que ses électeurs continuent de lui en parler. M. Erkine-Smith dit partager leur frustration, mais préfère se concentrer sur les bons coups du gouvernement libéral.

«On doit se méfier des promesses que nous faisons si on ne peut pas le tenir. Il faut prendre garde de la manière dont nous le faisons, sinon on risque de favoriser le cynisme», prévient-il.

Une candidate du Parti populaire du Canada se retrouve aussi sur cette liste: Sabille Trim, dans la circonscription de Stormont-Dundas-Glengarry Sud.

Élections 2019

Justin Trudeau accuse Andrew Scheer de vouloir imposer l'austérité au Canada

SURREY, C.-B. — Justin Trudeau accuse les conservateurs d'Andrew Scheer de vouloir revenir à l'«austérité des années Harper» avec un retour à l'équilibre budgétaire en cinq ans.

M. Scheer a présenté la plateforme électorale de son parti à Tsawwassen, en Colombie-Britannique, vendredi après-midi, alors que s'amorce une longue fin de semaine.

«Les conservateurs ont attendu jusqu'à la dernière minute pour essayer de partager leur plateforme en catimini parce qu'ils ne veulent pas que les gens voient à quel point c'est 53 milliards $ de coupures qu'ils vont infliger aux Canadiens», a accusé M. Trudeau.

Avant même l'annonce de M. Scheer, les libéraux ont coulé des éléments de la plateforme conservatrice en brandissant le chiffre de 53 milliards $ qui sera nécessaire pour revenir à l'équilibre budgétaire.

Sur les réseaux sociaux, M. Trudeau a lancé une offensive pour demander «d'où viennent» les milliards des «coupes» de M. Scheer.

«Des projets d'infrastructures?», «De vos prestations de l'Allocation canadienne pour enfants?», «Du soutien à nos aînés?», «Des bourses d'études?» a demandé M. Trudeau par le biais des réseaux sociaux.

En matinée, M. Trudeau a profité d'une rencontre avec des militants à Ottawa pour critiquer la plateforme conservatrice avant même qu'elle n'ait été dévoilée. Il a provoqué rires et applaudissements dans la foule en faisant remarquer qu'«on ne sort pas son meilleur travail à 18h le vendredi d'un long week-end».

M. Trudeau a encore une fois fait un parallèle entre les conservateurs fédéraux et ceux de l'Ontario, affirmant qu'en campagne, le chef du Parti progressiste-conservateur ontarien Doug Ford n'avait pas de plateforme et qu'une fois élu, il n'a fait que couper et offrir des baisses d'impôt aux plus riches.

M. Trudeau a également lancé un message aux électeurs québécois qui seraient tentés de voter pour le Bloc québécois, affirmant qu'envoyer de nombreux députés bloquistes à Ottawa pendant des années avait laissé le chemin libre aux conservateurs de Stephen Harper pour «couper dans les dépenses pour les familles et les aînés, couper dans la culture et ne rien faire pour lutter contre les changements climatiques».

Un veto pour le Québec?

De passage à Surrey en Colombie-Britannique, où le fédéral impose l'expansion du pipeline Trans Mountain, M. Trudeau a dit qu'il n'était pas question de faire de même pour le Québec.

«Il n'y a pas d'acceptabilité sociale pour un oléoduc au Québec. On l'a constaté et nous n'allons jamais imposer un pipeline. C'est le plan d'Andrew Scheer d'imposer un pipeline au Québec», a-t-il dit, répétant ce qu'il a déclaré lors du débat en français, la veille.

M. Trudeau a réitéré ses engagements visant à rendre les études supérieures plus abordables.

Un gouvernement libéral réélu accorderait aux étudiants une période de grâce de deux ans, sans intérêt, avant de commencer à rembourser leur prêt étudiant. Il modifierait aussi les règles de façon à ce que les diplômés n'aient pas à rembourser leur prêt avant de gagner un salaire annuel d'au moins 35 000 $.

Il permettrait également aux nouveaux parents de suspendre le remboursement de leur prêt étudiant, sans intérêt, jusqu'à ce que leur plus jeune enfant atteigne l'âge de cinq ans.

Plusieurs de ces mesures ne toucheront pas le Québec qui dispose de son propre programme de prêts et bourses.

Élections 2019

Le NPD propose de dégager un déficit de 32,7 milliards de dollars en 2020

OTTAWA — Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a présenté vendredi un cadre financier qui prévoit un déficit de 32,7 milliards $ dès la première année, sans aucun plan pour rétablir l’équilibre budgétaire.

Les néo-démocrates ont publié leur plateforme de calcul des coûts qui comprend 35 milliards $ de nouvelles dépenses la première année et 30,5 milliards $ de nouveaux revenus.

Le cadre financier indique que plusieurs des nouveaux investissements proposés seraient implantés dès la première année d’un gouvernement néo-démocrate. Le déficit projeté tomberait à 18 milliards $ la deuxième année et se situerait autour de 16,5 milliards $ pour les deux années suivantes.

Le parti affirme que son cadre financier continuerait à voir le ratio de la dette au PIB du pays diminuer au cours de cette période.

Les nouvelles dépenses les plus importantes proposées par le NPD comprennent 10 milliards $ pour l’assurance-médicaments, 5 milliards $ pour la construction de nouveaux logements abordables et 1,8 milliard $ pour l’accès à l’eau potable dans les communautés autochtones.

Les nouvelles recettes proviendraient en grande partie des entreprises et des Canadiens les plus riches, notamment 8 milliards $ provenant de l’augmentation du taux d’inclusion des gains en capital, 6,3 milliards $ de l’augmentation du taux d’imposition des sociétés, 5,8 milliards $ venant de l’argent récupéré dans les paradis fiscaux et 5,6 milliards $ d’un impôt aux super-riches.

«Depuis des décennies, on a vu des coupures, coupures dans les revenus, coupures dans les services. Donc, on veut changer ça. C’est une direction mauvaise pour le Canada, pour la société. À cause des mauvaises décisions depuis beaucoup d’années, il faut avoir le courage de tourner la direction. Et pour faire ça, il faut augmenter les revenus et augmenter les investissements dans les gens», a fait valoir Jagmeet Singh lors d’une conférence de presse en matinée à Ottawa.

Trans Mountain

Par ailleurs, interrogé à savoir ce qu’il ferait de l’oléoduc Trans Mountain, dont le gouvernement fédéral est maintenant propriétaire, le chef du NPD est resté vague. «Que faire avec? C’est difficile à dire. Je ne l’aurais pas acheté; je veux être clair à ce sujet. Je ne veux pas de son expansion; je veux aussi être clair à ce sujet. Que faire avec maintenant? C’est difficile à dire.»

Il a laissé entendre qu’il lui faudrait davantage d’informations pour prendre une décision éclairée, notamment pour savoir combien vaut maintenant ce pipeline et son expansion. «M. Trudeau a commis une erreur en l’achetant et il faut qu’on trouve quoi faire avec pour la suite des choses. Je dois être au gouvernement pour le savoir», a-t-il ajouté.

Selfies au Complexe Desjardins

Plus tard en après-midi, à Montréal, M. Singh a pris un bain de foule au Complexe Desjardins. Par moment, les gens faisaient littéralement la file pour prendre un autoportrait avec lui et échanger quelques mots.

M. Singh était très à l’aise et au naturel avec ces gens, blaguant avec l’un, s’informant auprès de l’autre à savoir d’où il venait et ce qu’il faisait. Des électeurs issus de la diversité lui ont confié le voir comme un modèle.

«J’espère qu’on aura l’opportunité de vous avoir comme premier ministre. Je suis très heureuse qu’un immigrant soit proposé comme premier ministre. J’espère qu’un de mes enfants suivra votre chemin», lui a lancé une électrice originaire du Mexique.

«Mes parents sont venus ici et ils ont pensé: on va essayer. Et maintenant, leur fils essaie de devenir premier ministre. Alors, c’est une histoire tellement canadienne», lui a répondu M. Singh.

Un travailleur âgé d’origine chilienne, qui avait peine à joindre les deux bouts, lui a parlé du coût du logement et du panier d’épicerie. «Je suis ici depuis 32 ans. J’ai travaillé. Je mérite une vie tranquille après 65 ans. Je te donne une chance. Je te souhaite bonne chance aux élections», a-t-il dit à M. Singh.

«Vous êtes vraiment une personne extraordinaire pour le Canada. Bonne chance avec les élections; vous méritez ça», lui a dit un autre électeur, qui s’est décrit comme «un anti-Trump».

Sur place, M. Singh a aussi croisé plusieurs délégués du congrès du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qui prenait fin, juste à côté au Palais des congrès. Là encore, il s’est plié de bonne grâce aux dizaines de demandes de photographie avec lui. Mercredi dernier, d’ailleurs, M. Singh avait pris la parole devant le congrès du SCFP et avait été maintes fois ovationné.

Élections 2019

Début ce vendredi de quatre jours de vote par anticipation

OTTAWA — Les bureaux de vote par anticipation ouvrent ce vendredi dans les circonscriptions électorales fédérales du Canada.

Les électeurs qui désirent exprimer leur vote avant la tenue du scrutin général, le 21 octobre prochain, peuvent donc se présenter dans ces bureaux jusqu'à lundi, de 9 h 00 à 21 h 00.

Les gens peuvent localiser le bureau de vote par anticipation de leur circonscription en consultant leur carte d'information de l'électeur ou en utilisant le Service d'information à l'électeur qui figure sur le site web www.elections.ca

L'électorat peut aussi exercer son droit de vote en se présentant aux plus de 500 bureaux d'Élections Canada qui sont ouverts partout au pays, avant le 15 octobre à 18 h 00.

Dans ce cas, les gens voteront selon le processus par bulletin spécial. Un travailleur électoral demande aux gens une preuve d'identité et d'adresse. Il leur remet ensuite un bulletin de vote et des instructions et les gens peuvent marquer leur bulletin derrière l'isoloir.

Le travailleur électoral remet ensuite aux électeurs deux enveloppes. Les gens devront placer le bulletin de vote dans l'enveloppe intérieure non marquée et la sceller. Ensuite, ils devront placer cette enveloppe dans l'enveloppe extérieure qui devra aussi être scellée.

Les électeurs doivent ensuite lire déclaration sur l'enveloppe extérieure, la signer et la déposer dans l'urne.

Élections Canada signale qu'il y a d'autres façons de participer au scrutin, notamment pour les membres des Forces armées canadiennes, dans les résidences pour personnes âgées, dans certaines institutions d'enseignement, et dans des établissements correctionnels.

Il est également possible de voter par la poste.

Politique

Plomb dans l’eau à l’école: les partis d’opposition dénoncent le laxisme du gouvernement

Le gouvernement Legault fait preuve de laxisme et de négligence, en se montrant incapable de garantir la qualité de l’eau bue par les enfants dans les écoles et les garderies, selon les partis d’opposition, inquiets des concentrations de plomb détectées par les chercheurs.

La situation est «très grave», selon la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, convaincue que le gouvernement a manqué à son devoir «essentiel et fondamental» de protéger la santé des enfants.

«Où est le ministre de l’Éducation?» a renchéri la députée libérale de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, persuadée que le gouvernement pourrait s’exposer à des poursuites pour ne pas avoir pris ses responsabilités quant à la salubrité de l’eau dans le réseau scolaire et celui des garderies. «Ils sont imputables», a-t-elle commenté, en parlant des membres du gouvernement.

La présence de plomb dans l’eau des fontaines de certaines écoles, telle que rapportée dans les médias, dont Le Soleil, a semé l’émoi dans les rangs de l’opposition et placé le gouvernement sur la défensive, jeudi.

Le gouvernement a tenté de se faire rassurant, en disant qu’il avait agi, tout en minimisant la gravité de la situation.

Le premier ministre François Legault a indiqué, en mêlée de presse, que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait commandé cette semaine une vérification de la qualité de l’eau dans toutes les écoles.

«On va fermer les abreuvoirs, s’il y a un risque» pour la santé des enfants, a-t-il commenté.

Mais dans l’intervalle, les enfants et leurs parents demeureront dans le doute, ne sachant pas si l’eau qui sort de la fontaine de l’école est exempte de plomb.

Le journal Le Devoir rapportait jeudi que trois chercheurs avaient claqué la porte d’un projet de recherche mené dans 36 écoles, VisezEau à l’école, l’hiver dernier, à la suite de la décision du ministère de la Santé d’abolir le volet visant à vérifier la qualité de l’eau.

Recherche en cours

Interpellée, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a dit jeudi que le gouvernement avait agi ainsi parce qu’il ne voulait pas dédoubler le travail déjà entrepris par l’Institut national de la santé publique (INSPQ) qui «est en train de faire un portrait totalement exhaustif» de la situation. Elle n’a pas fixé d’échéance pour obtenir et divulguer les résultats de cette recherche.

Tel que rapporté par Le Soleil jeudi, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a confirmé avoir émis une directive pour que des tests soient effectués dans tous les services de garde, Centres de la petite enfance (CPE), et garderies privées, subventionnées ou non.

En juin, dans un avis, l’INSPQ avait sonné l’alarme, en révélant que le niveau de plomb détecté dans l’eau des écoles et des garderies du Québec était si élevé qu’il pouvait affecter le quotient intellectuel des enfants.