COVID-19: 2,3 milliards $ aux municipalités et aux sociétés de transport

Politique

COVID-19: 2,3 milliards $ aux municipalités et aux sociétés de transport

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Québec et Ottawa verseront «le plus tôt possible» 2,3 milliards $ aux municipalités du Québec et aux sociétés de transport en commun du Québec pour pallier aux difficultés auxquelles elles font face en raison de la COVID-19 et pour amorcer une certaine relance économique.

Trois ministres du gouvernement Legault se sont déplacés pour en faire l'annonce, vendredi à Montréal, soit Eric Girard, des Finances, François Bonnardel, des Transports, et Andrée Laforest, des Affaires municipales et de l'Habitation.

De cette somme globale de 2,3 milliards $, moitié-moitié fédéral-provincial, 1,2 milliard $ sera réservé aux sociétés de transport en commun, qui ont affronté une forte baisse de l'achalandage, donc des revenus en 2020. La somme inclut les 400 millions $ déjà annoncés en juin.

Le ministre Bonnardel a précisé que le transport adapté et le transport interurbain sont aussi concernés par cette aide.

À même le montant global, une somme de 800 millions $ sera aussi octroyée aux municipalités. «Ça va permettre d'éviter des hausses de taxes dans les municipalités - c'est certain que lorsqu'on aide les municipalités à boucler leur budget, c'est au bénéfice de tous les citoyens - et d'éviter les diminutions de services», a expliqué le ministre Girard.

Les 300 millions $ qui restent constituent une réserve pour éventualités, a indiqué le ministre Girard.

Syndiqués et municipalités soulagés

L'annonce a été fort bien reçue par les deux grandes unions municipales, l'Union des municipalités et la Fédération québécoise des municipalités.

«Cette aide, elle va nous permettre d'atténuer les fortes pressions budgétaires que nous ressentons depuis le printemps dernier, d'assurer le maintien sécuritaire des services à la population, d'aider les municipalités à faire face à cette deuxième vague partout au Québec et de soutenir les efforts nécessaires à une relance sécuritaire et durable dans toutes les régions du Québec», a commenté la présidente de l'UMQ, Suzanne Roy.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, qui représente près des trois quarts des syndiqués municipaux, notamment les chauffeurs d'autobus et opérateurs de métro à Montréal, s'est réjoui de cette aide tant attendue.

«La situation devenait critique, car le Québec a été touché plus que toute autre province canadienne. Il fallait une aide urgente et substantielle aux municipalités et sociétés de transport. Le message a été entendu et nous saluons cette annonce. Maintenant, il faut s'assurer que l'argent est investi sans autre délai pour que les Québécois et Québécoises retrouvent l'ensemble des services auxquels ils ont droit», a commenté Marc Ranger, directeur québécois du SCFP.

Les députés bloquistes ont reçu un diagnostic négatif à la COVID-19

Politique

Les députés bloquistes ont reçu un diagnostic négatif à la COVID-19

La Presse Canadienne
Seul le chef Yves-François Blanchet est atteint de la COVID-19 au sein du caucus du Bloc québécois.

Le parti a annoncé jeudi soir que tous les députés et le personnel présents au caucus du 8 septembre dernier avaient reçu un diagnostic négatif après avoir subi des tests de dépistage.

Tous ont été placés en confinement pendant une période de 14 jours, mentionne le Bloc dans un communiqué.

Toutefois, deux députés, qui ne sont pas identifiés, et deux employés, demeureront en isolement de façon préventive jusqu’aux 28 et 29 septembre, malgré le résultat des tests. Ils ont été en contact avec M. Blanchet les 14 et 15 septembre, explique le Bloc.

M. Blanchet et sa conjointe Nancy Déziel ont été déclarés positifs à la COVID-19, la semaine dernière. Ils resteront en isolement préventif dans leur résidence de Shawinigan jusqu’au 26 septembre.

Sur Tweeter, M. Blanchet a d’ailleurs indiqué que «c’est dès ce samedi qu’il sera probablement libéré de son confinement pour se rendre à Ottawa».

Au Québec, les autorités de santé publique considèrent qu’une personne n’est plus contagieuse 10 jours après que l’infection se soit manifestée, à condition que cette personne ne présente plus de symptômes comme la fièvre.

Une quarantaine de bloquistes, dont 30 députés, s’étaient placés en isolement préventif lorsqu’ils ont su qu’un employé présent à leur réunion de caucus le 8 septembre à Saint-Hyacinthe avait reçu un test positif.

Course au PQ: Guy Nantel va demeurer provocateur

Politique

Course au PQ: Guy Nantel va demeurer provocateur

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois choisira son nouveau chef le 9 octobre, deux ans après la démission de Jean-François Lisée. Au cours des quatre dernières semaines de cette course marathon, Le Soleil vous présentera les quatre candidats en lice pour mener le PQ aux élections générales de 2022. Aujourd’hui : Guy Nantel

Guy Nantel aime provoquer. Provoquer des réflexions, des réactions. «Confronter sur des questions où on est trop prudent, sur des dossiers qu’on n’ose pas toucher», explique-t-il. Et il va continuer même s’il est élu chef du Parti québécois, dans deux semaines.

«Je trouve que c’est nécessaire de le faire et c’est comme ça que la population fait confiance à un politicien», affirme-t-il en entrevue au Soleil.

«C’est moi qui ai le plus d’attention médiatique dans cette course-là et ce n’est pas pour rien», continue l’humoriste de tout juste 52 ans, que le grand public a d’abord connu comme gagnant de la Course destination monde de 1993-1994, puis dans sa carrière scénique de monologuiste.

«Dans le genre d’humour que je fais, il y a beaucoup de deuxième degré qui fait réagir les gens. Je n’ai jamais caché que j’aime la provocation. Ça fait avancer dans l’art ou la politique», indique celui dont la mère était péquiste et le père, libéral. «C’est pour ça que les débats, ça ne me fait pas peur!»

Quand l’idée de voir M. Nantel se porter candidat à la direction du Parti québécois a fait surface, à la fin de 2019, d’aucuns ont justement cru à une simple provocation. Une dizaine de mois plus tard, force est de constater qu’il a gagné en crédibilité.

«Mais il ne faut pas que mon personnage porte ombrage à mon contenu», souligne-t-il encore, souhaitant que «les idées qui sont dans une plate-forme de 32 pages, réfléchies, discutées, débattues en équipe avec des spécialistes», prennent plus de place dans les reportages et analyses à son sujet.

«Une grosse machine qui t’avale»

Celui qui s’est démarqué par le ton social et politique de son humour se décrit comme «un philosophe humoristique». «Quelqu’un qui veut faire passer une réflexion, qui veut faire avancer le niveau de conscience, de compréhension des enjeux.»

Il assure avoir été le premier surpris de voir «des gens connus impliqués dans la politique» le solliciter pour le poste de futur chef du PQ. On l’avait déjà approché avant pour se lancer en politique, mais «jamais en 100 ans» il ne s’était posé la question avec sérieux jusque-là.

Il trouve dans l’univers politique «quelque chose de très prenant et passionnant».

500 $ par semaine pour toutes les prestations et l’assurance-emploi

Actualités

500 $ par semaine pour toutes les prestations et l’assurance-emploi

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA — Le gouvernement Trudeau est prêt à augmenter l’aide aux travailleurs qui sera distribuée une fois la Prestation canadienne d’urgence (PCU) disparue. Il semble ainsi s’assurer l’appui des néo-démocrates et sa survie.

On attendait toujours jeudi en fin de journée le calcul de la nouvelle facture, et une prise de position claire des néo-démocrates.

Lorsqu’il y a un mois Ottawa avait annoncé trois nouvelles prestations à venir et un assouplissement aux règles de l’assurance-emploi, en remplacement de la PCU, la première mesure devait coûter 22 milliards $ et la seconde 7 milliards $.

Ça, c’était lorsqu’une des trois prestations s’élevait à 400 $ par semaine et que l’assurance-emploi plus accessible assurait, elle aussi, un paiement minimum de 400 $ par semaine.

Or le gouvernement fédéral vient de décider de distribuer 500 $ par semaine à tous les travailleurs privés d’emploi.

Ottawa s’attend à ce que trois des quatre millions de prestataires de la PCU passent à l’assurance-emploi, un régime qui a été assoupli. Il sera accessible après seulement 120 heures travaillées, quel que soit le taux de chômage dans la région habitée.

Le projet de loi C-2, déposé jeudi matin, créera les trois nouvelles prestations annoncées le mois dernier pour ceux qui ne pourront pas compter sur l’assurance-emploi modifiée.

La Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) sera disponible pendant 26 semaines, jusqu’au 26 septembre 2021. Il sera possible de travailler tout en recevant cette prestation. Si le revenu annuel dépasse 38 000 $, le travailleur devra alors rembourser 50 cents pour chaque dollar reçu en PCRE.

Les modalités des deux autres prestations demeurent telles qu’annoncées en août.

La Prestation canadienne de maladie pour la relance économique est le moyen trouvé par Ottawa pour payer 10 jours de congé de maladie aux travailleurs; 500 $ par semaine, pendant une semaine ou deux.

La Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants servira à ceux qui se retrouvent obligés de s’occuper d’un enfant dont l’école ou la garderie ferme. Là aussi, c’est 500 $ par semaine qui pourront être empochés.

Appui du NPD?

Voici donc le prétexte nécessaire au Nouveau Parti démocratique (NPD) pour voter en faveur du discours du Trône livré mercredi.

Depuis un mois, le chef du NPD, Jagmeet Singh, exigeait que l’aide financière aux particuliers demeure aussi généreuse que la PCU l’a été.

En conférence de presse, jeudi après-midi, la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, a assuré que de passer de 400 $ à 500 $ par semaine pour la PCRE n’a pas été fait pour plaire aux néo-démocrates, mais bien parce que nous voilà dans la deuxième vague de la pandémie.

«Quand on a décidé le montant il y a un mois, on a signalé très fortement qu’on pourrait changer si la situation de la pandémie change, si la situation du retour à l’école change, si la situation des travailleurs et des emplois change», a-t-elle dit pour justifier l’augmentation de 100 $.

M. Singh n’avait pas voulu dire mercredi s’il voterait pour ou contre le discours du Trône. Jeudi après-midi, lorsqu’il s’est présenté à son tour à un micro, il faisait la fine bouche.

Il a dit que le projet de loi C-2 est «une victoire majeure» arrachée par son parti, mais qu’il n’était toujours pas prêt à dire s’il appuiera le gouvernement minoritaire lors du vote sur le discours du Trône.

Il continue à négocier avec le gouvernement la prestation de maladie.

«On a des problèmes avec l’accès et on est optimiste qu’on peut le régler», a-t-il offert à sa sortie de la période des questions aux Communes. Il a refusé de spécifier la nature de ces «problèmes».

Le Bloc d’accord sur le principe

Les bloquistes veulent bien voter en faveur de C-2 jusqu’à ce que le projet de loi soit examiné en comité parlementaire.

Le leader parlementaire bloquiste Alain Therrien identifie déjà des amendements possibles.

La prestation pour proches aidants limite à 11 ans l’âge des enfants dont le prestataire doit prendre soin pour avoir droit aux 500 $ par semaine. «On va vérifier voir s’il n’y a pas moyen de rehausser l’âge (...), ça c’est un exemple», a dit M. Therrien en point de presse.

«On va travailler très fort pour peaufiner le projet de loi», a-t-il assuré.

Les autres dispositions de C-2

Le projet de loi déposé jeudi matin sert également à distribuer 1,5 milliard $ aux provinces pour la formation de la main-d’oeuvre dans un marché du travail bouleversé par la pandémie de la COVID-19.

C-2 prévoit aussi donner au gouvernement le pouvoir de dépenser d’ici le 31 décembre sans obtenir l’autorisation du Parlement pour toute mesure en lien avec la COVID-19, comme l’achat de vaccins, par exemple.

Invités à dire ce qu’ils pensaient de ce pouvoir que le gouvernement veut, une nouvelle fois, se donner, les conservateurs se sont contentés, par courriel, de répondre qu’ils vont «examiner le projet de loi en caucus».

Champs de compétences en santé: Trudeau réplique au Québec en citant les CHSLD

Politique

Champs de compétences en santé: Trudeau réplique au Québec en citant les CHSLD

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA — Le Québec a besoin de l’aide du gouvernement fédéral, selon Justin Trudeau, qui a cité en exemple la situation difficile qu’a connue la province avec ses aînés au printemps dernier.

Le premier ministre a servi cette réplique au conservateur Gérard Deltell, qui l’accusait de s’ingérer dans les compétences des provinces avec son plus récent discours du Trône en voulant notamment imposer des normes nationales dans les centres de soins de longue durée.

«Je regrette, M. le Président, d’entendre le député de Louis-Saint-Laurent dire que le fédéral n’a pas sa place pour protéger nos aînés. Ce n’était pas l’opinion du premier ministre du Québec quand il nous a demandé d’envoyer les Forces armées pour aider, justement, les aînés dans nos CHSLD», a lancé M. Trudeau, jeudi, pendant la période de questions.

«Les Québécois et les Canadiens viennent de voir encore une fois le visage désagréable de l’arrogance du premier ministre libéral», a répondu M. Deltell.

La veille, le premier ministre du Québec, François Legault - et maintenant président du Conseil de la fédération - avait dit que le discours du Trône était «décevant» et ne respectait pas le champ de compétences des provinces en santé.

Ses doléances ont été relayées jeudi à la Chambre des communes par les conservateurs, mais aussi par les bloquistes.

Gabriel Ste-Marie, du Bloc québécois, a demandé au lieutenant politique de M. Trudeau au Québec, Pablo Rodriguez, s’il reconnaît que la baisse de la contribution fédérale en santé a un «lien direct» avec la situation difficile dans les CHSLD.

«Pour le Bloc québécois, parler de nos aînés, c’est de parler de chicanes constitutionnelles, alors qu’on parle ici d’êtres humains. Alors à chaque fois qu’on va se lever en Chambre, M. le Président, de ce côté-ci, et qu’on parlera de nos aînés, on va parler de droit à la vie, droit à la dignité, droit à des médicaments et droit à des soins de santé de qualité», a rétorqué M. Rodriguez.

Les provinces mécontentes

D’autres provinces ont joint leur voix à celle du Québec dans les dernières heures pour critiquer le discours du Trône.

Elles sont mécontentes que le document préparé par le gouvernement Trudeau ne fasse aucune mention d’une hausse des transferts fédéraux en santé, qu’elles réclament d’une seule voix, et que certains engagements empiètent sur leurs compétences.

«Il y avait de la place pour tous les objets brillants, toutes les distractions politiques qu’il est possible d’imaginer (...), mais pas un mot au sujet des transferts en santé», a déploré Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta, lors d’un point de presse jeudi.

«Tous les premiers ministres, d’un océan à l’autre, ont identifié ceci comme la priorité numéro un et hier, elle a été ignorée», a ajouté Brian Pallister, du Manitoba.

Son collègue de l’Ontario, Doug Ford, a dit que tous les premiers ministres parlent d’une même voix.

«Nous ne pensons pas que le gouvernement fédéral devrait être dans cette juridiction. Nous avons besoin de son soutien, mais personne ne connaît mieux les soins de santé que les provinces. (...) Nous étions déçus de ne pas voir une augmentation des transferts fédéraux en santé dont nous avons désespérément besoin», a-t-il dit.

Il a ensuite mis en garde Ottawa contre la tentation de s’ingérer dans les compétences provinciales.

«Si le gouvernement fédéral prend le contrôle de la santé, je pense que ce serait un véritable désastre. Tous les premiers ministres pensent la même chose», a averti M. Ford.

Des réunions téléphoniques sont prévues jeudi et vendredi entre tous les premiers ministres. La rencontre du Conseil de la fédération, qui devait avoir lieu à ces mêmes dates au Château Frontenac à Québec, a été annulée.

Marguerite Blais jette une part du blâme pour le fiasco des CHSLD sur Legault et Arruda

Politique

Marguerite Blais jette une part du blâme pour le fiasco des CHSLD sur Legault et Arruda

Caroline Plante
La Presse Canadienne
QUÉBEC - L’opposition à l’Assemblée nationale se demande quel avenir attend la ministre des Aînés Marguerite Blais.

Celle-ci a jeté une part du blâme pour le fiasco dans les CHSLD sur son propre premier ministre, François Legault, et le directeur national de santé publique Horacio Arruda.

«Je me pose la question sur le rôle que va continuer à jouer la ministre des Aînés dans ce gouvernement-là», a lancé jeudi en point de presse le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Dans une entrevue accordée à l’émission «Enquête», qui sera diffusée jeudi à Radio-Canada, Mme Blais a expliqué avoir très peu de pouvoir. Elle a invité la journaliste à interroger MM. Legault et Arruda.

Il faut notamment demander au Dr Arruda pourquoi le Québec a laissé des travailleurs de la santé qui revenaient de voyage en mars dernier travailler en CHSLD, a-t-elle dit.

Son témoignage est «explosif», a réagi M. Bérubé, qui estime que Marguerite Blais vient ni plus ni moins de «tirer dans la chaloupe».

Elle est une lanceuse d’alerte qui provient du conseil des ministres, s’est-il surpris, saluant du même coup la candeur de la ministre. «Avouez que c’est sans précédent.»

Pour la cheffe libérale Dominique Anglade, M. Legault doit maintenant «expliquer à la population pourquoi Mme Blais est toujours là».

Selon elle, Mme Blais a une grande part de responsabilité dans l’hécatombe causée par la COVID-19 en CHSLD. «On est ministre ou on ne l’est pas», a lancé Mme Anglade.

À la période des questions jeudi, le ministre de la Santé Christian Dubé s’est porté à la défense de sa collègue, qui n’était pas présente au Salon bleu. Il a imploré l’assemblée de faire preuve d’«empathie» envers Mme Blais.

«La députée de Saint-Jérôme est une femme de coeur, a-t-il dit. C’est une femme qui est revenue en politique pour faire une action au niveau des aînés.» Mme Blais est députée de la circonscription de Prévost.

M. Bérubé a affirmé que son parti n’aurait pas choisi Mme Blais comme candidate aux dernières élections, mais que la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault avait su «profiter» de sa popularité.

«On a instrumentalisé Marguerite Blais», a-t-il déclaré.

Arruda doit se ressaisir

Par ailleurs, jeudi, Dominique Anglade a demandé au Dr Arruda de se «ressaisir», comme elle l’avait fait la veille en entrevue à La Presse Canadienne.

Selon elle, le Dr Arruda a fait des déclarations «irresponsables» cette semaine lorsqu’il a évoqué la possibilité d’envoyer des policiers dans les maisons pour contrôler la propagation de la COVID-19.

Mme Anglade et M. Bérubé ont tous deux déclaré jeudi qu’il aurait peut-être été plus sage d’attendre avant de renouveler le Dr Arruda dans ses fonctions de directeur national de santé publique.

«J’ai été de celles qui avaient questionné déjà lorsqu’il avait été renommé, j’avais dit: «C’est une discussion que l’on devrait avoir avec l’ensemble des partis d’opposition»», a rappelé Mme Anglade.

Trudeau s’adresse à la nation, demande plus d’efforts contre la pandémie

COVID-19

Trudeau s’adresse à la nation, demande plus d’efforts contre la pandémie

Lina Dib
La Presse Canadienne
Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Dans un geste exceptionnel, Justin Trudeau a livré un discours à la nation mercredi soir pour parler de pandémie et aussi de politique.

L’initiative était d’autant plus surprenante que quelques heures plus tôt, il avait confié la lecture d’un discours du Trône à la gouverneure générale pour annoncer ses intentions pour les mois à venir.

En début de soirée, réquisitionnant le temps d’antenne des réseaux de télévision du pays, le premier ministre a plaidé pour que les Canadiens redoublent leurs efforts pour ralentir la pandémie, puis, très vite, il est revenu à son programme politique.

«Au printemps, on a tous travaillé ensemble pour aplatir la courbe, et nos efforts ont porté fruit. Mais maintenant, le virus est en train de revenir en force dans plusieurs parties du pays», s’est-il inquiété.

Après avoir dit que l’automne qui commence pourrait s’avérer bien pire que le printemps passé, il a assuré qu’il était encore possible de rêver de rencontres à Noël, même s’il est trop tard pour l’Action de grâce.

«Ce n’est pas le temps de faire des partys. Personne n’est invincible. Et vos proches ne le sont pas non plus», a dit, en toute simplicité, le premier ministre.

Il a présenté à nouveau les arguments pour l’utilisation de l’application d’alerte COVID, une application dont le gouvernement Legault n’a pas voulu et qui n’est donc pas disponible au Québec. Elle est en place en Ontario, en Saskatchewan, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador.

«Elle est facile et gratuite, elle préserve votre vie privée, et c’est un geste qui va vous protéger vous, et les gens autour de vous», a-t-il insisté.

Puis, il s’est tourné vers les promesses de son gouvernement, résumant en une dizaine de minutes le document lu pendant plus d’une heure par Julie Payette.

«La situation vécue par trop de nos aînés dans les centres de soins de longue durée est inacceptable. Il faut que ça change, et ça va changer», a-t-il lancé. «On va travailler dès maintenant avec les provinces et les territoires pour établir de nouvelles normes nationales pour les soins de longue durée», a-t-il assuré.

Il a repris plusieurs autres engagements du discours du Trône et il a répondu aux critiques qui lui reprochent toutes ces dépenses.

«En faire moins nous coûterait plus au bout du compte», a-t-il argué.

Réactions de l’opposition

L’ensemble de l’exercice s’est ainsi rapidement transformé en joute politique ordinaire, les chefs des partis d’opposition, qui avaient aussi droit à quelques minutes télévisées, y mettant chacun du sien.

«M. Trudeau dit que nous sommes là-dedans ensemble, mais le Canada n’a jamais été plus divisé. (...) Ce discours du Trône vient de démontrer que ça va être pire dans l’avenir, car M. Trudeau ne comprend pas les besoins réels des Canadiens», a lancé le chef conservateur Erin O’Toole qui a enregistré sa prestation devant son domicile à Ottawa, où il est confiné parce qu’infecté par le coronavirus.

«Le gouvernement du Québec et le Bloc québécois sont d’accord; ce discours du Trône est un affront aux compétences et aux demandes de l’Assemblée nationale du Québec et ne mérite pas l’appui du Québec», a martelé le chef bloquiste Yves-François Blanchet, lui aussi devant sa résidence, à Shawinigan, parce que, lui aussi, est atteint de la COVID-19.

«Je sais que la COVID-19 a révélé de grands problèmes, mais ce ne sont pas des problèmes qui sont nouveaux. Plusieurs de ces problèmes existaient avant la pandémie et Justin Trudeau était au pouvoir avec un gouvernement majoritaire et n’a pas réglé ces problèmes», a balancé Jagmeet Singh, chef néo-démocrate.

«Moi, j’ai ressenti un politicien qui vendait sa salade parce que ce n’était pas un appel à la nation, c’était un chef de parti qui expliquait ses politiques», a critiqué le député Gérard Deltell en parlant, bien sûr, du premier ministre.

«Ce n’était pas utile, c’était futile», a renchéri le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

Tous deux ont fait fi du ton partisan de leurs propres leaders.

Cependant, les trois chefs d’opposition ont aussi fait allusion à cette pandémie si pénible à vivre.

«La situation que vit ma famille montre que nous devons rester très vigilants dans la lutte contre la COVID-19», a souligné M. O’Toole. Sa conjointe, comme lui, présente des symptômes de la COVID-19.

«Nous vous voyons, nous vous entendons et nous allons continuer de nous battre pour vous», a dit M. Singh.

«Devant l’adversité, continuons à être braves et confiants envers notre futur», a offert M. Blanchet.

Le premier ministre, lui, pour finir son discours à la nation, a tenté d’inspirer ses auditeurs.

«Les Canadiens, on est des gens qui disent : “je suis capable”. Dans chaque secteur, aux quatre coins du pays, chacun d’entre nous est en train de faire sa part», a-t-il dit.

«On est à la croisée des chemins et l’avenir est entre nos mains», a-t-il conclu.

Discours du Trône: le sort du gouvernement Trudeau encore incertain

Politique

Discours du Trône: le sort du gouvernement Trudeau encore incertain

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Le sort du gouvernement minoritaire de Justin Trudeau est toujours incertain.

Le Parti conservateur a annoncé qu’il votera contre le discours du Trône lu par la gouverneure générale Julie Payette et tout indique que le Bloc québécois fera de même. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert, pour leur part, laissent planer le doute.

«Nous sommes déçus de ce discours du Trône. Nous ne pouvons pas l’appuyer», a pesté Gérard Deltell, en point de presse. Le député conservateur y a vu la preuve que la prorogation ne servait qu’à sortir les libéraux d’une situation politique délicate alors que l’été dernier, les comités parlementaires étudiaient le contrat accordé à l’organisme de charité UNIS.

«On n’a pas décidé en ce moment. (...) On donne une chance au gouvernement libéral de faire ce qu’il faut pour les gens», a laissé tomber Jagmeet Singh, qui veut attendre de voir si les libéraux poseront des gestes concrets pour mettre en oeuvre les congés de maladie payés et augmenter les sommes versées aux chômeurs.

Le chef néo-démocrate juge que les libéraux, s’ils veulent s’assurer de l’appui de son parti, devront déposer des projets de loi ou prendre des engagements clairs dans les prochains jours.

Le discours du Trône contient de nombreuses promesses qui pourraient plaire au NPD - sollicité pour son appui afin d’éviter une élection - notamment l’intention de continuer la mise en place d’un régime national universel d’assurance-médicaments et des nouvelles normes nationales pour les résidences de soins de longue durée au pays.

Réaction de Legault

Mais ces engagements du gouvernement libéral ne plaisent pas à tous.

Mme Payette n’avait pas fini de lire le discours mercredi après-midi que, déjà, le premier ministre du Québec, François Legault, pestait sur son fil Twitter. Il en a contre l’intention du gouvernement fédéral de s’ingérer dans les champs de compétences des provinces en santé.

«Je vais en discuter demain (jeudi) avec les premiers ministres des autres provinces», a fait savoir M. Legault dans un gazouillis.

Qui plus est, le document préparé par les libéraux fédéraux ne faisait aucune mention de la hausse des transferts en santé réclamée par l’ensemble des premiers ministres provinciaux.

M. Legault et trois de ses homologues s’étaient rendus à Ottawa vendredi dernier pour réclamer 28 milliards $ de plus en transferts fédéraux d’ici l’an prochain, ce qui porterait la contribution fédérale à 35 % des coûts des soins de santé.

Les doléances du premier ministre du Québec ont été reprises par le chef bloquiste Yves-François Blanchet, qui en fait une condition à l’appui de son parti au discours du Trône.

«S’il n’accepte pas la demande de Québec en santé, on vote contre. S’il accepte la demande de Québec en santé, on va continuer à jaser des autres affaires qui ne sont, dans bien des cas, pas acceptables», a affirmé M. Blanchet dans une entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

«Les aînés? Si tu as entre 65 et 75 ans, il n’y a pas une cenne pour toi là-dedans. C’est totalement inacceptable. Les principes généraux sur la gestion de l’offre sont les mêmes qu’ils étaient il y a un an. Il n’y a rien qui a bougé dans ça. Et (Trudeau) a promis une relance verte. Il n’y a pas de relance verte là-dedans», énumère-t-il.

Et M. Blanchet suppose que le vote sur le discours du Trône se tiendrait mercredi prochain. Il donne donc «une semaine» à Justin Trudeau pour répondre à la demande de Québec en santé.

Le Parti conservateur a repris cette même critique.

«Ce discours du Trône-là est encore un moyen pour (...) piétiner le pouvoir provincial par l’autorité libérale fédérale qui, semble-t-il, sait tout ce qui est bon pour les provinces. Finançons correctement les provinces et les provinces sauront ce qui est important à faire correctement», a déclaré M. Deltell.

M. Singh a rejeté ces enjeux de compétences, qu’il juge futiles dans la situation actuelle.

«Si quelqu’un peut regarder dans les yeux de quelqu’un qui a perdu sa mère ou son père à cause des conditions horribles dans les centres de soins de longue durée... ces familles ne veulent pas entendre des excuses de juridictions», a-t-il dit.

«Oui, je reconnais et je respecte les compétences, mais plus que ça, je respecte la volonté des gens qui veulent voir que leurs proches ont accès aux soins nécessaires», a ajouté M. Singh.

Les trois élus des verts vont aussi continuer de réfléchir à leur vote au sujet du discours du Trône.

«Notre réaction initiale, c’est que nous étions ravis par plusieurs choses que nous avons vues (...) et je dois dire que j’ai tempéré mon enthousiasme parce que nous les avons déjà vues auparavant», a dit la chef parlementaire Elizabeth May, citant en exemple l’eau potable promise dans les communautés autochtones.

Discours du Trône: un million d’emplois promis

Politique

Discours du Trône: un million d’emplois promis

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA - Un million d’emplois promis, une subvention salariale prolongée jusqu’à l’été prochain, mais pas un mot sur les demandes des provinces pour une augmentation des transferts en santé.

La gouverneure générale livrait mercredi après-midi le discours du Trône du gouvernement Trudeau pour ouvrir la deuxième session de la 43e législature.

Comme prévu, la lutte à la pandémie y occupe une grande place, c’est le premier de «quatre piliers» présentés dans ce discours. Les trois autres piliers: un soutien économique tant que dure la pandémie, une reconstruction d’un Canada «plus fort et plus résilient» où on parle de «croissance propre» et la défense des «valeurs canadiennes» où on inscrit, entre autres, la lutte contre le racisme.

«Protéger les Canadiens de la COVID-19», c’est «la priorité absolue», a lu Julie Payette dans le texte rédigé par le gouvernement de Justin Trudeau.

«Le gouvernement fédéral sera là pour aider les provinces à accroître leur capacité de dépistage», a fait savoir Mme Payette, à l’heure où les longues attentes à faire la queue pour recevoir un test sont dénoncées en Ontario comme au Québec.

Le gouvernement fédéral promet «une aide financière supplémentaire» et directe aux entreprises qui sont obligées de fermer à cause d’une décision des autorités locales de santé publique.

On annonce également qu’il y aura des mesures pour «les industries les plus durement touchées» par la pandémie, en citant les industries de l’accueil, du tourisme, du voyage, et les arts de la scène.

Et puis, pour se relever après cette pandémie, il lancera «une campagne visant à créer plus d’un million d’emplois». Ottawa fait le calcul que tous les emplois disparus avec le coronavirus seront ainsi récupérés.

Pour atteindre cet objectif d’un million d’emplois, la Subvention salariale d’urgence du Canada sera prolongée «jusqu’à l’été prochain».

«Le gouvernement veillera à ce que tout le monde (...) ait accès à un médecin de famille», promet également le gouvernement fédéral, alors que ceci est de compétence provinciale. Et dans la même lancée, il n’utilise pas son discours pour répondre aux provinces qui lui réclament une augmentation des transferts en santé.

Vendredi, le premier ministre du Québec, François Legault, et trois de ses homologues avaient fait le voyage jusqu’à Ottawa pour exiger que dès l’an prochain, les transferts passent des 42 milliards $ prévus à 70 milliards $. Ceci porterait la contribution fédérale à 35 % des coûts des soins de santé.

Le discours prend cependant le soin de rappeler que le gouvernement fédéral a l’intention de collaborer avec les provinces pour établir «de nouvelles normes nationales pour les soins de longue durée afin que les personnes âgées bénéficient du meilleur soutien possible».

Promesses vertes

«Nous allons lutter contre les changements climatiques», assure le discours du Trône. Il y aura un plan «pour surpasser les objectifs climatiques du Canada pour 2030». Il y aura des lois pour atteindre «l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050». Il y aura plantation de 2 milliards d’arbres. Il y aura interdiction «des plastiques à usage unique nocifs l’an prochain».

Toutes ces intentions ont déjà été annoncées depuis l’élection de 2019.

«Un bon exemple d’adaptation vers un avenir neutre en carbone réside dans la construction de véhicules et de batteries zéro émission», rappelle le discours, en soulignant la présence de nickel et de cuivre au pays, un «avantage concurrentiel» pour produire des technologies propres.

Engagements passés et futurs

Le discours reprend toute une série d’engagements du gouvernement libéral.

Ainsi, il promet d’»accélérer» sa réponse aux «appels à la justice» fruits de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Il assure qu’il présentera un projet de loi «avant la fin de l’année» pour mettre en oeuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Il répète qu’il va «renforcer» la Loi sur les langues officielles, précisant qu’il tiendra alors compte «de la réalité particulière du français».

Il promet à nouveau de s’attaquer au «racisme systémique», mais en faisant miroiter une série de nouvelles mesures, parle d’une modernisation de la formation des policiers et d’une plus grande surveillance civile de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Plaire à l’opposition majoritaire

Le gouvernement libéral minoritaire n’oublie pas non plus de réitérer ses engagements pour une assurance-médicaments que lui ont réclamée les néo-démocrates depuis l’élection de 2019, ou pour un «dédommagement plein et équitable» pour les travailleurs soumis à la gestion de l’offre qu’exigent les bloquistes.

Il ramène aussi sa promesse d’un système de garderies «à l’échelle du Canada». Le Québec lui servira de modèle, promet-il. Le Québec réclamera, et s’attendra à obtenir, un droit de retrait avec compensation.

«Les Canadiens ne devraient pas avoir à choisir entre leur santé et leur travail», dit le discours, sans s’engager plus spécifiquement à imposer les 10 jours de congés de maladie payés, ce que lui réclame le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Un énoncé économique à venir

Le discours du Trône nous apprend aussi que c’est dans un énoncé économique présenté «cet automne» que le gouvernement «exposera la situation économique et financière» et «présentera de nouvelles mesures visant à mettre en oeuvre le présent discours du Trône».

Atteint de la COVID-19, le chef conservateur ne répliquera pas à Trudeau

Politique

Atteint de la COVID-19, le chef conservateur ne répliquera pas à Trudeau

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, en isolement parce qu’il est atteint de la COVID-19, ne donnera pas la réplique au premier ministre Justin Trudeau après son discours à la nation mercredi soir.

«Comme vous savez, M. O’Toole et son épouse ont la COVID-19 et ils ne veulent pas risquer d’exposer d’autres personnes au virus. Ainsi, il ne répondra pas en direct au premier ministre ce soir», a fait savoir sa porte-parole Kelsie Chiasson dans un courriel envoyé à La Presse Canadienne.

Mercredi matin, à quelques heures de l’allocution, les conservateurs n’étaient pas en mesure d’indiquer qui pourrait porter le message de leur parti.

«Nous sommes déçus (que ce ne soit pas M. O’Toole), mais nous comprenons qu’il doit suivre toutes les règles. (...) Alors nous explorons nos options en ce moment et décidons ce que nous allons faire, comment nous allons gérer cette situation», a déclaré la chef adjointe, Candice Bergen, lors d’une conférence de presse à Ottawa.

Le bureau du premier ministre a fait savoir que M. Trudeau «s’adressera directement aux Canadiens» mercredi à 18h30 pour souligner «l’urgence de combattre la COVID-19 au moment où nous faisons face à une possible deuxième vague du virus».

Il était prévu que les partis d’opposition y répondent chacun à leur tour.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet prendra la parole de chez lui puisqu’il est en quarantaine, ayant contracté le coronavirus.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh aura aussi quelques minutes. Tous ces discours seront assez brefs. L’ensemble de l’exercice doit finir vers 19h.

Le discours du Trône, lui, aura été lu en milieu d’après-midi.

Attentes des partis d’opposition

Les conservateurs espèrent voir, dans le discours du Trône et le discours à la nation du premier ministre, un plan de relance économique qui comprend aussi un contrôle des dépenses.

«On a vu le gouvernement dépenser sans compter au cours des derniers mois et il faut que le gouvernement ait un objectif sérieux», estime Gérard Deltell, leader parlementaire de la formation politique, sans détailler l’objectif qu’il considérerait comme sérieux.

Il espère aussi que les mesures qui seront annoncées mercredi s’adresseront à tous les Canadiens et livreront un message d’espoir pour l’unité canadienne

«Depuis cinq ans, on a vu le Canada se déchirer, les régions mises les unes contre les autres, les classes sociales être mises les unes contre les autres. Il faut que le premier ministre lance un appel d’unité. C’est son devoir premier», a lancé M. Deltell.

Chez les verts, on s’attend à un engagement clair pour éviter une catastrophe climatique.

«Il y a un moment dans un futur très proche où l’humanité ne pourra plus faire une différence. Ce que nous faisons maintenant peut faire toute la différence», a lancé la chef parlementaire Elizabeth May, mercredi matin.

«Nous devons agir contre la COVID-19 avec détermination. Nous devons aussi agir sur la crise climatique avec détermination.»

Projet de loi 66: version adoucie et moins tentaculaire du 61

Politique

Projet de loi 66: version adoucie et moins tentaculaire du 61

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Avec son nouveau projet de loi 66 «concernant l’accélération de certains projets d’infrastructure», Sonia LeBel a déposé mercredi une version adoucie et moins tentaculaire du projet de loi 61, qui avait frappé un mur d’oppositions parlementaire et populaire.

«Le projet de loi 66 est plus ciblé. Les mesures qui sont incluses sont temporaires. Elles concernent spécifiquement les projets qui sont en annexe dans une liste fermée. La possibilité qui existait d’en rajouter n’est plus là. Nous sommes parvenus à prendre en compte tous les commentaires, à mettre de l’avant toutes les préoccupations qui ont été exprimées lors du précédent dépôt et à trouver le juste équilibre entre accélération et contrôle rigoureux», a exprimé la ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, en point de presse, trois heures après le dépôt officiel de ce nouveau projet de loi à l’Assemblée nationale du Québec.

Le projet de loi 66 constitue une version 2.0 du projet de loi 61 déposé à la fin de la dernière session parlementaire, en juin. Cette première mouture avait rencontré un barrage de critiques de la part de tous les partis d’opposition, mais aussi de plusieurs experts et de nombreux citoyens.

Le nouveau projet de loi 66 n’implique plus de prolongation de l’état d’urgence sanitaire ni d’immunité aux ministres dans le cadre de la loi, entre autres. Il dote aussi l’Autorité des marchés publics (AMP) de nouveaux pouvoirs de surveillance et d’intervention auprès des sous-traitants. Mais ces nouveaux pouvoirs ne s’appliquent qu’aux 181 projets énumérés dans le projet de loi, précise Mme LeBel.

21 projets déjà avancés

Une liste qui a fondu sous le soleil de l’été de 202 à 181 projets. Les 21 projets retirés de la liste sont-ils devenus moins pressants, tout à coup?

«On ne s’est quand même pas assis sur nos deux mains pendant trois mois. On a fait cheminer et avancer plusieurs projets d’infrastructure malgré tout. Il y en a qui sont commencés ou dont les appels d’offres sont lancés, ou les contrats signés. Les mesures établies dans le projet de loi 66 font en sorte que ces projets ne bénéficieraient pas d’une accélération, mais ils sont vraiment très avancés dans la voie d’exécution. Donc, non seulement ils ne sont pas abandonnés, mais je vous dirais qu’ils sont encore plus avancés que les 181 qui restent dans le projet de loi», explique la ministre LeBel.

Le projet de loi 61 n’était donc peut-être pas aussi crucial pour chacun des 202 projets de la liste initiale que l’affirmait son prédécesseur à la présidence du Conseil du trésor, Christian Dubé, maintenant ministre de la Santé et des Services sociaux.

Pas fermée aux négociations

Alors que dans la première version, le gouvernement se gardait encore le droit d’ajouter des projets, la liste actuelle de 181 projets s’avère fermée et sera fixée dès l’adoption du projet de loi.

«Aucune délégation réglementaire, aucune décision ne se prendra par la suite. Ce qu’on propose est entièrement sur la table et sera prêt à être discuté en commission parlementaire. Ainsi, tout est bien défini, circonscrit, précis, encadré à l’intérieur du projet de loi. Une des préoccupations des groupes environnementaux, c’était de savoir qu’est-ce qui se cachait potentiellement derrière ce pouvoir habilitant. Maintenant, c’est défini», poursuit Mme LeBel.

Qui ne ferme toutefois pas la porte à des négociations avec les partis d’opposition pour réviser ladite liste. «Je serais fort étonnée qu’on ajoute des projets, mais il faut se donner l’espace de discuter», dit-elle.

L’idée générale du projet de loi consiste à réduire les délais pour les projets de construction d’infrastructures de toutes sortes, tout en évitant de contourner les règles et les contrôles environnementaux et autres.

Deux projets du lot seraient quand même exemptés d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), soit le réaménagement de l’autoroute 30, entre Brossard et Boucherville, et de la route 117, entre Labelle et Rivière-Rouge. On parlerait ici d’un gain de temps de 20 mois dans tout le processus.

«Liste électorale de la CAQ»

Dans l’opposition, on se réjouit de voir qu’«on avait raison de bloquer la première mouture», constate le leader parlementaire et porte-parole du Parti québécois en matières d’économie et d’éthique, Martin Ouellet. M. Ouellet se demande toutefois pourquoi les nouveaux pouvoirs de l’AMP ne sont pas élargis au-delà des 181 projets en question et conteste toujours le contenu même de la liste, qu’il continue à qualifier de «fumisterie» et de «liste électorale des engagements de la CAQ».

Québec solidaire se dit toujours incapable d’«appuyer ce projet de loi dans sa forme actuelle». «Le gouvernement Legault devra faire la démonstration qu’il ne compte pas s’attaquer à nos milieux naturels pour accélérer la construction d’autoroutes», déclare Vincent Marissal, responsable solidaire en matière de justice économique et fiscale. QS exige aussi que le gouvernement consulte les leaders autochtones dans le processus.

Des groupes environnementaux déplorent pour leur part «qu’on y présente encore le respect des exigences environnementales comme un obstacle à la relance», peut-on lire dans un communiqué conjoint signé par les dirigeants d’Équiterre, du volet québécois de la Fondation David Suzuki, du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, du Centre québécois du droit de l’environnement, de Nature Québec, de Greenpeace Canada et de SNAP Québec.

Les écologistes proposent que le projet de loi soit modifié pour s’assurer qu’«un projet ne soit exempté d’exigences environnementales que de manière exceptionnelle», ce qui n’est plus le cas pour les projets à risque faible ou modéré.

Plus du quart des 181 projets concerne soit la construction des 47 Maisons des aînés. On compte aussi la construction ou la rénovation de 35 écoles. Routes, hôpitaux et infrastructures de transport collectif composent l’autre moitié de la liste.

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LISTE DES PROJETS PAR RÉGION

Capitale-Nationale

  • Reconstruction du pont de l’Île-d’Orléans entre Québec et l’Île-d’Orléans
  • Réfection majeure – Stationnement d’Youville
  • Construction d’une nouvelle école secondaire à Charlesbourg
  • Construction - Maison des aînés - Québec secteur Sainte-Foy
  • Construction - Maison des aînés - Québec secteur Lebourgneuf
  • Construction - Maison des aînés - Charlevoix
  • Construction - Maison des aînés - Portneuf
  • Construction d’un nouveau CHSLD à Saint-Augustin
  • Hôpital de La Malbaie - Agrandissement et réaménagement


Chaudière-Appalaches

  • Prolongement de l’autoroute 73
  • Mesures prioritaires pour le transport collectif sur le boulevard Guillaume-Couture à Lévis - Aménagement
  • Réhabilitation et maintien d’actifs du Chemin de fer Québec central, prolongement du réseau exploité à l’ouest de Vallée-Jonction
  • Construction - Maison des aînés - Lévis Ouest
  • Construction - Maison des aînés - Black Lake
  • Construction - Maison des aînés - Saint-Martin-de-Beauce
  • Hôpital de Thetford Mines – Modernisation de l’urgence

Bas-Saint-Laurent

  • Réaménagement de la route 293 dans le secteur au sud du 2e rang (réaménagement de 4 courbes) à Notre-Dame-des-Neiges
  • Reconstruction de la route 132 et du pont Arthur-Bergeron sur la rivière Mitis à Grand-Métis
  • Construction - Maison des aînés – Rimouski
  • Construction d’une école primaire 4-3-18 à Rimouski (Lab-École)

Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

  • Construction - Maison des aînés - Îles-de-la-Madeleine
  • Construction - Maison des aînés - Rivière-au-Renard
  • Agrandissement et rénovation du CHSLD du Rocher Percé à Chandler
  • Réfection et reconstruction - Réseau ferroviaire de la Gaspésie entre Port-Daniel−Gascons et Gaspé

Côte-Nord

  • Construction – Maison des aînés – Baie-Comeau
  • Construction – Maison des aînés – Havre-Saint-Pierre
Données médicales personnelles: la CAQ vote contre des consultations

Politique

Données médicales personnelles: la CAQ vote contre des consultations

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Les élus caquistes ont refusé, mercredi, la tenue des consultations sur la transmission de données médicales personnelles à des entreprises pharmaceutiques.

Les députés caquistes, qui sont majoritaires à la Commission parlementaire de la santé et des services sociaux, ont voté contre cette proposition de Québec solidaire (QS) en plaidant qu’il s’agit là d’un scénario hypothétique.

Pourtant il y a quelques semaines à peine, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, avait plaidé que ces données confidentielles pourraient servir à attirer des investissements d’entreprises ici et que ce serait «gagnant» pour le Québec.

Cependant, le porte-parole des élus caquistes, le député Ian Lafrenière, soutient qu’il n’est pas pertinent d’entendre des experts sur cet enjeu, puisqu’il n’y a toujours pas de projet de loi qui a été déposé.

«Il n’y a aucun besoin à ce moment-là d’aller faire ce travail-là avec une feuille blanche, alors qu’il n’y a pas de demande, il n’y a pas d’intérêt pour le moment», a-t-il déclaré en conférence de presse dans le hall du parlement.

Les députés caquistes ont fait bloc pour battre la proposition de QS, mais M. Lafrenière a assuré qu’«on est capables de faire notre travail de façon non partisane».

QS a encaissé avec «grand déplaisir» la défaite. Le parti a rappelé que sa proposition avait pourtant reçu l’appui notamment de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, de l’Association des psychologues et de l’Association des gestionnaires d’information de la santé.

«Ça suffit, les ballons d’essai, ça suffit, les déclarations incendiaires», a dénoncé le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, en conférence de presse.

«Faites donc une commission parlementaire pour qu’on dissipe les doutes, pour qu’on fasse la lumière sur les intentions du gouvernement en matière de partage des données médicales.»

Selon lui, c’est un refus qui «mine la crédibilité du gouvernement».

Rappelons que le transfert de renseignements médicaux non nominatifs a lieu dans certains États comme la France, l’Écosse, et même l’Ontario, avec des balises.

«Qui peut faire gagner le PQ?»: dernier débat actif au PQ [VIDÉO]

Politique

«Qui peut faire gagner le PQ?»: dernier débat actif au PQ [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Plusieurs propositions et autant d’attaques ont composé le troisième et dernier débat de la course à la chefferie du Parti québécois, mardi soir. «Guy, j’ai l’impression que tu ne te présentes pas dans le bon parti, tu attaques le Parti québécois!» a entre autres déploré Sylvain Gaudreault, à l’endroit de son vis-à-vis Guy Nantel.

M. Nantel a une fois de plus critiqué le travail des gouvernements précédents au Québec. Dont celui formé par le PQ de 2012 à 2014 et le feu vert alors donné au polluant projet de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel, en Gaspésie. Gouvernement dans lequel le député Gaudreault agissait comme ministre.

M. Nantel avait verbalisé le même genre de critique au débat précédent à propos de la cimenterie McInnis. Cette fois, il a ajouté les redevances minières alors obtenues par le gouvernement Marois.

«En politique, on défend des idées. Je suis une personne de convictions! Si on veut quelqu’un qui va toujours dire oui pour ne pas blesser personne, il ne faut pas voter pour moi», a indiqué M. Nantel en point de presse d’après-débat, disant vouloir aller à l’inverse la «continuité» qu’offre la candidature de M. Gaudreault.

Il a aussi souligné que sa notoriété permettrait de rejoindre plus de Québécois lors des élections de 2022. «La question qu’il faut se poser, c’est qui peut faire gagner le Parti québécois?» a-t-il répété.

Vote dans deux semaines

C’est connu, l’humoriste n’hésite jamais à frapper à gauche et à droite. Mais ne refuse pas non plus une bonne idée d’un adversaire. Il a même reconnu que d’avoir un chef élu, M. Gaudreault étant le seul député des quatre candidats, constituerait un avantage.

MM. Gaudreault, Nantel, Frédéric Bastien et Paul St-Pierre Plamondon étaient réunis pour une troisième et dernière fois dans un studio de Granby pour ce débat de près de deux heures sur les thèmes du nationalisme et de la protection du territoire et de l’environnement.

«On vient de vivre la plus longue campagne à la chefferie de l’histoire. Huit mois à faire des Zoom, des capsules, trois débats... Vous avez tout entendu», a résumé M. Nantel, dans son mot de conclusion, pour signifier comment cette course à la direction du PQ aura été marquée par la pandémie de COVID-19.

Dans le cas du premier candidat déclaré, M. Gaudreault approchera presque une année complète de campagne.

Membres et sympathisants voteront du 5 au 9 octobre. L’identité du 10e chef élu dans l’histoire du Parti québécois sera dévoilée le vendredi soir, 9 octobre.

Pas de spectacle sur la souveraineté

Attaques, défensives, revers et quelques smashs ont ponctué la joute.

St-Pierre Plamondon propose d’utiliser 2 des 11 milliards $ du Fonds des générations pour l’investir en environnement. L’autonomie alimentaire doit aussi devenir une priorité, exprime l’avocat. «Les pays se volaient des masques pendant la pandémie, imaginez s’il manquait de nourriture», a-t-il illustré, pour signifier l’importance de son plan.

M. Gaudreault propose entre autres la création d’une SÉPAQ du patrimoine et d’une École nationale du patrimoine, en plus du poste de sous-ministre, «haut fonctionnaire chargé de briser les silos» des ministères. Il s’est aussi réjouit d’enfin parler d’environnement, «l’enjeu planétaire du 21e siècle», dans le dernier tiers du dernier débat.

M. Nantel ferait payer plus d’impôts aux entreprises aux noms anglophones, ressusciterait les Centres d’orientation et de formation des immigrants (COFI) et ouvrirait davantage de bureaux du Québec dans les pays d’où proviennent beaucoup d’immigrants venus s’installer ici, entre autres projets.

Après le débat, aux journalistes, Sylvain Gaudreault a émis l’idée que s’il devient chef, il verrait Guy Nantel partir en tournée de spectacles pour convaincre les Québécois du bien-fondé de l’indépendance. Un J’aime Hydro, la pièce de Christine Beaulieu sur notre hydroélectricité, mais sur la souveraineté.

«Je reprendrais mes affaires sans être au service d’une commande», a toutefois répondu l’humoriste, se disant ouvert à travailler aux côtés d’un chef Gaudreault dans un rôle politique plus direct.

Capitaine Constitution en hausse

De son côté, M. Bastien, moins connu et quatrième dans les sondages, a paru de plus en plus à l’aise d’un débat à l’autre. «Plus je fais des débats, plus j’aime ça», a-t-il reconnu, disant avoir du plaisir.

Celui que l’on pourrait surnommer Capitaine Constitution veut entre autres abolir les accommodements religieux et mettre sur pied un institut national de la géographie. «Si on veut protéger notre territoire, il faut commencer par le connaître», a dit ce prof d’histoire au cégep anglophone Dawson.

Il a continué de se poser en plus grand combattant des «fédéraux», comme il se plaît à nommer tout ce qui concerne les fédéralistes d’Ottawa, arguant que de forcer des négociations constitutionnelles raviverait inévitablement la flamme souverainiste.

La Chambre des communes teste le vote à distance en vue du discours du Trône

Politique

La Chambre des communes teste le vote à distance en vue du discours du Trône

Joan Bryden
La Presse Canadienne
Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
OTTAWA - La Chambre des communes procède actuellement à des essais visant à permettre aux députés de voter à distance en vue du retour au parlement prévu mercredi pour le discours du Trône.

Le gouvernement minoritaire libéral doit profiter de ce moment important pour présenter une mise à jour de sa gestion de la pandémie ainsi que de son plan pour diriger le pays après la COVID-19.

Québec donne plus de moyens à l'Office de la langue française

Politique

Québec donne plus de moyens à l'Office de la langue française

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Parce que le français «perd du terrain», Québec a annoncé une série de mesures pour donner plus de moyens à l'Office québécois de la langue française (OQLF), dont 50 employés et trois bureaux de plus, ainsi qu'une nouvelle «équipe-choc» dédiée à accompagner les petites entreprises.

«À l'instar de beaucoup de Québécois, le gouvernement est préoccupé par l'évolution de la situation linguistique. Les dernières études publiées par l'OQLF l'ont démontré. Le français en tant que langue commune perd présentement du terrain, et ce, particulièrement sur le marché du travail», a déclaré le ministre de la Justice, aussi responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, en conférence de presse lundi à Montréal.

La taxe fédérale sur le carbone devant la Cour suprême dès mardi

Actualités

La taxe fédérale sur le carbone devant la Cour suprême dès mardi

Mia Rabson
La Presse Canadienne
OTTAWA — La Cour suprême du Canada doit entendre à compter de mardi des appels dans trois affaires distinctes pour déterminer si la taxe fédérale sur le carbone est constitutionnelle ou si elle empiète sur les champs de compétence provinciale.

Des cours d’appel de la Saskatchewan et de l’Ontario ont confirmé la loi fédérale, tandis que la Cour d’appel de l’Alberta l’a invalidée.

La contestation devant le plus haut tribunal au pays pourrait donner lieu à un arrêt décisif pour l’un des piliers du programme des libéraux de Justin Trudeau en matière de climat. La tarification du carbone serait responsable de jusqu’à 40 % de la réduction des émissions de gaz à effet de serre nécessaire pour respecter les obligations du Canada en vertu de l’accord de Paris.

L’affaire doit être entendue pendant deux jours, avec les arguments d’au moins sept provinces, du gouvernement fédéral, de l’Assemblée des Premières Nations et d’une vingtaine d’intervenants tels que des groupes environnementaux et des syndicats.

Les gouvernements de l’Alberta, de l’Ontario et de la Saskatchewan soutiennent que la loi érode leur compétence en matière de ressources naturelles et de fiscalité provinciale. À l’inverse, Ottawa soutient que les émissions de carbone constituent une préoccupation nationale, qui dépasse les frontières provinciales et nécessite une réponse pancanadienne.

La Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre, adoptée en juin 2018, fixe un prix minimal de 10 $ par tonne de carbone, qui doit augmenter progressivement jusqu’à 50 $ la tonne en 2022.

Cette réglementation repose sur l’idée selon laquelle des émissions de gaz à effet de serre plus coûteuses ont un effet dissuasif sur les comportements polluants, tout en stimulant le développement de technologies plus sobres en carbone.

Ottawa retourne 90 % des recettes sous forme de remboursements d’impôt, et le reste est injecté dans des fonds pour soutenir le virage vert des entreprises.

La loi permet aux provinces d’imposer un prix sur le carbone comme elles l’entendent, mais celles qui n’ont pas leur propre taxe ou système de plafonnement et d’échange conforme aux exigences fédérales se voient imposer la taxe telle que conçue par Ottawa.

C’était le cas de quatre provinces — la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick — lorsque la loi est entrée en vigueur en 2019.

Un Québec carboneutre en 2050: pas d'engagement de Legault à son aile jeunesse

Politique

Un Québec carboneutre en 2050: pas d'engagement de Legault à son aile jeunesse

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Un Québec carboneutre en 2050 : est-ce un objectif réaliste et réalisable par un gouvernement de la CAQ?

C'est ce que croient les jeunes militants de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui ont fait pression dimanche sur le premier ministre François Legault pour qu'il s'engage à faire ce qu'il faut maintenant pour que cet objectif devienne réalité dans 30 ans.

L'ancien premier ministre du Canada John Turner s'éteint à 91 ans

Politique

L'ancien premier ministre du Canada John Turner s'éteint à 91 ans

Isabelle Rodrigue
La Presse Canadienne
Entré en politique au début de la trentaine, ses pairs le considéraient dès le début de sa carrière politique comme un aspirant sérieux au poste de premier ministre. Mais John Turner, qui s'est éteint à l'âge de 91 ans, n'aura finalement passé qu'un peu plus de deux mois à la tête du pays, l'un des plus courts mandats de l'histoire.

M. Turner est mort paisiblement vendredi soir chez lui, a indiqué un ancien collaborateur, Marc Keasley, au nom de la famille.

Premier ministre libéral de juin à septembre 1984, John Turner ne sera demeuré que 78 jours à la tête du pays, avant d'être balayé par la vague conservatrice menée par Brian Mulroney. Ses deux défaites électorales consécutives, en 1984 et en 1988, contribueront à lui accoler l'image d'un beau garçon sans profondeur, incapable de mener ses troupes à la victoire.

Pourtant, la carrière politique de Turner semblait destinée à de grandes réalisations. Il n'a pas encore 40 ans et ses collègues libéraux voient en lui un futur chef promis à un avenir brillant.

Né en Angleterre le 7 juin 1929, le jeune John Turner a grandi au Canada. Après des études à l'Université de Colombie-Britannique, le jeune homme reçoit une bourse de la fondation Rhodes qui lui permet d'aller étudier le droit à Oxford. Il poursuivra ensuite ses études doctorales à Paris, où il apprend le français.

Reçu au barreau canadien, il s'installe à Montréal et travaille pendant quelques années pour le cabinet Stikeman and Elliot.

Son implication au sein du barreau attire l'attention du Parti libéral, qui le recrute d'abord comme militant, puis comme candidat en 1962. Il remporte l'élection en juin et devient député fédéral de la circonscription montréalaise de St-Laurent-St-Georges.

Ses idées de réforme des politiques du parti et du travail de parlementaire l'aident à se démarquer. En 1967, à 36 ans, il fait son entrée au sein du conseil des ministres, aux côtés de deux autres recrues: Pierre Elliott Trudeau et Jean Chrétien. Lester Pearson le nomme d'abord ministre sans portefeuille, puis ministre de la Consommation et des Corporations.

Après l'annonce du départ du premier ministre Pearson, John Turner décide de se lancer dans la campagne au leadership libéral, se posant comme le candidat des jeunes et des réformes. Le jeune loup de 38 ans cause toute une surprise en terminant troisième sur neuf candidats.

Le nouveau premier ministre ne peut l'ignorer dans la composition de son cabinet, et il le nomme à la Justice. Il y pilotera des dossiers controversés, dont le projet de loi omnibus (qui décriminalise entre autres l'homosexualité) et la loi sur les mesures de guerre, en octobre 1970, pour répliquer à la crise qui secoue le Québec.

En 1972, Trudeau lui donne le portefeuille des Finances, un poste que M. Turner accepte à reculons. Au sein d'un gouvernement minoritaire, il doit faire preuve d'adresse pour faire adopter ses budgets. Il tire néanmoins son épingle du jeu malgré un contexte économique loin d'être rose et un environnement politique difficile.

L'approche de M. Turner, qui était plus conservateur et pragmatique face aux questions économiques, le place constamment en contradiction avec Trudeau. Les différends s'accumulent et, à la surprise générale, à la fin de 1975, il annonce sa démission comme ministre des Finances. Il quitte la politique «pour toujours», déclarera-t-il en février 1976.

Il s'installe à Toronto et y pratique le droit au sein d'un grand cabinet. Pendant plusieurs années, il se fait oublier du grand public et développe ses liens avec le monde des affaires.

Mais son départ de la politique est mal perçu au sein de la famille libérale. Plusieurs l'accusent d'avoir quitté le bateau à un moment ardu pour le parti. Certains entretiendront cette rancoeur pendant de longues années et lui en voudront même en 1984, lorsque Turner effectue son retour en politique lors de la campagne au leadership pour succéder à Trudeau.

A cette deuxième tentative pour prendre les rênes du PLC, Turner gagne son pari et il coiffe son adversaire, Jean Chrétien, au deuxième tour. Espérant profiter de sa nouvelle popularité comme chef, il déclenche rapidement des élections. Mais il a hérité d'un parti usé, en perte de vitesse et de popularité.

Et John Turner multiplie les erreurs lors de la campagne électorale. À la première semaine de campagne, devant les caméras, il donne une légère tape sur les fesses de la présidente du PLC, Iona Campagnolo. Le geste sera fortement critiqué et Turner ne fera rien pour calmer les choses en déclarant qu'il est un «politicien très tactile».

Lors du débat télévisé en anglais, il se fait mettre en boîte par son adversaire conservateur lors d'un échange désormais inscrit dans l'histoire. Tentant de se défendre des accusations de favoritisme en expliquant qu'il n'avait pas le choix, John Turner s'est fait clouer le bec par un «vous aviez le choix» bien senti de M. Mulroney.

Après une campagne estivale, les conservateurs de Brian Mulroney renverseront tout sur leur passage, renvoyant les libéraux sur les banquettes de l'opposition.

«Je n'avais pas prévu le massacre», admettra M. Turner quelques années plus tard.

Chef de l'opposition officielle, M. Turner doit surtout rebâtir son parti, dans la déroute autant sur le plan de l'organisation que des finances, après une course au leadership et une défaite cuisante.

Le chef libéral laissera surtout sa marque lors du débat sur le libre-échange, une idée à laquelle il s'oppose farouchement. Ce sera l'enjeu de l'élection de 1988, mais les Canadiens décident de faire toujours confiance aux conservateurs.

Son leadership contesté par ses troupes, il tire sa révérence en 1990 et retourne à la pratique du droit.

En décembre 2004, il refait une brève apparition sur la scène publique en acceptant de présider la délégation d'observateurs canadiens lors des élections en Ukraine.

Erin O’Toole positif à la COVID-19; François Legault en isolement 

Politique

Erin O’Toole positif à la COVID-19; François Legault en isolement 

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA — Le bureau du chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, a annoncé en soirée que celui-ci avait reçu un diagnostic positif à la COVID-19.

Selon le communiqué du parti, le politicien se porte bien. Il s’est dit soulagé que son épouse et ses enfants aient obtenu des résultats négatifs. Erin O’Toole va demeurer en isolement.

En réaction à la nouvelle, le premier ministre du Québec François Legault a annoncé à son tour qu’il se plaçait en isolement préventif en attendant de subir lui-même un test de dépistage.

«M. O’Toole ayant testé positif à la COVID-19, je vais, par précaution, passer un test de dépistage et m’isoler à la maison. Personne n’est à l’abri de la contagion. Faites attention à vous», pouvait-on lire sur le compte Twitter de M. Legault en soirée.

Jean-Yves Duclos: «Nous sortirons plus forts de la crise si on le fait ensemble»

Politique

Jean-Yves Duclos: «Nous sortirons plus forts de la crise si on le fait ensemble»

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
LA POLITIQUE EN QUESTIONS / Chaque samedi, Le Soleil braque les projecteurs sur des sujets politiques chauds passés sous la loupe d’acteurs du milieu ou d’observateurs avisés.

Alors que le gouvernement Trudeau s’apprête à relancer l’activité parlementaire à Ottawa, Jean-Yves Duclos a déjà les deux mains dans la relance économique. Le député libéral de la circonscription fédérale de Québec a vu son rôle de président du Conseil du Trésor du Canada prendre une autre dimension au cours des derniers mois marqués par la pandémie.

Q Quelles orientations le gouvernement libéral souhaitera-t-il mettre en évidence dans le discours du Trône, mercredi?

R Les mots-clés seront santé et sécurité. Notre priorité est la santé des gens, évidemment, mais aussi la santé économique et la santé de l’environnement. Et si on veut une relance forte, elle doit être sécuritaire.

J’utilise l’analogie du feu de circulation avec les lumières verte, jaune et rouge. Quand les gens regardent la lumière rouge, ils savent qu’ils sont en sécurité. Le jaune, c’est pour être juste, donner du courage et de la lumière à ceux qui en ont besoin pour passer à travers. Le vert, c’est l’espoir, essentiel. Aussi le développement durable, qui prendra encore plus d’importance après la pandémie.

Q Quel sera l’élément central de la relance économique, surtout à l’aube d’une possible deuxième vague?

R On veut donner à la fois le sentiment et la réalité de sécurité pour nos travailleurs, nos familles et nos aînés. On sent beaucoup d’anxiété chez les gens, ce qui inclut les travailleurs et les entrepreneurs, de passer à travers la crise sanitaire. On doit maîtriser la crise pour donner confiance aux gens, ce qui va relancer l’économie.

Q Le programme de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) tire à sa fin. Quel bilan en faites-vous?

R Un bilan très positif, autant dans la dimension économique que sociale. Au plan économique, il est absolument essentiel de s’occuper de ceux qui subissent le plus les effets de la pandémie, c’est-à-dire les jeunes, les femmes, les travailleurs sans sécurité d’emploi, les gens à faible salaire, les travailleurs autonomes.

Plus de 8,5 millions de Canadiens ont eu besoin de la PCU, dont 2 millions au Québec et 250 000 juste dans la région de Québec. Des salariés et des travailleurs autonomes qui ont eu besoin de la PCU pour mettre de la nourriture sur la table.

En l’absence d’intervention rapide, on aurait eu une énorme crise sociale à Québec et partout au pays. Plein de gens qui auraient été incapables de payer l’épicerie, leur carte de crédit, leur maison. Un drame terrible qui aurait affecté le tissu social et économique.

Q Comment envisagez-vous la tenue d’une campagne électorale pancanadienne en période de pandémie, que ce soit cet automne ou au printemps prochain?

R Notre attention est entièrement focalisée sur la gestion de la crise à la fois sanitaire et économique. On n’a aucune intention et aucun intérêt à forcer des élections dans les prochains mois, alors que la situation est critique autant au Québec qu’au Canada. Mais nous sommes en situation de gouvernement minoritaire et la décision revient aux partis d’opposition. Nous, on se concentre à prendre soin des gens et des entreprises dans le contexte actuel.

Q Il s’affiche déjà pro-choix et en faveur du mariage gai. Voyez-vous en Erin O’Toole, le nouveau chef conservateur, une menace plus importante pour les libéraux au Québec qu’Andrew Scheer?

R Le Parti libéral a une philosophie assez différente de celle du Parti conservateur. La philosophie du Parti libéral repose sur la liberté de choix, la possibilité de chaque personne de s’épanouir comme elle veut le faire, non seulement dans le respect de la différence, mais dans la valorisation de la différence. Les différences rendent notre société plus forte et plus fière.

On croit à la solidarité, encore plus en temps de crise. Nous sortirons plus forts de la crise, mais seulement si on le fait ensemble, en s’entraidant. Les autres partis ont des philosophies différentes, alors je laisse aux gens le souci de choisir ce qui est important pour eux.

Q Êtes-vous surpris de la hausse des cas de COVID-19 à Québec, surtout que la région avait été relativement épargnée au printemps dernier?

R La région de Québec est comme les autres régions au Québec et ailleurs au pays. Tout le monde a intérêt à protéger sa santé et celle des autres. Dans la région et dans ma circonscription, j’ai observé qu’une grande majorité des gens portent le masque, se lavent les mains, gardent leur distance. Et ils me disent qu’ils le font pour eux, mais surtout pour les autres.

Q Blitz régional : questions courtes, réponses courtes. Peinture du pont de Québec?

R On a fait un grand bond. Il y a un an, c’était la première fois dans l’histoire qu’un gouvernement canadien reconnaissait que la reprise faisait partie des possibilités. Le récent rapport d’Yvon Charest permet d’aller de l’avant.

Q Projet Laurentia du port de Québec?

R Projet solide du point de vue économique. Mais comme tout projet d’envergure en 2020, il doit passer les étapes importantes des évaluations et des approbations environnementales.

Q Un gouvernement fédéral libéral financera-t-il le troisième lien?

R Notre priorité au cours des quatre dernières années a été de financer le plus gros investissement gouvernemental fédéral de l’histoire dans la région de Québec, c’est-à-dire le projet de réseau structurant de transport en commun. Une grande fierté. On continue à être à l’écoute d’autres occasions d’appuyer les projets à Québec et, comme tout le monde, on a envie d’en savoir plus sur le troisième lien.

Q Y a-t-il de l’eau dans le gaz du tramway?

R Québec est la seule ville de cette taille au Canada à ne pas avoir de réseau structurant de transport en commun, anomalie qu’on doit corriger. Une ville moderne comme Québec doit avoir ça. En plus, on a une chance exceptionnelle dans l’alignement des trois paliers de gouvernement pour permettre la construction de ce réseau.

Q Les travailleurs du chantier Davie de Lévis peuvent-ils voir à long terme?

R Les 20 prochaines années à la Davie marqueront l’émergence d’un rôle maritime d’une taille et d’une modernité qui va compétitionner avec tous les grands chantiers navals à l’échelle mondiale. Le chantier et ses 900 fournisseurs ne seront plus ce qu’ils ont été ces dernières années.

Transferts en santé: front commun des provinces et territoires

Politique

Transferts en santé: front commun des provinces et territoires

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA — À quelques jours du discours du Trône, les provinces et territoires réclament qu’Ottawa hausse sa contribution en santé de 28 milliards $ de plus à chaque année.

Cette revendication a été portée vendredi lors d’une conférence de presse au Château Laurier, à deux pas de la colline parlementaire à Ottawa, par le premier ministre du Québec, François Legault, qui s’est fait le porte-voix de tous ses collègues du Conseil de la fédération. Il était accompagné de Doug Ford, de l’Ontario, Jason Kenney, de l’Alberta, et Brian Pallister, du Manitoba.

M. Legault demande à ce que le gouvernement fédéral augmente les transferts fédéraux en santé pour les faire passer de 22 % à 35 % des coûts totaux des provinces et territoires, et ce, sans conditions. Concrètement, il demande donc à ce l’enveloppe fédérale passe de 42 milliards $ à 70 milliards $ par année, une augmentation de 28 milliards $.

Il demande également au gouvernement fédéral d’octroyer 10 milliards $ par année pendant 10 ans de plus pour financer des projets d’infrastructures au pays et d’assouplir le Programme de stabilisation fiscale afin de venir en aide aux provinces de l’Ouest, notamment.

«Il est temps que le gouvernement fédéral fasse sa juste part», a martelé M. Legault, qui endossera bientôt le chapeau de président du Conseil de la fédération.

Dominic LeBlanc, ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, s’est étonné que les premiers ministres des provinces viennent jusqu’à Ottawa pour redemander des transferts supplémentaires en santé alors qu’une rencontre est déjà prévue à cet effet pour l’automne.

«Alors qu’ils soient venus à Ottawa répéter ça une semaine avant le discours du Trône, c’est très agréable, mais moi je pense que les gens s’attendent à ce que leurs gouvernements soient «focussés» sur des questions de santé publique actuellement. Et c’est notre focus aussi», a-t-il déclaré.

MM. Legault et Ford avaient déjà uni leur voix la semaine dernière pour exhorter Ottawa à augmenter de manière significative et récurrente les paiements de transfert en santé versés annuellement aux provinces et territoires. Ils avaient promis d’en parler lors de la prochaine rencontre du Conseil de la fédération pour arriver avec des revendications chiffrées.

Mais cette rencontre, qui devait rassembler à Québec tous les premiers ministres des provinces les 24 et 25 septembre, a été annulée vendredi dernier.

Le gouvernement fédéral a accordé 19 milliards $ pour aider les provinces et territoires à relancer leur économie et à traverser de nouvelles vagues potentielles de COVID-19. Mais M. Legault se dit maintenant déterminé à négocier des sommes récurrentes en santé, sommes qu’il espère voir d’ici au prochain budget fédéral.

La demande spécifique de 70 milliards $ par année est-elle réaliste? M. LeBlanc n’a pas voulu dévoiler les cartes de son jeu.

«Moi je ne sous-estime jamais l’appétit des premiers ministres des provinces pour des transferts illimités du gouvernement fédéral dans tous les domaines. Alors, ça, ça ne me surprend pas. (...) Nous sommes ouverts à cette discussion. On verra le chiffre qui sortira de la conversation», a-t-il dit.

Montrer l’exemple?

Les quatre premiers ministres ont aussi eu à se défendre de s’être rencontrés en personne, alors qu’ils demandent à leur population de respecter les règles sanitaires et d’éviter les déplacements inutiles entre régions devant la flambée des cas.

Qui plus est, la médecin en chef de la santé publique de la Ville venait de déclarer qu’Ottawa amorçait sa deuxième vague de COVID-19.

M. Legault, l’initiateur de la rencontre, n’a pas semblé s’en formaliser. «Pourquoi ça valait la peine de venir ici aujourd’hui? Parce que, justement, il y a un lien avec la COVID!» s’est-il exclamé en réponse à la question d’une journaliste.

À ses côtés, M. Ford a déclaré que toutes les précautions avaient été prises pour éviter une contamination lors de la rencontre. L’hôtel a pris leur température, a-t-il dit, et tout le monde devait porter un masque à moins d’être assis à deux mètres de distance.

«Il y a une différence entre le fait d’entrer dans un hôtel, qui suit des consignes et des protocoles très stricts, et le fait de tenir un gros party de 150 personnes où l’on s’embrasse et l’on se donne des câlins», a-t-il insisté.

Selon M. Kenney, même au beau milieu d’une pandémie, «les gouvernements doivent continuer de travailler».

«Le gouvernement fédéral se rencontrera la semaine prochaine pour entendre le discours du Trône, comme ils le devraient, en prenant les précautions nécessaires comme nous l’avons fait en voyageant ici», a fait valoir le premier ministre albertain.

Les politiciens ne sont pas à l’abri d’une contamination de COVID-19, même s’ils disent suivre les recommandations de santé publique.

Vendredi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a annoncé qu’il avait reçu un test positif de la COVID-19. Le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, est pour sa part toujours en isolement préventif dans l’attente du résultat de son test.

Quatre premiers ministres à Ottawa vendredi pour soutirer plus d’argent en santé

Politique

Quatre premiers ministres à Ottawa vendredi pour soutirer plus d’argent en santé

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Quatre premiers ministres se rendent à Ottawa vendredi, déterminés à afficher un nouveau «front commun» interprovincial devant le gouvernement fédéral.

L’annonce a été faite jeudi, en point de presse, par le premier ministre François Legault, qui milite depuis des semaines pour jeter les bases d’un tel front commun destiné à soutirer plus d’argent d’Ottawa sous forme de paiements de transferts bonifiés en santé.

Des milliards de dollars sont en jeu.

Il sera accompagné par trois de ses homologues: le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, celui de l’Alberta, Jason Kenney, et celui du Manitoba, Brian Pallister.

Au terme de la rencontre, une conférence de presse est prévue à 13 h, vendredi, à l’hôtel Château Laurier, à un jet de pierre du parlement fédéral.

La rencontre a lieu sous l’égide du Conseil de la fédération, actuellement présidé par le premier ministre Legault. Les premiers ministres présents vont donc parler au nom de tous les autres.

Comme ses homologues, M. Legault insistera pour obtenir des sommes importantes et sans condition, tout en réclamant du gouvernement fédéral une contribution plus substantielle au financement des soins de santé des provinces, sur une base annuelle et récurrente.

Après avoir effectué une série d’appels téléphoniques à ses homologues au cours des derniers jours, M. Legault dit avoir obtenu l’assurance que toutes les provinces sont en mesure «de faire des demandes communes au gouvernement fédéral».

«On est toujours plus forts quand on est unis», a-t-il dit.

Ce sera aussi l’occasion pour les provinces de préciser leurs demandes monétaires en prévision de la présentation du discours du Trône, le 23 septembre, à la Chambre des communes.

Aucune rencontre n’est prévue vendredi avec le premier ministre Justin Trudeau ou des ministres de son cabinet.

En ces temps de pandémie, M. Legault a dit qu’actuellement, toutes aux prises avec une hausse constante du nombre de cas d’infections à la COVID-19, les provinces vivaient une situation analogue à travers le pays.

«On a tous les mêmes défis. On a tous à peu près les mêmes mesures», a-t-il assuré.

Contrairement à ce qui est véhiculé dans les médias, il est selon lui faux d’affirmer que certaines provinces, nommément la Colombie-Britannique, ont adopté des mesures plus costaudes que le Québec pour contrer la propagation du virus.

Il a réaffirmé que la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, continuait à discuter avec les corps policiers pour voir comment on pouvait se montrer «encore plus sévères» envers la poignée de récalcitrants qui refusent de respecter les consignes sanitaires.

Une annonce pourrait avoir lieu dès vendredi.

Le gouvernement prépare par ailleurs une nouvelle campagne publicitaire «plus percutante» destinée plus particulièrement à ces récalcitrants.

Elle va inclure des témoignages de personnes ayant survécu à la COVID-19 et de proches de personnes emportées par le virus.

Le PLQ et le PQ s'opposent à l’intervention policière dans les domiciles

Politique

Le PLQ et le PQ s'opposent à l’intervention policière dans les domiciles

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Les libéraux et les péquistes s’opposent aux interventions policières dans les domiciles pour faire respecter les règles imposées par la santé publique, mais Québec solidaire (QS) n’a pas fermé la porte, si un mandat est émis.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, devrait faire une annonce vendredi sur le recours possible aux forces policières, puisque les rassemblements privés illégaux et les fêtes sont le plus important vecteur de propagation de la COVID-19 au Québec.

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, a évoqué un effet dissuasif, comme la présence policière sur les autoroutes contribue à réduire la vitesse des automobilistes.

«Cela aiderait à réduire les chiffres (de la propagation), a-t-il dit en conférence de presse jeudi. Quand on voit la police, on ralentit. Mais il y a des analyses à faire par la ministre de la Sécurité publique.»

De l’avis de l’opposition officielle libérale et du Parti québécois (PQ), il est encore trop tôt pour faire appel à ces moyens coercitifs. Le gouvernement doit d’abord être beaucoup plus transparent, soutient la cheffe libérale Dominique Anglade.

«Quand on est rendu à dire qu’on veut envoyer la police chez les citoyens, il faut qu’on soit prêt à expliquer à la population la gravité de la situation, a-t-elle déclaré en conférence de presse à l’Assemblée nationale. (...) Le gouvernement a besoin de donner plus d’information à la population.»

Le Parti québécois (PQ) affirme qu’il faut d’abord bien informer les citoyens et leur faire confiance, pour pouvoir les conscientiser et les mobiliser.

«On ne peut pas demander aux gens d’obéir comme on l’a fait en période de confinement total, de façon aveugle, sur la base d’un discours qui repose sur la peur. (...) Je ne suis pas favorable à ce qu’on aille de la l’avant avec des mesures répressives ou coercitives», a dit le porte-parole péquiste en matière de santé, Joël Arseneau.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, n’a pas exclu le recours aux forces de l’ordre, mais elle a rappelé que les policiers devront toujours être munis d’un mandat pour intervenir.

«Si la police veut donner des contraventions, c’est possible, a-t-elle dit en conférence de presse au parlement. (Mais) Je pense que les policiers doivent et devront toujours avoir un mandat pour pouvoir rentrer dans les maisons. Ça, pour moi, c’est clair.»

La CAQ fait une autre nomination partisane, accuse l’opposition

Politique

La CAQ fait une autre nomination partisane, accuse l’opposition

Caroline Plante
La Presse Canadienne
QUÉBEC - Le gouvernement Legault contrevient une fois de plus à ses propres principes en nommant un proche à la tête de la Régie des alcools, des courses et des jeux.

C’est ce qu’ont soutenu jeudi la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, et le président du caucus péquiste, Harold LeBel.

Denis Dolbec, chef de cabinet du ministre des Finances Eric Girard, a été nommé régisseur et président de la Régie des alcools. Il arrivera en poste le 16 novembre prochain.

Cette nomination est «clairement, par définition» partisane, a accusé Mme Anglade lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

«Le premier ministre (François) Legault disait (...): «Je ne ferai pas de nominations partisanes, c’est terminé cette époque-là» et on constate que ça rentre dans la lignée des nominations partisanes qui ont eu lieu.»

M. Dolbec est devenu grâce à ses contacts un «gagnant à vie», a ajouté M. LeBel.

«C’est ridicule, a dénoncé à son tour M. Nadeau-Dubois. Il va falloir que le premier ministre cesse de gérer les nominations à partir de sa liste de contacts personnels.

«C’est rendu une habitude pour la CAQ de faire passer ses amis de la chaise politique à la chaise de la fonction publique sans aucune gêne.»

Dans l’opposition et au pouvoir, François Legault s’est maintes fois engagé à se tenir loin de toute nomination partisane.

Seule la compétence devrait entraîner une nomination, disait-il, avec une moue de dédain pour «les petits amis» du pouvoir ayant profité du régime précédent sans raison autre que politique.

L’ex-attachée de presse du premier ministre, Valérie Noël-Létourneau, est aujourd’hui la conseillère chargée des projets spéciaux de la délégation générale du Québec à New York.

Elle relève directement de la déléguée générale, Catherine Loubier, elle aussi une proche de M. Legault.

En juin, Marie-Ève Bédard, ancien bras droit du ministre Christian Dubé, a été nommée sous-ministre adjointe au ministère de la Santé.

Le mois suivant, Isabelle Mignault, ex-chef de cabinet de la ministre des Relations internationales Nadine Girault, héritait du poste de sous-ministre adjointe au ministère des Transports.

«Grande expérience»

Au cabinet du ministre Girard, on assure que la nomination de M. Dolbec a été effectuée sur la base de la compétence.

«M. Dolbec est un avocat avec une grande expérience en gestion, a déclaré l’attachée de presse Fanny Beaudry-Campeau. Il a occupé plusieurs postes au sein de plusieurs gouvernements, incluant celui du Parti québécois.»

Denis Dolbec a également été chef de cabinet au ministère de la Sécurité publique, «donc il connaît très bien la Régie des alcools, des courses et des jeux», a-t-elle ajouté.

Discours du Trône: Trudeau promet un plan «responsable et ambitieux»

Politique

Discours du Trône: Trudeau promet un plan «responsable et ambitieux»

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau dévoilera la semaine prochaine un plan qu’il promet «responsable et ambitieux» alors que le pays fait face à une montée de cas de COVID-19.

M. Trudeau a conclu mercredi deux jours et demi de réunions de son conseil des ministres dont le but était d’élaborer une stratégie pour éviter que la pandémie ne fasse davantage de dommages dans la vie des Canadiens.

Bérubé accuse Legault d’annoncer des mesures timides pour rester populaire

Politique

Bérubé accuse Legault d’annoncer des mesures timides pour rester populaire

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Legault a plus à coeur sa popularité que sa responsabilité, dénonce le Parti québécois.

Le gouvernement caquiste «hésite» avant de prendre des décisions parce qu’il ne veut pas que personne ne le «déteste», pour des raisons électoralistes, a soutenu le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé.

«Depuis le début de la pandémie, ils ont toujours voulu être le moins impopulaires possible, a-t-il répondu à des journalistes anglophones mercredi. Mais c’est une question de responsabilité et non pas de popularité.

«Si vous agissez avec responsabilité, vous êtes en train de faire la bonne chose, mais si vous pensez à l’élection de 2022, vous faites la mauvaise chose.

«À tous les jours, dans leurs communications, c’est le message qu’ils envoient. Ils aiment être populaires, ils veulent le demeurer et ils ont un oeil sur l’élection de 2022», a-t-il poursuivi.

En comparaison, M. Bérubé affirme, lui, avoir à coeur la santé des Québécois. «Je me préoccupe de la santé des Madelinots, des gens de ma région et de votre santé aussi», a-t-il lancé à l’intention des journalistes.

«C’est pourquoi il faut continuer de poser des questions difficiles sur ce qu’ils font», a-t-il renchéri.

Cette accusation survient au moment où le gouvernement Legault hausse le ton et appelle les Québécois à être plus solidaires et respectueux des consignes sanitaires en vigueur.

Le nombre de nouveaux cas signalés au Québec a dépassé la barre des 300 mercredi, pour un total de 65 857 personnes infectées depuis le début de la pandémie.

Le message du premier ministre Legault n’a toutefois pas été accompagné de nouvelles mesures contraignantes, qui auraient pu être impopulaires dans la population.

Cela fait dire aux partis d’opposition que le gouvernement prend un ton alarmiste, mais «ne fait rien».

Réaction de Legault

Confronté à ces propos mercredi, François Legault a réagi en disant: «c’est faux».

Il a prôné une approche équilibrée. «Moi, ce que je veux, c’est tout faire pour qu’il n’y ait pas de deuxième vague.(...) Il faut agir pas juste pour faire un spectacle, mais pour que ça donne des résultats», s’est-il défendu.

M. Legault a réitéré que les principales sources de transmission de la COVID-19 actuellement étaient les partys entre amis et les rassemblements en famille dans les résidences privées.

Il a dit examiner la possibilité de se donner les moyens d’intervenir dans les maisons, pour mieux freiner la propagation du virus, mais «ce n’est pas simple», a-t-il argué.

COVID-19: Legault n’a aucune projection récente [VIDÉO]

Politique

COVID-19: Legault n’a aucune projection récente [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Les partis d’opposition réclament la publication des scénarios d’épidémiologie de la COVID-19 projetés pour les prochains mois, afin que «les Québécois sachent ce qui les attend». Mais François Legault reconnaît ne pas en détenir de plus récents que ceux déjà rendus publics en juin.

«Moi aussi je l’ai demandé. Je n’ai pas d’autres projections que celles qu’on a publiées au mois de juin», a affirmé le premier ministre du Québec, mercredi matin, en mêlée de presse avant d’aller au Salon bleu pour la période de questions.

«Moi aussi, je demande à la Santé publique de mettre ça à jour. Mais pour l’instant, ils n’ont pas assez d’information pour bien comprendre où on s’en va, compte tenu du fait qu’il y a une grosse augmentation des cas, mais pas d’augmentation des hospitalisations et des décès», a indiqué M. Legault, au lendemain d’une conférence de presse officielle où il s’était montré «très inquiet» de la situation actuelle liée à la transmission de coronavirus.

«Ce que je comprends, quand on regarde le nombre d’hospitalisations et le nombre de décès, c’est pas mal en ligne avec la prévision du mois de juin. Par contre, il y a vraiment beaucoup plus de nouveaux cas que ce qu’on avait prévu au mois de juin. Et c’est la même chose dans les autres provinces.

«Là, ce qu’on se demande, c’est comment se fait-il qu’il y a une augmentation plus grande des cas, mais pas d’augmentation des hospitalisations et des décès. Une grosse partie de l’explication, c’est probablement que beaucoup de cas sont chez les jeunes. Est-ce qu’il y a d’autres explications? Est-ce que le virus est moins puissant ? Pour l’instant, la santé publique n’a pas ces réponses-là», a révélé M. Legault.

Plus de clarté, plus d’actions

Une heure plus tôt, un étage plus bas dans le parlement, Parti québécois, Parti libéral et Québec solidaire demandaient tour à tour au gouvernement de joindre les actes à ses paroles pessimistes de la veille.

«Le premier ministre est extrêmement alarmiste et il doit absolument, par souci de transparence, nous informer de ce qui s’en vient», dit la libérale Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et qui menait la charge en l’absence de sa cheffe, Dominique Anglade, isolée en attente de son résultat de dépistage à la COVID.

Mme Anglade a justement reçu son résultat, négatif, mercredi, et sera de retour à l’Assemblée nationale jeudi.

«Les Québécois ont fait d’énormes sacrifices depuis le printemps. On comprend que le gouvernement va leur demander de faire de nouveaux sacrifices, et il a un devoir de transparence pour qu’on comprenne bien où l’on s’en va», a ajouté Mme Montpetit, qui suggère par ailleurs de resserrer la vis aux bars comme vient de le faire la Colombie-Britannique, où l’heure de fermeture est avancée à 23 h.

Au PQ, Pascal Bérubé demande des explications sur le code d’alerte régional composé par quatre paliers de couleurs verte, jaune, orange et rouge.

«J’ai l’impression que les codes de couleur démontrent davantage l’inquiétude du gouvernement qu’une gradation des mesures. Moi [dans ma circonscription], au Bas-Saint-Laurent, on est devenus jaunes, mais je ne sais pas ce que ça dire! Puis si on devient orange, je ne sais pas ce que ça veut dire non plus. Donc, c’est plus un indicateur de l’inquiétude gouvernementale que de mesures contraignantes à venir», estime celui qui occupe le poste de chef intérimaire jusqu’à l’élection d’un nouveau chef au PQ, le 9 octobre.

Difficile d’entrer dans les maisons

Sans s’attarder sur des documents publiés par un citoyen détaillant avec précision chaque palier du code d’alerte qu’il qualifie de simples «documents de travail», le premier ministre Legault a indiqué que le passage d’une ou plusieurs régions dans la zone d’alerte modérée ou orange au cours des prochains jours n’est pas confirmé.

«Pas nécessairement. Quand je regarde les données aujourd’hui [mercredi], non. Bon, évidemment, qu’est-ce que ça sera demain, après-demain... Mais pas nécessairement», a-t-il commenté.

M. Legault a encore tapé sur le clou des rassemblements privés, «dans les maisons». Expression répétée 12 fois en 10 minutes par le premier ministre.

«Le principal problème, la propagation des cas au Québec, ça se passe surtout dans les maisons. Donc, oui, il y en a un peu dans les bars, peut-être qu’il y en a dans les manifestations, mais le principal problème, c’est dans les maisons. Mais pour ce qui est des bars puis des manifestations, à ce moment-ci, je n’exclus rien. On ne prévoit rien à court terme, mais on n’exclut rien, là, dépendamment de l’évolution de la situation», a expliqué M. Legault.

«Au Québec, pour pouvoir entrer dans une maison, ça prend un mandat. Donc, ce n’est pas simple, mais on n’exclut rien à ce moment-ci. Il y a des discussions entre la Sécurité publique et le DPCP [Directeur des poursuites criminelles et pénales] pour voir comment éventuellement on pourrait travailler. Mais c’est certain que ce n’est pas simple d’intervenir dans les maisons. Puis il y a beaucoup de maisons au Québec.»

M. Legault n’est pas chaud non plus à demander davantage d’interventions policières dans les manifestations anti-masque, craignant de «faire des martyrs, entre guillemets, de ces personnes-là».

«Ce serait un désastre», dit Fitzgibbon

De son côté, le ministre de l’Économie et de l’Innovation a affirmé qu’«un deuxième confinement, sur le plan économique, ce serait un désastre».

«C’est la Santé publique qui décide et ce n’est pas l’économie qui va dicter s’il y a un autre confinement ou non, mais ce serait catastrophique», a dit Pierre Fitzgibbon.

Entre-temps, «il ne faut pas qu’il y ait d’hémorragie» de fermeture d’entreprises, poursuit le ministre Fitzgibbon. Son ministère travaille sur un nouveau programme de survie des petites entreprises de moins de cinq employés, surtout pour les aider à payer leur loyer.

Peter Mackay analyse sa défaite face à Erin O’Toole: «Les gentils garçons finissent derniers»

Politique

Peter Mackay analyse sa défaite face à Erin O’Toole: «Les gentils garçons finissent derniers»

Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
Alors qu’il fait le point sur une campagne à la direction conservatrice ratée, dans laquelle il semble avoir mis la charrue devant les boeufs - en essayant de gagner une élection fédérale au lieu de s’assurer, d’abord, d’obtenir le leadership de son parti - Peter MacKay rappelle un vieux cliché: «Les gentils garçons finissent derniers.»

Et bien que Peter Mackay ait peu de regrets, il craint que l’influence toujours croissante des conservateurs sociaux au sein du mouvement ne conduise à plus de déception aux urnes si le nouveau chef Erin O’Toole ne peut pas les contrôler.

Dans une longue entrevue avec La Presse Canadienne, Peter MacKay a déclaré que l’examen de sa défaite était toujours en cours, mais plusieurs facteurs paraissent évidents.

La pause forcée par la pandémie de COVID-19 a ralenti l’élan de Peter MacKay, et la décision des organisateurs du parti de prolonger la date limite de vente des cartes de membres a donné à ses rivaux le temps de se rattraper. Il a également cité la «rouille» causée par une absence de cinq ans de la scène politique et l’immense portée des médias sociaux qui amplifient les erreurs mineures.

Mais il reconnaît également que la prémisse sur laquelle il a mené sa campagne était imparfaite.

«Le plan était rétrospectivement trop axé sur les prochaines étapes et pas assez sur la victoire du leadership du parti», a déclaré Peter MacKay.

Le plan en question: ne pas s’embêter avec des attaques négatives contre d’autres conservateurs ou même les libéraux. Au lieu de cela, présenter une nouvelle vision du pays, ce qui signifie également contourner les problèmes chers à certains des membres les plus puissants du parti: les conservateurs sociaux.

«Lorsque vous ouvrez la porte à une lumière du jour sur ces questions sociales, il devient très très difficile de gagner le pays, de présenter le parti comme moderne, inclusif, comme un parti qui s’engage à se concentrer davantage sur l’économie plutôt que de débattre du passé et je l’avais dit très clairement à mon équipe dès le début «, a-t-il déclaré.

«Il a été exploité au maximum, que cette vision était irrespectueuse, que ce n’était pas inclusif pour les conservateurs sociaux. Ce n’est pas vrai, c’était la même approche que Stephen Harper.»

Peter MacKay croyait que décrocher la victoire exigeait la même chose que ce qui serait nécessaire pour remporter une élection générale.

Son équipe s’est donc concentrée sur la vente de cartes de membres à des libéraux déçus et à d’anciens conservateurs dans des circonscriptions où le parti n’était pas fort auparavant. Dans certaines régions, cela a porté ses fruits: la croissance des membres a été forte dans les provinces de l’Atlantique et dans certains centres urbains.

Mais le parti utilise un système de points pour choisir son chef. Chacune des 338 circonscriptions du pays vaut 100 points. Le nombre de points qu’un candidat obtient est basé sur sa part en pourcentage du vote. Dans les circonscriptions comptant un petit nombre de membres, dont beaucoup sont au Québec, une poignée de députés peut avoir une influence démesurée sur les résultats.

La campagne de Peter MacKay pensait qu’elle gagnerait facilement au Québec. Les projections de son équipe, cependant, ne correspondaient pas à la réalité, a admis Peter Mackay, et il a posé des questions précises à son équipe pour comprendre pourquoi.

Cette équipe était composée d’un mélange de fidèles qui étaient à ses côtés lorsqu’il était député du Parti conservateur, de nouvelles recrues et d’une poignée de responsables de campagne habiles et crédités d’avoir remporté des victoires pour les conservateurs ailleurs dans le pays.

Les tensions au sein de l’équipe ont conduit à des faux pas, a reconnu l’ancien candidat. Il a minimisé ces erreurs, bien qu’elles aient été saisies par ses rivaux, comme celle où, dans un courrier électronique, il a utilisé un terme péjoratif pour un projet de loi sur les droits des transgenres.

Mais il a dit que ce qui avait vraiment bouleversé les choses a été la pandémie de COVID-19.

Peter MacKay, avec son histoire en tant que chef de l’ancien Parti progressiste-conservateur, a toujours été une sorte de célébrité parmi les conservateurs: sa présence à tout événement attire les gens, et sa capacité à rallier une foule vient naturellement. Son équipe avait planifié une tournée nationale qui le mettrait devant de grands groupes qu’il courtiserait avec des discours sur sa vision du pays. Ce n’était pas un plan parfait. Lorsqu’il a décidé de ne pas se présenter à l’assemblée générale annuelle des progressistes-conservateurs de la Nouvelle-Écosse en février, et de nouveau à un événement du PC de l’Ontario plus tard ce mois-là, cela a laissé un goût amer dans la bouche de certains membres du parti. La pandémie a forcé Peter MacKay à rester dans son sous-sol, faisant jusqu’à six rencontres virtuelles par jour avec des partisans locaux hyperengagés. Sa campagne a tout de même réussi à lever 3 millions $ - bien qu’il ait une dette d’environ 1 million $.

Mais...

Parmi les trois autres candidats, deux - Derek Sloan et Leslyn Lewis - venaient de l’aile sociale conservatrice bien organisée, bien financée et très motivée du parti.

Même avant le début de la course, Peter MacKay était plutôt distant avec cette faction, surtout après avoir émis un commentaire selon lequel les valeurs socialement conservatrices de l’ancien chef Andrew Scheer étaient un «albatros puant».

Pendant la course elle-même, il a également été filmé en train de dire aux conservateurs sociaux de mettre leurs préoccupations de côté.

Pendant ce temps, Erin O’Toole, bien qu’il soutienne publiquement les droits des LGBTQ et le droit d’une femme de choisir d’interrompre une grossesse, a fait des présentations directes aux partisans de Derek Sloan et Leslyn Lewis, affirmant qu’il respecterait toujours leurs points de vue.

Le parti utilise un bulletin de vote préférentiel et, à la fin, lorsque Derek Sloan est tombé, la plupart de son soutien est allé à Leslyn Lewis. Quand elle est tombée, la plupart des siens sont allés à Erin O’Toole, ce qui lui a valu la victoire.

Les groupes de conservateurs sociaux n’ont pas perdu de temps à revendiquer la responsabilité de sa victoire, tandis que les opposants des conservateurs n’ont également pas perdu de temps avant de dire qu’un gouvernement d’Erin O’Toole ferait reculer le pays sur certains droits.

Les conservateurs sociaux sont en passe de constituer la majorité de la base du parti, a déclaré Peter MacKay, et la façon dont le parti peut éviter les lignes d’attaque qui ont finalement coulé l’ancien chef Andrew Scheer, s’il peut le faire, repose sur Erin O’Toole.

Peter MacKay croit que les conservateurs n’ont pas beaucoup de temps, avant la prochaine élection, pour définir et nuancer leurs positions sur les enjeux sociaux comme l’inclusivité «d’une manière qui ne fait pas peur aux personnes qui ne sont membres d’aucun parti.»

Peter MacKay affirme ne ressentir aucune amertume en raison de sa défaite, mais son ton et sa voix semblent dire le contraire lorsqu’il raconte comment ses rivaux l’ont dépeint comme une version «allégée» d’un libéral.

«Voyons, libéral sur quoi? Sur la politique étrangère? La défense? La sécurité nationale? Le maintien de l’ordre? Sur des peines minimales obligatoires? « a-t-il demandé.

«D’un point de vue objectif, ce que je ne peux pas être, c’est au-delà de l’insulte.»

«Fourche et torche enflammée»

Il a utilisé un langage similaire pour décrire une affirmation du camp d’Erin O’Toole selon laquelle des employés de Peter MacKay avaient piraté sa base de données et utilisé du matériel à partir de là pour divulguer des vidéos. La désinformation qui a circulé au sujet de l’épouse de Peter MacKay a également été blessante, a-t-il déclaré. Les campagnes modernes reposent trop sur la peur et la colère, les candidats se présentant trop souvent comme des défenseurs tenant «une fourche et une torche enflammée», a déclaré Peter MacKay. Cela fait que certaines personnes se désengagent complètement de la politique, a-t-il déclaré. C’est en partie pourquoi, a-t-il déclaré, il a cherché à se présenter d’une façon positive.

«Mais qu’est-ce que ça dit sur les gentils?», a demandé Peter Mackay.

Ils finissent derniers.

Le politicien et sa famille sont retournés en Nouvelle-Écosse, où il avait l’intention d’aller se présenter pour un siège à la tête du parti. De toute façon, il n’exclut pas une nouvelle course, a-t-il dit, et il a déjà rencontré l’association de circonscription de Central Nova.

Peter MacKay a déclaré qu’il avait fait une bonne course et qu’il est à l’aise avec la situation.

«Être qualifié de gentil n’est pas une mauvaise chose.»

Paul St-Pierre Plamondon veut être le plus rassembleur

Politique

Paul St-Pierre Plamondon veut être le plus rassembleur

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois choisira son nouveau chef le 9 octobre, deux ans après la démission de Jean-François Lisée. Au cours des quatre dernières semaines de cette course marathon, Le Soleil vous présentera les quatre candidats en lice pour mener le PQ aux élections générales de 2022. Aujourd’hui : Paul St-Pierre Plamondon

«Toute ma famille a voté non, en 1995. J’étais le seul à voter oui. Au point où mon père a refusé d’aller me reconduire au bureau de scrutin! J’y suis allé à pied. Et pour casser les pieds de mon père, j’ai mis mon manteau des Patriotes, mon équipe de ballon-balai au Collège Notre-Dame. On avait les couleurs des Nordiques, mais avec le dessin du patriote avec sa tuque et sa pipe.»

Le jeune Paul St-Pierre Plamondon avait 18 ans, votait pour la première fois. Vingt-cinq ans plus tard, il tente pour une deuxième fois d’être élu chef du Parti québécois et promet de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec dans un premier mandat.

«Aujourd’hui, mon père est membre du Parti québécois. Ma mère aussi. Parce que les Québécois qui ont voté non de bonne foi en 1995, en pensant que c’était le bon choix pour assurer la prospérité économique du Québec, pour donner un meilleur avenir à leurs enfants, ils ont fait le bilan négatif de l’époque Charest-Couillard et du déclin du Québec sur les plans linguistique et économique. Si c’était à refaire, mes parents voteraient oui!» affirme M. St-Pierre Plamondon.

Faire fi de l’axe droite-gauche

Celui que les initiés désignent par ses initiales, PSPP, croit être le mieux placé pour mener le PQ à l’ultime victoire de l’indépendance en ralliant à la fois ceux qui ont coché non au dernier référendum et ceux qui étaient alors trop jeunes pour voter.

La capacité à rassembler. Sa principale qualité pour devenir le 10chef élu du PQ, croit-il.

«Au-delà des idées précises, la question de fond est de savoir qui incarne un avenir pour le Parti québécois? Qui a démontré sur les neuf mois de campagne qu’il est capable de vendre des cartes de membre, d’aller chercher du financement, de rassembler? Le mot rassembler me semble très, très important», souligne l’avocat de 43 ans, père de deux jeunes enfants.

Unir les générations. Coaliser conservateurs et progressistes. «La seule façon que le pays va se faire, c’est si on passe outre les différences qu’on peut avoir sur l’axe gauche-droite. On aura ensuite des décennies pour régler ce problème! Mais si on veut y arriver, il faut faire une place pour ces courants», dira-t-il.

Relance économique régionale

Aussi relier la métropole Montréal aux autres régions du Québec.

Pour atténuer les effets négatifs de la pandémie, M. St-Pierre Plamondon propose un plan de relance économique régionale en sept points.

Les principaux : aide gouvernementale directe aux entreprises touristiques pour payer leurs frais fixes; investir auprès des petites compagnies aériennes québécoises pour rétablir le transport régional par avion; brancher au plus vite l’Internet haute vitesse partout; favoriser beaucoup plus l’agriculture en serres.

«Comment voulez-vous que les régions aient une relance et une vigueur économiques si elles ne sont pas branchées à Internet et n’ont pas de moyen de transport pour communiquer avec le reste de l’Amérique du Nord?» se questionne-t-il.

«Malheureusement, on ne s’est pas remis du travail de centralisation et de saccage des libéraux. À la CAQ, il y a un bon nombre de députés libéraux et ça paraît dans leur façon de ne pas réagir dans le contexte d’une relance économique régionale qui devrait déjà être en place.»

M. St-Pierre Plamondon reprendrait à son compte la promesse de la CAQ de relocaliser 5000 emplois de la fonction publique hors des grands centres. «Une excellente manière de favoriser la vigueur économique régionale», selon lui.

L’indépendance, question d’argent

Plus que de démontrer les discordances aux plans de la langue et de la culture entre le Québec et le reste du Canada, M. St-Pierre Plamondon veut «rendre un discours économique beaucoup plus visible», s’il devient chef du PQ.

Cela «en publiant rapidement un budget de l’an un d’un Québec indépendant».

«Tout le monde constate le déclin linguistique et culturel depuis 1995, mais les gens voient moins bien l’intérêt économique du Québec qui n’est pas servi dans le Canada. On prend nos impôts pour dédoubler des services qu’on donne déjà comme gouvernement du Québec et simplement pour créer de la loyauté envers le Canada.»

Plus que la déclaration de revenus unique, réclamée par François Legault et qui ferait économiser 400 millions $ au Québec par année, PSPP souligne les gains à faire «en négociant nous-mêmes nos traités». L’aluminium négligé au profit de l’acier dans le nouvel accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique, le secteur agroalimentaire, le chantier naval Davie de Lévis qui perd trop de contrats aux mains des Maritimes.

«Si on chiffre tout ça, je pense que les Québécois seront surpris de voir combien on laisse sur la table. En plus d’endurer le mépris canadien et de constater le déclin sur le plan linguistique et culturel. C’est une question d’argent, l’indépendance! Le PQ n’a pas assez dit ça dans les dernières années et je veux le chiffrer», conclut celui qui avait terminé quatrième de la précédente course à la chefferie, en 2016, voyant M. Lisée l’emporter.