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Politique

PLQ: Alexandre Cusson parle d’éthique et de nationaliser l’eau potable

Les multinationales vont devoir remplir les coffres de l’État pour continuer à pomper l’eau du Québec, si Alexandre Cusson, devenu chef du Parti libéral du Québec (PLQ), est élu premier ministre.

«Il n’est plus question d’exploiter cette richesse qui appartient à tous les Québécois», a affirmé en mêlée de presse M. Cusson, au moment de lancer officiellement sa campagne au leadership, dimanche.

Il a aussi promis de rehausser les règles d’éthique, et ce, pour toute la classe politique, pas seulement au PLQ.

Au sujet de la nationalisation de l’eau, il a dit prendre exemple sur l’Ontario, qui a imposé en 2017 des redevances 135 fois plus élevées qu’auparavant, une facture qui sera passée de 3,71 $ à 503,71 $ par million de litres d’eau puisée.

Voilà «une avenue intéressante», a estimé le candidat, prompt à vouloir mieux encadrer la commercialisation de l’eau, actuellement «pompée au profit de multinationales».

La hausse de redevances pourrait toucher notamment les embouteilleurs d’eau potable et les producteurs de boissons (bière, eaux gazeuses) qui utilisent de grandes quantités d’eau.

Or, à ce jour, l’embouteillage de l’eau du Québec ne rapporte que 150 000 $ sous forme de redevances à l’État, une contribution nettement insuffisante selon lui.

«On parle de milliards et milliards de litres. Ce n’est pas une ressource inépuisable. Il faut prendre les décisions maintenant», a commenté M. Cusson en mêlée de presse, bien déterminé à ne plus «enrichir quelques grandes compagnies étrangères», sur le dos de l’ensemble des Québécois.

«Cette situation a assez duré», selon lui. Mais malgré la position très affirmée de M. Cusson sur cette question, dans les faits il ne s’engage pas à nationaliser l’eau, mais simplement, dans un premier temps, à entreprendre une «réflexion» sur le sujet.

Ce n’est donc pas un hasard si l’aspirant-chef a choisi de lancer sa campagne à l’aquarium du Québec, situé à deux pas du fleuve Saint-Laurent.

Cette idée de nationaliser l’eau revient périodiquement depuis plusieurs années au PLQ. L’aile jeunesse du parti en avait fait une proposition en 2005. La députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, qui va jouer un rôle-clé dans la préparation de la plateforme électorale de M. Cusson, fait la promotion de cette idée, qui lui tient réellement à coeur.

L’ancien maire de Drummondville - il quitte officiellement ses fonctions le 31 janvier - a été accueilli à l’aquarium par une poignée de militants, accompagné d’une seule membre du caucus libéral, la députée Marwah Rizqy, qui n’était jamais loin de lui du début à la fin de l’événement.

Celui qui veut succéder à Philippe Couillard n’a reçu à ce jour qu’un seul autre appui provenant du caucus, soit celui de la députée Lise Thériault, qui ne s’est pas présentée au lancement de son candidat favori dimanche.

Durant son discours, livré à l’aide d’une série de cartons qui lui servaient d’aide-mémoire, M. Cusson s’en est tenu essentiellement à deux idées: la réflexion à faire sur la pertinence de nationaliser l’eau et la nécessité de rehausser les normes éthiques de la classe politique.

Plus d’éthique

Se disant conscient qu’aux yeux d’une partie de la population, «il y a une odeur de corruption qui flotte sur la politique au Québec», M. Cusson a promis de hausser les règles éthiques appliquées par son parti, s’il en devient le chef.

Il s’est engagé à nommer une direction de l’éthique et de la conformité au sein du PLQ, une exigence qu’il étendrait à tous les partis s’il devient premier ministre en 2022.

Pourtant, il ne pense pas «qu’il y a de problème d’éthique au Parti libéral», plutôt un problème d’image, de perception.

Il a aussi proposé de préconiser dorénavant des investitures ouvertes à l’occasion du recrutement de candidats du parti en vue des prochaines élections générales, et de faire en sorte qu’au moins 40 pour cent des candidats du PLQ seront des femmes.

Questionné à savoir s’il allait prendre ses distances de l’ère Charest ou au contraire revendiquer l’héritage de l’ancien chef du PLQ et premier ministre du Québec, M. Cusson est resté de marbre: «Je ne revendiquerai aucun héritage. Je ne prendrai aucune distance».

À propos de l’enquête Mâchurer, menée par l’UPAC depuis six ans sur le financement supposément illégal du PLQ durant le règne de M. Charest, M. Cusson a gardé ses distances, affirmant qu’on devait laisser la police faire son travail.

Le prochain chef du PLQ sera élu à la fin du mois de mai.

Il n’y a pour l’instant qu’une seule autre personne sur les rangs, la députée Dominique Anglade.

La date limite pour déposer sa candidature a été fixée au 6 mars.

Politique

Peter MacKay lance sa campagne en vue de succéder à Andrew Scheer

STELLARTON, N.-É. — L'ancien ministre fédéral Peter MacKay a lancé samedi sa campagne en vue de succéder à Andrew Scheer à la tête du Parti conservateur.

M. MacKay a procédé à son lancement au Musée de l'Industrie, à Sterllarton, en Nouvelle-Écosse, devant plus de 200 partisans brandissant des affiches à son nom. Un drapeau canadien avait été installé derrière lui.

Il a dit qu'il revenait sur la scène politique fédérale de faire échec à l'actuel gouvernement libéral qui, selon lui, mène la vie trop dure aux Canadiens, ajoutant qu'il ne veut pas demeurer sur la ligne de touche en espérant la venue d'un autre sauveur.

«Je veux apporter ma contribution pour unir le pays. Je veux mettre la main à la pâte afin d'aider à bâtir une meilleure vie pour nous tous», a-t-il déclaré au cours de son discours au d'une durée de 23 minutes.

Il a aussi tendu la main aux Québécois.

«Je suis ici pour vous parler d'espoir, l'espoir d'élire un gouvernement national qui partage vos valeurs québécoises, qui respecte vos compétences et qui est fier de la place du Québec en tant que nation au sein du Canada», a-t-il dit en français.

M. MacKay a aussi mis de l'avant son expérience à titre de ministre de la Défense et souligné la nécessité de faire preuve de leadership pour définir la place du Canada dans le monde.

Le nouveau candidat n'a pu s'empêcher de s'en prendre au premier ministre libéral Justin Trudeau.

«Les Canadiens en ont assez d'une diplomatie de façade qui ne produit aucun résultat», a-t-il déclaré.

Il refuse aussi de jeter aux oubliettes du passé les scandales ayant frappé le gouvernement Trudeau. «La concentration des pouvoirs au sein du cabinet du premier ministre a dressé un obstacle à la Justice. Les Canadiens ont été trahis. Cette concentration a seulement profité à ceux qui sont proches du premier ministre et de ses acolytes. Les libéraux ont brisé la confiance des Canadiens. Permettez-moi d'être clair et net: il faudra mériter leur confiance pour gouverner tous les Canadiens.»

Peter MacKay dirigeait le Parti progressiste-conservateur lorsque cette formation s'est unie à l'Alliance canadienne en 2003 pour fonder le Parti conservateur canadien et regrouper les forces de droite au pays. Il a ensuite occupé divers ministères au sein du gouvernement Harper.

Il a rappelé la nécessité pour la droite de présenter un front uni contre ses adversaires. «Je veux jouer mon rôle pour unir la famille conservatrice autour d'une même table. Tous les conservateurs appartiennent à notre parti. Tous auront leurs mots à dire et une place autour de la table», a-t-il dit.

M. MacKay a refusé de répondre aux questions des journalistes.

Il s'était retiré de la vie politique avant les élections de 2015 qui avaient porté les libéraux de Justin Trudeau au pouvoir.

Le député fédéral de la circonscription de Durham, en Ontario, Erin O'Toole, devrait lui aussi se lancer dans la course dès lundi.

Plusieurs autres personnalités qui auraient sûrement pris leur place parmi les favoris ont renoncé à se présenter, dont le porte-parole du parti en matière de finances, Pierre Poilievre, l'ancienne chef intérimaire Rona Ambrose et l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest.

Politique

Le Canada espère toujours un siège au Conseil de sécurité

OTTAWA — Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, affiche un «optimisme prudent» quant aux chances du Canada d’obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies cette année, au moment où Ottawa accélère sa «campagne électorale» en Afrique.

S’adressant à des journalistes après un voyage au Mali et au Maroc, M. Champagne a rejeté les critiques de nombreux experts qui affirment que la candidature canadienne sera plombée par les faibles contributions d’Ottawa en matière d’aide internationale et sa faible participation aux missions de maintien de la paix des Nations unies (ONU).

«J’ai été agréablement surpris par le soutien que j’ai reçu des pays hôtes que j’ai visités. Je pense que les gens reconnaissent que le Canada peut jouer un rôle positif dans le monde», a déclaré M. Champagne.

Le Canada fait face à une vive concurrence de la Norvège et de l’Irlande pour les deux sièges de membres non permanents au sein du plus puissant organe des Nations unies. Ces deux sièges feront l’objet d’un vote de l’Assemblée générale de l’ONU en juin, pour un mandat de deux ans à compter de 2021. Les pays en lice pour un siège au conseil ont besoin des deux tiers des voix au scrutin secret, soit plus de 128 voix; l’Afrique est l’un des blocs les plus influents à l’ONU, avec 54 membres votants.

Besoin de soutien

La mauvaise volonté de pays autocratiques comme la Chine devrait inciter le gouvernement Trudeau à faire campagne de manière encore plus appuyée pour un siège au Conseil de sécurité des Nations unies, estiment des analystes.

Le Canada a besoin du soutien de pays musulmans et asiatiques et deux des principaux acteurs de ces régions, l’Arabie saoudite et la Chine, ont des conflits diplomatiques non résolus avec le Canada. Alors que les deux pays sont influents dans leurs blocs de vote, la Chine a étendu son empreinte diplomatique en Afrique avec de grandes dépenses d’infrastructure et en distribuant généreusement ses propres fonds de développement pour se faire des alliés et influencer la politique.

«Nous sommes toujours derrière d’autres pays en matière de dépenses et il y a beaucoup de pays autocratiques qui ne veulent pas voir le Canada obtenir un siège et l’utiliser pour être juste en matière de droits de la personne, de genre et d’autres valeurs qui nous sont chères», a soutenu Bessma Momani, une experte en affaires internationales à l’Université de Waterloo.

Elle a montré du doigt la Chine, l’Arabie saoudite et la Russie comme des pays qui s’opposent à la candidature du Canada.

Colin Robertson, vice-président de l’Institut canadien des affaires mondiales et ancien diplomate, a dit croire que M. Trudeau se devait de faire campagne lui-même à l’extérieur du pays pour tenter d’éviter ce qui constituerait un revers majeur en politique étrangère.

«Perdre en 2020 serait traumatisant pour Justin Trudeau, a affirmé M. Robertson. Et ce serait un choc désagréable pour les Canadiens qui pensent que le monde nous aime.»

Si M. Trudeau décide de mener une campagne acharnée, l’obtention d’un siège est toujours possible, selon lui : la Norvège remportera probablement l’un des deux sièges, mais le Canada pourrait encore avoir le dessus sur l’Irlande.

Politique

Direction du Parti conservateur: le français prend trop de place, déplore une élue

OTTAWA — Une élue conservatrice de l’Alberta déplore que la langue française prenne trop de place dans la course naissante à la direction de son parti.

Michelle Rempel Garner, qui représente une circonscription à Calgary, se désole que les critères de sélection des candidats tournent autour du bilinguisme et de la capacité de ceux-ci à obtenir des appuis en Ontario et au Québec.

«Tout le débat a porté sur la langue française. Qu’en est-il de l’Ouest canadien?» a-t-elle lancé, à l’entrée du caucus conservateur, vendredi.

Les deux seuls candidats d’envergure au leadership du Parti conservateur qui étaient bilingues se sont désistés cette semaine. Il s’agissait de l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest et du député Pierre Poilievre.

Alors que l’ancien ministre Peter MacKay s’annonce comme l’un des seuls candidats sur la ligne de départ, son français est scruté à la loupe par les commentateurs politiques. Il a d’ailleurs publié une vidéo dans la langue de Molière, avec un texte scripté.

«Il a quand même une base qui n’est pas si mal. Le vocabulaire est assez limité, mais on voit qu’il a quand même une connaissance du français et je suis certaine qu’il va chercher à s’améliorer», prédit Stéphanie Chouinard, professeure adjointe de science politique au Collège militaire royal du Canada à Kingston.

Mme Rempel Garner n’écarte pas la possibilité de se lancer dans cette course à la direction afin de représenter les intérêts de l’Ouest canadien, où le sentiment d’aliénation est grandissant, dit-elle.

Langue fondatrice

Pour le député de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, la question ne se pose même pas : le prochain chef devra parler français.

«La réalité, c’est que chacun doit faire la démonstration de la qualité de son français dans un débat. Il n’y a rien de mieux qu’un débat pour démontrer si, oui ou non, vous êtes capable de parler en français», a-t-il dit.

Pierre Poilievre est d’accord pour dire qu’il ne faut pas sous-estimer la colère des Albertains. Mais il ne faut pas pour autant négliger la connaissance du français.

«Je pense qu’il nous faut parler aux Québécois dans leur langue. C’est sûr. C’est une des langues fondatrices de notre pays. Comme député, je me consacrerai à travailler encore plus fort pour semer notre message en français», a-t-il déclaré.

«Bienvenue au pays»

La ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, avait une réponse plus succincte à offrir à Mme Rempel Garder : «Bienvenue au pays».

Le critère du bilinguisme pour le prochain chef a retenu cette semaine l’attention dans la presse anglophone. L’ancien éditeur Ken Whyte a publié un texte d’opinion dans le Globe and Mail, où il soutient qu’il est temps de revoir le critère du bilinguisme pour devenir chef de parti ou premier ministre.

La réplique ne s’est pas fait attendre de la part de l’ancien commissaire aux langues officielles Graham Fraser, dans les pages du même journal. Il dit qu’il y a un mot pour les candidats à la direction et chefs politiques qui ne sont pas bilingues : des «perdants».

La professeure Chouinard explique qu’en ce moment, la course à la direction du Parti conservateur n’est pas encore assez avancée pour débattre d’enjeux de fond. Il est donc normal que des considérations telles que le bilinguisme attirent l’attention.

«Le premier test significatif, c’est effectivement la connaissance de la seconde langue officielle. Pour être en mesure de juger les candidats sur des positions politiques, il va falloir faire preuve d’un peu de patience», conclut-elle.

Politique

Violation des droits humains au Chili: Sol Zanetti dénonce le «silence complice» du Canada

«Les policiers attendent à la porte des hôpitaux pour arrêter les manifestants qui se sont fait tirer! plusieurs manifestants ne vont pas à l’hôpital. Parce que si tu vas à l’hôpital, tu te fais arrêter. Et si tu te fais arrêter, tu vas au commissariat. Et là, c’est les abus sexuels, la violence, se faire battre, des menaces à la famille…»

En une semaine au Chili, Sol Zanetti a entendu mille et une histoires d’horreur sur la répression contre les manifestants qui descendent dans les rues depuis le mois d’octobre. Viols de femmes et de minorités sexuelles à l’arrière des véhicules des forces de l’ordre ; balles de plomb qui percent des trous de 1 cm dans la peau, mais trop grosses pour tuer ; policiers qui visent les yeux.

Le député de Québec solidaire dans la circonscription provinciale de Jean-Lesage, à Québec, est à Santiago jusqu’à dimanche. Il fait partie d’une délégation de neuf Québécois en mission d’observation des droits de la personne pour faire suite au rapport «dévastateur» émis par l’ONU, en novembre. Le groupe réunit des représentants syndicaux, des universitaires et deux élus, M. Zanetti et le député fédéral bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay.

Le représentant solidaire en est à sa première visite en Amérique du Sud. Ce qu’il y découvre est «fascinant et choquant». Il craint que le Canada soit le «complice silencieux» de ces crimes perpétrés par les autorités chiliennes à l’endroit de leur population.

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Politique

Trudeau nomme Marc Gold pour représenter le gouvernement au Sénat

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau fait appel au sénateur Marc Gold, expert en droit constitutionnel et ancien président des Fédérations juives du Canada, pour représenter le gouvernement libéral à la Chambre haute.

Le sénateur du Québec remplace Peter Harder, qui a annoncé qu'il démissionnerait de son poste en novembre, après trois ans en poste pour permettre l'arrivée d'un peu de sang neuf.

M. Harder demeure toutefois sénateur.

M. Gold a été nommé au Sénat par M. Trudeau en novembre 2016 et a siégé en tant que membre du Groupe des sénateurs indépendants.

En tant que représentant de M. Trudeau à la Chambre haute, M. Gold sera chargé de faire avancer le programme législatif du gouvernement libéral au Sénat, où la majorité des 105 sénateurs du Canada ne sont affiliés à aucun des principaux partis.

Le double rôle de M. Harder en tant que sénateur indépendant qui gérait les affaires du gouvernement libéral avait fait l'objet de critiques de la part des sénateurs conservateurs restants.

«Les nombreuses réalisations personnelles et professionnelles du sénateur Gold ainsi que son engagement à promouvoir les droits de la personne et la diversité régionale du Canada nous aideront à trouver des terrains d'entente au Sénat au moment où nous voulons investir dans nos communautés, assurer la protection des citoyens, créer de bons emplois pour la classe moyenne et lutter contre les changements climatiques», a déclaré M. Trudeau dans un communiqué.

«Je suis impatient de travailler avec lui afin de bâtir un meilleur pays pour tous les Canadiens.»

Politique

PCC: une vidéo annonçant la candidature de Jean Charest est retirée

Une vidéo, où l’on voit Jean Charest annoncer sa candidature pour la chefferie du Parti conservateur, a été diffusée jeudi soir sur YouTube avant d’être rapidement retirée une heure plus tard.

On y voit l’ex-premier ministre du Québec expliquer son choix de se lancer dans cette course, un logo de campagne y est également visible. 

«La course au leadership du Parti conservateur est maintenant lancée, et le choix que nous ferons, nous, les militants et les militantes du parti, sera important pas uniquement pour le parti, mais aussi pour l’avenir du Canada », affirme M. Charest dans la vidéo.

Il est impossible pour le moment de savoir pourquoi la vidéo s’est retrouvée sur YouTube, et ce, alors que M. Charest a annoncé mardi qu’il n’avait pas l’intention d’aspirer à devenir chef des conservateurs.

«Ce sera l’occasion pour vous de m’entendre, mais ce sera aussi l’occasion pour vous de prendre la parole. Et j’aurai l’occasion, moi, de voyager à travers le Canada pour vous rencontrer, pour me familiariser avec les enjeux de chacune des régions du pays, et d’offrir une vision sur l’avenir à la fois de notre parti, mais surtout sur l’avenir du Canada», ajoute-t-il.

«Le choix que nous ferons, c’est un choix qui déterminera si nous allons, oui ou non, gagner les prochaines élections générales.

«Je vous invite à m’accompagner, et je vous invite surtout à me rencontrer lors de cet exercice démocratique qui se fera entre nous, les militants et les militantes du Parti conservateur du Canada», conclut-il, alors qu’un logo «Charest 2020» apparaît au centre de l’écran.

Jean Charest a manifesté son intérêt pour la chefferie dès le mois de décembre mais, lors d’une entrevue à Radio-Canada, il a mentionné qu’il n’allait pas se lancer sous prétexte que «le Parti conservateur a changé».

L’ex-premier ministre s’est retrouvé sous les projecteurs dernièrement, alors que l’enquête Mâchurer de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) n’est toujours pas terminée. Son nom y est associé, sans toutefois que M. Charest fasse l’objet d’accusations.

Politique

Les députés doivent travailler ensemble, dit Trudeau à son caucus

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a dit aux membres de son caucus de collaborer avec leurs collègues des autres partis lors d’une rencontre des députés libéraux, jeudi, avant la reprise des travaux à la Chambre des communes la semaine prochaine.

M. Trudeau affirme que les Canadiens ont envoyé un message clair à leurs élus en leur demandant de faire mieux, et qu’ils doivent prendre cela au sérieux.

Il ajoute que la démagogie ne crée pas d’emplois et que son caucus doit aller au-delà des divisions entre partis et entre régions pour travailler au nom des Canadiens.

M. Trudeau affirme que la priorité absolue du gouvernement est de ratifier le nouvel accord commercial nord-américain, parce que l’accès économique continu aux États-Unis est essentiel pour des millions de travailleurs canadiens.

L’ordre du jour des libéraux comprend également l’interdiction des fusils d’assaut de style militaire, le renforcement des soins de santé, la lutte contre les changements climatiques et la recherche d’une réconciliation significative avec les peuples autochtones.

Le gouvernement Trudeau a également l’intention de présenter le mois prochain des modifications à la loi sur l’aide à mourir, en réponse au jugement de la Cour supérieure du Québec qui a invalidé le critère du Code criminel fédéral restreignant l’aide médicale à mourir à ceux dont «la mort naturelle est raisonnablement prévisible».

Mais il souligne que rien de tout cela ne sera possible à moins que les députés de tous les partis travaillent ensemble. Les libéraux ont été réduits à un gouvernement minoritaire lors des élections d’octobre et auront besoin de la coopération d’au moins un des autres partis officiels pour faire adopter tout projet de loi au Parlement.

«Au cours des prochains mois, nous allons être appelés à travailler avec nos collègues des deux côtés de la Chambre - des deux côtés des deux Chambres, avec les différents partis au Sénat aussi. Dans ce contexte minoritaire, je pense qu’on a tous intérêt à se rappeler ce qui nous unit», a déclaré M. Trudeau.

«On est issus de différents partis et, oui, on est loin d’être d’accord sur tout, mais les attentes de nos électeurs sont les mêmes. Les Canadiens veulent voir leurs députés travailler ensemble pour améliorer leur quotidien.»

Les députés d’arrière-ban

Le statut de gouvernement minoritaire signifie aussi que M. Trudeau et ses ministres devront prêter plus d’attention à leurs propres députés d’arrière-ban afin d’éviter toute éventuelle révolte.

L’interdiction des armes d’assaut risque de semer la division dans les rangs libéraux. Au moins deux députés ont déclaré jeudi qu’ils avaient des questions au nom de leurs électeurs ruraux et qu’ils voulaient en savoir plus sur les intentions du gouvernement.

«C’est une question très délicate», a dit le député Wayne Easter, de l’Île-du-Prince-Édouard.

«J’ai ici dans ma mallette probablement une centaine de lettres, pas beaucoup de ma propre circonscription, (de gens) qui s’y opposent, et je m’attends à ce que, si vous êtes dans les zones urbaines, les (députés) reçoivent des lettres d’appui, a-t-il affirmé. C’est une question controversée.»

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a déclaré que l’opinion de tous les députés était la bienvenue. Il a soutenu que tous les libéraux étaient «complètement unis» dans leur volonté d’assurer la sécurité des Canadiens, bien qu’il puisse y avoir des désaccords quant à la meilleure façon de procéder.

M. Blair a estimé qu’il n’y avait pas de division entre les villes et les campagnes sur la question des armes d’assaut. «Je ne crois pas que quiconque dans ce pays ait besoin d’une arme de style militaire, à l’exception des soldats», a-t-il affirmé.

Politique

Pierre Poilievre ne se présentera pas à la direction du Parti conservateur

OTTAWA — Contre toute attente, le député Pierre Poilievre annonce qu’il ne sera pas de la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Dans une publication sur Facebook, M. Poilievre cite des raisons familiales pour passer son tour cette fois-ci.

«Je savais que ce serait difficile pour ma vie familiale. Mais je n'imaginais pas combien. C'est encore plus difficile parce que je venais de passer les 18 mois précédents à faire campagne pour regagner mon siège à la récente élection fédérale, au cours de laquelle j'ai raté la majeure partie de la première année de notre bébé», a-t-il écrit.

«C'est pourquoi je ne suis pas pleinement engagé dans cette course à la direction, et il ne sert à rien de ne pas être pleinement engagé. J'ai donc décidé de ne pas briguer la direction du parti cette fois», a-t-il ajouté.

Politique

Course au PLQ: pas question de renier l’ère Charest [VIDÉO]

«Il faut faire un renouveau, mais ce n’est pas rompre avec une ère ou ne pas se rappeler de tout l’historique du Parti libéral. L’histoire du Parti libéral avec l’ensemble de ses anciens premiers ministres, ça fait partie de ce que nous sommes. On ne va pas renier l’histoire du Parti libéral.»

Pas question pour Dominique Anglade d’effectuer une coupure nette avec le règne de Jean Charest au Parti libéral du Québec (PLQ). Sans pour autant s’y coller.

Lors du dépôt officiel de sa candidature à la chefferie du parti, jeudi matin, Mme Anglade a répété que six ans d’enquête Mâchurer par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur le financement du parti, «c’est long, tout le monde le sait».

Mais au lendemain de propos de son collègue député et leader parlementaire libéral Marc Tanguay, qui demandait à l’UPAC de «mettre un point final» à son enquête, elle a tenu à réitérer toute l’importance de «l’indépendance de nos institutions».

Mme Anglade était à la permanence du PLQ à Québec, sur le boulevard Hamel dans Vanier, pour remettre son bulletin de candidature à la directrice générale du parti, Véronyque Tremblay. La pile de documents incluait 1360 signatures, donc près du double des 750 exigées, et le chèque de 25 000 $ nécessaire pour participer à la course bien en vue sur le dessus. Mme Anglade dit avoir enrôlé 580 nouveaux membres, le minimum requis étant 250.

L’élection au poste de chef du PLQ aura lieu en congrès les 30 et 31 mai, au Centre des congrès de Québec.

Le seul autre candidat connu jusqu’ici est le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui lancera sa campagne dimanche, à l’Aquarium du Québec. M. Cusson abandonnera son siège de maire cinq jours plus tard, le 31 janvier.

Politique

La fin de l’enquête Mâchurer encore réclamée

Le député libéral Marc Tanguay demande à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) de mettre un «point final» à l’enquête Mâchurer, qui porte sur les méthodes de financement du Parti libéral du Québec (PLQ).

Le leader parlementaire de l’opposition officielle a tenu ces propos au lendemain de la diffusion d’une entrevue télévisée avec Jean Charest, dont le nom est souvent associé à Mâchurer, bien qu’il n’ait jamais été accusé de quoi que ce soit. L’ex-premier ministre libéral avait alors lui aussi réclamé la fin de l’enquête.

Selon M. Tanguay, ce «cri du cœur» de M. Charest est tout à fait raisonnable, compte tenu de la durée de l’enquête, qui s’est amorcée en 2014.

«C’est un cri du cœur qui est tout à fait justifié pour un citoyen, qui fait l’objet de ces allégations depuis six ans», a-t-il déclaré en mêlée de presse, mercredi. «On demande à l’UPAC, réellement, de mettre un point final d’une façon ou d’une autre à cette enquête-là, après six ans, ça n’a pas de bon sens.»

La semaine dernière, l’avocat de Jean Charest, Michel Massicotte, avait lui aussi déclaré, en entrevue à Radio-Canada, que l’enquête devait connaître son dénouement.

Cette sortie était survenue au lendemain de la divulgation de mandats de l’UPAC qui visaient Marc Bibeau, ancien collecteur de fonds pour le PLQ. Ces documents avaient levé le voile sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest. L’ancien premier ministre n’y était mentionné que comme l’ami de M. Bibeau.

Appelée à commenter la sortie du député Tanguay, la ministre Andrée Laforest, responsable de la Sécurité publique par intérim, a balayé du revers de la main les pressions exercées par le leader parlementaire du Parti libéral.

La ministre Laforest a ainsi déclaré que le gouvernement ne pouvait s’immiscer dans une enquête et que la demande de Marc Tanguay était plutôt mal avisée.

«Ça me fait sourire évidemment, parce que [...] d’un député libéral de faire cette demande, moi je pense que c’est très audacieux.»

De son côté, le commissaire de l’UPAC, Frédérick Gaudreau, a réagi par communiqué en après-midi, en réitérant l’importance de préserver son indépendance dans la conduite de ses enquêtes.

«Le [Commissaire à la lutte contre la corruption] comprend l’impatience des citoyens et des élus à vouloir connaître l’issue de certaines enquêtes criminelles médiatisées. Il se doit, par ailleurs, de respecter les démarches d’enquête en cours, de protéger l’intégrité des enquêtes de même que la vie privée des gens visés ou impliqués.»

Politique

Rona Ambrose ne sera pas de la course du Parti conservateur du Canada

OTTAWA — L’ancienne ministre Rona Ambrose a confirmé qu’elle ne sera pas de la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Elle en a fait l’annonce - en anglais seulement - dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, mercredi après-midi.

Mme Ambrose, pressentie par plusieurs politiciens influents de l’Ouest canadien pour devenir candidate, admet qu’elle a songé à revenir en politique, mais préfère poursuivre sa carrière dans le secteur privé.

«J’ai vraiment jonglé avec la décision de revenir à la vie politique, écrit-elle. J’ai adoré mes 13 années dans le service public comme députée, ministre et surtout comme chef de ce grand parti. Mais en ce moment, je suis occupée à faire une différence à travers le secteur privé.»

Elle dit qu’elle adore être de retour en Alberta, où elle habite.

«Je sais que nous choisirons un chef fort, compatissant pour nous mener - qui soutient TOUTES les familles; un chef qui libère le potentiel du secteur privé et de l’ingéniosité canadienne à travers des taxes basses et moins de réglementation; qui défend les droits de la personne et une politique étrangère fondée sur des principes.

«Mais plus que tout, nous devons choisir un chef qui comprend que ce poste est fait pour SERVIR - servir TOUS les Canadiens et faire de LEURS vies, LEUR pays et LEUR monde une meilleure place où il fait bon vivre. Je sais que nous choisirons un bon chef et je serai là pour LA ou le soutenir», a-t-elle ajouté, laissant planer le doute sur le candidat qu’elle appuiera.

Jusqu’à maintenant, une seule femme a confirmé qu’elle compte se lancer dans la course : la députée Marilyn Gladu.

D’autres hommes ont confirmé qu’ils se lanceront dans la course.

Le député conservateur Derek Sloan, élu pour la première fois au Parlement lors du dernier scrutin, a l’intention de briguer la direction du parti.

M. Sloan a quitté le secteur privé pour se lancer en politique lors des dernières élections de 2019. Il a repris aux libéraux la circonscription de Hastings-Lennox et Addington. Il souhaite maintenant se présenter à la chefferie du Parti conservateur du Canada parce qu’il veut discuter d’enjeux politiques de façon audacieuse.

M. Sloan est le deuxième député conservateur à annoncer officiellement qu’il sera de la course; l’autre, Mme Gladu, est également de l’Ontario. Deux autres députés, Pierre Poilievre et Erin O’Toole, songent sérieusement à se présenter, mais ils ne l’ont pas encore annoncé officiellement.

L’absence d’une candidature de l’ouest du pays alimente également la réflexion d’un homme d’affaires établi en Alberta. Rick Peterson a dit croire mercredi que le parti avait besoin de renouveau.

M. Peterson avait déménagé de la Colombie-Britannique à l’Alberta à la suite de la course à la direction en 2017 - il avait terminé au 12e rang. Il souhaitait être candidat conservateur aux dernières élections fédérales, mais avait échoué à obtenir la nomination dans la circonscription de son choix. M. Peterson avait déjà indiqué sa volonté de soutenir Rona Ambrose dans la course.

Les membres du Parti conservateur éliront un nouveau chef le 27 juin pour remplacer Andrew Scheer, qui a annoncé son départ en décembre.

Deux autres candidats ont déjà annoncé officiellement leur participation dans la course à la chefferie : l’ancien ministre Peter MacKay, qui a dirigé le Parti progressiste-conservateur du Canada avant sa fusion avec l’Alliance canadienne en 2003, et l’ancien conseiller politique Aron Seal.

L’ex-premier ministre libéral du Québec Jean Charest, qui avait été chef du Parti progressiste-conservateur du Canada dans les années 90, a annoncé mardi qu’il ne sera finalement pas de la course.

Politique

Le NPD veut un examen exhaustif du nouvel accord de libre-échange

OTTAWA — Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, veut adopter une «approche réfléchie» concernant la ratification par le Canada du nouvel accord de libre-échange nord-américain. M. Singh appelle à un examen exhaustif de l'accord avant de décider si le NPD appuiera sa ratification - une approche qui pourrait nuire au processus rapide souhaité par les libéraux.

M. Singh était à Ottawa mercredi pour entamer une séance de planification de deux jours avec son caucus avant que la Chambre des communes ne reprenne ses travaux la semaine prochaine.

Politique

Cibles de réduction des GES: attendez le plan d’action, dit Benoit Charette

Alors que débute l’étude du projet de loi sur la gouvernance de la lutte contre les changements climatiques au Québec, certains se demandent pourquoi aucune cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) n’y figure. Le ministre de l’Environnement n’est pas contre, mais insiste sur le fait que les moyens viendront avec le futur plan d’action.

«Je n’arriverai pas au jour un avec tel ou tel amendement, mais j’aborde les auditions avec une écoute constructive. Peut-être que certains se verraient rassurés si on l’intégrait [les cibles] dans la loi. Mais il ne faut pas confondre le projet de loi sur la gouvernance et le plan d’action présenté dans quelques semaines, qui sera davantage axé sur les moyens», a soutenu Benoit Charette, mardi, à son entrée en commission parlementaire.

Un peu plus tard, son patron a dit partir pour le Forum économique mondial de Davos avec en tête de se ranger ni dans le clan du président américain climatosceptique Donald Trump, ni dans celui de la jeune militante écologiste Greta Thunberg. Les deux sont aussi à Davos.

«Je suis du clan équilibré. On doit être capable à la fois de créer de la richesse au Québec, parce qu’on a un retard à rattraper, et on doit faire plus d’effort pour réduire nos GES. Donc, il faut être capable d’être équilibré», a dit le premier ministre François Legault, admettant avoir un «désaccord» avec le président Trump.

«Il faut que les États-Unis, il faut que l’Asie, il faut que tous les pays dans le monde en fassent plus pour réduire les GES pour sauver notre planète», affirme le premier ministre du Québec.

Beaucoup de pouvoir

Visant la gouvernance efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser l’électrification, le projet de loi 44 réforme le mode de gestion du Fonds vert, une caisse qui s’enrichit d’environ 800 millions $ par année grâce au marché du carbone. Il le renomme d’ailleurs le Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC).

M. Charette souhaite abolir le conseil de gestion et accaparer plus de pouvoir que jamais dans l’histoire pour un ministre de l’Environnement. Il se doterait d’un comité scientifique consultatif et demanderait un rapport annuel sur le FECC au commissaire au développement durable, qui relève de la vérificatrice générale.

«Le projet de loi donne les outils politiques nécessaires pour aller de l’avant, tandis que le plan d’action va donner les moyens concrets pour atteindre nos cibles» qui, rappelle-t-il, représentent pour 2030 une réduction des GES de 37,5 % pour l’ensemble du Québec par rapport à 1990.

On sait déjà que la diminution ciblée de 20 % pour 2020 a été largement ratée et se situe plutôt à 8,7 % de moins que 1990.

Les petits amis

Tour à tour, les partis d’oppositions venaient de tomber à bras raccourcis sur le ministre Charette et son projet de loi 44. Tous ces pouvoirs entre les mains d’un seul homme, politique en plus, n’augurent rien de bon, selon eux.

«C’est le retour d’un Fonds vert qui va servir de façon discrétionnaire, pour des amis, des proches ou des projets complètement discrétionnaires que le ministre pourra choisir», avance Sylvain Gaudreault, du Parti québécois.

«Le risque est là! Le ministre aura les pleins pouvoirs pour faire ça. Et ça va exactement dans le sens contraire de ce qui se fait en ce moment à l’échelle internationale en matière climatique, soit plus de transparence, plus de reddition de comptes, plus d’indépendance», dénonce M. Gaudreault.

La libérale Marie Montpetit trouve «très inquiétant» de «centraliser les pouvoirs, d’éliminer le plus d’avis qui pourraient être en porte-à-faux avec leurs actions», une tendance lourde au gouvernement de la Coalition avenir Québec, selon elle.

«Le projet de loi 44 est vraiment le chemin vers l’insuccès et l’échec de la transition [énergétique]», croit pour sa part Ruba Ghazal, de Québec solidaire.

«Le ministre nous dit : “Faites-moi confiance! Je vais gérer l’argent du Fonds vert au mieux de ma connaissance et si ça ne marche pas, aux prochaines élections, vous me donnerez le signal que je n’ai pas fait la bonne affaire.” Mais c’est plus de 1 milliard $! Et c’est l’argent des Québécois, notre argent qui doit servir à atteindre les objectifs de réduction de GES et ne pas être géré de façon politique, mais de façon totalement indépendante», résume la solidaire Ghazal.

Ces auditions publiques se poursuivent mercredi, au parlement de Québec, avec la présence attendue du comédien et militant écologiste Dominic Champagne, de la mairesse de Montréal Valérie Plante et de gens de l’organisme environnemental de Québec Vivre en ville.

Politique

Québec élargit l’accès à l’aide médicale à mourir

Même si elle n’est pas à l’agonie, une personne pourra désormais réclamer l’aide médicale à mourir, au Québec.

Le gouvernement Legault a donc choisi d’élargir l’accès à l’aide médicale à mourir, en faisant passer de six à cinq le nombre de critères à respecter pour être admissible à recevoir cet ultime soin.

Sur le plan juridique, le critère de «fin de vie» inscrit dans la loi québécoise deviendra donc inopérant, à compter du 12 mars.

Les cinq critères 

Une personne qui souhaite en finir grâce à l’intervention d’un médecin devra cependant respecter les cinq autres critères inscrits dans la loi : être majeur, être apte à consentir au traitement jusqu’au dernier moment, être atteint d’une maladie grave et incurable, de même qu’éprouver des souffrances physiques et psychiques jugées intolérables. Deux médecins devront attester du fait que la personne souffrante répond à tous les critères.

La population doit interpréter cette décision comme «un signal que notre gouvernement a la volonté d’être à l’écoute de la population, qui demande qu’on se penche sur la question de l’aide médicale à mourir. Aujourd’hui, c’est une étape très importante», a commenté la ministre de la Santé, Danielle McCann, en conférence de presse, flanquée de la ministre de la Justice, Sonia LeBel.

En agissant ainsi, Québec se conforme au jugement rendu en septembre par la juge Christine Baudouin, de la Cour supérieure, une décision qui rendait caducs le critère de «fin de vie», au Québec, et celui de «mort raisonnablement prévisible», au fédéral, jugés tous deux inconstitutionnels.

En octobre, Québec avait annoncé qu’il n’en appellerait pas de ce jugement, qui laissait aux gouvernements six mois pour ajuster leur législation relative à ce sujet controversé.

Contrairement au gouvernement québécois, le gouvernement Trudeau n’a pas encore annoncé ses intentions, par rapport à la loi fédérale.

Par sa décision, la juge Baudouin donnait raison à deux citoyens éprouvant de graves problèmes de santé depuis de nombreuses années sans pour autant être à l’agonie, Nicole Gladu et Jean Truchon, qui contestaient les dispositions légales les empêchant de réclamer l’aide médicale à mourir.

Maladie d’Alzheimer

En parallèle, le gouvernement Legault s’est déjà engagé à examiner la possibilité d’élargir la loi québécoise sur l’aide médicale à mourir, jugée par certains trop restrictive, notamment pour les personnes inaptes atteintes de démence ou de la maladie d’Alzheimer.

Selon la loi québécoise actuelle, le consentement éclairé de la personne souffrante doit être donné jusqu’au moment de recevoir le traitement létal.

Une consultation d’experts et d’intervenants sera menée la semaine prochaine, le 27 janvier à Montréal, sur cette délicate question d’un possible élargissement de la loi, un sujet qui polarise l’opinion publique. Une consultation en ligne pour la population en général suivra.

La ministre McCann est quand même d’avis qu’il existe un consensus dans la population pour envisager la possibilité d’élargir l’accès à l’aide à mourir.

«On a des signaux de la population (qui vont dans ce sens), et je pense qu’on doit y répondre. Mais il faut que cela fasse un consensus le plus complet possible», a dit Mme McCann, rappelant qu’il s’agissait d’un «dossier très complexe».

La pertinence d’autoriser ou non la demande anticipée d’aide médicale à mourir quand il s’agit de personnes atteintes d’Alzheimer fera partie des enjeux abordés.

Réaction de Véronique Hivon

Celle qui est considérée comme la «mère» de la loi actuelle sur les soins de fin de vie, la députée péquiste Véronique Hivon, a réagi avec prudence à la décision du gouvernement.

En point de presse, elle a dit souhaiter que le gouvernement s’assure de mener une véritable consultation sur les différents enjeux soulevés par cette question, et elle a insisté sur le fait que les parlementaires devaient être mis dans le coup.

Par exemple, elle s’interroge sur le sort réservé aux personnes souffrant d’Alzheimer.

«Une personne qui a la maladie d’Alzheimer, mais qui n’est pas dans les tout derniers stades, donc elle a encore des épisodes d’aptitude, elle est dans des stades, mettons, mitoyens de l’évolution de la maladie, elle va pouvoir demander l’aide médicale à mourir. Donc, comment on va juger si c’est tout à fait acceptable? Est-ce que l’aptitude est correcte? Est-ce que, donc, une personne qui est apte par épisodes va pouvoir avoir accès à l’aide médicale à mourir? En enlevant le critère de fin de vie, c’est une question qui se pose», a-t-elle fait valoir.

«Même chose pour des personnes jeunes qui viennent de subir, par exemple, un accident et qui deviennent quadraplégiques, tétraplégiques, est-ce que, donc, maintenant ça va être possible? Est-ce que c’est le guide du Collège des médecins qui va venir mettre un encadrement supplémentaire ou il n’y aura pas d’encadrement supplémentaire? Est-ce qu’on va assimiler ça à une maladie grave et incurable?» se questionne la députée.

Politique

Réfugiés: Legault donne un appui inconditionnel à Jolin-Barrette

Le cafouillage survenu ces derniers jours lors du dépôt des demandes de parrainage de réfugiés n’a pas ébranlé la confiance du premier ministre François Legault envers son ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette.

Mardi, en mêlée de presse, en marge d’une réunion du Conseil des ministres, le premier ministre n’a pas hésité à assurer son ministre de son appui inconditionnel, malgré les ratés du système mis en place pour accueillir les demandes de parrainage de réfugiés et même si ce n’est pas la première fois que son ministre place le gouvernement dans l’embarras.

«Simon Jolin-Barrette est un des meilleurs ministres, un des jeunes les plus prometteurs en politique», a estimé le premier ministre, quelques heures avant de quitter le Québec en direction de la Suisse, où il assistera au sommet économique de Davos.

Il a aussi rejeté du revers de la main le présumé «manque d’humanité» qui serait, selon certains, la cause des déboires du ministre.

Lundi, en fin de journée, le ministre Jolin-Barrette s’est engagé à revoir les règles du jeu, mais mardi, ni le ministre ni le premier ministre ne pouvaient dire pourquoi la façon actuelle de procéder n’avait pas été modifiée plus tôt, de manière à éviter à des centaines de personnes de faire le pied de grue pendant des jours dans l’édifice du ministère, sans savoir quel sort serait réservé à leur précieuse demande de parrainage.

Des pistes de solution commencent à émerger. Mardi, le ministre Jolin-Barrette a indiqué que le controversé système de coursiers serait aboli. Les aspirants parrains n’auront donc plus à débourser des centaines de dollars à un messager simplement pour déposer leur demande à leur place, comme c’est le cas présentement. La pratique, qui a donné lieu à toutes sortes de dérapages (comme le fait de tenter de monnayer sa place), consistait à ne pas pénaliser les demandeurs habitant à l’extérieur de Montréal.

Le ministre n’a par ailleurs pas exclu l’idée de ne plus obliger les gens à se présenter en personne. Une hypothèse envisagée: les futurs parrains pourraient déposer leur demande par voie électronique.

L’idée d’une loterie sera une autre avenue explorée.

Le ministre Jolin-Barrette et le premier ministre ont rejeté le blâme sur le précédent gouvernement libéral pour expliquer la tournure des événements. «On est en en train de changer la plupart des programmes des libéraux qui ne fonctionnaient pas», a commenté M. Legault.

Au total, cette année, 750 dossiers de réfugiés seront acceptés, dont seulement 100 provenant de particuliers, qui peuvent former un groupe comptant au maximum cinq personnes. Les autres réfugiés seront parrainés par des organismes.

Le petit nombre de dossiers acceptés par le Québec, qui privilégie l’approche «premier arrivé, premier servi», a contribué au désordre observé au cours des derniers jours et à la frustration des demandeurs, qui devaient jouer du coude pour augmenter leur chance de favoriser leur dossier.

Mais il n’est pas question pour autant d’augmenter le nombre de réfugiés accueillis au Québec, a tranché le premier ministre.

«On ne pourra jamais accepter tous les réfugiés de la Terre au Québec», a commenté M. Legault.

Politique

Trudeau presse l’Iran de déplacer les boîtes noires sans délai

WINNIPEG - Le premier ministre Justin Trudeau presse l’Iran de cesser ses tergiversions et d’envoyer sans délai les boîtes noires du vol PS752 d’Ukraine International Airlines dans un autre pays qui a l’expertise pour analyser les données de l’écrasement d’avion.

Selon l’Associated Press, le responsable iranien de l’enquête sur l’écrasement d’avion qui a fait 176 morts - dont 57 victimes canadiennes et 29 résidents permanents au Canada - semblait reculer sur ses intentions d’envoyer les boîtes noires à l’étranger.

L’Iran voudrait plutôt recevoir une assistance technique de la France et des États-Unis pour analyser les données des enregistreurs de vol dans son propre pays.

Lors d’une conférence de presse à Winnipeg mardi, en clôture de la retraite de son Conseil des ministres, M. Trudeau a fait part de son impatience.

Politique

Jean Charest pas candidat à la direction du Parti conservateur

Jean Charest ne sera pas candidat à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC).

L’ex-premier ministre du Québec et ancien chef du chef du Parti progressiste-conservateur du Canada en a fait l’annonce mardi lors d’une entrevue que Radio-Canada devait diffuser à 17h, mais dont elle a devancé certains éléments à la suite d’informations contradictoires entourant sa candidature.

Jean Charest a lui-même publié un communiqué par la suite pour confirmer ses intentions.

Dans cette déclaration, il explique que sa réflexion, amorcée à la suite d’appels «nombreux et insistants à la grandeur du pays pour (qu’il se) porte candidat au leadership du Parti conservateur», l’a mené à ne pas briguer la direction.

M. Charest dit s’inquiéter «vivement que la population canadienne soit politiquement divisée» et affirme que le pays «a besoin d’une alternative politique nationale» pour représenter toutes les régions du Canada.

Un parti différent du sien

Au premier chef, il dit croire que le PCC devra présenter en matière environnementale «un plan crédible et ambitieux pour la gestion de nos ressources naturelles et la lutte contre les changements climatiques», laissant ainsi entendre que son ancienne formation n’en a pas.

Il ajoute au passage que ses positions sur plusieurs enjeux de société «reposent sur des convictions profondes» et que «force est de constater que le Parti conservateur du Canada s’est profondément transformé» depuis son départ en 1998.

Le Parti conservateur actuel est certes bien différent de celui qu’il avait laissé à cette époque.

Après l’humiliante défaite de 1993 où les conservateurs n’avaient fait élire que deux députés, puis les insuccès à l’élection de 1997 où, sous sa direction, le parti ne faisait élire que 20 députés, le parti fusionnait avec le Reform Party, renommé l’Alliance canadienne en 2003. Jusque-là dirigé par des conservateurs modérés, le Parti progressiste-conservateur a alors laissé tomber le qualificatif de «progressiste» et effectué un virage à droite sous l’influence de l’Alliance, dirigée par Stephen Harper.

Règles défavorables

Au-delà du fossé idéologique, Jean Charest affirme que «les règles de la course au leadership ne favorisent pas un candidat issu de l’externe, d’autant plus que l’échéancier est très serré» et qu’il a «une vie familiale heureuse ainsi qu’une vie professionnelle très active» au sein d’un grand cabinet d’avocats de Montréal.

Un sondage Léger réalisé pour La Presse canadienne le 8 janvier dernier (1) vient cependant jeter un autre éclairage en matière de considérations stratégiques : ce sondage plaçait l’ex-ministre Rona Ambrose au premier rang des appuis des Canadiens aux candidats potentiels à la direction du Parti conservateur, suivie par l’ex-ministre Peter MacKay, avec Jean Charest loin derrière ce duo.

La première - qui laisse planer le suspense sur son éventuelle candidature - obtenait la faveur de 18 % des répondants contre 12 % pour Peter MacKay, qui a confirmé, lui, sa participation la semaine dernière sur les réseaux sociaux. Jean Charest, pour sa part, ne recueillait que 4 % d’appuis au Canada, bien qu’il était bon premier au Québec.

Or, Peter MacKay est lui aussi issu de la branche progressiste du Parti conservateur, ceux que l’on surnomme les «red torys», et il a le potentiel d’aller chercher l’appui de nombreux militants qui auraient pu être tentés par un virage progressiste que représenterait l’accession d’un Jean Charest à la direction.

L’ombre de Mâchurer

De plus, s’il s’était présenté, Jean Charest aurait eu du mal à se distancier des nombreuses enquêtes policières entourant le financement du Parti libéral du Québec.

Bien qu’il n’ait jamais été accusé de quoi que ce soit, son nom est associé à l’enquête Mâchurer de l’Unité permanente anticorruption, enquête qui n’est pas terminée.

La semaine dernière, les médias ont finalement pu diffuser les déclarations écrites au soutien des mandats de perquisition aux entreprises de Marc Bibeau, ex-grand argentier du Parti libéral du Québec et ami de Jean Charest. M. Charest n’a jamais renié son amitié avec Marc Bibeau, mais assure qu’il n’a rien à se reprocher dans ce dossier.

Cependant, tant que l’UPAC n’aura pas complété son travail et décidé si des accusations seront portées ou pas, l’ombre de l’enquête Mâchurer planera au-dessus de la tête de l’ex-premier ministre Charest, en lien avec le financement du PLQ.

Les conservateurs éliront leur nouveau chef le 27 juin lors d’un congrès à la direction à Toronto.

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(1) Le sondage avait été mené auprès de 1554 Canadiens entre le 3 et le 7 janvier en ligne et ne comportait aucune marge d’erreur en raison de l’échantillon non probabiliste.

Politique

Achats de VUS: «On a un besoin de changement de comportements», dit Julien

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, invite les Québécois à changer leurs comportements en matière d’achats de véhicules, mais hésite à leur jeter la pierre.

Il réagissait mardi au rapport de HEC Montréal sur l’état de l’énergie au Québec 2020, qui démontre que les tendances de consommation au Québec sont contraires aux objectifs énergétiques et de réduction de gaz à effet de serre (GES).

À LIRE AUSSI: Les Québécois continuent d'acheter des VUS en masse

Politique

Sylvain Gaudreault aimerait voir des femmes dans la course à la chefferie du PQ

Candidat à la chefferie du Parti québécois, Sylvain Gaudreault aimerait voir des femmes tenter leur chance pour la direction. Pour l’instant, les cinq candidats déclarés ou pressentis sont tous des hommes.

L’avocat Paul St-Pierre-Plamondon va quant à lui lancer sa campagne pour devenir chef du PQ le 28 janvier, dans une semaine. Il s’était aussi prononcé sur la question, écrivant «encourager des candidatures féminines et l’implication du plus grand nombre de femmes dans le cadre de la course à la direction du PQ».

L’humoriste Guy Nantel, l’historien Frédéric Bastien et l’avocat en immigration Stéphane Handfield soupèsent encore les appuis avant de se lancer.

Il s’agit de cinq hommes blancs âgés entre le début de la quarantaine et le début de la cinquantaine.

«Je suis heureux de voir que le PQ attire des gens de qualité. Je souhaiterais aussi que des femmes se présentent à la direction. Plus on sera nombreux, mieux ce sera», a commenté M. Gaudreault, mardi matin, avant son entrée en commission parlementaire su l’étude du projet de loi 44.

«Nous sommes devant la salle Pauline-Marois, la première femme élue première ministre du Québec, avec le PQ. On a toujours été ouverts et on a toujours eu beaucoup de participation des femmes à l’intérieur du parti. Je souhaite qu’on ait le plus de candidats et candidates de qualité», a affirmé M. Gaudreault.

Député de Jonquière depuis 2007, M. Gaudreault s’avère le seul élu du groupe, lui qui a déjà été chef intérimaire du PQ durant cinq mois en 2016.

Après la sortie de trois importantes militantes péquistes dans La Presse à ce sujet, la semaine passée, soit l’ex-ministre Louise Harel, l’ex-présidente du parti Gabrielle Lemieux et l’actuelle présidente de l’aile jeunesse Frédérique St-Jean, M. St-Pierre-Plamondon s’était prononcé sur sa page Facebook, samedi.

«Malgré les efforts constants du parti pour attirer des candidatures et atteindre la parité, les obstacles pour les femmes qui voudraient faire de la politique demeurent nombreux : conciliation politique-famille, joute partisane, un environnement de travail avec des pratiques douteuses (rappelons-nous l’affaire Sklavounos), etc. Il faut tout de même persévérer», a-t-il écrit.

Affaires

Le nouvel ALENA ratifié la semaine prochaine

WINNIPEG — Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué mardi que le Canada ira de l’avant avec la ratification du nouvel accord de libre-échange nord-américain la semaine prochaine.

M. Trudeau a précisé que le gouvernement présentera une motion de voies et moyens le 27 janvier, lorsque le Parlement reprendra ses activités, et qu’il présentera un projet de loi pour ratifier l’accord deux jours plus tard.

Selon le premier ministre, des millions de Canadiens dépendent d’un commerce stable et fiable avec le plus grand partenaire commercial du pays.

«Il y a trop d’emplois à travers le pays qui en dépendent, trop de travailleurs qui ont besoin de cet accès aux États-Unis, trop d’investisseurs et d’entreprises qui comptent sur le marché américain, que ce soit au niveau de la protection de la gestion de l’offre, que ce soit au niveau de l’exemption culturelle qu’on a obtenue», a-t-il déclaré.

Le leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez, a déjà entamé des discussions avec les autres partis pour s’assurer de leur appui afin de faire avancer la législation dans les meilleurs délais.

«C’est extrêmement important qu’on avance avec la ratification et c’est notre intention de procéder rapidement», a poursuivi M. Trudeau.

Puisqu’il est minoritaire, le gouvernement devra se trouver au moins un partenaire de danse à la Chambre des communes.

Le Bloc québécois a déjà signalé qu’il s’opposera au nouvel accord de libre-échange parce que l’industrie de l’aluminium du Québec n’a pas obtenu les mêmes garanties que l’industrie de l’acier et celle de l’automobile en Ontario.

En conférence de presse mardi à Montréal, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a déploré le processus annoncé par le gouvernement, qui signale de la sorte qu’il ne veut pas avoir de discussions avec les parlementaires canadiens sur la nouvelle mouture de l’accord. Le chef soutient qu’il ne permettra pas au gouvernement d’utiliser la voie rapide.

Le Nouveau Parti démocratique a lui aussi partagé les craintes des bloquistes pour le domaine de l’aluminium, mais n’a pas encore annoncé ses intentions.

Le chef conservateur Andrew Scheer avait déclaré par le passé que le nouvel accord était une «humiliation historique» qui illustrait selon lui la faiblesse de M. Trudeau sur la scène internationale. Il a rapidement été rabroué par son ancienne collègue Rona Ambrose, qui estime que des gains importants ont été réalisés dans le processus.

La ratification éliminerait le dernier obstacle à la préservation du commerce continental, après que le président américain Donald Trump a imposé au Canada et au Mexique, en 2017, une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui prévalait depuis 25 ans.

La semaine dernière, le Sénat américain, à majorité républicaine, a adopté le nouveau pacte, qui s’appelle l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Le gouvernement libéral attendait que les États-Unis ratifient officiellement l’accord avant de présenter son propre projet de loi. Le Mexique a ratifié l’entente en juin dernier.

Politique

Mode de scrutin: plus de jeunes, plus de femmes, moins de régions

Quota de jeunes candidats, parité femmes-hommes, meilleure représentation régionale. Les améliorations réclamées sont nombreuses pour le projet de loi sur le nouveau mode de scrutin québécois, qui sera soumis à des auditions publiques à compter de mercredi.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est rabattu sur un référendum tenu en même temps que les élections générales provinciales de 2022 pour proposer sa réforme aux citoyens. Une stratégie que d’aucuns voient comme une façon de favoriser le statu quo.

La possibilité de passer de notre bon vieux scrutin majoritaire uninominal à un tour à un nouveau scrutin proportionnel mixte compensatoire survient au moment où, pour la première fois de l’histoire du Québec, quatre partis politiques sont officiellement reconnus à l’Assemblée nationale.

Selon la proposition de la ministre de la Justice, Sonia LeBel, les 125 sièges de circonscriptions actuels seraient maintenus en nombre, mais plutôt divisés en 80 sièges de circonscriptions et 45 sièges de compensation régionale.

Pour étudier le projet de loi 39, la Commission des institutions entendra 35 individus, groupes et organismes de toutes les sphères de la société désirant se prononcer sur la question. Les cinq jours d’audiences se tiennent les 22 et 23 janvier, puis du 4 au 6 février.

Le Soleil fait un tour de la question avec de ces quatre intervenants, tous favorables à un changement du mode de scrutin.

COMBINER DES RÉGIONS

Mercédez Roberge, chercheure et auteure du livre «Des élections à réinventer»

«La première qualité de ce projet de loi est d’exister, car en 2004, c’était un avant-projet de loi. Mais on utilise sans les adapter les régions administratives, qui sont déséquilibrées en population et en nombre de sièges. Faudrait réunir des régions limitrophes qui ont déjà des liens pour faire une région électorale, comme Lanaudière et Laurentides, par exemple. Dans le projet de loi, les populations de 11 des 17 régions administratives ont une proportionnalité déficiente, parce que pas assez grandes pour être efficaces.

«Des votes perdus [pour un candidat qui n’est pas élu] vont continuer de se perdre parce que les régions électorales sont trop petites», estime Mme Roberge, qui propose de réduire de 17 à entre 8 et 10 le nombre de régions électorales. En 2007, le Directeur général des élections avançait le nombre idéal de neuf régions.

Abaisser le seuil de 10 % de votes nécessaires au niveau national pour accéder aux sièges de compensation constitue une autre modification essentielle pour «favoriser les petits partis, alors que «la plupart des pays ne dépassent pas 5 % et qu’on n’a pas raison de dépasser 2, 3 %».

L’ajout de mesures obligatoires pour favoriser les candidatures de femmes et de personnes racisées s’avère crucial, tandis que la tenue d’un référendum et le financement insuffisant des camps référendaires montrent qu’«au total, le jupon dépasse» en faveur du statu quo chez la ministre LeBel et le gouvernement Legault.

QUOTA DE JEUNES

Daye Diallo, président de Force Jeunesse

«La réforme doit obliger les partis à avoir des quotas de jeunes sur leur liste électorale. On a des exemples concrets, comme en Suède, où ils exigent un minimum de 25 % de candidats de moins de 35 ans.

«Un référendum n’est pas une mauvaise idée, mais il devrait être organisé avant l’échéance électorale de 2022, pour ne pas diluer la question dans les élections.» Si jamais le temps manque pour implanter le nouveau mode de scrutin, les élections de 2022 pourraient s’organiser sous l’ancien système.

«Il est aussi souhaitable que les listes électorales soient en zone paritaire, c’est-à-dire au moins 45 % de femmes. Tout cela pour lutter contre le cynisme autant chez les jeunes qu’auprès de la population en général. Quand on se sent représenté, on va davantage voter. Et une diversité d’idées ne peut qu’améliorer la situation du Québec.»

Aux élections québécoises de 2018, 12 des 125 élus avaient moins de 35 ans, soit 9,6 %.

45 % DE CANDIDATES

Esther Lapointe, directrice générale du Groupe Femmes, Politique et Démocratie

«Première fois qu’un texte de loi au Québec comporte deux articles touchant la parité. Des mesures faibles, mais à nous de les bonifier!

«Pour nous, la parité a toujours été 50-50. Mais on propose d’imposer des candidatures de circonscriptions dans la zone 45 %-55 %, car un équilibre à 50 % s’avère difficile à maintenir. On considère que 45-55 pour les candidatures nous assure de se retrouver au moins dans une zone de 40-60 de femmes élues. C’est mathématique, elles ne peuvent pas toutes être élues! En 2018, on a eu 47 % de candidates et 42 % d’élues. Quant aux listes de compensation, elles doivent être paritaires, avec une liste sur deux commençant par une femme.

«Tenir le référendum en même temps que la campagne électorale n’est pas une bonne idée. Mais plus importants, les éléments de parité ne devraient pas être soumis à un référendum. Ces articles doivent entrer en vigueur dès l’adoption de la loi et s’appliquer», peu importe le résultat par la suite.

ASSURER LA STABILITÉ

Denis Bolduc, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

«François Legault avait promis une réforme, mais sans référendum. Des députés de la CAQ ont toutefois manifesté un peu de résistance et M. Legault a été sensible à ça. De tenir un référendum sur la question, on se demande si ce n’est pas un moyen de torpiller la réforme!

«Par ailleurs, ce mode de scrutin augmente les probabilités d’avoir des gouvernements minoritaires, mais le projet de loi ne contient pas de mesure pour assurer la stabilité politique, comme il en existe en Allemagne. Rien pour encadrer les votes de confiance et éviter que le gouvernement se fasse renverser à tout bout de champ.

«Au sujet de la parité hommes-femmes, il faut aller plus loin que de demander de simples énoncés d’intention aux partis. Il devrait y avoir des incitatifs financiers ou des pénalités pour les partis qui ne font pas l’effort de présenter des candidats sur une base paritaire.»

Politique

Parrainage de réfugiés: Jolin-Barrette reconnaît que des changements s’imposent

Au Québec, le noble désir de parrainer un réfugié s’est transformé en course à obstacles au cours des derniers jours. La première étape, en principe banale, qui consiste à déposer une demande au ministère de l’Immigration a tourné au cauchemar.

Depuis vendredi, des centaines de personnes ont dû squatter les bureaux du ministère dirigé par Simon Jolin-Barrette, à Montréal, dans l’espoir que leur demande de parrainage se fraye un chemin jusqu’à lui.

Au cœur de l’hiver, pour accommoder les gens qui cherchaient à augmenter leur chance en faisant le pied de grue devant l’édifice, une salle d’attente a dû être aménagée dès vendredi sur les lieux, même si le dépôt des demandes n’était possible que ce lundi.

Prenant acte de la colère et de la frustration des aspirants parrains, le ministre Jolin-Barrette a reconnu les ratés du système, lundi, promettant du même coup de revoir les façons de faire de son ministère.

«Évidemment, des améliorations doivent être apportées pour les prochaines périodes de dépôt. Le processus de dépôt de candidatures présentées par l’entremise de messagers soulève de nombreux questionnements quant à son efficacité. Il doit être revu», a commenté le ministre par voie de communiqué. Il n’a pas donné d’entrevue.

Sous prétexte de ne pas favoriser qui que ce soit, le gouvernement a imposé aux éventuels parrains, souvent des proches des futurs réfugiés, d’avoir recours à un intermédiaire, messager ou coursier, pour déposer la demande en leur nom. Cette formule a compliqué les choses.

Les aspirants parrains ont dû allonger plusieurs centaines de dollars à ces messagers, qui jouaient du coude pour se tailler une bonne place.

Le ministère avait privilégié la formule : «premier arrivé, premier servi».

Le nombre de dossiers acceptés étant limité à une centaine au total, ce système de messagers a donné lieu à une escalade d’accrochages. Des gens ont rapporté aux médias avoir vu des personnes tenter de monnayer une meilleure place dans la file d’attente.

Au total, cette année, 750 dossiers de réfugiés seront acceptés, dont 100 déposés par des particuliers, qui peuvent former un groupe comptant au maximum cinq personnes. Les autres réfugiés seront parrainés par des organismes.

L'opposition dénonce

Deux des trois partis d’opposition ont dénoncé la situation, attribuant le cafouillage dans le dossier du parrainage collectif au manque d’écoute et de rigueur du ministre Jolin-Barrette.

À la suite du cafouillage ayant mené au retrait temporaire du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), l’automne dernier, le ministre s’était engagé à écouter davantage les divers intervenants, a rappelé le porte-parole libéral en cette matière, Moncef Derraji. Or, ce n’est pas ce qui s’est produit, selon lui.

Ce dernier juge incroyable de voir en 2020 un gouvernement obliger les gens à «faire la file pour utiliser un programme gouvernemental».

Même son de cloche du côté de Québec solidaire, qui estime que quelques mois après le PEQ le scénario se répète avec «une gestion lamentable» en matière d’immigration.

«Comme d’habitude, le ministre Jolin-Barrette n’a écouté personne d’autre que lui!» a commenté lundi le député porte-parole du dossier, Andrés Fontecilla, contestant au passage la décision du gouvernement Legault d’abaisser les seuils d’immigration de réfugiés.

Par son attitude envers les revendicateurs du statut de réfugié, il estime que le ministre Jolin-Barrette fait preuve d’«arrogance».

L’analyse des dossiers étant longue, cela pourrait prendre au moins un an et demi, voire quelques années, avant de voir les réfugiés visés débarquer au Québec.

En 2020, le Québec devrait accueillir entre 4500 et 5500 réfugiés.

Politique

Loi 21: le Manitoba dit avoir reçu de «nombreux» CV de fonctionnaires québécois

WINNIPEG — Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, dit qu’il y a eu de «nombreuses demandes» de la part de fonctionnaires québécois désirant s’établir dans sa province, après une offensive publicitaire contre la loi 21.

Le gouvernement manitobain avait acheté des publicités dans des journaux et des médias numériques au Québec l’automne dernier, qui mentionnaient 21 raisons d’envisager de déménager au Manitoba - en référence à la loi québécoise sur la laïcité.

M. Pallister soutient que son gouvernement a déjà commencé à recevoir des curriculum vitae. «Nous avons hâte de commencer les embauches parce que nous avons besoin de davantage de travailleurs bilingues dans notre fonction publique au Manitoba», a-t-il dit, à sa sortie d’une rencontre avec son homologue fédéral Justin Trudeau.

Le premier ministre manitobain a maintes fois dénoncé la loi québécoise sur la laïcité, estimant qu’elle est discriminatoire.

«Je crois que le Québec est trop bon pour cette loi, je crois que les Québécois sont trop solides pour cette loi et je crois que le Québec est une partie trop importante du Canada pour se séparer, dans le sens qu’il adopte des politiques qui sont inutilement discriminatoires», a-t-il réitéré, lundi.

Par le passé, le premier ministre du Québec, François Legault, a rétorqué que le Manitoba aurait intérêt à mieux financer les services en français dans sa province plutôt que de se mêler des affaires du Québec.

Cette loi interdit à certains fonctionnaires, y compris les enseignants du primaire et du secondaire du système public et les policiers, de porter des symboles religieux dans leurs fonctions tels que le hijab pour les femmes musulmanes et la kippa pour les hommes juifs.

M. Pallister a rencontré M. Trudeau au deuxième jour d’une réunion du conseil des ministres fédéraux qui se tient à Winnipeg, un lieu choisi pour tendre la main à une région qui a tourné le dos aux libéraux fédéraux lors de l’élection du 21 octobre.

Changement de ton

À la sortie de sa rencontre, le premier ministre manitobain a démontré de l’ouverture à soumettre sa province à une taxe sur le carbone.

M. Pallister a déclaré que son gouvernement se prépare à soumettre un autre plan sur le climat, après que le dernier eut été rejeté. Il a soutenu que le «dialogue» se poursuivait avec Ottawa, et que ce dialogue inclut une «sorte de tarification sur le carbone».

M. Pallister a dit lundi à la blague que s’il devait y en avoir une dans sa province, elle devrait être «basse et plate comme l’horizon des Prairies».

Mais pour que cela se passe, il s’attend à recevoir une sorte de reconnaissance des efforts passés du Manitoba sur le plan de l’environnement.

La vice-première ministre Chrystia Freeland, qui était présente à la rencontre lundi, est d’accord pour poursuivre les discussions avec M. Pallister afin de trouver une solution «gagnant-gagnant».

Elle a cependant insisté sur l’importance de mettre en place un plan ambitieux pour le climat. «Je pense que tous les Canadiens et Canadiennes comprennent que c’est peut-être l’enjeu le plus important pour notre génération», a-t-elle déclaré.

Plusieurs provinces, dont le Manitoba, ont entamé des procédures judiciaires contre la taxe fédérale sur le carbone, imposée aux provinces qui n’avaient pas de plan provincial.

Un pont pour l’aliénation

M. Pallister a indiqué sa volonté d’agir comme pont entre le gouvernement fédéral et les deux autres premiers ministres des Prairies, ouvertement hostiles envers les libéraux de M. Trudeau, soit Jason Kenney de l’Alberta et Scott Moe de la Saskatchewan.

«Notre province est une clé de voûte. Si vous ne pouvez pas vous entendre avec le gentil Manitoba, il y a de nombreux autres Canadiens avec qui vous ne pourrez pas vous entendre», a réitéré le premier ministre manitobain.

Mme Freeland, qui a passé les dernières semaines à parcourir le pays, en est venue pour sa part à un constat «peut-être surprenant» après une élection qui a révélé des divisions régionales.

«Les Canadiens aiment vraiment le Canada. (...) Je pense qu’il y a un engagement profond au Canada à travers le Canada, je crois qu’il y a une appréciation profonde surtout en ces temps de grande incertitude globale et de défis globaux, qu’ils soient géopolitiques ou économiques», a-t-elle dit.

«Nous devons nous engager pleinement afin de garder le Canada fort, garder le Canada uni, garder le Canada capable d’agir ensemble pour adresser les défis les plus pressants de notre époque», a-t-elle plaidé.

La retraite du conseil des ministres à Winnipeg prendra fin mardi.

Politique

Cible de réduction et Trans Mountain: le ying et le yang du gouvernement Trudeau

WINNIPEG — Le ministre fédéral de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a annoncé dimanche que le Canada présentera de nouvelles cibles de diminution de gaz à effet de serre pour 2030.

Quelques instants après, le président et chef de la direction de Trans Mountain Corporation, Ian Anderson, se présentait devant les journalistes pour vanter les bénéfices économiques de l’expansion de l’oléoduc.

C’était une scène «étrange», de l’aveu même du ministre des Ressources naturelles Seamus O’Regan, mais les deux ne sont «pas contradictoires». Les deux sont même compatibles, a-t-il plaidé.

Si le Canada veut réellement être carboneutre en 2050, a-t-il dit, tous les secteurs doivent être à bord et cela passe par un secteur privé, mais aussi une industrie du pétrole et du gaz «durable et en santé».

«Pour faire cela, ils doivent réussir à transporter leurs produits aux marchés. Alors c’est un grand cercle qui se boucle. L’histoire est plus compliquée à raconter, mais il est essentiel qu’on la raconte parce que l’avenir du pays en dépend», a lancé M. O’Regan.

Le patron de Trans Mountain, qui était l’un des invités lors de la retraite ministérielle du cabinet Trudeau à Winnipeg, a assuré que la construction de l’expansion de l’oléoduc était bel et bien en cours et que le projet pourrait être complété d’ici la fin de l’année 2022.

À l’heure actuelle, quelque 2700 personnes travaillent sur le projet, dont 10 % de travailleurs autochtones. M. Anderson espère que ce projet sera une «histoire à succès» tant pour les retombées économiques que la collaboration avec les peuples autochtones.

Lui non plus ne voit aucune contradiction entre l’expansion de Trans Mountain et les nouvelles cibles qui seront annoncées par M. Wilkinson.

«Je pense que ce que les Canadiens peuvent continuer d’apprécier, c’est que les réponses au changement climatiques et les réponses aux conditions environnementales qu’on a devant nous sont critiques à notre nation, mais le développement économique de nos ressources l’est aussi», a-t-il répondu.

Prix citron

Le ministre Wilkinson, de son côté, dit qu’il présentera ses nouvelles cibles environnementales pour 2030 dans les prochains mois. Il veut être fin prêt avant la COP26, qui se tiendra à Glasgow, au Royaume-Uni.

Pour l’instant, le plan de match n’est pas encore défini.

«J’ai dit que le Canada veut avoir de nouvelles cibles quand nous allons aller à COP26 à Glasgow et nous devons développer un plan et parler aux Canadiens. Nous avons seulement commencé maintenant les discussions», a-t-il dit.

Lors de la COP25 à Madrid, le Canada avait obtenu la troisième place du «fossile du jour» - une sorte de prix citron remis par des ONG afin de dénoncer les apparentes contradictions du pays.

Politique

Aide médicale à mourir: plus de 150 000 répondants à la consultation en ligne

WINNIPEG — La révision de la loi fédérale sur l'aide médicale à mourir suscite de l'intérêt auprès de la population.

Plus de 150 000 répondants ont déjà partagé leur point de vue via le questionnaire en ligne du gouvernement dans la première semaine de sa mise en ligne, a annoncé le ministre de la Justice David Lametti.

Les Canadiens ont jusqu'au lundi, 27 janvier à 23 h 59 pour le remplir.

C'est la course contre la montre afin que le gouvernement fédéral se conforme à un récent jugement de la Cour supérieure du Québec, qui jugeait inconstitutionnel le critère de mort naturelle raisonnablement prévisible.

La décision ne s'applique techniquement qu'au Québec, mais puisque le gouvernement Trudeau a refusé de faire appel de la décision, toute modification s'appliquera partout au pays.

Le ministre Lametti a jusqu'au 11 mars pour faire les ajustements nécessaires.

Il a l'intention de déposer son projet de loi dès le mois de février, mais vu l'échéancier serré, il n'est pas exclu qu'il demande une prolongation à la Cour supérieure pour modifier la loi.

Ottawa entreprendra également un examen obligatoire du régime actuel d'aide médicale à mourir à compter de juin 2020, soit quatre ans après l'entrée en vigueur de la loi.

Politique

Gérard Deltell renonce à la direction du Parti conservateur du Canada

Gérard Deltell ne se lancera pas dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada. Après plusieurs spéculations, son nom peut être rayé de la liste des prétendants.

Le député de Louis-Saint-Laurent en a fait l’annonce dimanche matin lors du brunch annuel de l’association locale de sa circonscription.

«J’annonce que je ne serai pas candidat au leadership du Parti conservateur du Canada. Il y a d’autres façons de s’engager activement au sein de notre grand parti, et j’ai l’intention d’apporter ma contribution différemment», a-t-il écrit sur sa page Facebook.

M. Deltell confie avoir eu des «échanges riches et passionnants» avec les Canadiens dans les dernières semaines, il remercie les partisans de l’avoir accompagné dans cette démarche d’évaluation de sa contribution.

«Je serai un militant attentif afin de choisir la meilleure personne pour diriger le parti et le pays. Nous aurons un vrai débat d’idées qui positionnera notre parti vers l’avenir afin de répondre aux aspirations de tous les Canadiens et, ainsi, battre les libéraux», a-t-il aussi écrit.

Le député continuera aussi d’assumer le rôle de critique de l’opposition officielle en matière d’affaires intergouvernementales. Il a terminé son message en annonçant qu’il sera grand-papa en mai prochain.

M. Deltell a aussi précisé qu’il n’accordera pas d’entrevues et ne fera pas d’autres commentaires à propos de cette décision. 

L’ancien journaliste de Québec est député de Louis-Saint-Laurent depuis 2015, il a été réélu avec 50,46 % des voix en octobre. Avant de faire le saut en politique fédérale, M. Deltell était le député provincial de la circonscription de Chauveau depuis 2008, d’abord pour l’Action démocratique du Québec (ADQ) et ensuite pour la Collation avenir Québec (CAQ) après la fusion des deux partis en 2012. C’est le 7 avril 2015 qu’il avait annoncé sa démission de son poste pour annoncer qu’il rejoignait le Parti conservateur du Canada.

Élection en juin

Les candidats ont jusqu’à la fin du mois de février pour manifester leurs intentions, la course à la chefferie du Parti conservateur a été lancée le 13 janvier. Depuis la démission d’Andrew Scheer à la mi-décembre, l’idée que M. Deltell soit son successeur circulait beaucoup. 

Certaines personnalités politiques sont officiellement entrées dans la course, tels que la députée ontarienne Marilyn Gladu et l’ancien ministre Peter Mackay, déjà considéré comme le favori. D’autres évaluent encore la proposition, comme l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest.

L’homme d’affaires Bryan Brulotte s’est récemment retiré de la course après avoir pris connaissance des nouvelles règles imposées aux candidats par le parti. Pour qu’une candidature soit valide, les aspirants à la direction devaient avoir obtenu l’appui confirmé d’au moins 3000 personnes ayant été membres du parti depuis au moins 21 jours. 

M. Brulotte avait notamment attiré l’attention avec son site Web criblé de fautes de français et de mauvaises traductions de l’anglais. Il appuiera finalement l’éventuelle candidature de l’ancien ministre Peter MacKay, qu’il connaît depuis les années 90.

L’élection du nouveau chef se déroulera le 27 juin.  Avec Céline Fabriès

Politique

Les ministres fédéraux se rencontrent pendant trois jours à Winnipeg

OTTAWA — Le gouvernement fédéral renoue avec ses rencontres périodiques à l'extérieur de la capitale nationale.

À compter de dimanche, le premier ministre Justin Trudeau et ses 36 ministres seront réunis pendant trois jours à Winnipeg pour discuter des priorités du gouvernement et, surtout, de stratégie parlementaire puisque les libéraux ne sont pas majoritaires à la Chambre des communes.

Cette retraite ministérielle sera suivie d'une autre rencontre de trois jours à laquelle seront conviés l'ensemble des députés libéraux à Ottawa en vue de préparer la reprise parlementaire du 27 janvier. Il s'agira de la première séance de travail prolongée du caucus depuis les élections d'octobre.

Parmi les sujets qui seront à l'ordre du jour figurent «les défis d'un monde incertain», selon l'expression du gouvernement. Ce thème tombe à point à la suite de l'écrasement d'un avion, abattu par erreur par l'Iran, qui a coûté la vie à 176 personnes, dont 57 citoyens canadiens et 29 résidents permanents.

Le choix de Winnipeg est une marque de reconnaissance de la division entre l'est et l'ouest du pays. Les libéraux ont totalement été éliminés par les électeurs albertains et saskatchewanais irrités par les politiques environnementales du gouvernement qui, selon eux, ont grandement nui au secteur des ressources naturelles.

Le Manitoba, où les libéraux ont perdu trois des six sièges qu'ils détenaient, est un territoire un peu plus convivial. Le premier ministre de la province, Brian Pallister, a déjà indiqué sa volonté d'essayer de combler le fossé entre le gouvernement fédéral et ses collègues conservateurs des Prairies.

Justin Trudeau doit rencontrer séparément M. Pallister ainsi que le maire de Winnipeg, Brian Bowman.

«En octobre, les Canadiens ont fait savoir qu'ils voulaient un gouvernement qui trouve des terrains d'entente et fait en sorte que les gens à travers le pays profitent d'une économie moderne, solide, et en pleine croissance. C'est exactement ce que notre gouvernement fera», a déclaré M. Trudeau, dans un communiqué de presse diffusé plus tôt cette semaine.

Au cours de son premier mandat, le gouvernement Trudeau avait tenu huit rencontres de travail prolongées à l'extérieur d'Ottawa, dont deux en Alberta.

Avant même le début de la rencontre, la leader de l'opposition à la Chambre des communes, Candice Bergen, qui représente une circonscription du Manitoba, l'a jugé futile, accusant le gouvernement de ne pas vouloir modifier ses «politiques ratées» comme la taxe sur les émissions de carbone rejetée par les électeurs des Prairies.

«Si c'est un effort sincère, les libéraux de Trudeau devraient rencontrer directement les Manitobains afin de comprendre comment leurs politiques rendent la vie plus difficile», a-t-elle lancé vendredi dans un communiqué de presse.

La rencontre portera aussi sur des questions plus prosaïques comme l'état de l'économie, la préparation du prochain budget, les promesses électorales à réaliser, la lutte contre les changements climatiques, le renforcement du contrôle des armes et la réconciliation avec les peuples autochtones.

Une séance sera réservée pour discuter des stratégies à adopter dans le cadre d'un parlement minoritaire.

Différentes personnalités ont été invitées pour renseigner les ministres comme les économistes Armine Yalnizyan, Kevin Milligan et Andrew Leach ainsi que la climatologue Katherine Hayhoe ou le statisticien en chef du Canada, Anil Arora.

Le président de Trans Mountain, Bill Downe, et Linda Coady, qui dirige un comité conseillant le gouvernement sur les consultations à mener avec les communautés autochtones réclamant une part du gâteau, viendront présenter une mise à jour du projet d'oléoduc.

Politique

Paul St-Pierre Plamondon se lance dans la course à la direction au PQ

MONTRÉAL — L’avocat Paul St-Pierre Plamondon a annoncé samedi qu’il se lançait dans la course à la succession à Jean-François Lisée au Parti québécois (PQ).

M. St-Pierre Plamondon en a fait l’annonce sur sa page Facebook.

«Je suis très content de vous annoncer que ma réflexion est terminée et que je serai candidat à la direction du Parti québécois», a-t-il écrit.