Politique

Rappelé à l'ordre, le ministre Jean-François Roberge fait son mea culpa

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’excuse d’avoir contrevenu aux pratiques concernant le remboursement des dépenses de témoins en commission parlementaire.

Il a finalement reconnu son erreur jeudi, lors d’une mêlée de presse au parlement, après avoir maintenu pendant plusieurs semaines qu’il était correct de rembourser les frais de déplacement de New-Yorkais et d’Ontariens promaternelles 4 ans venus appuyer son projet de loi.

Mais loin d’offrir des excuses par lui-même, il a attendu à la toute fin de la mêlée de presse pour répondre à la question d’une journaliste, qui a dû la lui poser plusieurs fois d’ailleurs.

La veille, le ministre Roberge s’était fait rappeler à l’ordre par le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, mais avait refusé de commenter.

Dans une décision écrite, transmise au Parti québécois (PQ) et au Parti libéral du Québec (PLQ), M. Paradis a rappelé que la pratique «suivie à ce jour» interdit le remboursement des frais de déplacement de témoins en commission parlementaire par les ministères ou les organismes publics.

Jeudi, M. Roberge a commencé par dire que cette directive était «floue» et qu’il était content que M. Paradis l’ait clarifiée. Il a fini par admettre qu’il avait commis une erreur en faisant venir ces groupes toutes dépenses payées (8600 $) au lieu d’utiliser la visioconférence, disponible à l’Assemblée nationale depuis 2009.

«M. Legault l’a dit dans son discours inaugural : les Québécois s’attendent à ce que l’on travaille très fort, à ce que l’on soit à l’écoute, honnêtes et capables de l’admettre quand on fait une erreur, a-t-il déclaré. Oui, c’était flou, mais c’était quand même une erreur de ne pas faire toutes, toutes, toutes les vérifications et de ne pas les faire venir en visioconférence. Nous aurions dû les faire venir par visioconférence. [...] Maintenant que c’est clair, on va suivre les règles.» 

Politique

En 2005, Scheer disait que le mariage gai n'était pas un «droit» [VIDÉO]

OTTAWA — Les libéraux mettent au défi le chef conservateur Andrew Scheer de «cesser de boycotter» le défilé de la Fierté gaie à Ottawa, après avoir déterré une vidéo vieille de presque 15 ans où il s'oppose au mariage entre conjoints de même sexe.

Le défilé dans la Capitale nationale aura lieu dimanche, soit une semaine après que le maire d'Ottawa, Jim Watson, eut révélé son homosexualité.

Jeudi, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, ainsi que de nombreux libéraux ont partagé une vidéo tronquée où M. Scheer prononce un discours contre le projet de loi C-38 qui étendait la définition du «mariage», sur le plan civil, aux conjoints de même sexe.

La pièce législative a été introduite par le gouvernement libéral de Paul Martin le 1er février 2005.

Dans son allocution, en date du 5 avril 2005, M. Scheer soutient que le mariage gai n'est pas un «droit» prévu par la Charte canadienne des droits et libertés.

Le jeune député de 25 ans cite l'ancien juge de la Cour suprême Gérard La Forest, qui soutient que le mariage existe d'abord et avant tout pour la «procréation» et que les «unions homosexuelles sont par nature contraires à cela».

L'opposition conservatrice, sous le leadership de Stephen Harper, avait voté contre la loi qui permet le mariage entre personnes de même sexe. Elle est finalement entrée en vigueur le 20 juillet 2005.

M. Scheer a depuis adouci sa position sur le sujet depuis, puisqu'il a voté en faveur d'une résolution d'effacer du programme du Parti conservateur du Canada la définition traditionnelle du mariage, lors d'un congrès national du parti en 2016.

En réaction à cette vidéo brandie par les libéraux, jeudi, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s'est indigné de «la réapparition des préjugés répugnants d'Andrew Scheer contre les personnes et les familles LGBTQI2S+».

Le bureau de M. Scheer a rétorqué que cette sortie des libéraux n'est qu'une «autre tentative désespérée de Justin Trudeau de détourner l'attention de son bilan d'échecs et d'incompétence juste avant les élections».

«Quand ce vote a été tenu il y a plus de dix ans, M. Scheer a voté comme plusieurs libéraux, notamment certains députés qui siègent actuellement au caucus libéral et qui se présentent aux prochaines élections. M. Scheer soutient le mariage entre personnes de même sexe tel que défini par la loi et il est clair qu'il va continuer à le faire comme premier ministre», a déclaré Virginie Bonneau, porte-parole de M. Scheer.

Le chef conservateur ne participera cependant pas au défilé de la Fierté, dimanche, a confirmé Mme Bonneau.

Politique

La mort de Jack Layton soulignée par ses proches et l'actuel chef du NPD

TORONTO — La famille de Jack Layton et l'actuel chef du Nouveau Parti démocratique ont souligné jeudi le huitième anniversaire de sa mort, se disant toujours inspirés par sa mémoire.

La veuve de M. Layton, Olivia Chow, son fils et Jagmeet Singh ont déposé des fleurs sur la statue de l'ancien politicien à Toronto.

Mme Chow a raconté qu'elle revenait d'un voyage de 15 jours dans les contrées sauvages du Yukon, similaire à celui qu'elle avait entrepris, il y a 10 ans, avec son défunt mari. Ils en avaient profité pour discuter des mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique.

Mike Layton a ajouté que son père lui manquait, affirmant que celui-ci avait inspiré des gens à oeuvrer pour le bien commun pour contribuer à faire du Canada un meilleur pays.

Jack Layton est mort d'un cancer à l'âge de 61 ans, peu de temps après avoir mené son parti à des résultats historiques lors des élections fédérales de 2011. Le NPD avait alors formé l'opposition officielle, ayant même réussi à faire élire 59 députés au Québec.

M. Singh a dit être toujours inspiré par M. Layton. Il s'est engagé à perpétuer son héritage.

Politique

Mike Pompeo promet son aide pour faire libérer les Canadiens détenus en Chine

OTTAWA — Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, réitère la promesse d’aide américaine pour faire libérer les deux Canadiens détenus en Chine depuis l’arrestation à Vancouver d’une dirigeante de la compagnie chinoise Huawei.

En visite à Ottawa jeudi, M. Pompeo n’a cependant pas donné de nouveaux détails sur les efforts américains en ce sens.

Lors d’un point de presse aux côtés de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, M. Pompeo a assuré que son président a exprimé de manière «claire» l’inquiétude américaine à propos du «comportement inapproprié» de la Chine lors de la récente rencontre entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping.

Le secrétaire d’État a également parlé «d’autres activités diplomatiques», sans les préciser.

Meng Wanzhou attend au Canada qu’un tribunal se prononce sur la demande de son extradition vers les États-Unis pendant que Michael Kovrig et Michael Spavor sont emprisonnés à Pékin. Elle a été arrêtée à la demande de Washington.

Lorsqu’une journaliste américaine a demandé si les États-Unis devraient laisser tomber la demande d’extradition pour faciliter la libération des deux Canadiens, M. Pompeo lui a reproché de jouer le jeu de la Chine en liant le sort de ces trois personnes.

Puis, il s’en est pris à une autre journaliste qui évoquait le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis. «Vous avez demandé si (Meng Wanzhou) peut servir de monnaie d’échange», a-t-il protesté, manifestement agacé par la question. «Non», a-t-il répété à deux reprises.

Plus tôt en matinée, M. Pompeo a rencontré le premier ministre Justin Trudeau à son bureau. Là aussi, il a été question des deux Canadiens retenus en Chine.

«Notre équipe est déterminée à aider à la libération de ces deux Canadiens. La Chine doit respecter ses engagements. Nous nous attendons à cela. Nous y travaillons avec assiduité», a déclaré le secrétaire d’État durant une courte apparition des deux hommes devant les caméras.

Le premier ministre Trudeau et la ministre Freeland ont remercié M. Pompeo pour les efforts américains.

La situation à Hong Kong

Les sujets de conflits entre Ottawa et Pékin se multiplient depuis l’arrestation de Meng Wanzhou.

Depuis le week-end dernier, la Chine reproche à Ottawa ses commentaires sur la situation à Hong Kong.

Jeudi après-midi, au point de presse de M. Pompeo et Mme Freeland, cette dernière a répliqué aux critiques chinoises.

«Le Canada a un intérêt particulier. Il y a 300 000 Canadiens à Hong Kong. Et c’est naturel et important pour le Canada de faire attention à ce qui se passe là», a-t-elle noté.

Pressés de ratifier l’ACEUM

Les deux chefs de diplomatie ont insisté sur l’importance de ratifier l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM), accord qui a été conclu mais pas encore ratifié, ni à Ottawa ni à Washington.

«La politique ne doit pas se mettre en travers du chemin de cette réalisation monumentale», a plaidé M. Pompeo.

Le gouvernement canadien attend que le Congrès américain, où les démocrates sont majoritaires, ratifie l’entente avant de la faire approuver par les parlementaires à Ottawa.

D’accord sur tout, sauf la Russie

Contrairement à son voisin américain, le Canada n’est pas prêt à faire du G7 un G8 en y invitant à nouveau la Russie.

Plus tôt cette semaine, Donald Trump a déclaré que la Russie devrait faire partie de ce groupe sélect dont les leaders se réunissent à Biarritz, en France, ce week-end.

La ministre Freeland ne s’est pas empêchée de dire, alors qu’elle était aux côtés de M. Pompeo, que le Canada n’est pas d’accord.

«Je pense que tout le monde sera très heureux d’inviter la Russie à être membre encore une fois du G7, une fois que la Russie va partir de la Crimée, va partir du Donbass. C’est très simple», a-t-elle exigé.

Vendredi débute à Biarritz le sommet du G7, au cours duquel M. Trudeau et Donald Trump auront l’occasion de reprendre les discussions amorcées à Ottawa jeudi.

Politique

Le ministre André Lamontagne fait confiance à l'Ordre des agronomes

Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, fait confiance à l'Ordre des agronomes (OAQ) pour régler la dernière controverse qui touche ses membres.

Un bilan d'inspections révèle que des non-conformités ont été relevées chez 14 agronomes sur 36. L'OAQ dit prendre ces résultats au sérieux, mais ajoute qu'il y a déjà eu des précédents en matière de non-conformité.

«On ne s'en lave pas les mains»

En mêlée de presse mercredi matin avant de se rendre à la séance du conseil des ministres, André Lamontagne s'est défendu de s'en laver les mains, mais a dit que cet enjeu relevait de l'ordre professionnel. Il a toutefois indiqué que c'était certainement préoccupant.

«On ne s'en lave pas les mains, je peux exprimer mes préoccupations comme vous. Toutefois, le travail des agronomes ne relève pas du ministère de l'Agriculture, mais de l'Ordre des agronomes.»

De son côté, l'OAQ a assuré ne pas vouloir «dédramatiser» cette affaire, mais a rappelé que des non-conformités avaient aussi déjà été relevées autrefois, lors de changements dans des programmes de fertilisation par exemple.

Enquêtes prises au sérieux

«Toutes ces enquêtes-là sont prises très sérieusement», a affirmé le président de l'OAQ, Michel Duval, dans un entretien téléphonique.

Il est prématuré de vouloir condamner les agronomes pris en défaut, a-t-il ajouté cependant. Le processus d'enquête suivra son cours en vertu des règles des ordres professionnels pour déterminer la gravité du manquement, a expliqué M. Duval.

Dans les cas plus sérieux, un expert sera appelé à déterminer s'il s'agit d'un problème déontologique, qui sera alors acheminé au syndic pour enquête, ou d'un problème de compétence, pouvant mener à des formations obligatoires, etc.

«La santé des Québécois n'est pas en danger», a insisté M. Duval.

Rappelons que l'Ordre des agronomes a été régulièrement sur la sellette depuis janvier, lorsqu'un de ses membres, Louis Robert, a été congédié par le ministère de l'Agriculture pour avoir dénoncé l'ingérence de l'industrie dans la recherche sur les pesticides. Il a été réintégré dans ses fonctions depuis.

Interpellé concernant des allégations de conflits d'intérêts, l'OAQ s'est engagé à resserrer les règles avec des directives plus strictes concernant la rémunération des agronomes pour empêcher le versement des bonis par des grands producteurs de pesticides pour encourager des ventes.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) a dénoncé l'OAQ, qui a à son tour dénoncé l'UPA.

Une commission parlementaire a amorcé le printemps dernier des audiences sur les effets des pesticides, qu'elle poursuivra l'automne prochain.

Politique

Legault demande aux Québécois de s’abonner aux journaux

Les Québécois doivent faire leur part pour contrer la crise des médias en s’abonnant aux journaux, selon le vœu exprimé par le premier ministre François Legault.

«Il n’y a rien de gratuit dans la vie», a rappelé le premier ministre en mêlée de presse, mercredi, alors qu’il était invité à commenter la grave crise financière qui frappe présentement tout le secteur des médias, particulièrement les médias écrits.

Pour espérer traverser la crise, tout le monde devra mettre l’épaule à la roue, a-t-il prévenu. Le gouvernement devra bien sûr faire sa part, mais les citoyens devront eux aussi assumer leurs responsabilités s’ils veulent continuer à avoir accès à une information de qualité, dans les grands centres comme en régions, a-t-il commenté en substance.

«J’invite tous les Québécois à s’abonner à des journaux, à des médias d’ici, au Québec», a-t-il plaidé, qualifiant les entreprises de presse de rouages essentiels de la démocratie.

Une commission parlementaire planchera la semaine prochaine sur les nouveaux modèles d’affaires à privilégier, en vue d’assurer l’avenir financier des entreprises de presse, mises à rude épreuve en raison de la baisse constante des revenus publicitaires, accaparés par les géants du web que sont Facebook et Google.

Dès le début de l’automne, Québec déposera un plan d’action contenant une série de mesures, dont des mesures fiscales, destinées à assurer la survie des différents médias québécois, nationaux et régionaux, et surtout à conserver les emplois de journalistes, de plus en plus menacés.

Processus d’acquisition

En début de semaine, le Groupe Capitales Médias, qui regroupe six quotidiens régionaux, annonçait qu’il était rendu à court de liquidités et devait se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

En début de semaine, en vue d’assurer le fonctionnement de ces six journaux au cours des prochains mois, Québec a débloqué une aide d’urgence de 5 millions $, qui s’est ajoutée à un prêt de 10 millions $ versé en 2017. Le gouvernement est ainsi devenu le principal créancier du Groupe Capitales Médias.

À ce titre, le gouvernement jouera un rôle-clé pour la suite des choses, en gérant le processus d’acquisition des six quotidiens du groupe.

Dans ce dossier, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a dit mercredi que son objectif premier serait d’assurer «la pérennité des six journaux».

Il a ajouté en mêlée de presse que la crainte d’une plus grande concentration de la presse découlant de la transaction à venir était «très pertinente».

On sait que le patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, propriétaire notamment de TVA, LCN, l’agence QMI, QUB radio, le Journal de Montréal et le Journal de Québec, est sur les rangs pour se porter acquéreur des journaux du groupe de presse en difficulté. Le Soleil et le Journal de Québec occupent le même marché publicitaire et rejoignent le même bassin de lecteurs.

Le ministre Fitzgibbon a dit espérer recevoir au cours des prochains mois «plusieurs offres» d’achat des six quotidiens, en tout ou en partie.

Espaces publicitaires

Dans une perspective plus large, le gouvernement n’est cependant pas prêt à aller jusqu’à renoncer à acheter de l’espace publicitaire dans Google ou Facebook, pour sauver les entreprises de presse en difficulté.

Selon le premier ministre, quand il s’agit de publicité, il faut partir du principe voulant que «pour rejoindre la population, on va là où est la population».

Il serait donc impensable, à notre époque, de même songer à «contourner ces médias-là».

«On ne peut pas blâmer les annonceurs d’aller là où sont les gens», a commenté M. Legault, ajoutant que plus de consommateurs opteront pour des médias québécois, plus les annonceurs feront de même.

Politique

L’ex-néo-démocrate Yvon Godin «pas fier» du chef

L’ancien député néo-démocrate du Nouveau-Brunswick Yvon Godin n’est pas fier du chef actuel du NPD, notamment sur le peu de temps que Jagmeet Singh (photo) a passé dans la province, à deux mois du scrutin.

Dans une entrevue au réseau anglais de Radio-Canada, celui qui a été député fédéral d’Acadie-Bathurst de 1997 jusqu’à sa retraite en 2015 a candidement admis qu’il n’était «pas fier» du travail de M. Singh jusqu’ici. Les néo-démocrates n’ont pas encore désigné de candidats dans les 10 circonscriptions du Nouveau-Brunswick, à 60 jours des élections générales. Lors du scrutin de 2015, les libéraux avaient balayé la province — comme tout le Canada atlantique. Une porte-parole de M. Singh a assuré que le NPD travaillait d’arrache-pied pour recruter de nouveaux candidats et faire passer son message au sein de la population du Nouveau-Brunswick. Mélanie Richer a soutenu que le processus de nomination suivait son cours et que le parti était persuadé de pouvoir présenter des candidats dans toutes ces circonscriptions. La porte-parole ajoute que M. Singh a l’intention de se rendre dans le Canada atlantique pendant la campagne et qu’il aimerait bien faire un arrêt au Nouveau-Brunswick pour partager la vision du parti avec les électeurs. «Ils peuvent compter sur nous pour être de leur côté et faire passer leurs intérêts en premier», a indiqué Mme Richer.

Politique

L’économie et la culture pour raviver la souveraineté à Québec

Le Parti québécois (PQ) mise sur l’économie et la culture pour raviver la flamme de la souveraineté dans la grande région de Québec.

Ces deux thèmes seront au coeur d’un colloque organisé à l’Université Laval le dimanche 25 août. «À Québec, on est des pragmatiques», évalue Serge Bonin, comédien et candidat du PQ défait aux dernières élections. 

M. Bonin, qui organise le colloque de dimanche, croit que le Parti québécois aurait intérêt à faire des calculs afin d’expliquer les bénéfices financiers de la souveraineté aujourd’hui. «Les gens veulent savoir : la souveraineté, qu’est-ce que ça me donne de plus dans mes poches?»

M. Bonin évalue que les électeurs de Québec et de Chaudière-Appalaches sont également sensibles à toutes les questions qui touchent la culture et la langue française. 

D’autres ateliers seront consacrés au «climat de confrontation particulier» qui existe dans la grande région de Québec, par rapport à la mobilité ou à l’immigration par exemple. «Entre les courants de pensée fortement marqués et polarisés, y a-t-il des voies de réconciliation possible? Peut-on développer au parti une approche originale qui nous permettrait de marier les intérêts pour le bénéfice de l’avenir de notre région?», indique le cahier de consultation. 

M. Bonin ne s’inquiète pas qu’aucun candidat ne soit encore pressenti pour devenir chef du PQ. Selon lui, des candidats potentiels commencent à se manifester, mais l’exécutif du PQ — dont il fait partie —, préfère qu’un débat d’idées ait lieu cet automne, avant que l’attention ne soit portée sur la course à la chefferie. 

Le colloque qui aura lieu au pavillon Vachon de l’Université Laval à partir de 9h dimanche sera également diffusé en direct sur les médias sociaux et une interaction sera possible avec les internautes.

Politique

Un comité «chien de garde» contre la pauvreté

Ottawa met sur pied un comité consultatif qui veillera à l’atteinte de la réduction de la pauvreté à travers le pays.

«Le comité est une sorte de chien de garde qui s’assurera que le fédéral va tenir son engagement de réduire la pauvreté d’au moins 50 % [d’ici 2030] et que les gouvernements futurs vont tenir leur parole», a fait savoir le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos. Il en a fait l’annonce mercredi au centre résidentiel et communautaire Jacques-Cartier à Québec, qui vient en aide à de jeunes adultes en situation de pauvreté. Du même coup, le ministre a indiqué que Statistiques Canada procède à l’analyse de nouveaux paramètres qui serviront à mieux définir ce qu’est la pauvreté en 2019.

Politique

Le président de l'Assemblée nationale rappelle à l'ordre le ministre Roberge

Le président de l'Assemblée nationale rappelle à l'ordre le gouvernement Legault.

François Paradis reproche au ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, d'avoir dérogé à la pratique suivie à ce jour concernant le remboursement des frais de déplacement des témoins en commission parlementaire.

Sa décision écrite est venue clore une journée mouvementée à l'Assemblée nationale, mercredi, où les partis d'opposition se sont ligués pour exiger des excuses du ministre, lesquelles n'ont finalement jamais été livrées.

Au coeur de l'histoire, la décision de Jean-François Roberge de rembourser, à même les fonds publics, les frais de déplacement, de repas et d'hébergement de deux New-Yorkais et de deux Ontariens pro-maternelles 4 ans.

Ces derniers sont venus témoigner en commission parlementaire, début juin, en faveur du projet de loi du ministre. Ils se sont fait rembourser plus de 8600 $ par le ministère de l'Éducation, a dévoilé Le Journal de Québec.

Dans son jugement, François Paradis est catégorique: «Il ne doit pas y avoir de remboursement des frais de déplacement de témoins en commission parlementaire par les ministères ou les organismes publics.»

Tout au plus, et exceptionnellement, une commission parlementaire pourrait décider de rembourser, à même son budget, les frais engagés par un témoin lorsque la présence de celui-ci est jugée essentielle.

«Cependant, les commissions parlementaires n'ont pas pour pratique de rembourser les témoins», précise-t-il, en rappelant que la visioconférence est permise pour des témoins de l'extérieur depuis 2009.

«Le président nous donne raison; cette situation était aberrante», a réagi en impromptu de presse le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Martin Ouellet.

M. Roberge, lui, est passé en coup de vent devant les journalistes à sa sortie du conseil des ministres, se refusant à tout commentaire.

«Normal» de rembourser les témoins, selon Legault

Plus tôt dans la journée, le premier ministre François Legault s'était porté à la défense de son ministre, en déclarant qu'il était «normal» de rembourser les dépenses encourues par des témoins.

«C'est normal que, si on demande à des experts de venir partager leur expérience ici, à Québec, qu'on paie leurs dépenses. Je pense que c'est tout à fait normal», a-t-il affirmé.

«J'ai déjà vu de compenser des experts pour venir témoigner, même s'ils venaient d'une région éloignée au Québec», a-t-il ajouté.

Le président de l'Assemblée nationale le contredit: «Les témoins qui sont invités à témoigner dans le cadre de consultations en commission parlementaire ne sont pas remboursés.»

Selon la porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy, le premier ministre a carrément «induit la population en erreur».

«Service à la nation québécoise»

Elle avait plus tôt dénoncé le fait que le ministre Roberge se soit transformé en «agence de voyages, qui "book" l'hôtel, le billet d'avion, qui fait venir à grands frais des experts, et je dirais des pseudo-experts».

Ensemble, les partis d'opposition ont clamé qu'il est inéquitable de rembourser les dépenses d'alliés, et pas celles des autres. Ils se sont en outre inquiétés du mélange des genres, c'est-à-dire de l'ingérence du pouvoir exécutif dans le processus législatif.

Les invités new-yorkais et ontariens pro-maternelles 4 ans qui sont venus témoigner toutes dépenses payées ont rendu «un service à la nation québécoise», s'est défendu M. Roberge en mêlée de presse mercredi matin.

«Il faut comprendre que les experts internationaux qui sont venus, sont venus rendre un service à la nation québécoise en nous informant de la façon dont ça s'est fait, et de la meilleure façon pour éclairer nos travaux», a-t-il dit.

Retour sur «l'investissement»

Il a du coup refusé de rembourser les 8600 $ aux Québécois, affirmant que ceux-ci obtiendraient «un rendement sur leur investissement exceptionnel».

«Je pense que c'est totalement inacceptable qu'il dise ça aux Québécois», s'est insurgée la députée Christine Labrie, de Québec solidaire (QS), qui a demandé à la commissaire à l'éthique d'enquêter sur cette affaire.

«Ça ne devrait pas être des fonds publics qui sont engagés pour défendre une option politique», a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, le ministre Roberge, qui est député depuis 2014, a déclaré qu'il ne savait pas qu'une commission parlementaire pouvait faire comparaître un groupe par visioconférence.

De la «grossière négligence», selon la députée péquiste Véronique Hivon, qui blâme aussi le ministre d'avoir colporté «des choses qui ne sont pas la vérité» la veille en disant qu'il était impossible de faire de la visioconférence.

«Ce qui se passe, ce n'est vraiment pas banal, a-t-elle déclaré en impromptu de presse. On apprend qu'il a payé pour ces experts-là et ensuite, il invoque des arguments qui ne tiennent pas la route pour essayer de se justifier comme quoi il ne pouvait pas les faire comparaître par visioconférence. C'est très grave», a-t-elle renchéri.

Le ministre Roberge a par la suite concédé qu'il demandera à des experts de témoigner par visioconférence «la prochaine fois».

Aucune date pour l'entrée en vigueur de la loi

L'étude détaillée du projet de loi 5, qui permettra le déploiement de la maternelle 4 ans universelle au Québec, et non pas seulement dans les milieux défavorisés, se poursuit pour les prochaines semaines.

Fait à souligner, le ministre a tôt fait de refuser d'enchâsser dans la loi une date pour le déploiement de la maternelle 4 ans pour tous, pourtant promis d'ici 2023 par son parti en campagne électorale.

Il s'est défendu en disant qu'il pourrait y avoir dans les prochaines années des impondérables pouvant empêcher tel déploiement, tels que des inondations ou l'arrivée massive de réfugiés, par exemple.

***

Ce qu'a dit François Paradis:

- Les témoins qui sont invités à témoigner dans le cadre de consultations en commission parlementaire ne sont pas remboursés par l'Assemblée nationale ou la commission concernée pour leurs frais de déplacement;

- Lorsqu'il leur est difficile de se déplacer jusqu'à Québec pour leur audition ou de se faire représenter, les témoins peuvent demander à être entendus par visioconférence;

- Exceptionnellement, une commission parlementaire pourrait décider de rembourser, à même son budget, les frais engagés par un témoin pour son déplacement à Québec dans le cadre de sa participation à une consultation en commission lorsque la présence de celui-ci est jugée essentielle au mandat de la commission;

- Il ne doit pas y avoir de remboursement de frais de déplacement de témoins en commission parlementaire par les ministères ou les organismes publics à moins qu'il s'agisse d'un membre de leur personnel.

Politique

Débats électoraux: la journaliste du Soleil Patricia Cloutier parmi les modérateurs

La journaliste politique du Soleil Patricia Cloutier sera parmi les modérateurs au débat en français des chefs fédéraux qui aura lieu le 10 octobre. Le débat en anglais sera présenté le 7 octobre.

Les chefs des cinq principaux partis fédéraux ont confirmé qu'ils participeraient aux deux grands débats électoraux télévisés qui se tiendront au Musée canadien de l'histoire à Gatineau. 

Le groupe de médias responsable de la production des débats a confirmé la présence du chef libéral Justin Trudeau, du conservateur Andrew Scheer, du néo-démocrate Jagmeet Singh, de la chef du Parti vert Elizabeth May et du chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet.

Le débat en français sera animé par Patrice Roy, de Radio-Canada, aux côtés de Patricia Cloutier, mais aussi des journalistes Hélène Buzzetti du Devoir, de François Cardinal de La Presse et d'Alec Castonguay du magazine L'Actualité.

Les modérateurs du débat anglophone seront Rosemary Barton de CBC, Susan Delacourt du Toronto Star, Dawn Friesen de Global, Lisa LaFlamme de CTV et Althia Raj de HuffPost Canada.

Le magazine Maclean's s'associera également à Citytv pour tenir un autre débat le 12 septembre, en anglais. Andrew Scheer, Jagmeet Singh et Elizabeth May ont confirmé leur présence.  Avec La Presse canadienne

Politique

Péréquation: l’Alberta fait de la «politique», selon Girard

Le gouvernement Legault accuse l’Alberta de faire de la politique dans le débat sur la péréquation.

Le premier ministre Jason Kenney menace de cesser de verser des milliards de dollars au régime fédéral de péréquation si le Québec n’autorise pas le passage de nouveaux oléoducs sur son territoire, en vue d’exporter le pétrole albertain. Or François Legault a déjà affirmé qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale au Québec pour un pipeline qui exporterait du «pétrole sale».

Le Québec a reçu 13,1 milliards $ en péréquation du fédéral en 2019, ce qui représente 11 pour cent de ses revenus.

Au cours des derniers jours, les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault ont rabroué M. Kenney. En mêlée de presse mercredi matin, le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a renchéri.

Il a tenu à défaire l’argumentaire de l’Alberta et voit dans la sortie de M. Kenney un simple calcul de politique partisane.

«Dans les faits, c’est de la politique, il n’y a aucun lien entre l’oléoduc et la péréquation. La péréquation est un programme fédéral auquel nous contribuons.»

En outre, il a rappelé que parmi les cinq provinces bénéficiaires de la péréquation, le Québec est celle qui reçoit le moins de péréquation par habitant.

François Legault et Jason Kenney ont croisé le fer le week-end dernier sur la question de la péréquation. Le premier ministre caquiste a affirmé que le Québec avait droit à la péréquation, que cela faisait partie des conditions d’adhésion à la Confédération, et que l’Alberta ne peut changer cette disposition de la Constitution unilatéralement.

De son côté, M. Kenney a menacé de tenir un référendum en 2021 pour ne plus contribuer à la péréquation, si la formule actuelle n’est pas révisée. Il a corrigé M. Legault en précisant que le principe de la péréquation avait été inscrit dans la Constitution en 1957, pas en 1867.

De son côté, Justin Trudeau a rappelé que M. Kenney, autrefois, était membre du gouvernement conservateur de Stephen Harper qui a mis en place la formule actuelle de péréquation.

Le programme fédéral de péréquation vise à permettre à toutes les provinces d’offrir des services de qualité équivalente, sans égard à leur assiette fiscale. En vertu de la formule de calcul, certaines provinces plus riches, comme l’Alberta et la Saskatchewan, contribuent au programme, tandis que d’autres, comme le Québec et les provinces de l’Atlantique, sont bénéficiaires.

Politique

SNC-Lavalin: le commissaire Dion ne va pas témoigner devant un comité fédéral

OTTAWA — Des députés libéraux ont voté contre une motion visant à faire témoigner le commissaire fédéral à l'éthique, Mario Dion, au sujet de son rapport cinglant sur la façon dont le premier ministre Justin Trudeau a géré l'affaire SNC-Lavalin.

Des six membres qui forment la majorité du comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique des Communes, seul l'un d'entre eux a voté en faveur de la motion pour entendre M. Dion.

Le député libéral dissident, Nathaniel Erskine-Smith, a plaidé que le rapport dévoilé jeudi dernier est rempli de «failles» et qu'il veut permettre aux membres du comité de démontrer comment le document du commissaire est «complètement erroné».

Les cinq autres membres libéraux au comité ont voté contre la motion.

Le libéral Steven MacKinnon, qui parlait au nom de ses collègues, a soutenu que le comité fédéral de la justice avait déjà étudié la question de façon exhaustive ce printemps avec 13 heures de témoignages de 10 témoins différents pendant cinq semaines.

M. MacKinnon dit qu'il est «évident» que le véritable objectif de l'opposition est de «faire de la politique», ce qui lui a valu d'être interrompu à trois reprises par les membres des autres partis.

Le commissaire à l'éthique, Mario Dion, a déterminé que le premier ministre Trudeau a usé de «manoeuvres troublantes» pour contrevenir à la Loi sur les conflits d'intérêts et ainsi remettre en question la décision de son ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, dans l'affaire SNC-Lavalin.

M. Dion a aussi déploré le fait que les règles de confidentialité qui régissent les documents et les discussions du cabinet l'ont empêché d'accéder à tout ce dont il avait besoin dans son enquête.

M. Trudeau a déclaré la semaine dernière qu'il acceptait le rapport Dion, mais qu'il était en désaccord avec ses conclusions. Il a aussi refusé de s'excuser, puisqu'il estime avoir agi pour protéger des emplois au Canada.

Les députés conservateurs et néo-démocrates au comité ont demandé, puis obtenu, cette réunion d'urgence sur SNC-Lavalin. Le commissaire Dion était prêt à venir témoigner si les membres en avaient décidé ainsi.

L'opposition scandalisée

Le député conservateur Pierre Poilièvre a accusé les députés libéraux de vouloir «cacher la vérité» en refusant au commissaire à l'éthique l'opportunité de témoigner au comité.

«C'est une journée triste pour la démocratie canadienne. Personnellement, je suis très déçu», a renchéri son collègue Jacques Gourde.

L'opposition aurait voulu entendre les neuf témoins qui n'ont pas pu témoigner dans le rapport du commissaire et savoir quelles sont les informations auxquelles M. Dion n'a pu accéder en raison de la confidentialité du cabinet.

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a dit qu'elle a été profondément troublée par les conclusions du rapport Dion. À son avis, l'attitude de M. Trudeau a été «scandaleuse» dans ce dossier et pourrait être une raison pour démissionner.

Mme May pense que M. Trudeau devrait au moins présenter des excuses aux anciennes ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, ainsi qu'aux Canadiens.

M. MacKinnon, de son côté, estime que la réunion de mercredi était tout simplement un «exercice abject» de partisanerie à la veille des élections.

Politique

Le chanteur country George Canyon candidat conservateur en Nouvelle-Écosse [VIDÉO]

OTTAWA — L’une des vedettes de la musique country les plus connues de la Nouvelle-Écosse fait le saut vers la scène politique.

George Canyon a annoncé qu’il se présenterait comme candidat conservateur dans la circonscription de Nova-Centre aux prochaines élections fédérales.

Son nom a été ajouté après le retrait du candidat Roger MacKay cette semaine pour des raisons «personnelles».

George Canyon a remporté plusieurs prix Juno et de l’Association canadienne de musique country (CCMA) pour son travail, et il a chante l’hymne national aux matchs des Flames de Calgary.

Même si son étoile ajoutera certainement du lustre au Parti conservateur lors de cette élection, la circonscription a déjà eu son lot de vedettes politiques.

Brian Mulroney s’y est présenté pour obtenir un siège à la Chambre des communes après être devenu chef des progressistes-conservateurs dans les années 1980. Pendant plus d’une décennie, Peter MacKay représentait la circonscription, tout en étant ministre du gouvernement conservateur de Stephen Harper.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, a également tenté de se faire élire en 2008, mais a perdu face à M. MacKay.

M. MacKay s’y est maintenu jusqu’à ce qu’il quitte ses fonctions avant les élections de 2015, et le siège est tombé entre les mains des libéraux dans le cadre d’une vague rouge dans les provinces de l’Atlantique.

Mais les conservateurs comptent Nova-Centre parmi les sièges qu’ils prévoient reprendre cet automne, en partie grâce à ce qu’ils soutiennent être des candidats bien ancrés dans la région, dont trois membres locaux de la législature de la Nouvelle-Écosse.

Le chef conservateur Andrew Scheer a déjà fait plusieurs escales dans les provinces de l’Atlantique cet été et pour sa part, George Canyon a déclaré qu’il avait hâte de se mettre au travail.

Les élections fédérales auront lieu le 21 octobre.

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Politique

L’affaire SNC-Lavalin ne nuit pas aux chances de réélection du Parti libéral, selon un sondage

OTTAWA - Le rapport cinglant du commissaire fédéral à l’éthique sur la façon dont le premier ministre Justin Trudeau a géré l’affaire SNC-Lavalin ne semble pas nuire aux chances de réélection du Parti libéral (PLC).

Un sondage Léger mené pour La Presse canadienne quelques jours après le dépôt du rapport du commissaire Mario Dion constate une égalité à 33 pour cent des intentions de vote des Canadiens entre le Parti libéral et le Parti conservateur (PCC), à un peu plus de deux mois des élections générales.

La maison Léger conclut donc que la faveur populaire à l’égard des libéraux est restée à peu près au même niveau qu’en juillet, bien avant que le commissaire Dion ne fasse ses observations.

Pour sa part, le Parti conservateur a fléchi de trois points de pourcentage entre juillet et août, malgré les efforts du parti pour raviver l’indignation du public à l’égard de l’affaire SNC-Lavalin, qui avait propulsé les conservateurs à une avance de 13 points sur les libéraux au plus fort de la controverse en avril dernier.

Mario Dion a estimé dans son rapport que le premier ministre Trudeau avait violé la Loi sur les conflits d’intérêts en exerçant indûment des pressions sur l’ancienne procureure générale Jody Wilson-Raybould pour que le Service des poursuites pénales conclue un accord de poursuite suspendue avec le géant montréalais de l’ingénierie SNC-Lavalin, accusé de corruption.

Le sondage mené du 16 au 19 août accorde 13 pour cent de la faveur populaire au Parti vert (PV) et 11 pour cent au Nouveau Parti démocratique (NPD). Le Parti populaire du Canada (PPC) de Maxime Bernier obtient 4 pour cent des appuis.

Au Québec, le Parti libéral est en avance avec 34 pour cent des intentions de vote, devant les conservateurs à 27 pour cent, le Bloc Québécois à 18 pour cent, le Parti vert à 9 pour cent, le NPD à 8 pour cent et le Parti populaire à 4 pour cent.

Le sondage a été mené sur le web auprès de 1535 répondants; aucune marge d’erreur n’a été établie.

Lassitude face à l’affaire SNC-Lavalin?

Le vice-président de la firme Léger, Christian Bourque, a affirmé que les derniers résultats laissaient croire que les électeurs avaient en grande partie laissé l’affaire SNC-Lavalin derrière eux et étaient passés à des questions qui les concernaient plus directement, du moins pour le moment.

Les deux principaux partis sont de nouveau au coude à coude, une situation qui prévalait en février, avant que la controverse de SNC-Lavalin ne secoue le gouvernement libéral, coûtant à Justin Trudeau deux ministres et son conseiller le plus digne de confiance.

«Je pense que ceux qui ont changé d’avis sur le premier ministre et lui ont tourné le dos l’avaient déjà fait au printemps», a dit M. Bourque en entrevue.

Mais il estime que d’autres Canadiens semblent plutôt lassés de cette affaire et se disent peut-être «peu importe ce que je pense du comportement du premier ministre, en fin de compte, en quoi cela change-t-il ma vie et celle de mes enfants?»

M. Bourque ajoute toutefois que «cela ne veut pas dire (que l’affaire) ne reviendra pas hanter le premier ministre» pendant la campagne, en particulier si la Gendarmerie royale du Canada (GRC) décidait de mener une enquête, comme le chef du Parti conservateur Andrew Scheer a réclamé à maintes reprises.

Le sondage a redonné aux libéraux une solide avance dans les provinces de l’Atlantique, au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique. Les conservateurs jouissent d’une avance considérable en Alberta, ainsi qu’au Manitoba et en Saskatchewan, avec un soutien de 55 pour cent dans les deux régions.

En Ontario, où se trouvent plus du tiers des sièges, les conservateurs semblent pâtir d’un «effet d’entraînement» de l’impopularité du gouvernement provincial progressiste-conservateur de Doug Ford, a indiqué M. Bourque. Les libéraux bénéficient de l’appui de 38 pour cent des Ontariens, comparativement à 30 pour cent pour les conservateurs, 14 pour cent pour les verts, 13 pour cent pour le NPD et 3 pour cent pour le Parti populaire.

Note aux lecteurs: Version corrigée. Il faut bien lire que les appuis au Parti conservateur ont fléchi de trois points de pourcentage entre juillet et août, et non d’un point comme il était écrit précédemment.

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Politique

Catherine Fournier publiera cet automne un livre sur la souveraineté

Il n'est pas question qu'elle cherche à réintégrer le caucus du Parti québécois (PQ), mais la députée indépendante Catherine Fournier se dit plus souverainiste que jamais et en fera la démonstration dans un livre à paraître cet automne.

Ceux qui s'attendent à y trouver un règlement de comptes avec son ancienne formation politique seront déçus, promet la jeune députée en entrevue à La Presse canadienne, mardi.

Mme Fournier, qui s'est fait élire dans Marie-Victorin sous la bannière du PQ en 2016 et en 2018, a claqué la porte du parti en mars dernier, persuadée qu'il n'allait nulle part et ne conduirait jamais le Québec vers sa souveraineté.

Récemment, des rumeurs laissaient entendre qu'elle pourrait effectuer un retour dans le parti de René Lévesque. «C'est pas le cas du tout. J'en suis vraiment pas là et je n'en serai pas là non plus», assure celle qui entend bien, dans le même esprit, se tenir loin de la course au leadership du PQ à venir dans les prochains mois.

Il s'agira de son deuxième livre, le premier, L'audace d'agir, étant paru en 2017.

Son second, dont le titre n'est pas encore trouvé, relatera les conclusions de la réflexion entreprise depuis sa démission du PQ sur l'avenir du mouvement souverainiste.

Elle ne prône toujours pas la création d'un autre parti pour incarner ses idées. «Je pense pas qu'on en est là», dit celle qui entend apporter sa contribution au débat sur le statut du Québec.

Son livre contiendra un «plan d'action» pour la souveraineté.

Politique

Pierre Nantel passe au Parti Vert

LONGUEUIL — Déçu de l’apathie et de l’immobilisme du Nouveau Parti démocratique en matière de lutte contre le réchauffement climatique, Pierre Nantel a officialisé son passage au Parti vert, lundi, dans sa circonscription fédérale de Longueuil-Saint-Hubert.

Le député, qui portait les couleurs néo-démocrates depuis la vague orange de 2011, en a fait l’annonce aux côtés de la leader du Parti vert, Elizabeth May, et du chef adjoint, Daniel Green.

Actualités

Médias: Catherine Dorion évoque de nouveaux modèles de financement

La députée de Québec solidaire Catherine Dorion croit que le «grand bouleversement» que vit Groupe Capitales Médias (GCM) est «l’occasion de revoir comment les médias sont financés».

En point de presse lundi, la députée de Taschereau a soutenu que les difficultés de GCM s’inscrivent dans un contexte global. «Ça fait partie, il faut le savoir, d’une forme d’hécatombe qui va continuer de se produire avec les médias, nos médias nationaux de tous types.» 

Pour renforcer la presse écrite régionale et nationale, Mme Dorion est d’avis que le gouvernement du Québec devrait se tenir debout devant les géants du Web (GAFA), tout comme l’ont fait la France et la Nouvelle-Zélande. Les GAFA «sont arrivées chez nous, font de l’argent chez nous, et nous, on ne les impose pas, on ne les taxe pas à la valeur dont on devrait les taxer». 

La députée évoque la création de nouveaux modèles, comme des coopératives de travailleurs, qui pourraient prendre en mains des médias d’information. «La concentration de la presse puis les gros conglomérats de presse, ce n’est pas nécessairement ça qui a le mieux servi la qualité de l’information au Québec comme ailleurs dans les dernières décennies», juge-t-elle. 

Ainsi, la députée de Québec ne verrait pas d’un bon oeil que Québecor se porte acquéreur de GCM. L’entreprise, qui s’est montrée intéressée à le faire, deviendrait ainsi propriétaire des deux quotidiens de Québec : Le Soleil et Le Journal de Québec. «Ce n’est vraiment pas souhaitable qu’ils aient le même propriétaire.»

«Nous sommes de tout coeur avec les employés partout en régions, dans les salles de nouvelles, qui vivent des moments d’inquiétude. Nous croyons en leur talent et leur passion, il est impératif de leur venir en aide», a commenté sur Twitter la députée libérale Isabelle Melançon.

Le chef du Parti québécois Pascal Bérubé a quant à lui eu «une pensée pour les artisans du journal Le Soleil», dont la présence dans l’est du Québec est importante. «La pluralité des sources d’informations est essentielle à notre démocratie», a-t-il écrit sur Twitter.

Politique

Sondage Mainstreet: les Québécois d’accord pour limiter les discours racistes

Les Québécois sont d’accord à 59 % pour que le gouvernement fédéral limite les discours à caractère racistes ou xénophobes, alors que les Canadiens sont davantage divisés sur la question.

C’est ce qui ressort d’un sondage Mainstreet mené pour le compte de Groupe Capitales Médias et de iPolitics, qui vise à connaître l’avis des Canadiens sur quatre questions qui pourraient surgir lors de la campagne électorale cet automne.

À la question : «Est-ce que le gouvernement fédéral devrait en faire plus au sujet des déclarations ou du langage raciste et xénophobe, même si ça implique d’imposer des limites à la liberté d’expression?», les Canadiens sont très divisés. Le quart des répondants est fortement en accord, le quart est fortement en désaccord, alors que la moitié est mitigée. 

Au Québec toutefois, le portrait diffère, avec seulement 13 % des répondants qui sont fortement en désaccord avec l’énoncé. «C’est intéressant de voir cette différence avec le reste du Canada, étant donné qu’on vient d’adopter la loi 21 [sur la laïcité de l’État]. Ça peut sembler en contradiction avec ce qui se passe sur le terrain», commente Steve Pinkus, vice-président de Recherche Mainstreet. 

Les autres questions du sondage font davantage consensus auprès des Canadiens. Un peu plus de 69 % des répondants croient que le prochain gouvernement devrait travailler à une véritable réconciliation avec les autochtones. 

«Le gouvernement libéral actuel a dit depuis le début que c’était une de ses priorités. Jusqu’à quel point il a réussi ça, c’est une autre affaire. Ils n'ont pas réussi au point où ça fait plaisir aux peuples autochtones. Alors la volonté de la population est encore là», analyse M. Pinkus. 

Prix des médicaments

Les Canadiens semblent également préoccupés par le prix de leurs médicaments. Environ 68 % des répondants jugent que le gouvernement fédéral devrait aller de l’avant en créant un régime national d’assurance-médicaments. La création d’un tel régime a été recommandée par un rapport paru en juin, car elle permettrait aux contribuables d’économiser collectivement 5 milliards $ par année sur le prix de leurs médicaments. 

Au Québec, où il existe déjà un programme provincial d’assurance-médicaments, près de 72 % des répondants sont d’accord avec la création d’un régime national. «Je pense que c’est un message clair de la population», évalue M. Pinkus. 

Enfin, les Canadiens croient qu’il existe encore un écart de salaire entre les hommes et les femmes. Par contre, ils comptent en majorité sur les entreprises privées pour régler ce problème. Près de 62 % des Canadiens croient que les compagnies privées peuvent faire davantage que n’importe quelle loi fédérale pour diminuer cet écart. 

Le sondage a été effectué les 30 et 31 juillet 2019 auprès de 2463 adultes canadiens représentatifs de la population qui votera lors des élections fédérales du 21 octobre. La technique de la réponse vocale interactive a été utilisée, sur des lignes terrestres et cellulaires. La marge d’erreur du sondage est de 1,97 %, à un niveau de confiance de 95 %.

Politique

Péréquation: Trudeau répond au premier ministre albertain Jason Kenney

Justin Trudeau a rabroué lundi le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney.

Ce dernier menace de tenir un référendum en 2021 pour que l'Alberta cesse de contribuer massivement au programme de péréquation, dont bénéficie notamment le Québec.

En conférence de presse lundi à Québec, M. Trudeau a rappelé que M. Kenney, autrefois, était pourtant membre du gouvernement conservateur de Stephen Harper qui a mis en place la formule actuelle de péréquation.

«Pour des raisons politiques, il s'attaque à un système qu'il a lui-même mis en place, a déclaré M. Trudeau. Cela devrait en faire sourciller plusieurs.»

Lundi, Jason Kenney a renchéri dans son bras-de-fer avec François Legault concernant la péréquation.

Le premier ministre caquiste avait affirmé dimanche que le Québec avait droit à la péréquation, un principe qui faisait partie de l'entente constitutionnelle dès son origine et que l'Alberta ne peut changer unilatéralement.

Mais dans un long message en anglais publié sur sa page Facebook lundi, Jason Kenney reproche à François Legault de ne pas comprendre l'histoire de la péréquation.

Il lui rappelle que le principe de la péréquation ne remonte pas à 1867, mais à 1957, et il a été inscrit dans la Constitution de 1982, que le Québec n'a d'ailleurs toujours pas ratifiée.

M. Kenney fait valoir que l'Alberta a versé plus de 620 milliards $ aux autres provinces par le régime fédéral de la péréquation depuis 1957.

Il soutient que si le Québec et les autres provinces veulent continuer à bénéficier des versements de péréquation, ils doivent autoriser le passage de nouveaux oléoducs, pour que l'Alberta puisse exporter ses ressources.

«On ne peut pas vouloir le beurre et l'argent du beurre», a-t-il écrit dans le seul passage en français, en disant reprendra ainsi une expression québécoise.

Le Québec a reçu 13,1 milliards $ en péréquation du fédéral en 2019, ce qui représente 11 pour cent de ses revenus.

Le programme fédéral de péréquation vise à permettre à toutes les provinces d'offrir des services de qualité équivalente, sans égard à leur assiette fiscale. En vertu de la formule de calcul, certaines provinces plus riches, comme l'Alberta et la Saskatchewan, contribuent au programme, tandis que d'autres, comme le Québec et les provinces de l'Atlantique, sont bénéficiaires.

Politique

L'interprétation d'Élections Canada est «absurde», estime Bernier

OTTAWA — Maxime Bernier a soutenu lundi qu'Élections Canada restreint la liberté d'expression si les groupes environnementaux ne peuvent pas acheter de publicités qui font état de leur «alarmisme».

Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), qui se décrit comme un climatosceptique, répondait sur Twitter à la mise en garde d'Élections Canada. L'agence fédérale a récemment prévenu les organismes de bienfaisance que des publicités qui parleraient de la légitimité de la lutte contre les changements climatiques — y compris des pubs payées dans les médias sociaux — pourraient être considérées comme partisanes, en raison de la position du Parti populaire, qui conteste l'urgence climatique.

M. Bernier, un libertarien ardent défenseur de la liberté d'expression, estime que les agents d'Élections Canada interprètent la loi «du mieux qu'ils peuvent», mais que cette interprétation «est quand même absurde».

«Le gouvernement libéral a mis en place une série de mesures qui restreignent [la liberté d'expression], dont celle-ci, écrit M. Bernier. La loi devrait seulement réglementer les pubs vraiment partisanes qui mentionnent un parti ou un candidat.»

Durant la période préélectorale, avant le déclenchement officiel de la campagne, la loi limite toute publicité qui mentionne spécifiquement un candidat ou un parti. Dès que la campagne est lancée, les restrictions s'appliquent aussi aux publicités qui promeuvent ou contestent une question ou une position prise par un parti ou un candidat. Une fois que le coût de ces publicités a atteint 500 $, le tiers doit s'inscrire auprès d'Élections Canada, produire des enregistrements et des rapports financiers et limiter le volume de ses publicités.

«Cet article se concentre sur le climat et la position du PPC, poursuit M. Bernier. Mais il y a des centaines de sujets potentiellement contentieux qui pourraient être considérés partisans si on applique la règle systématiquement. Cette réglementation n'a pas sa place dans une société libre.»

M. Bernier poursuit en demandant au chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, s'il est «systématiquement contre cette règle», même si elle touchait par exemple «des groupes qui font la promotion des pipelines, la réduction de l'immigration, qui dénoncent le socialisme».

Les bienfaits du tabac?

Natasha Gauthier, une porte-parole d'Élections Canada, a déclaré que l'avertissement sur les changements climatiques n'était qu'un exemple d'une publicité pouvant être considérée comme partisane et que toute décision concernant des activités spécifiques serait décidée au cas par cas — et uniquement s'il y avait une plainte. Cette décision sera également prise par le commissaire aux élections fédérales — le «bras judiciaire» d'Élections Canada.

Élections Canada ne sait pas à l'avance quels problèmes pourraient surgir au cours de la campagne électorale, a ajouté Mme Gauthier. Par exemple, les publicités d'une association faisant la promotion des avantages des emplois dans le secteur forestier pourraient être considérées comme partisanes si un parti transformait subitement ces emplois en enjeu électoral, a-t-elle précisé.

Mme Gauthier ajoute que les règles en matière de publicité ne sont pas nouvelles. Mais la décision de l'agence de citer le changement climatique comme un exemple spécifique a laissé les groupes environnementaux de plus en plus confus; certains se demandent jusqu'où ira l'étiquette de publicités «partisanes».

«C'est de la folie», a estimé la chef du Parti vert, Elizabeth May. «Élections Canada est une organisation sensée, alors j'espère qu'ils clarifieront et élimineront cette décision.» Si M. Bernier affirmait soudain que fumer est bon pour la santé, demande Mme May, une organisation qui fait la promotion des méfaits du tabac serait-elle alors considérée comme partisane?

Le chef du NPD a estimé lui aussi que «Maxime Bernier niant le changement climatique n'égale pas un consensus scientifique mondial».

«Il n'est pas partisan de discuter de la plus grande menace à laquelle l'humanité est confrontée», a écrit M. Singh sur Twitter lundi matin, avant le message de M. Bernier.

De passage à Québec lundi, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré qu'il examinerait de près la précision d'Élections Canada, mais il a ajouté qu'il leur faisait confiance pour prendre des décisions de façon indépendante concernant la Loi électorale du Canada. «Mais en même temps, ça souligne à quel point c'est frustrant qu'on est encore, au moment d'un débat, de voir si les changements climatiques sont réels ou non, si on devrait agir ou non», a répondu le chef libéral, interrogé en conférence de presse.

Politique

SNC-Lavalin: Scheer à la GRC, Trudeau chez Unifor

Pendant que son adversaire conservateur cognait à la porte de la GRC, Justin Trudeau était reçu les bras grands ouverts par le président d'Unifor, lundi à Québec.

Ce syndicat a déjà lancé une campagne contre Andrew Scheer et l'élection d'un gouvernement conservateur.

Dans un long discours à ses troupes lundi matin, précédant celui de M. Trudeau, le président du syndicat, Gerry Dias, a minimisé les reproches qu'essuie le premier ministre dans l'affaire SNC-Lavalin.

«Ceux qui vivent dans des maisons de verre ne devraient pas lancer des roches», s'est moqué le bouillant personnage, revenant sur le scandale des dépenses du sénateur Mike Duffy et retournant même aussi loin que l'affaire Airbus et le «paiement d'un quart de million de dollars comptant accepté par Brian Mulroney».

«C'est quelque chose lorsque les conservateurs pensent qu'ils peuvent donner des leçons aux Canadiens sur l'intégrité, la morale et l'éthique», a-t-il ironisé.

Les mots de M. Dias ont dû servir de baume au premier ministre Trudeau, blâmé pour conflit d'intérêts par le commissaire fédéral à l'éthique dans un rapport sur l'affaire SNC-Lavalin, la semaine dernière.

Lundi matin, M. Scheer a envoyé une lettre à la commissaire de la GRC, l'enjoignant de bien lire ce rapport avant de décider s'il y avait matière à enquête policière.

«Le rapport du commissaire [...] doit être considéré comme la preuve la plus importante», a écrit M. Scheer à Brenda Lucki.

«Je crois que je parle au nom de millions de Canadiens en vous priant d'utiliser toutes les ressources à votre disposition pour enquêter sur cette affaire, non seulement pour que justice soit faite, mais pour qu'il soit clair que justice est faite», a-t-il ajouté.

Mercredi, conservateurs et néo-démocrates tenteront de forcer l'étude de ce rapport de Mario Dion par un comité parlementaire.

Chez Unifor, on a d'autres préoccupations. M. Dias craint le retour au pouvoir du parti qui a adopté deux lois antisyndicales, deux lois abrogées par les libéraux dès leur élection.

Il est donc revenu sur la campagne lancée en prévision du vote du 21 octobre. Il s'est vanté d'une équipe de 130 militants répartis dans toutes les provinces «qui vont cogner aux portes de plus de 315 000 membres d'Unifor» pour parler des enjeux de cette élection.

«Nous allons célébrer la défaite d'Andrew Scheer», a rugi M. Dias, applaudi par l'assemblée.

Lorsqu'il s'est présenté au micro du congrès d'Unifor à son tour, M. Trudeau a assuré à son public qu'il se range dans son camp.

«Au cours des quatre dernières années, on a été votre partenaire. Mais ce n'est qu'un début. Ensemble, on va aller beaucoup plus loin», a-t-il déclaré.

Il n'a fait aucune allusion à SNC-Lavalin.

Rattrapé par les journalistes à un événement en début d'après-midi, toujours à Québec, M. Trudeau a eu peu à dire sur la lettre de M. Scheer à la GRC.

«Les conservateurs continueront à poser des questions. C'est important pour une opposition officielle. Nous continuerons à défendre les emplois», s'est-il contenté de dire.

Politique

Nouveau mode de financement dans les cégeps: les petits et les moyens y gagnent

Les cégeps de petite et moyenne taille, souvent situés en région, sont les gagnants de la réforme du mode de financement annoncée lundi par le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge.

Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur a annoncé au cégep de Saint-Jérôme ce rééquilibrage, qui a pour conséquence de rehausser le montant de base que reçoivent les collèges. Dans la même veine, le financement basé sur le nombre d'étudiants accueillis, lui, a été modifié par un système par paliers.

Ce sont donc surtout les cégeps de petite et moyenne taille, qui sont souvent situés en région, qui profiteront des modifications apportées. Plusieurs cégeps en région vivaient un exode de leur population de jeunes, mettant en péril certains programmes.

Le ministre Roberge a précisé qu'une somme additionnelle de 68 millions $ sera ainsi injectée dès la rentrée, qui aura lieu dans les prochains jours.

Au total, la somme atteint 150 millions $ en incluant notamment l'augmentation de salaire pour les employés de l'État, le 1er avril dernier, une augmentation des coûts de système et une bonification du rangement salarial pour la fonction recherche, a-t-on précisé au cabinet du ministre.

Étudiants heureux

L'annonce a été applaudie par les représentants des étudiants de cégep. «C'est une bonne nouvelle. C'est une annonce qui va permettre de rehausser l'accès aux services pour la population étudiante partout au Québec», s'est réjoui en entrevue Philippe Clément, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

«C'est plus juste [avec la nouvelle méthode de calcul]. C'était même une demande de la Fédération étudiante collégiale du Québec. On est content parce que dans l'annonce du ministre, il y a beaucoup des éléments qui ont été retenus qui venaient de la population étudiante», ajoute le président de l'association qui représente 78 000 étudiants de niveau collégial dans 27 cégeps.

M. Clément met un bémol : le fait que certains programmes aient été réunis sous un seul chapiteau, pour simplifier les choses, ne doit pas dédouaner les cégeps. Ceux-ci doivent continuer d'atteindre les objectifs des programmes concernés et faire une bonne reddition de comptes.

Cégeps comblés

La Fédération des cégeps, quant à elle, a souligné que la somme de 150 millions $ représente «une hausse historique de 7,7 % du budget du réseau collégial, qui permet non seulement la mise en oeuvre du nouveau modèle de financement des collèges, mais couvre aussi l'ensemble des coûts de système du réseau collégial, incluant le rehaussement salarial du personnel enseignant».

«Avec ce geste, le gouvernement confirme ses ambitions élevées en matière d'éducation ce qui permettra aux cégeps d'être au rendez-vous pour assurer l'excellence des formations qu'ils offrent», a commenté le président-directeur général de la fédération, Bernard Tremblay.

Syndicats d'enseignants

De leur côté, la Fédération nationale des enseignants et la Fédération des employés des services publics, affiliées à la CSN, accueillent favorablement l'injection d'argent, mais s'inquiètent de voir les cégeps de petite et moyenne taille favorisés au détriment des plus grands cégeps.

«Quelle que soit la taille de l'établissement, aucun cégep ne nage dans le luxe, surtout après plusieurs années de sous-financement. L'un des principes qui doivent guider le mode de financement est celui de ne pas contribuer à la concurrence entre les établissements, mais plutôt à la consolidation et à la cohérence du réseau collégial sur tout le territoire québécois», a commenté Yves de Repentigny, vice-président de la FNEEQ.

Politique

Péréquation: Legault riposte à Kenney

Le premier ministre François Legault a riposté dimanche à Sherbrooke à son homologue albertain Jason Kenney sur l’enjeu de la péréquation. Il a rappelé à M. Kenney qu’il ne pourra se retirer unilatéralement du programme fédéral de péréquation, même si l’Alberta est mécontente d’y contribuer massivement au bénéfice de plusieurs provinces, dont le Québec.

Samedi, dans une vidéo diffusée sur Twitter, M. Kenney a notamment reproché au Québec de ne pas exploiter son gaz de schiste, se privant ainsi de revenus, pour ensuite dépendre de l’argent du pétrole des Albertains.

Politique

Parler du réchauffement climatique pourrait être considéré comme partisan

OTTAWA — Élections Canada aurait mis en garde certains organismes de bienfaisance oeuvrant dans le secteur de l'environnement que le fait de discuter des dangers du changement climatique au cours de la prochaine campagne électorale fédérale pourrait être considéré comme une activité partisane.

Tim Grey, directeur général du groupe Environmental Defence, a raconté qu'un responsable d'Élections Canada avait lancé cet avertissement lors d'une session de formation sur les lois électorales donnée aux groupes de défense de l'environnement, plus tôt cet été.

Le responsable aurait alors dit que le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, doutait de la véracité des changements climatiques. En conséquence, tout groupe qui parlerait du réchauffement de la planète, et même de l'urgence de lutter contre les changements climatiques, pourrait être considéré comme partisan, même s'il ne mentionne pas M. Bernier ou son parti.

Un porte-parole d'Élections Canada a confirmé que cela pourrait être le genre de conseil que l'agence peut donner.

Toute activité partisane — y compris la publicité, les sondages ou toute activité de campagne coûtant au moins 500$ — nécessite de s'inscrire à titre de tiers auprès d'Élections Canada. M. Gray craint que cela compromette le statut fiscal des organismes.

Selon lui, il est «décourageant» que des groupes comme le sien soient forcés de se taire sur les changements climatiques au cours de la campagne électorale «parce qu'un parti a choisi de nier l'existence de ce fait fondamental».

«De toute évidence, le changement climatique est réel, rappelle M. Gray. Presque toutes les institutions crédibles de la planète nous disent de faire quelque chose à ce sujet.»

L'automne dernier, le groupe d'experts des Nations Unies sur les changements climatiques, composé de centaines de scientifiques du monde entier, a déclaré que si on n'agissait pas plus vite pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, les conséquences pour la planète seraient irréversibles et catastrophiques.

Cinq des six partis politiques ayant une chance de remporter au moins un siège au cours des prochaines élections s'accordent pour dire que les changements climatiques sont réels et qu'ils sont causés par les humains. Seul M. Bernier prétend que les changements climatiques font partie d'un cycle naturel de la Terre et qu'il n'y a pas d'urgence en la matière.

«Adversaires indirects» de Bernier

En conséquence, Élections Canada dit que tout tiers donnant des renseignements sur le caractère nuisible du dioxyde de carbone ou qu'il est temps d'agir contre le réchauffement climatique pourrait être considéré comme des adversaires indirects de Maxime Bernier et de son parti. Des activités peuvent être jugées comme partisanes par Élections Canada, même si elles ne mentionnent pas nommément un parti ou un candidat.

M. Gray reproche à Élections Canada d'étouffer la discussion sur les changements climatiques à un moment crucial.

«À ce stade, à moins d'obtenir de plus amples précisions, nous cesserons de faire référence aux changements climatiques sur internet dès le déclenchement des élections. On sent être aspiré dans un espace où nous serons considérés comme une entité partisane parce que nous avons affirmé sur Facebook que les changements climatiques sont réels. Cela me semble ridicule.»

Cela ne signifie pas que M. Gray cessera de donner des entrevues sur le sujet pendant la campagne, annonce-t-il. L'avertissement d'Élections Canada aura plus une incidence sur d'autres activités du groupe dont la facture s'élèverait à plus de 500 $ comme une campagne de publicité sur Facebook.

En 2012, le précédent gouvernement conservateur avait lancé un programme de 13 millions $ visant à vérifier si des organismes de bienfaisance abusaient de leur statut fiscal en organisant des activités partisanes. Les vérifications ont porté sur une vingtaine de groupes environnementaux, sociaux et religieux qui auraient outrepassé une règle limitant à 10 % de leur financement les sommes consacrées aux activités politiques.

Les libéraux avaient promis de mettre fin à ce qu'ils appelaient «une chasse aux sorcières» contre tout groupe de la société civile s'opposant aux politiques gouvernementales. Si une nouvelle loi adoptée l'an dernier a levé la limite de 10 %, la règle sur le caractère non partisan des activités est toutefois demeurée en place.

Selon Catherine Abreu, la directrice générale du Réseau Action-Climat, l'avertissement d'Élections Canada est «choquant».

«Le changement climatique est un fait scientifique, a-t-elle déclaré. Ce n'est pas une opinion.»

L'avertissement «contribue à la confusion actuelle» sur ce que les organismes de bienfaisance peuvent ou ne peuvent pas faire pour protéger l'environnement, et aidera les groupes pro-pétroliers qui veulent faire taire leurs opposants, a ajouté Mme Abreu.

Politique

Maxime Bernier demeure convaincu qu'il participera aux débats des chefs

OTTAWA — Selon Maxime Bernier, le fait de ne pas l'avoir invité à participer aux débats des chefs pendant la campagne électorale signifie l'exclusion du seul chef politique ayant vraiment quelque chose de différent à dire.

«Cela ne sera pas un vrai débat, si je n'y suis pas, a-t-il déclaré, dimanche. Cela ne sera qu'une discussion bidon portant sur leurs superficielles différences.»

Le chef du Parti populaire du Canada a déclaré dimanche que les libéraux, les conservateurs, les néo-démocrates, les verts et les bloquistes partageaient tous des opinions similaires sur plusieurs sujets comme l'immigration, les changements climatiques et le système de gestion de l'offre dans le secteur laitier.

S'adressant à des candidats et des partisans au cours du premier grand rassemblement national du parti, à Gatineau, M. Bernier a accusé ses rivaux politiques, même les conservateurs, de défendre à des degrés divers des idées gauchistes.

Il a accusé les conservateurs — un parti auquel il a adhéré pendant plus d'une décennie — et les libéraux de s'incliner devant les groupes de pression. Son parti, a-t-il souligné, ne réalisera aucun sondage et mènera sa campagne en accord avec ses principes.

«Pendant que les autres parties analysent des sondages et discutent avec des groupes témoins pour décider les éléments qu'ils défendront, tout en s'inclinant devant tous les groupes de pressions, nous allons respecter nos principes», a-t-il lancé.

Les autres chefs des partis représentés à la Chambre des Communes participeront aux débats qui se dérouleront les 7 et 10 octobre, selon des critères établis par le gouvernement fédéral.

Le chef de partis souhaitant participer à un débat doit répondre à deux des trois critères suivants: avoir un député élu à titre de membre de son parti, soutenir des candidats dans au moins 90 % des circonscriptions, avoir obtenu au moins 4 % des suffrages lors des élections précédentes ou avoir des candidats ayant une véritable possibilité d'être élus à l'occasion des élections générales en cause, de l'avis du commissaire aux débats.

Le Parti populaire prévoit présenter des candidats dans toutes les circonscriptions, mais M. Bernier a été élu à titre de conservateur.

Selon le commissaire David Johnston, l'ancien gouverneur général, le Parti populaire du Canada n'a pas encore une possibilité réelle de faire élire plus d'un candidat au cours des prochaines élections fédérales.

M. Bernier s'est dit convaincu que le commissaire des débats des chefs changera d'avis et lui permettra de rejoindre les autres pendant les débats.

Il a dit vouloir viser la victoire en octobre, mais il a laissé entendre qu'il serait bien heureux d'avoir assez de députés pour pouvoir exercer des pressions sur le prochain parti appelé à former le gouvernement.

«Si on ne gagne pas, et notre but est de gagner, le pire scénario serait de détenir la balance du pouvoir», a ajouté M. Bernier, qui a écarté l'idée d'une fusion avec le Parti conservateur. L'actuel député de Beauce refuse de dire ce qu'il adviendrait de son parti s'il ne l'emporte pas.

Extrémisme islamique

Benjamin Dichter, qui s'était présenté à titre de conservateur aux élections de 2015, avait réchauffé la foule en affirmant que le Canada se dirige dans une mauvaise direction lorsqu'il s'agit de s'occuper de l'extrémisme islamique.

«Le Canada est malade et souffre d'un nauséabond relativisme culturel et de l'islam politique», a-t-il déclaré, un membre fondateur du groupe LGBTory.ca, un groupe de droite défendant l'homosexualité

Il est même allé jusqu'à accuser les conservateurs et les libéraux d'être trop proches de ces éléments.

Après le rassemblement, M. Bernier s'est dit heureux que M. Dichter ait soulevé la question lorsque les journalistes lui ont demandé s'il était d'accord avec lui.

«C'est important d'avoir ce débat et de soulever la question», a-t-il dit.

Selon M. Bernier, ce genre de réflexion s'accorde avec sa politique sur l'immigration. Un gouvernement issu de son parti exigerait de tout candidat à l'immigration qu'il passe une entrevue en personne afin qu'il démontre si des opinions concordent avec les «normes sociétales» canadiennes.

Politique

Le lithium, une vraie «mine d'or» pour le Québec, selon François Legault

SHERBROOKE — Le lithium est «un bijou» encore non exploité pour le Québec, selon le premier ministre François Legault.

Dans un discours devant les jeunes caquistes réunis dimanche en congrès à Sherbrooke, M. Legault a rêvé d'un Québec qui exporterait ses batteries de lithium partout dans le monde et qui serait un chef de file en matière de transports au XXIe siècle.

Il a souligné que le Québec compte le troisième plus gros gisement de lithium au monde, un métal essentiel à la fabrication de batteries pour les véhicules électriques.

Avec d'autres «métaux stratégiques» qu'on retrouve aussi sur le territoire québécois, il serait possible de construire des «batteries 100 %  québécoises», a-t-il évoqué.

«On a le potentiel de prendre notre place dans cet énorme marché», a dit M. Legault.

Il mise également sur le secteur de l'intelligence artificielle en pleine expansion à Montréal pour que le Québec puisse aussi se distinguer dans le domaine des véhicules autonomes.

Avec les ressources hydro-électriques abondantes, le premier ministre espère ainsi pouvoir réduire les importations d'hydrocarbures du Québec, qui s'élèvent à 10 milliards $ par an.

«Donc d'ici 2050, on pourrait pomper notre électricité dans nos batteries et se déplacer grâce à notre expertise», a-t-il conclu, en évoquant le thème du congrès des jeunes caquistes, «Horizons 2050».

Politique

Les partis devraient compter sur un plus grand nombre de candidats noirs

OTTAWA — Une militante des droits des Noirs exhorte les partis politiques fédéraux à choisir plus de candidats noirs dans des circonscriptions gagnables afin d'accroître les chances d'une plus grande représentation de la communauté au sein du prochain Parlement.

Jusqu'à présent, moins de 20 candidats noirs ont été choisis, dont deux députés libéraux sortants, observe Velma Morgan, la présidente de Operation Black Vote Canada, un organisme multipartite qui vise à faire en sorte que davantage de Noirs soient élus à tous les ordres de gouvernement.

Il n'y a actuellement que sept députés noirs à la Chambre des communes : trois au Québec et en Ontario, et un en Colombie-Britannique.

«Six députés appartenant à un parti politique et une indépendante ne sont pas suffisants pour représenter notre voix de manière adéquate, soutient Mme Morgan. Nous devons pouvoir élire plus de Canadiens noirs. C'est pourquoi nous avons besoin d'un plus grand nombre de Canadiens noirs candidats.»

Le nombre de Noirs vivant au Canada a doublé de 1996 à 2016 pour atteindre 1,2 million, soit 3,5 %, selon Statistique Canada. Plus de 627 000 d'entre eux vivent en Ontario, 319 000 au Québec et 130 000 en Alberta.

Selon Greg Fergus, député libéral de la circonscription de Hull-Aylmer et président du caucus réunissant tous les parlementaires noirs fédéraux, le principal défi est d'inciter des Canadiens noirs ou issus d'autres ethnies de se porter candidats à un mandat électif.

La couleur de la peau ou le sexe d'un candidat n'influence pas ses chances de succès. «Le vrai problème est de passer au travers du processus de nomination», dit M. Fergus.

Trop souvent, la perception erronée selon laquelle un candidat de couleur est en quelque sorte inéligible empêche un Noir de remporter une investiture ou même de vouloir obtenir.

«Si on n'a pas d'antécédent de diversité dans les candidatures, certains pourraient penser que cette personne ne pourra pas gagner, explique le député. Mon argument est le suivant: non, présentez-vous. Les gens sont plus généreux si on leur donne une chance. Ne vous autocensurez pas».

Les défis demeurent

En février, le président de la Chambre des communes Geoff Regan a dû présenter des excuses après un cas apparent de profilage racial lors d'une activité du Mois de l'histoire des Noirs visant à encourager davantage de voix noires en politique. Selon la Fédération des Canadiens noirs, plusieurs participants à l'événement avaient été décrits comme des «gens à peau foncée» et qu'on leur a demandé de quitter une cafétéria du Parlement.

Le Service de protection parlementaire avait également présenté des excuses et promis une enquête approfondie, ajoutant qu'il n'avait «aucune tolérance pour n'importe quelle sorte de discrimination».

Quelques jours auparavant, M. Fergus avait déploré que les efforts du gouvernement fédéral pour s'attaquer aux problèmes systémiques touchant les Noirs canadiens semblaient stagner, un an après que le premier ministre Justin Trudeau eut affirmé qu'il était temps que les Canadiens reconnaissent que le racisme.

Manque d'informations

Mme Morgan, de son côté, travaille avec ses collègues pour inciter les Noirs à participer à la vie politique canadienne.

Selon elle, l'un des plus importants obstacles à surmonter est le manque d'accès à l'information. «Ils ne savent qu'ils peuvent faire partie d'une association de comté, qu'ils peuvent faire du bénévolat dans le cadre d'une campagne», dit-elle.

Operation Black Vote Canada organise des événements communautaires, des ateliers et de la formation pour informer la communauté sur le processus politique et les élections ainsi que pour mettre en valeur les candidats noirs.

Le conseil d'administration de Black Vote Canada comprend des membres de tout le spectre politique canadien, a-t-elle ajouté. «Nous ne disons pas à notre communauté pour qui voter. Nous voulons une représentation de chacun des partis politiques», assure-t-elle.

L'organisme doit effacer les stéréotypes sur les Noirs afin que les jeunes puissent voir des membres de leur communauté participer au gouvernement. «Tu ne peux pas être ce que tu ne peux pas voir», constate Mme Morgan.

M. Fergus croit que tous ces efforts commencent à porter leurs fruits.

Il dit avoir remarqué que de plus en plus de Noirs s'impliquent dans la vie politique canadienne, à l'échelle locale, provinciale/territoriale et nationale. Il cite l'exemple d'une campagne de financement très réussie» visant la communauté noire par le club Laurier, un des principaux canaux du Parti libéral.

«Il y a une réelle prise de conscience que nous devons prendre notre place, fait-il valoir. Le premier parti à le comprendre aura vraiment une longueur d'avance.»

Politique

Le prochain G-20 pourrait servir de levier pour faire libérer Raif Badawi

MONTRÉAL — La tenue du prochain sommet du G20 en novembre 2020 à Riyad, en Arabie Saoudite, pourrait servir de levier pour obtenir la libération du blogueur Raif Badawi, qui croupit en prison depuis 2012.

Lors d'une rencontre avec La Presse canadienne, Me Irwin Cotler, qui représente la famille Badawi sur la scène internationale, a dit croire que les conditions sont réunies pour placer le gouvernement saoudien sur la corde raide s'il persiste à maintenir Raif Badawi, sa soeur Samar et son avocat Walid Abu al-Khair en détention. Cette perception s'appuie également sur les déclarations de l'homme fort du régime saoudien, le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui cherche parallèlement à se positionner comme un réformateur.

«Si le prince héritier veut être pris au sérieux et si l'Arabie Saoudite veut être perçue comme un hôte crédible du G20, il ne peut pas se dire en faveur de réformes, que nous appuyons, et ensuite emprisonner ceux et celles qui réclament les mêmes réformes», fait valoir Me Cotler.

«Raif Badawi languit en prison depuis sept ans et demi pour avoir dit à l'époque ce que le prince héritier dit lui-même depuis des mois, soit qu'il veut une Arabie Saoudite plus ouverte et un Islam plus modéré», souligne l'avocat qui rappelle que le blogueur a été emprisonné précisément pour de tels propos.

«On ne peut soutenir un discours comme celui du prince, qui appelle au droit des femmes de conduire [un véhicule automobile] tout en gardant en prison les femmes comme Samar Badawi qui a réclamé le droit de conduire. Il agit en contradiction avec son propre discours», martèle-t-il.

Il y a un an, en août 2018, le dossier Badawi avait isolé le Canada sur la scène internationale après que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, eut dénoncé l'arrestation de Samar Badawi et réclamé sa libération ainsi que celle de son frère Raif. L'Arabie Saoudite avait réagi avec véhémence, expulsant l'ambassadeur canadien à Riyad et rappelant son propre ambassadeur d'Ottawa. Le royaume avait également demandé à ses ressortissants au Canada de rentrer au pays.

Aucun autre pays n'était venu appuyer publiquement le Canada.

L'assassinat brutal de Jamal Khashoggi, un chroniqueur saoudien au Washington Post critique de Mohammed ben Salmane tué et démembré par des agents saoudiens dans l'ambassade saoudienne d'Istanbul en octobre dernier, a toutefois changé la donne, selon Irwin Cotler : «La réaction, aux États-Unis, dans l'Union européenne et aux Nations-Unies […] je crois que ç'a été le point de bascule [wake-up call]», avance-t-il, notant que la réprobation internationale et les rapports impliquant le prince héritier «ont mis celui-ci sur la défensive».

Appel au boycottage ?

L'avocat, ainsi que la cofondatrice de la Fondation Raif Badawi pour la liberté, Évelyne Abitbol, estiment que la sortie en juin dernier du vice-président des États-Unis, Mike Pence, appelant à la libération du blogueur représente une pièce-clé pour ouvrir la muraille autour du blogueur. Elle vient s'ajouter à celles déjà posées par des demandes similaires à l'Arabie Saoudite de plusieurs pays européens, de l'Union européenne, des Nations-Unies et plusieurs de ses instances, notamment.

Irwin Cotler entend recruter tous ces pays, de même que les organisations civiles de défense des droits de la personne et plusieurs autres instances derrière une nouvelle demande de clémence qu'il a préparée à l'intention de l'État saoudien, basée celle-ci sur la loi du pays et la loi islamique, appel qui démontre que Raif Badawi, Samar Badawi et Walid Abu al-Khair n'ont brisé aucune loi et ne sont pas détenus légalement.

Pourrait-on aller jusqu'à un appel au boycottage du G20 de Riyad s'ils n'étaient pas libérés avant novembre 2020? Évelyne Abitbol ne croit pas qu'il faudra aller jusqu'à cette démarche, qui pourrait être humiliante pour le royaume si des pays européens, les États-Unis ou même le Canada ne se présentaient pas en guise de protestation :«Avec cette donne du G20, là c'est différent. Il va falloir qu'ils montrent patte blanche», estime-t-elle.

Mais l'idée n'est pas du tout écartée pour autant, précise Irwin Cotler : «S'il n'y a pas de progrès, si on voit que les Badawi sont encore emprisonnés, leur avocat est encore emprisonné, les femmes sont encore emprisonnées, je pense que nous devons le demander aux communautés des démocraties. Ce n'est pas le moment de récompenser l'Arabie Saoudite», laisse-t-il tomber.

Sans nouvelles de Samar

Les rares informations qui filtrent sur l'état de Raif Badawi et de Walid Abu al-Khair laissent entendre qu'ils se portent tant bien que mal derrière les barreaux, mais la situation de Samar inquiète grandement : «Samar est détenue incommunicado. Personne n'a eu de nouvelles d'elle depuis son arrestation», a raconté Mme Abitbol. Or, Samar Badawi a été appréhendée il y a plus d'un an, à la fin de juin 2018. Les Nations-Unies seraient sur le point de déclencher une enquête afin de déterminer si elle doit être considérée comme une «personne disparue».

Raif Badawi et son avocat, de leur côté, ont droit à des communications restreintes avec le téléphone public de la prison, mais à aucune visite. Me Cotler entend s'adresser à nouveau au premier ministre Justin Trudeau pour qu'il accorde la citoyenneté canadienne à Raif Badawi, dont l'épouse, Ensaf Haidar et les trois enfants habitent au Québec et sont devenus citoyens canadiens en juillet 2018.

L'avocat, qui invoque des précédents à cet effet, souligne qu'en plus de créer une pression additionnelle sur les autorités saoudiennes, un tel statut permettrait surtout d'entrouvrir la porte du cachot. «Avec la citoyenneté canadienne, en vertu de la convention de Vienne, il aurait droit à un accès consulaire, d'avoir des gens qui vont le voir et savoir comment il va.»

Irwin Cotler continue de croire que Raif Badawi sera libéré; reste à savoir quand. «Il faut donner un sentiment d'urgence [à sa libération] pour ses enfants. Chaque fois que nous rencontrons sa femme et ses enfants, nous voyons jusqu'à quel point chaque jour où ils ne peuvent être avec lui est un deuil pour les enfants et un deuil pour lui.»

Politique

Péréquation: François Legault riposte à Jason Kenney

SHERBROOKE — Le premier ministre François Legault a riposté dimanche à son homologue albertain Jason Kenney sur l'enjeu de la péréquation.

Il a rappelé à M. Kenney qu'il ne pourra se retirer unilatéralement du programme fédéral de péréquation, même si l'Alberta est mécontente d'y contribuer massivement au bénéfice de plusieurs provinces, dont le Québec.

Le Québec a reçu 13,1 milliards $ en péréquation du fédéral en 2019, ce qui représente 11 % de ses revenus.

Samedi, dans une vidéo diffusée par Twitter, M. Kenney a notamment reproché au Québec de ne pas exploiter son gaz de schiste, se privant ainsi de revenus, pour ensuite dépendre de l'argent du pétrole des Albertains.

Il a fait savoir que son gouvernement allait tenir un référendum en octobre 2021 s'il n'obtenait pas des changements à la péréquation ainsi que les autorisations pour construire des oléoducs en vue d'exporter son pétrole.

En mêlée de presse dimanche matin au congrès des jeunes caquistes à Sherbrooke, François Legault a souligné que le principe de la péréquation est inscrit dans la Constitution et que seul le Canada tout entier peut changer la formule.

«Ça revient à l'existence même du Canada. Quand le Québec est embarqué dans le Canada, il était prévu qu'il y aurait de la péréquation. Ça fait partie du 'deal' original, on ne peut pas changer le deal original.»

Le chef caquiste a affirmé que le Québec «a droit à la péréquation» et qu'il n'est pas question de modifier la formule.

Il a admis que son gouvernement ne peut se passer de ces milliards, même s'il nage dans les surplus. Et ses homologues de provinces déficitaires, mais qui contribuent à la péréquation, lui ont manifesté leur mécontentement au Conseil de la fédération en juillet dernier à Saskatoon.

«Il y a un bout que je n'ai pas aimé du tout. Il y a des premiers ministres de provinces riches qui regardent le Québec et qui disent : "on vous envoie un gros chèque, on aimerait mieux garder l'argent chez nous".»

Le premier ministre caquiste a toutefois rappelé en contrepartie que le fédéral a maintes fois favorisé l'Ontario en subventionnant l'industrie automobile, ou favorisé l'Alberta en subventionnant l'industrie pétrolière.

M. Legault a souligné qu'à moyen terme le Québec peut s'affranchir de la péréquation, s'il devient aussi riche que l'Ontario, mais qu'il s'agit du «chantier d'une génération».

«Ça peut prendre une vingtaine d'années avant d'y arriver.»

Le programme fédéral de péréquation vise à permettre à toutes les provinces d'offrir des services de qualité équivalente, sans égard à leur richesse. En vertu de la formule de calcul, certaines provinces plus riches, comme l'Alberta et la Saskatchewan, contribuent au programme, tandis que d'autres, comme le Québec et les provinces de l'Atlantique, sont bénéficiaires.