Politique

Trump «pas toujours évident» pour Trudeau

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a reconnu qu’il n’était «pas toujours évident» de travailler avec le président Donald Trump, tout en se félicitant de la réussite de la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain.

«Mon job, c’est de m’assurer de bien défendre l’intérêt des Canadiens. C’est ce que nous avons fait avec l’AÉUMC», l’accord commercial États-Unis, Mexique, Canada, a déclaré M. Trudeau à Tout le monde en parle diffusé dimanche soir.

Interrogé sur ses relations avec le président Trump, M. Trudeau a reconnu, tout en mesurant ses propos, que celui-ci «n’est pas toujours évident».

«Il le sait et moi aussi. On n’est pas alignés sur bien des choses et il est difficile parfois d’aller trouver des points communs, mais on a réussi à le faire assez bien» dans le nouvel accord commercial, a dit M. Trudeau.

Les relations entre les deux dirigeants, qui avaient commencé sous les meilleurs auspices après l’arrivée de M. Trump à la Maison-Blanche, s’étaient dégradées après le fiasco du G7 de Charlevoix en juin. Donald Trump avait notamment accusé M. Trudeau de manquer de sincérité et l’avait rendu responsable de l’échec du sommet.

Cannabis

M. Trudeau, qui intervenait dans cette émission un an précisément avant les élections législatives, a défendu la légalisation du cannabis, l’une de ses principales promesses de campagne, devenue réalité le 17 octobre.

Soulignant que quelque cinq millions de Canadiens avaient fumé du cannabis l’an dernier, il a répété que la prohibition en place depuis 90 ans ne fonctionnait et remplissait les poches du crime organisé.

M. Trudeau a d’autre part affirmé sa volonté d’agir contre le changement climatique, tout en répétant qu’il fallait aussi tenir compte de l’économie du pays.

«La réalité c’est qu’il faut protéger l’environnement tout en créant une croissance économique qui va être durable et responsable», a-t-il dit.

Donnant un avant-goût de la prochaine campagne électorale, il a critiqué le parti conservateur, la principale formation d’opposition, qui est opposé à son projet de taxe sur le carbone et n’a, selon lui, «pas de plan» pour lutter contre le réchauffement de la planète.

Selon des sondages publiés dimanche, les libéraux disposent d’une légère avance sur leurs rivaux conservateurs dans les intentions de vote.

Politique

Le Bloc veut «redresser» sa situation d'ici les élections

MONTRÉAL — À un an des élections fédérales, le Bloc québécois estime qu'il a tout le temps de «redresser» la situation dans laquelle il se trouve.

C'est ce que soutient le vice-président du parti, Gilbert Paquette, en entrevue à La Presse canadienne.

L'ancien ministre péquiste admet que sa formation a une «côte à remonter», mais il ajoute qu'«un an en politique, c'est une éternité».

Tout en saluant le retour au bercail des députés dissidents, M. Paquette croit que toute cette saga aurait pu être évitée, «si les gens avaient mis de l'eau dans leur vin».

Il trouve «malheureux» que le Bloc se soit privé d'une «extraordinaire» porte-parole pour l'indépendance du Québec en Martine Ouellet.

Gilbert Paquette rappelle qu'avant le départ des sept députés dissidents, les sondages accordaient 30 % d'appui au Bloc, avec Mme Ouellet comme chef, loin devant les conservateurs et les néo-démocrates.

Le Bloc se prépare maintenant, non seulement pour le prochain scrutin général, mais aussi pour son congrès national.

Politique

Trudeau n'exclut pas l'annulation d'un contrat de vente d'armes à Ryad

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a affirmé dimanche ne pas exclure que le Canada puisse annuler un important contrat de vente d'armes à l'Arabie saoudite, après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

M. Trudeau, qui intervenait dans Tout le monde en parle dimanche soir, a souligné que son pays entendait «toujours défendre les droits de l'homme, y compris avec l'Arabie Saoudite».

Politique

Scheer lance une attaque tous azimuts contre le gouvernement Trudeau

OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer a marqué dimanche le compte à rebours d'un an avant les élections fédérales de 2019 en ciblant le bilan du gouvernement libéral en matière de taxes sur le carbone, d'éthique et de déficits budgétaires.

S'exprimant devant des partisans du Parti conservateur lors d'un rassemblement à Ottawa, M. Scheer a prédit une campagne sale et soutenu que le premier ministre Justin Trudeau serait le premier chef à y aller d'attaques personnelles.

«Ça va s'empirer, a-t-il dit. Cela va devenir laid.»

Mais lui-même ne s'est pas montré avare de commentaires négatifs en lançant une attaque tous azimuts contre le gouvernement Trudeau.

«Dans seulement un an, nous allons mettre un terme au mandat d'échecs. Vous vous souvenez de ce qu'il a promis en 2015. Il a été élu en s'engageant à aider la classe moyenne, à diriger un gouvernement propre et éthique, à accuser des déficits petits et temporaires et à améliorer la position du Canada à l'étranger. Il a échoué sur tous ces plans et plus encore», a-t-il lancé.

M. Scheer a également déclaré à ses partisans que M. Trudeau aura, dans son camp, médias, experts et universitaires — tous ces gens qui veulent dire aux Canadiens comment dépenser leur argent et vivre leur vie.

Les conservateurs devraient s'attarder particulièrement au plan central de la taxe sur le carbone du gouvernement Trudeau et sur sa gestion des finances publiques, ayant produit des déficits presque deux fois plus importants que ce que les libéraux avaient promis lors des élections de 2015.

Il a notamment porté son attention sur la taxe sur le carbone qu'il a qualifiée de «plan de revenus» pour remplir les coffres gouvernementaux et sur les questions éthiques, faisant valoir que même le premier ministre Trudeau avait fait l'objet d'une réprimande du commissaire aux conflits d'intérêt et à l'éthique.

Le discours de campagne de M. Scheer a également attiré l'attention sur d'autres domaines qu'il considère comme des vulnérabilités libérales, incluant le projet avorté d'oléoduc Énergie Est qui devait acheminer le brut de l'Alberta vers l'est en passant par le Québec, et un nouvel accord de libre-échange États-Unis-Mexique-Canada n'offrant aucun gain pour le Canada selon lui.

M. Scheer a aussi noté que la droite profitait d'un bel élan au Canada; la preuve en est selon lui les récentes victoires électorales des progressistes-conservateurs en Ontario et des caquistes au Québec.

«Nous comptons sur de plus en plus d'alliés dans les cabinets de premier ministre dans tout le monde. Cela va nous aider à faire partager nos idées sur les taxes plus basses, un gouvernement plus petit et une plus grande liberté individuelle d'un océan à l'autre.»

La nouvelle recrue conservatrice, la députée Leona Alleslev, qui a déserté le caucus libéral, avait contribué à réchauffer la foule avant l'arrivée de M. Scheer. «Je suis un peu en retard, mais il vaut mieux tard que jamais», a-t-elle lancé.

Actualités

Donald Martel encore sous le choc

NICOLET — Au lendemain de la composition du conseil des ministres, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, préférait toujours ne pas accorder d’entrevue vendredi. Écarté du premier cabinet Legault, et à la lumière d’une courte conversation avec Le Nouvelliste, il veut manifestement se donner du temps pour digérer la nouvelle, qui fut d’ailleurs mal accueillie par les intervenants de la rive sud.

Celle-ci est d’autant plus cruelle qu’il a vu le poste de whip en chef lui échapper au profit d’un collègue de la région, soit Éric Lefebvre, député d’Arthabaska. Nommé ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, le député de Johnson, André Lamontagne, sera responsable du Centre-du-Québec.

Et quand Donald Martel regarde de l’autre côté du fleuve, il voit deux de ses recrues, Sonia LeBel et Jean Boulet, hériter de responsabilités ministérielles. 

Au terme du week-end, il pourrait s’adresser aux médias. Mais encore là, le principal intéressé ne s’est pas engagé à le faire dès lundi.

Revenu de ses émotions, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, cherchait toujours à comprendre la décision du premier ministre François Legault.

«Je ne comprends pas encore tout à fait la situation. Il y a un bon conseil de ministres. Il y a deux nominations ici, notamment Sonia LeBel et Jean Boulet. Je suis content qu’on ait le ministre du Travail proche de nous. J’aurai affaire à lui parce qu’on a comme quelque chose qui ressemble au ministère du Travail à régler de ce côté-ci», a-t-il commenté, faisant allusion au lock-out à l’Aluminerie de Bécancour.

Mais comme premier magistrat, il est d’avis «qu’il y a avantage à ce que ton député soit également ministre». «Plusieurs sont contents d’avoir un ministre chez eux. Nous autres, faut-il être déçus de ne pas en avoir? Je jugerai l’arbre à ses fruits dans un an», a ajouté celui qui trouve injuste que Donald Martel soit cloué au banc maintenant que son équipe est championne.

Finalement, le préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, s’est aussi dit déçu de la tournure des événements. «On s’attendait à avoir soit un ministre ou un whip chez nous, quelqu’un assis à la table des ministres pour nos dossiers. C’est un bon combattant de la première heure pour la CAQ. J’ai laissé un message à Donald pour lui dire que la population, qui l’a appuyé même dans l’opposition, est en arrière de lui. On sait qu’il va quand même faire cheminer les dossiers et qu’il va faire le travail», a-t-il conclu.

Politique

Cannabis: les règles doivent être respectées par tous, selon Anne McLellan

FREDERICTON — L’ex-dirigeante du groupe de travail fédéral sur le cannabis s’attendait à ce que les premiers jours de la légalisation de la marijuana à des fins récréatives soient consacrés à la célébration, mais elle incite maintenant tous les acteurs de cette industrie à respecter les règles.

Anne McLellan dit que sa mise en garde concerne les producteurs, le gouvernement, les détaillants privés, ainsi que tous les clients canadiens.

Mme McLellan anticipait que pour cette première semaine, certains joueurs de l’industrie allaient pousser les limites, et que les Canadiens allaient consommer la substance dans des endroits interdits. Mais il faut maintenant respecter les règles, signale-t-elle.

« Je pense que nous savions probablement que cela se produirait, parce que c’est l’exubérance d’entrer dans la nouvelle époque légalisée. Espérons que ces personnes auront eu leur joyeux moment de changement et qu’elles commenceront à se conformer à la loi », a-t-elle déclaré.

La police de la Colombie-Britannique a saisi cette semaine des milliers de dollars de cannabis dans deux dispensaires privés et a accusé les deux magasins d’être ouverts sans permis provinciaux.

De son côté, Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Halifax a déclaré avoir imposé une amende de 295 $ à un chauffeur, après que des policiers eurent découvert un sac de cannabis fourni par le gouvernement qui était à sa portée. L’individu avait été arrêté parce que ses plaques d’immatriculation étaient expirées.

Le site internet de la société de la Couronne du Nouveau-Brunswick, Cannabis NB, a notamment été critiqué pour sa description des produits et ses photos montrant des gens, souriants, en train de prendre des égoportraits et de faire du yoga. Cela pourrait violer la loi fédérale.

« Santé Canada étudie la question », s’est contenté de dire Thierry Bélair, attaché de presse de la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor.

La société Cannabis NB dit être ouverte aux commentaires et assure qu’elle modifiera le site si besoin.

« Nos événements “Découvrir, rafraîchir et se connecter” sont des outils pédagogiques conçus comme un point de départ de discussion entre nos guides et les clients pour les aider à choisir le produit qui leur conviendrait le mieux. Naturellement, nous nous attendons à ce que Santé Canada soit intéressé par ce que tous les gouvernements font, et nous sommes impatients de poursuivre les discussions avec (le ministère) », a déclaré Marie-Andrée Bolduc, porte-parole de Cannabis NB.

Politique

Lisée refuse de prendre position sur l'avenir du PQ

QUÉBEC - L’ancien chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, défait le 1er octobre, refuse de prendre position sur l’avenir de sa formation politique.

Présent à l’assermentation des 10 députés du PQ élus ou réélus lors des dernières élections générales, vendredi, au Salon rouge de l’Assemblée nationale, M. Lisée s’est arrêté brièvement devant les journalistes, mais a refusé de tracer un bilan de la cuisante défaite de son parti, ou d’indiquer la voie à suivre pour reconstruire le parti fondé par René Lévesque en 1968.

Le 23 août, au moment du déclenchement des élections, le PQ formait l’opposition officielle avec 28 députés, et a dû se contenter de 10 sièges au lendemain de l’élection.

«Il y a un post mortem qui se fait à l’intérieur du Parti québécois», a dit M. Lisée, ajoutant qu’il y avait des «lieux» et des «moments» appropriés pour ce genre d’exercice.

Il dit être venu assister à l’assermentation des élus péquistes «pour souligner la qualité du caucus du Parti québécois, leur souhaiter bonne chance et leur dire qu’on est avec eux pour la suite des choses».

Depuis sa défaite dans Rosemont, le 1er octobre, aux mains du candidat de Québec solidaire (QS) Vincent Marissal, et sa décision de quitter la direction du parti, M. Lisée a choisi de ne pas commenter la situation.

Questionné à savoir s’il favorisait dans les circonstances une forme d’alliance avec QS, M. Lisée a dit qu’il ne lui appartenait plus de répondre à ce genre de questions.

«Je pense que c’est aux gens qui dirigent le Parti québécois et au futur chef d’en discuter et aux membres du caucus», selon lui.

«Je vais les laisser discuter de ça entre eux et s’ils veulent avoir mon opinion, ils ont mon numéro», a conclu l’ancien chef, avant de tourner les talons.

Un autre ancien chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, prédécesseur de M. Lisée, était aussi présent sur les lieux, mais il a refusé de répondre aux questions des journalistes.

Politique

Assemblée nationale: le crucifix restera là où il est

Le premier ministre François Legault a mis un stop aux spéculations : le crucifix trônant au-dessus du fauteuil du président de l’Assemblée nationale ne sera pas décroché.

«On garde le crucifix», a déclaré vendredi M. Legault en notant qu’il s’agit d’«un objet patrimonial important».

Le nouveau premier ministre a expliqué vouloir être «ouvert» à la discussion en général, mais pas à propos de tout. «Je veux être ouvert en général, mais, en même temps, je veux que vous compreniez que j’ai été élu avec un certain programme et dans mon programme, on garde le crucifix», a-t-il fait valoir.

François Legault se dit toutefois ouvert aux discussions avec les partis d’opposition à propos de l’interdiction du port de signes religieux par les enseignants des niveaux primaire et secondaire du réseau public.

Il est «trop tôt» pour dire hors de tout doute si la loi à venir s’appliquera ou pas à eux, mais, a-t-il ajouté dans le même élan, lui et son gouvernement n’ont «pas changé d’idée» sur le fond. Ils continuent d’estimer que les enseignants oeuvrant auprès des plus jeunes — pas ceux des cégeps et des universités — «sont en position d’autorité».

Et qu’ils ne devraient donc pas porter de signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions, tout comme les juges, les policiers, les procureurs et les gardiens de prison ne devraient pas pouvoir le faire.

La position de son équipe n’a pas changé, mais «on va consulter; on va voir s’il y a des consensus qu’on est capable de dégager» sur les enseignants avec les partis d’opposition à l’Assemblée nationale.

La position est ferme sur le crucifix, mais la porte semble entrouverte pour ce qui est des enseignants, peut-on résumer.

Dans ce premier point de presse qu’il a tenu à titre de premier ministre, M. Legault a réitéré que son gouvernement entend réduire dès l’an prochain de quelque 50 000 à 40 000 le nombre d’immigrants accueillis par le Québec.

Le 27 novembre

Le premier ministre avait convoqué ce point de presse avant de partir pour Gatineau afin d’annoncer qu’il voulait réformer le programme d’aide aux victimes de catastrophes naturelles. Il a déploré la lenteur des réponses fournies par l’État aux sinistrés de la tornade ayant récemment ravagé un quartier de la ville.

François Legault a par ailleurs fait savoir que les parlementaires siégeront à l’Assemblée nationale à partir du 27 novembre, et ce, pour une période de deux semaines avant la relâche de Noël. Un exercice de mise à jour économique et financière sera présenté. Il devrait contenir des mesures pour «retourner de l’argent dans le portefeuille des contribuables».

Politique

Legault promet un nouveau programme d'aide pour les sinistrés de la tornade

Le premier ministre François Legault a demandé à sa nouvelle ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault de préparer un nouveau programme d'aide pour les sinistrés.

Lors de son tout premier point de presse depuis la formation de son cabinet, M. Legault a expliqué avoir rencontré les fonctionnaires du ministère de la Sécurité publique pour discuter de l'aide accordée aux sinistrés de la tornade survenue en Outaouais le mois dernier, et a indiqué qu'il n'était «pas satisfait de la façon dont on a travaillé jusqu'à présent».

Selon M. Legault, les gens qui ont tout perdu dans la tornade veulent savoir à quel moment ils se feront rembourser une partie des pertes subies. Ses discussions avec le ministère ne lui ont pas permis d'obtenir de réponse.

Il a donc demandé à Mme Guilbault de mettre en place un nouveau programme, qui sera annoncé «dans les prochaines semaines». Il vise à diminuer la bureaucratie afin de pouvoir raccourcir les délais avant que la population sinistrée puisse obtenir de l'information.

M. Legault se rendra à Gatineau, vendredi après-midi, afin de faire le point sur le programme d'aide aux sinistrés de la tornade.

M. Legault a par ailleurs annoncé que la chambre commencera à siéger le 27 novembre et que des projets de loi seront déposés dès cette session.

Il n'a pas voulu préciser quels projets de loi seront mis de l'avant dès cet automne.