Politique

QS invite d’ex-députés indépendantistes catalans à son congrès

MONTRÉAL — Québec solidaire (QS) a invité deux ex-députés indépendantistes du parlement catalan dissous à participer à son prochain congrès qui se déroulera du 1er au 3 décembre à Montréal.

Pour le député de Mercier Amir Khadir, il s’agit d’un geste de solidarité envers les indépendantistes catalans.

Les deux invités seront aussi conviés à s’adresser aux membres de la Coalition québécoise de solidarité envers la Catalogne.

Amir Khadir préfère taire le nom des ex-députés invités afin d’éviter de leur nuire. Contrairement à plusieurs ex-membres du gouvernement catalan, qui font face à des accusations de rébellion et de sédition, ceux-ci ne seraient pas dans la mire de la justice espagnole.

Québec solidaire a annoncé cette invitation en marge d’un grand rassemblement public en soutien à la Catalogne, organisé par la coalition, qui s’est déroulé samedi, au Collège de Maisonneuve à Montréal. Environ 300 personnes ont répondu à l’invitation, a indiqué M. Khadir, présent sur place.

Cette coalition qui rassemble des partis politiques et des organisations sociales, artistiques et syndicales soutient le gouvernement destitué de Carles Puigdemont et appelle l’Espagne à respecter les institutions catalanes.

«La réalité est dure. On a maintenant un État qui a été attaqué dans ses institutions. On a en plus des prisonniers politiques en plein coeur de l’Europe», a commenté M. Khadir en entrevue à La Presse canadienne.

En prenant l’exemple de l’affaire Guy Ouellette au Québec, il a souligné que les parlementaires avaient été «ébranlés que l’un de [leurs] collègues ait été traité de façon cavalière» par l’UPAC.

«Imaginez ce que l’on doit penser, lorsque tout un parlement et des députés, juste pour avoir voulu demander l’opinion de leur population sur l’avenir de leur pays, sont maintenant sous l’objet de procédures carrément abusives et répressives», a comparé le député solidaire.

Qualifiant la situation de «très grave», Amir Khadir se demande «comment l’Europe peut continuer à donner des leçons de démocratie au reste du monde». Il ne comprend pas plus l’indifférence du Canada.

Malgré la nouvelle campagne électorale déclenchée en Catalogne, les deux députés seront en visite au Québec à trois semaines du scrutin prévu le 21 décembre.

Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une série d’activités qui vise à «bâtir un appui suffisamment fort, au Québec et dans le monde, pour demander la libération des prisonniers politiques catalans», explique Amir Khadir.

Le député de Mercier a par ailleurs écrit une lettre au président de la Cour européenne des droits de l’homme, avec copie conforme envoyée au premier ministre d’Espagne Mariano Rajoy et au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

«[C’était] pour dire que nous trouvons inadmissible ce qui s’est passé et nous demandons la libération immédiate de tous les prisonniers politiques», a expliqué M. Khadir.

Amir Khadir ne craint pas que l’invitation d’indépendantistes au Québec provoque une crise diplomatique avec l’Espagne. À son avis, le gouvernement espagnol «sait qu’au Québec qu’il s’agit d’une attitude unanime des parlementaires de dire que ce conflit doit être réglé non pas par des procédures judiciaires ou la force de la police, mais par le débat, le dialogue et l’exercice démocratique des volontés politiques».

Politique

«Clause tabac» ou «clause alcool»?

DÉCODAGE / Les consultations en commission parlementaire ne feront pas bouger le gouvernement sur les aspects fondamentaux de son projet de loi sur le cannabis. Pensons à la barre des 18 ans ou à l’interdiction de cultiver des plants chez soi.

Certains curseurs pourraient toutefois être déplacés. À cet égard, le feu vert qu’accorde le projet à la consommation de cannabis sur la voie publique sera à suivre.

Pour l’heure, c’est en quelque sorte la «clause tabac» que le gouvernement privilégie. Personne ne pourra fumer de cannabis là où la cigarette est déjà interdite. Or, elle est permise dans la rue.

Mais le gouvernement pourrait bien rajuster le tir en ajoutant une clause calquée sur les interdits frappant l’alcool — et non pas laisser cette responsabilité aux villes. Actuellement, on n’a pas le droit de boire d’alcool dans les rues.

C’est le type d’amendement qui pourrait bien être apporté par la ministre Lucie Charlebois.

Le fait que l’un des deux grands partis d’opposition à l’Assemblée nationale ait présenté il y a quelque temps une proposition proche de celle qu’elle avait à l’esprit l’a aidée dans la rédaction de son projet de loi. Le plan du Parti québécois et le sien ne se superposent pas à la perfection, mais presque.

Sur un sujet aussi délicat, le gouvernement ne pouvait souhaiter mieux que d’avoir un parti qui — même s’il blâme plus fortement que lui la cadence imposée par Ottawa — partage grosso modo une même vision des choses en la matière.

Des clauses de communication

La Commission politique du Parti libéral du Québec propose d’évaluer l’impact de tout nouveau projet de loi sur la communauté anglophone. Les militants libéraux en débattront lors du congrès de leur parti le week-end prochain dans la capitale.

Cette proposition s’inscrit dans une démarche que le gouvernement de Philippe Couillard implante depuis quelque temps. Le premier ministre n’a-t-il pas nommé Kathleen Weil responsable des Relations avec les Québécois d’expression anglaise?

Il existe une expression consacrée dans le jargon gouvernemental pour décrire ce que propose la Commission politique du PLQ. On parle de «clause d’impact». Plusieurs clauses du genre ont été rédigées au fil des ans.

Il existe depuis longtemps une clause «d’impact jeunesse». Selon des mauvaises langues, elle ne sert cependant à rien. Autre exemple, depuis 2002, tout ministre voulant présenter un projet de loi est tenu d’en analyser l’impact sur les personnes les plus démunies. Cela a-t-il toujours été fait?

Il y a presque 20 ans, le Conseil exécutif, le ministère du premier ministre du Québec, annonçait que tout mémoire soumis au conseil des ministres allait désormais être accompagné d’une «clause relative à la capitale».

Ces clauses spéciales participent bien souvent plus d’un projet de communication politique que d’autre chose.

Loin de l’injonction

Jacques Chagnon était loin ce jeudi de l’injonction qu’il a lancée à l’UPAC lorsqu’il l’a sommée de porter des accusations contre le député Guy Ouellette ou de s’excuser. Le président de l’Assemblée nationale a plus égratigné qu’écorché l’unité policière en rendant ses directives sur l’étendue du «privilège parlementaire».

Mais il faut surtout noter qu’il n’a pas placé son institution au-dessus de l’UPAC. Il ne l’a pas sommé de porter des accusations ou de s’excuser, comme il l’avait fait. Il ne lui a pas interdit de fouiller dans les appareils électroniques du député.

Il lui a demandé d’établir avec l’Assemblée nationale un protocole visant à s’assurer qu’elle n’y extraira que ce qui peut avoir un lien direct avec ce qu’elle cherche. Le ton et les propos de M. Chagnon ont été plus nuancés que la dernière fois; plus «institutionnels».

N’empêche que les partis d’opposition ont bu comme du petit-lait les reproches, par ailleurs justifiés, qu’il a adressés à l’UPAC sur la façon dont elle a procédé à l’arrestation du député Ouellette. Côté gouvernemental, l’enthousiasme n’était pas le même qu’au PQ, qu’à la CAQ ou que chez QS. Cette affaire tiraille les libéraux.

Le syndrome de Pinocchio

Pour une énième fois, «l’affaire Yves Michaud» rebondit à l’Assemblée nationale. M. Michaud n’a pas tenu les propos pour lesquels les parlementaires l’ont blâmé le 14 décembre 2000 — certainement pas, en tout cas, lors des états généraux sur la langue française, comme le stipulait la motion de condamnation.

Toute comparaison est toujours boiteuse, mais notons qu’un autre «simple citoyen» a déjà été blâmé par l’Assemblée nationale. Au moment de l’affaire Michaud, le président de l’Assemblée nationale de l’époque, Jean-Pierre Charbonneau, avait lui-même rappelé que le journaliste André Pratte, aujourd’hui sénateur à Ottawa, avait subi le même opprobre. Il avait rédigé un livre sur le mensonge en politique, intitulé Le syndrome de Pinocchio. Les députés l’avaient blâmé d’une seule voix pour cela.

Aujourd’hui, Jean-Pierre Charbonneau invite l’institution qu’il présidait au moment des faits «à réparer l’injustice du 14 décembre 2000» commise contre Yves Michaud.

Politique

Le vieillissement de la population crée une pression indue sur les ambulanciers, selon Agnès Maltais

L’augmentation et le vieillissement de la population de même que la congestion routière à la hausse créent une pression indue sur les ambulanciers de Québec, selon la députée de Taschereau Agnès Maltais.

Mme Maltais a fait ces déclarations dans un point de presse où elle a pour une deuxième journée consécutive dénoncé le manque d’ambulances à Québec. Elle était cette fois accompagnée des représentants syndicaux Jean-François Gagné, de la Fédération des employés du préhospitalier du Québec et Frédéric Maheux, de l’Association des travailleurs du préhospitalier.

Après un premier décès rapporté mercredi à Val-Bélair et attribué au manque d’ambulances à Québec, M. Gagné a parlé d’un second décès survenu quelques heures à peine avant le point de presse.

«Cette nuit, nous avons reçu un appel à 1h26 et nous avions deux ambulances seulement, l’une à Beauport et l’autre au coin Hamel et Marie-de-l’Incarnation. L’appel venait de Val-Bélair et, cinq minutes après, le patient était en arrêt cardio-respiratoire. Son décès a été constaté à l’Hôpital Laval», a-t-il raconté, ajoutant qu’avec deux ambulances de plus pendant la nuit, le patient aurait pu être sauvé.

«Si on en avait eu deux de plus, on en aurait eu une à Sainte-Foy et une au coin de l’Ormière et Chauveau. Nous aurions été sur place en quatre minutes et on aurait pu éviter ce décès», reprend M. Gagné.

Agnès Maltais a déclaré que les deux décès des derniers jours étaient peut-être attribuables au manque d’ambulances dans la capitale et que plusieurs autres situations tragiques, mais non mortelles, se produisaient régulièrement pour les mêmes raisons. «Ma collègue Diane Lamarre a rapporté le cas d’une personne âgée qui a passé trois heures au sol en attendant l’ambulance.»

Pression supplémentaire

Selon Mme Maltais, le problème réside dans la façon dont est calculé le nombre d’ambulances nécessaire dans une région donnée. «Tout ça crée une pression supplémentaire pour les paramédics. Il faut revoir la façon de calculer la desserte ambulancière. Malheureusement, on le fait encore de façon historique. On ne tient pas compte de la hausse de la population, du vieillissement de la population et de l’augmentation de la congestion routière, qui est maintenant un problème quotidien à Québec.»

Elle a aussi rappelé que la dernière augmentation du nombre d’ambulances à Québec remontait à 2012. «Suite à des pressions que j’avais faites», a-t-elle tenu à préciser. «Le Centre intégré universitaire de santé et de service sociaux de la Capitale-Nationale demande une hausse du nombre d’ambulances depuis plusieurs années, mais le ministre ne répond pas.»

La députée de Taschereau a tout de même reconnu que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait admis jeudi que les analyses en cours tendaient à démontrer qu’une augmentation du nombre d’ambulances était probablement justifiée. «Ça a pris un décès pour qu’il sorte de sa cassette. Oui, il faut revoir les règles, mais les ambulances, ça les prend maintenant!», a-t-elle conclu.

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Entente avec les ingénieurs de l'État, la loi spéciale évitée

À quelques minutes du dépôt d’une loi spéciale, le gouvernement du Québec et ses ingénieurs ont mis fin à trois ans de négociations infructueuses, jeudi soir.

Après avoir annoncé la veille son intention d’imposer des conditions de travail aux 1400 syndiqués en attendant le dénouement du conflit, le Conseil du Trésor, piloté par Pierre Arcand, a déposé une nouvelle offre à 15h, jeudi. S’est alors entamée une ultime ronde de négociations qui a de toute évidence porté ses fruits.

Tout juste avant que les élus de l’Assemblée nationale ne commencent à débattre de la loi spéciale de l’autre côté de la Grande Allée, vers 19h, M. Arcand a pénétré dans la salle de négociation du Complexe H. Il en est ressorti tout sourire aux côtés du président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), Marc-André Martin. 

«On a une entente qui a été négociée de façon très intensive. […] Il est clair que, parmi les demandes syndicales, il y avait des choses qui nous apparaissaient légitimes», a déclaré M. Arcand. «C’est une nuit de moins au parlement. Il n’y a pas un parlementaire qui ne sera pas heureux de la chose!» a-t-il claironné.

Les modalités du nouveau contrat de travail n’ont pas été dévoilées. L’entente sera d’abord présentée aux membres de l’APIGQ. M. Martin a bon espoir qu’elle sera entérinée. 

Les ingénieurs de l’État réclamaient des hausses de salaire de 16,5% sur sept ans, alors que la grande majorité des employés de l’État a obtenu des hausses de 9,5% sur cinq ans lors de récentes négociations. Sans donner de chiffres, Pierre Arcand a affirmé que l’entente négociée avec l’APIGQ entrait «dans les paramètres financiers du gouvernement».

Marc-André Martin a rappelé que son syndicat avait fait du «renforcement de l’expertise» au sein de l’État son «fer de lance». Avec la présente entente, «on a donné les outils aux différents ministères [pour] aller chercher les ingénieurs dont ils ont besoin. On a donné les outils pour aller chercher les ingénieurs qu’ils veulent et non pas les ingénieurs qu’ils peuvent», a-t-il affirmé, sans aller plus loin. 

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Chagnon invite l’UPAC à respecter le statut «exceptionnel» des députés

Les policiers devront à l'avenir faire preuve de plus de considération à l'égard des élus québécois, a statué le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, dans une longue décision rendue jeudi.

M. Chagnon répondait ainsi aux questions posées par l'opposition officielle le 31 octobre, à la suite de l'arrestation du député libéral Guy Ouellette par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, s'interrogeait à savoir si les policiers pouvaient utiliser un subterfuge pour arrêter un député en fonction, l'empêcher d'exercer ses fonctions, et saisir ses outils de travail, sans l'aval de la présidence.

Rappelant dans sa décision d'une trentaine de pages le statut «exceptionnel» qui est accordé aux parlementaires, M. Chagnon a invité les policiers à la plus grande prudence.

L'arrestation d'un député n'est pas une chose «anodine», contrairement à ce que l'UPAC a laissé transparaître, a-t-il dit.

Personne n'est au-dessus des lois; par contre, les policiers ont démontré, d'après lui, leur «méconnaissance de nos institutions, et en particulier du Parlement qui est le coeur de la gouvernance démocratique de notre État» lorsqu'ils ont arrêté de manière «cavalière» Guy Ouellette.

«Les méthodes employées par l'UPAC dans la présente affaire dénotent, à mon avis, un manque flagrant de considération à l'endroit de l'Assemblée et de ses membres», a-t-il affirmé dans un discours de 47 minutes au Salon bleu.

C'est pourquoi les corps policiers devront à l'avenir informer de «manière systématique» la présidence lorsqu'il est question de l'arrestation d'un député, a tranché le président. Et ce sera à la présidence d'ouvrir ou non l'enceinte parlementaire aux policiers qui détiennent un mandat de perquisition.

«[La présidence] veillera à la protection des droits des députés en s'assurant qu'un de ses représentants accompagne en tout temps, et ce, du début jusqu'à la fin, les policiers chargés d'effectuer la perquisition», a martelé M. Chagnon.

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Aménagement d’un cimetière: les référendums enterrés

Les maires du Québec ne seront plus tenus de consulter les citoyens par référendum pour établir un cimetière, un mausolée ou un columbarium. C’est ce que prévoit très explicitement un projet de loi présenté mercredi à l’Assemblée nationale par le ministre Martin Coiteux.

«En matière d’urbanisme, le projet de loi dispense de l’approbation référendaire les modifications réglementaires visant à permettre l’établissement d’un cimetière, d’un mausolée ou d’un columbarium», peut-on lire dans les attendus d’un projet de loi «modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal» et touchant aussi à la Société d’habitation du Québec.

En juillet, des citoyens de Saint-Apollinaire ont refusé lors d’un référendum qu’un cimetière musulman soit installé sur le territoire de leur municipalité. Trente-six personnes ont participé à la consultation. Dix-neuf se sont prononcées contre; 16, pour. Un bulletin de vote a été rejeté. Seuls les électeurs habitant la zone visée pouvaient voter.

Quelques semaines après l’attentat ayant tué six personnes à la grande mosquée de Québec, le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, s’était montré favorable à ce projet de cimetière musulman. Mais il avait dû tenir un référendum en raison des règles en vigueur. La réalisation du projet nécessitait un changement de zonage.

Un épisode qui a pesé lourd

Martin Coiteux, le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, ne cache pas que cet épisode a pesé dans la rédaction de cette partie de son projet de loi.

«Ça ne vise pas une confession en particulier, a-t-il indiqué au Soleil. Mais moi, et je suis loin d’être le seul, j’ai été touché par ce débat-là. Je ne pense pas que lorsqu’il s’agit pour des familles de pouvoir aller quelque part pour rendre hommage à leurs défunts — et peu importe la confession religieuse —, ça devrait faire l’objet d’un grand débat comme on l’a connu.»

Plus tôt cette année, le gouvernement Couillard a révisé l’ensemble des règles en matière de référendums municipaux sur des questions d’urbanisme. Des villes peuvent déjà ne pas en tenir, mais si, et seulement si, elles mettent en place un «cadre de consultation et de participation» des citoyens. À défaut, elles doivent en tenir.

«Pour certaines choses, on peut prévoir aussi qu’il n’y ait pas de référendum. Et là, on applique ça aux cimetières, aux mausolées et aux columbariums», explique M. Coiteux.

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Aide médicale à mourir: Barrette perd face à Vallée

EXCLUSIF / Le ministre Gaétan Barrette a perdu son bras de fer politique contre sa collègue ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. Le gouvernement du Québec ne demandera pas aux tribunaux de clarifier le «concept de mort raisonnablement prévisible» inscrit dans la loi fédérale sur l’aide médicale à mourir, comme il l’avait réclamé en mars.

Un message qu’il avait réitéré le 30 août, alors que Le Soleil venait de faire état des réticences du ministère de la Justice à donner suite à sa requête de porter l’affaire en Cour d’appel.

«S’il y a une chose qui est claire pour moi, c’est qu’on doit aller de l’avant. Je maintiens qu’on doit aller de l’avant avec un tel recours. Il doit y avoir une clarification juridique» de la notion de «mort raisonnablement prévisible», avait confié le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux à ce moment-là.

Or, le ministère de la Justice a officiellement décidé qu’il n’ira pas de l’avant, a appris Le Soleil. Il plaide que deux dossiers sont actuellement devant les tribunaux et qu’il n’est donc «pas approprié» pour le gouvernement du Québec «d’en saisir simultanément la Cour d’appel». 

Politique

L'opposition accuse le PLQ d'être «sous influence»

Les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont uni leurs forces mercredi pour reprocher une fois de plus au Parti libéral du Québec (PLQ), et plus particulièrement au premier ministre Philippe Couillard, son manque d’éthique.

S’appuyant sur des révélations du Journal de Montréal, le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, a sonné la charge et soutenu que le PLQ était sous l’influence de l’ex-argentier libéral Marc Bibeau.

«Ce qu’on apprend ce matin est majeur, a déclaré M. Bérubé à l’entrée de son caucus. Imaginez la scène suivante : Est-ce qu’il y a un citoyen du Québec qui peut dire : “Moi j’aimerais avoir la moitié du conseil des ministres dans ma cour pour faire une fête”? [...] Pourquoi c’est possible avec Marc Bibeau?

«C’est clairement un gouvernement sous influence, l’influence de l’argent», a-t-il martelé.

Dans son édition de mercredi, le journal maintient que M. Bibeau a organisé au moins sept fêtes somptueuses, chez lui à Beaconsfield, pour mettre en contact des ministres libéraux et des firmes de génie-conseil qui contribuaient à la caisse du parti.

Toujours selon le quotidien, pratiquement tout le conseil des ministres en 2003-2004 était invité à ces fêtes, dont M. Couillard, alors ministre de la Santé.

M. Bérubé a exigé des explications de la part des ministres toujours en poste aujourd’hui. Il invite aussi le Directeur général des élections (DGE) à se pencher sur les révélations, notamment celle voulant que des cabinets ministériels, financés par les fonds publics, auraient contribué à ces activités partisanes.

«C’est illégal»

«C’est du jamais vu, c’est illégal», s’est exclamé le député Bérubé, en ajoutant qu’après vérification, aucune activité partisane n’a été déclarée à cette époque précise.

Des enquêtes de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et de la vérificatrice générale, qui touchent notamment le financement du Parti libéral, sont actuellement en cours.

De son côté, le député Éric Caire, de la Coalition avenir Québec (CAQ), s’est dit «dégoûté» par le «trafic d’influence». Il a dit soupçonner que M. Bibeau a encore «le bras long» et obtient des contrats lucratifs du gouvernement.

D’ailleurs, le chef de la CAQ, François Legault, s’est indigné que M. Bibeau ait logé des milliers d’appels auprès de dirigeants de sociétés d’État, dont Hydro-Québec, Loto-Québec et la Société des alcools du Québec (SAQ).

«Est-ce que le premier ministre peut, ce matin, se lever, rassurer les Québécois et leur dire les vérifications qu’il a faites pour s’assurer que le grand argentier du Parti libéral, Marc Bibeau, n’a pas été favorisé par des sociétés d’État et n’est pas aujourd’hui favorisé par des sociétés d’État?», a-t-il demandé en Chambre.

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, n’a pas hésité à parler de «corruption» qui «gangrène le Parti libéral, et ce n’est pas réglé».

En Chambre, le premier ministre Couillard a reconnu être allé à une fête organisée par Marc Bibeau. «C’était un événement social. [...] Mais «il fallait mettre un terme à une sorte de proximité qui devenait de plus en plus difficile, même pour la perception, entre les milieux économiques et les élus. C’est chose du passé : en 2017-2018, cette époque est révolue», a-t-il dit.

Politique

Ingénieurs de l'État: Québec brandit une loi spéciale

À bout de patience, le gouvernement Couillard annonce qu’il déposera une loi spéciale jeudi soir, qui mettra fin à la grève de ses ingénieurs et décrétera leurs conditions de travail. Du même souffle, le gouvernement fait tomber les entraves à la circulation prévues pour jeudi matin près du pont Pierre-Laporte.

C’est ce qu’ont annoncé les ministres Pierre Arcand et André Fortin en fin d’après-midi mercredi. Selon eux, les négociations entre les deux parties ont assez duré. Pendant ce temps, les négociateurs planchaient sur les dernières offres de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ). Le président Marc-André Martin s’est montré surpris et «choqué» de constater que les ministres se livraient à des «jeux de coulisses» en annonçant une loi spéciale alors que la négociation est toujours en cours. 

Les ministres soutiennent qu’une entente de principe peut toujours survenir d’ici jeudi. Si ce n’est pas le cas, la loi spéciale sera débattue à l’Assemblée nationale à partir de jeudi soir. 

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Le nouveau chef du NPD à la conquête du Québec

Le nouveau chef du NPD Jagmeet Singh était de passage à Sherbrooke, mercredi, dans le cadre de la tournée pancanadienne qu’il a entreprise depuis qu’il a succédé à Tom Mulcair le 1er octobre dernier.

Le chef néodémocrate souhaite entendre les Canadiens pour rebâtir la plateforme de son parti en vue des élections fédérales de 2019.

Il promet déjà une politique spécifique pour le Québec, notamment pour protéger sa langue française et son caractère distinct.

« Pour moi c’est clair, explique-t-il, le Québec est une des nations les plus progressistes à travers notre pays, alors c’est important qu’on en fasse une priorité et qu’on montre qu’on partage les mêmes valeurs. »

Cette politique spécifique s’inscrira dans la continuité de l’héritage de Jack Layton, assure M. Singh.

« Il y a seulement un Jack Layton, mais je veux poursuivre ce qu’il a commencé. (...)Il était charismatique, il pouvait connecter avec les gens, et il a monté une politique spécifique pour le Québec avec le résultat qu’on a gagné beaucoup de sièges ici. Aux dernières élections (2015), il n’y en avait pas et ç’a été une grande erreur. Je veux corriger cette erreur. »

Pour le jeune chef de 38 ans, un avocat de formation né en Ontario et qui s’exprime très bien en français, le pari est possible, même si octobre 2019 arrive à grands pas et que les libéraux ont encore la faveur des Canadiens.

« Il y a des occasions de montrer nos grandes différences. Les gens ont voté pour M. (Justin) Trudeau parce qu’il incarnait l’espoir. Il a beaucoup parlé des enjeux progressistes, mais la réalité est autre. Il a parlé par exemple de la réforme électorale, mais il ne l’a pas implantée. Il a parlé de la réconciliation des peuples autochtones, mais ce qu’on a vu ce n’est pas vraiment les bonnes étapes pour réussir. »

Même sur les changements climatiques, le gouvernement Trudeau n’a pas su donner le ton, dénonce M. Singh. « La commissaire à l’environnement dit qu’on ne va pas réussir à atteindre nos cibles de l’accord de Paris ni celles promises par les conservateurs. On va être pire que ça. »

Pour reconquérir l’électorat canadien, Jagmeet Singh entend également jouer la carte de la classe moyenne.

« Ce gouvernement est dans un autre monde, celui des amis du pouvoir. Les Paradise Papers ont montré qu’ils sont dans un monde différent de M. et Mme Tout-le-Monde et qu’ils ne comprennent pas les réalités du peuple. (...)Nous on a le courage de le faire. On est le seul parti au fédéral à avoir le courage et le cœur de travailler pour bâtir une société plus juste et plus équitable. »