Politique

Une belle surprise pour Legault [ANALYSE]

ANALYSE / Quand les finances vont tout va... Quelque 13,1 milliards $ en péréquation pour le Québec en 2019-2020, c’est 1,4 milliard $ de plus que pour l’année en cours. Et c’est — elle est là la vraie surprise — près de 300 millions $ de plus que ce que prévoyait le ministère québécois des Finances il y a à peine 10 jours, lors de l’exercice de mise à jour économique et financière.

Sur un budget total de quelque 112 milliards $, ce n’est pas la mer à boire. Mais il vaut évidemment mieux pour le gouvernement de François Legault attendre près de 300 millions $ en plus qu’en moins pour l’an prochain. Parlez-en au ministre québécois des Finances, Éric Girard.

Ce dernier l’ignorait à ce moment-là, mais cette marge de manœuvre non prévue comblera une bonne partie des dépenses supplémentaires qu’il a annoncées le 3 décembre sous la rubrique «Remettre de l’argent dans le portefeuille des familles et des aînés». En 2019-2020, ces mesures devraient en effet coûter environ 350 millions $. Merci à la péréquation.

Le gouvernement de François Legault a le bonheur de récolter plusieurs fruits ces temps-ci, des fruits qui ne peuvent que l’aider. Outre ce dernier coup de pouce inattendu, il a hérité de finances publiques saines et d’une économie qui a roulé à fond depuis le début de l’année.

Quel contraste avec les débuts de mandat des gouvernements de Pauline Marois et de Philippe Couillard! Ou avec celui de Lucien Bouchard (pour prendre un exemple plus loin dans le temps).

Le même film...

Le premier ministre François Legault en a surpris plusieurs à la Coalition avenir Québec en parlant du pétrole «sale» de l’Ouest canadien. Des caquistes issus de l’Action démocratique du Québec, mais pas seulement, apprécient peu ce genre de qualificatif pour décrire un pétrole qui rapporte au Québec, financièrement parlant.

Cela étant, c’est une rengaine habituelle d’entendre des premiers ministres d’autres provinces estimer que le Québec est mal placé pour faire la leçon à quiconque avec toute la péréquation qu’il reçoit — même si le portrait est beaucoup plus nuancé que leurs discours lorsqu’on ramène les sommes globales per capita. On est dans un film périodiquement remis à l’affiche.

C’est une telle rengaine que le ministère québécois des Finances a produit des argumentaires au fil des ans pour étayer le point de vue du Québec. «Il est faux d’affirmer que c’est avec la péréquation que le Québec finance des services publics plus généreux que la moyenne canadienne», avait ainsi déclaré Raymond Bachand en 2011 en brandissant l’un de ces documents. Il était alors ministre des Finances du Québec. Il avait souhaité «remettre les points sur les i».

Ce n’est pas grâce à la péréquation, mais «par des impôts et des taxes plus élevés» que le Québec offre des services publics plus généreux que la moyenne canadienne, disait-il aussi.

De gouvernement du Québec en gouvernement du Québec, cet argumentaire est toujours brandi.

Le film a été le même cette fois-ci, sauf une séquence précise.

Pour les sceptiques

En parlant comme il l’a fait de pétrole «sale» vendredi dernier, François Legault n’a pas cherché comme tel à jeter de l’huile sur le feu, mais le résultat a été celui-là. Il n’avait pas à l’esprit à ce moment-là que les ministres des Finances du Canada se réunissaient deux jours plus tard avec la péréquation à l’ordre du jour...

Avec ce mot, le chef caquiste a voulu donner des gages aux Québécois sur sa volonté de lutter contre les changements climatiques. Il s’adressait aux sceptiques dans la salle. Il a été jusque-là parce qu’il a tout à prouver sur ce terrain.

Politique

Pacte sur les migrations: pas de changement dans la loi en vue, dit Hussen

OTTAWA — Le Pacte mondial pour les migrations sûres, ordonnées et régulières des Nations unies ne mènera à aucun changement législatif au Canada, a assuré le ministre fédéral de l'Immigration, Ahmed Hussen, mardi.

«Non, ça n'aura pas d'impact, a-t-il répondu à une question de La Presse canadienne. Évidemment, en tant que membre de la communauté internationale, nous demeurons attentifs à ce que font les autres pays (...). Tout changement à nos politiques d'immigration sera déterminé d'abord et avant tout par les Canadiens et par tous les intervenants au Canada du domaine de l'immigration.»

Politique

Et de 75 pour la CAQ! Gare à la grosse tête... [ANALYSE]

ANALYSE / Un député de plus, ça ne change pas le monde, mais l’équipe de François Legault aura tout intérêt à gouverner avec humilité, sans arrogance ni grosse tête, durant le reste de son mandat.

Et de 75! Avec sa victoire sans surprise dans Roberval, lundi, la Coalition avenir Québec (CAQ) passe de 74 à 75 élus à l’Assemblée nationale. C’est beaucoup dans une assemblée qui compte 125 places.

Gouverner sans arrogance, sans rouler des mécaniques... C’est ce que les députés et ministres caquistes sont parvenus à faire depuis le 1er octobre. Mais cette discipline collective pourrait bien finir par s’évanouir avec le temps. Ça s’est déjà vu... L’ivresse du pouvoir enivre.

Gouverner avec humilité, c’est, dans ce cas-ci, gouverner en ayant à l’esprit le poids obtenu dans les urnes; et pas seulement celui apparaissant au parlement en raison des distorsions inhérentes à notre système électoral. Pour mémoire, la CAQ a récolté moins de 38 % des voix en octobre.

Gouverner avec humilité, c’est gouverner en tenant compte des partis d’opposition. Et pas seulement en faisant jouer son poids parlementaire écrasant.

Toute la question est de savoir ce que peut signifier «en tenant compte» dans le contexte actuel. Car, de législature en législature, c’est toujours ce que réclament les partis d’opposition; et bien des commentateurs aussi.

Tenir compte, oui, mais comment?

Un partage avant l’heure

Il est normal que le gouvernement Legault veuille honorer ses engagements électoraux. Qu’entendrions-nous sur la place publique s’il avait déjà jeté aux oubliettes ses principales promesses? 

Même s’ils ont des arguments on ne peut plus valables à avancer sur le cannabis et sur l’immigration, les libéraux et les péquistes ne sont pas les mieux placés pour faire la leçon au nouveau gouvernement sur les engagements qu’il devrait abandonner. C’est de bonne guerre politique, mais ils savent de surcroît qu’il ne rendra pas les armes de ce côté-là. C’est du bla-bla.

Le gouvernement Legault devrait par contre réellement faire en sorte qu’un nombre significatif de projets de loi présentés par les libéraux, les péquistes et les solidaires puissent traverser les différentes étapes législatives et se rendre jusqu’à un vote final des députés. Il tiendrait ainsi mieux compte de la place qui doit être la leur dans un système parlementaire moderne.

Une autre dynamique s’installerait. C’est vers là que le gouvernement devrait aller, même s’il compte maintenant un député de plus dans ses rangs.

Ce serait d’autant plus logique qu’il affirme lui-même vouloir passer d’un mode de scrutin uninominal à un mode de scrutin proportionnel. Et il répète qu’il présentera un projet de loi en ce sens.

S’il met lui-même ce principe sur la table, pourquoi ne gouvernerait-il pas dès ce mandat-ci en tenant un peu mieux compte — et de cette façon — des partis d’opposition?

Politique

Maxime Bernier se tient loin de La Meute

OTTAWA — Le chef du Parti populaire, Maxime Bernier, a annulé sa participation à une manifestation contre le pacte des Nations unies sur la migration lorsqu’il a appris que des membres du groupe identitaire La Meute étaient au nombre des participants.

Le politicien demeure opposé au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières approuvé par acclamation lundi au Maroc par 164 États, dont le Canada, sous l’égide de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU).

Car l’entente «fait en sorte que la migration devrait être normalisée à travers le monde», et «ce n’est pas normal que des gens quittent leur pays parce qu’il y a de la guerre ou quoi que ce soit», a-t-il argué en entrevue avec La Presse canadienne.

En revanche, il refuse de le dénoncer aux côtés des adhérents au groupe La Meute; aussi, lorsqu’il a appris que des membres de l’organisation étaient au rassemblement contre le pacte qui s’est tenu samedi dernier sur la colline du Parlement d’Ottawa, il s’est désisté.

«C’est une organisation dont je ne partage pas les principes. (...) Je n’ai pas de liens avec ces groupes-là, et je n’encourage pas ces groupes-là d’extrême droite», a assuré Maxime Bernier dans son bureau du parlement, lundi.

Les propos du chef ont fait bondir un porte-parole de La Meute, Sylvain Brouillette. «Il nous traite d’extrémistes de droite? Moi, je peux vous dire qu’on est pas mal plus à gauche que M. Bernier», a-t-il réagi en entrevue téléphonique.

«Il a le droit de ne pas vouloir être vu avec La Meute. Mais de dire qu’il le fait parce qu’il ne veut pas s’associer avec un groupe d’extrême-droite, je trouve ça vraiment drôle», a enchaîné celui qui a assisté «incognito» à un discours qu’a donné Maxime Bernier à Québec jeudi passé.

Scheer accusé de «désinformation»

Les États-Unis, l’Australie et certains pays européens connus pour leurs politiques anti-migrants comme la Hongrie, la Pologne ou encore la République tchèque, ont signifié leur intention de ne pas faire partie du pacte onusien.

Lorsqu’on lui demande s’il tente d’agiter une base anti-immigration en réprouvant l’accord, le Beauceron se braque. Il répond en pointant du doigt son rival, le chef conservateur Andrew Scheer, qu’il accuse d’avoir versé dans la «désinformation» en critiquant le pacte.

«C’est M. Scheer qui le fait! Il a dit : «On signe ce traité-là et on va effacer les frontières!». Il a dit que ça va être des fonctionnaires de l’ONU qui vont gérer les politiques d’immigration au Canada; c’est complètement faux!», a-t-il lancé.

«Moi, je n’ai jamais dit ça. Ce que je dis, c’est que cette entente-là n’a pas force de loi aujourd’hui au Canada et n’est pas un traité international», a-t-il insisté, se targuant d’avoir été le premier chef de parti fédéral à s’opposer à l’adhésion du Canada.

Le «discours de Rebel Media»

La semaine passée, Andrew Scheer lui a emboîté le pas en disant craindre un effritement de la souveraineté canadienne. «Les Canadiens veulent que le gouvernement et non pas des entités étrangères ait le contrôle du système d’immigration», a-t-il pesté mardi en Chambre.

Le premier ministre Justin Trudeau, à qui s’adressait le chef de l’opposition officielle, a accusé ce dernier de relayer le «discours de Rebel Media», un site web d’actualités lié à la droite alternative (l’«alt-right»).

Le chef Scheer n’accorde plus d’entrevues à Rebel Media depuis que le site a réalisé une couverture des manifestations de Charlottesville, en Virginie, qui avait été jugée sympathique aux nationalistes blancs.

Il a toutefois recruté au sein de sa garde rapprochée un ancien de l’organisation, Hamish Marshall. Le stratège, qui dirige la campagne nationale du chef conservateur pour l’élection de 2019, n’a «plus aucun lien» avec Rebel Media, insiste-t-on dans l’entourage de M. Scheer.

De son côté, Maxime Bernier n’a pas décrété de boycottage de Rebel Media.

Politique

Partielle dans Roberval: Legault passe un premier test de popularité aujourd'hui

Le premier ministre François Legault passera un premier test de popularité lundi, avec l'élection complémentaire dans la circonscription de Roberval.

Pour tous les partis, le principal défi consistera à convaincre les électeurs de sortir voter, en plein hiver, alors qu'ils avaient élu leur député, l'ex-premier ministre Philippe Couillard, il y a deux mois à peine.

Il faut donc s'attendre à un taux de participation faible, pour cette élection où s'affrontent principalement caquistes et libéraux. Au total, on compte sept candidats.

Pour la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, une victoire marquerait un gain dans cette circonscription libérale, lui assurant un 75e député à l'Assemblée nationale.

Cette fois-ci, la CAQ a l'avantage d'incarner le pouvoir et peut inciter les citoyens «à voter du bon bord», celui du gouvernement, où les décisions se prennent et les subventions se donnent.

De leur côté, les libéraux vont tenter de garder la circonscription du Lac Saint-Jean dans leur camp, en misant sur le fait que les électeurs ont été bien servis pendant des années par l'ex-premier ministre Couillard, qui a démissionné après la cuisante défaite de son parti le 1er octobre. Il avait remporté une victoire facile avec 42,4 % du vote.

Ce sera peut-être plus difficile cette fois, avec un candidat d'un autre calibre et d'un tout autre style que M. Couillard : William Laroche, 27 ans, président du Festival du cowboy et conseiller municipal de Chambord.

Lors du dernier scrutin, la CAQ avait misé sur une candidate qui habitait Québec, Denise Trudel. Elle avait remporté 24 % du vote.

Cette fois, la CAQ présente Nancy Guillemette, directrice générale de l'organisme Santé mentale Québec/Lac-Saint-Jean. Elle a aussi été conseillère municipale à la ville de Roberval.

Le Parti québécois (PQ), qui a déjà régné sur cette circonscription, présente le même candidat que lors du dernier scrutin, un jeune homme âgé de seulement 21 ans, Thomas Gaudreault, qui travaillait comme attaché politique du député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault. En octobre, il avait raflé 19 % du vote.

Luc-Antoine Cauchon, un chef cuisinier, portera les couleurs de Québec solidaire (QS), lui aussi pour la deuxième fois en deux mois. Il avait raflé 10 % du vote.

Le 1er octobre, le taux de participation dans Roberval avait été de 63 %.

Le premier ministre et chef de la CAQ, François Legault, de même que le chef par intérim du PLQ, Pierre Arcand, et le chef par intérim du PQ, Pascal Bérubé, seront sur place à Roberval, lundi soir, pour célébrer la victoire ou essuyer la défaite.

En vertu de la loi, le premier ministre avait six mois devant lui, donc jusqu'en avril 2019, pour déclencher le scrutin et trouver un successeur à M. Couillard, mais il a préféré procéder très rapidement.

La tenue d'une élection complémentaire coûte environ 600 000 $.

Politique

Legault ne comprend pas l’industrie pétrolière, dit l’Alberta

OTTAWA — Le premier ministre François Legault ne comprend pas la situation de l'industrie pétrolière de l'Alberta, a affirmé le ministre des Finances de cette province, Joe Ceci, lundi en marge de la rencontre avec ses homologues fédéral, provinciaux et territoriaux.

«Nous avons innové pour réduire l'empreinte carbone du baril de pétrole et nous allons continuer de le faire, a-t-il dit. Il y a un marché pour ce que l'Alberta produit et ça profiterait au Canada si nous pouvions acheminer [le pétrole] sur les marchés internationaux.»

L'Alberta, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick veulent raviver le projet d'oléoduc Énergie Est, dont le tracé traverserait le Québec, mais François Legault a refusé cette «énergie sale» lors de la rencontre des premiers ministres vendredi tout en soulignant que le Québec pouvait vendre de «l'énergie propre à un prix compétitif».

Mais l'Ontario produit déjà plus d'électricité qu'elle n'en a besoin, a indiqué le ministre des Finances, Vic Fedeli.

Le gouvernement Legault tente de convaincre l'Ontario d'abandonner son projet de rénovation de centrales nucléaires pour qu'elle achète son hydroélectricité. Les revenus tirés de la vente d'énergie propre permettraient ainsi au Québec de réduire le montant de péréquation qu'il reçoit annuellement.

La rencontre des ministres des Finances s'est poursuivie à Ottawa avec en toile de fond des désaccords sur la formule de péréquation, qui permet de redistribuer la richesse entre les provinces.

Pour la première fois en 10 ans, l'Ontario ne recevra pas de transfert de péréquation d'Ottawa, ce qui a incité le ministre des Finances de la province à se joindre aux appels lancés pour que le gouvernement fédéral revoie la structure du programme.

20 milliards répartis entre cinq provinces

Le gouvernement versera près de 20 milliards $ aux provinces et aux territoires en 2019-2020. La somme ne sera répartie qu'entre cinq provinces : le Québec, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick.

Le Québec, dont l'économie se porte bien, tire plus de 13 milliards $ du programme, ce qui représente une augmentation de près de 1,4 milliard $.

Pour la première fois depuis la récession de 2008, l'Ontario figure sur la liste des provinces riches. L'Alberta, dont le secteur pétrolier connaît des difficultés, demande également que le programme soit revu.

«Je pense que certains de mes collègues font face à des difficultés économiques cycliques, a réagi le ministre québécois des Finances, Éric Girard. Il y a d'autres programmes fédéraux pour faire face à ça.»

«Le Québec a moins de richesses et on travaille là-dessus», a-t-il ajouté. Nous ce qu'on veut vraiment, c'est améliorer l'investissement, l'innovation au Québec, que l'économie soit plus forte et ça, c'est au bénéfice des Québécois, mais aussi des Canadiens.»

Le gouvernement ontarien savait pertinemment qu'il ne serait pas admissible à la péréquation cette année, mais son ministre des Finances de l'Ontario, Vic Fedeli, a déclaré que cela était la preuve que le programme de la péréquation devait être revu. Son gouvernement se sent lésé.

«Nous donnons 12,9 milliards $ au gouvernement fédéral de plus que nous recevons», a-t-il fait valoir tout en indiquant que l'ensemble des paiements du fédéral devraient être revus.

«La péréquation ne fonctionne pas pour l'Alberta, a renchérit Joe Ceci.

«Lorsque l'économie de certaines provinces se porte extrêmement bien, elles ne devraient pas recevoir de paiements plancher de péréquation», a-t-il continué.

La Saskatchewan et Terre-Neuve ont également demandé des modifications à la formule qui a déjà été renouvelée plus tôt cette année pour une période de cinq ans.

«À notre avis, avec l'accord pour les cinq prochaines années, on a une situation stable, mais on peut continuer d'avoir une discussion au sujet de ce qu'on va faire pour les prochains changements dans quatre ans», a commenté le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau.

La réunion des ministres des Finances du pays, qui a débuté dimanche soir, a lieu deux jours à peine après la réunion tendue des premiers ministres à Montréal.

«Nous devons nous mettre à fonctionner comme un pays au lieu de provinces qui se préoccupent seulement de leurs intérêts particuliers», a livré M. Ceci comme message au Québec.

Plusieurs des sujets de discussion seront les mêmes que ceux de Montréal: taxe sur le carbone et les difficultés de l'industrie pétrolière et gazière. Les ministres porteront aussi leur attention sur des enjeux qui leur sont plus spécifiques comme la compétitivité et l'état de l'économie mondiale.

Les ministres des Finances de l'Ontario et de la Saskatchewan, Vic Fedeli et Donna Harpauer, veulent aussi une discussion sur les répercussions économiques de l'imposition d'une taxe sur le carbone et de la bonification du Régime de pension du Canada en janvier qui, selon eux, imposeront un double fardeau aux entreprises.

Actualités

Les électeurs de Roberval aux urnes, un test pour Legault

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault passera un premier test de popularité lundi, avec l’élection complémentaire dans la circonscription de Roberval.

Pour tous les partis, le principal défi consistera à convaincre les électeurs de sortir voter, en plein hiver, alors qu’ils avaient élu leur député, l’ex-premier ministre Philippe Couillard, il y a deux mois à peine.

Il faut donc s’attendre à un taux de participation faible, pour cette élection où s’affrontent principalement caquistes et libéraux. Au total, on compte sept candidats.

Pour la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, une victoire marquerait un gain dans cette circonscription libérale, lui assurant un 75e député à l’Assemblée nationale. Cette fois-ci, la CAQ a l’avantage d’incarner le pouvoir et peut inciter les citoyens « à voter du bon bord », celui du gouvernement, où les décisions se prennent et les subventions se donnent.

De leur côté, les libéraux vont tenter de garder la circonscription du Lac-Saint-Jean dans leur camp, en misant sur le fait que les électeurs ont été bien servis pendant des années par l’ex-premier ministre Couillard, qui a démissionné après la cuisante défaite de son parti le 1er octobre. Il avait remporté une victoire facile avec 42,4 pour cent du vote. Ce sera peut-être plus difficile cette fois, avec un candidat d’un autre calibre et d’un tout autre style que M. Couillard : William Laroche, 27 ans, président du Festival du cowboy et conseiller municipal de Chambord.

Lors du dernier scrutin, la CAQ avait misé sur une candidate qui habitait Québec, Denise Trudel. Elle avait remporté 24 pour cent du vote. Cette fois, la CAQ présente Nancy Guillemette, directrice générale de l’organisme Santé mentale Québec/Lac-Saint-Jean. Elle a aussi été conseillère municipale à la ville de Roberval. Le Parti québécois (PQ), qui a déjà régné sur cette circonscription, présente le même candidat que lors du dernier scrutin, un jeune homme âgé de seulement 21 ans, Thomas Gaudreault, qui travaillait comme attaché politique du député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault. En octobre, il avait raflé 19 pour cent du vote.

Luc-Antoine Cauchon, un chef cuisinier, portera les couleurs de Québec solidaire (QS), lui aussi pour la deuxième fois en deux mois. Il avait raflé 10 pour cent du vote.

Le 1er octobre, le taux de participation dans Roberval avait été de 63 pour cent.

Le premier ministre et chef de la CAQ, François Legault, de même que le chef par intérim du PLQ, Pierre Arcand, et le chef par intérim du PQ, Pascal Bérubé, seront sur place à Roberval, lundi soir, pour célébrer la victoire ou essuyer la défaite. 

La tenue d’une élection complémentaire coûte environ 600 000 $.

Politique

L’état de santé de la députée Claire Samson s’est détérioré

L'état de santé de la députée caquiste d'Iberville, Claire Samson, s'est détérioré.

Lors d’une récente entrevue à La Presse canadienne, la députée n’a pas hésité à voir une dimension politique à sa situation, faisant un lien de cause à effet entre son état de santé actuel et le fait qu’elle n’a pas été invitée à faire partie du conseil des ministres, comme elle s’y attendait.

Elle s’est montrée persuadée que son état n’était pas étranger à la décision du premier ministre François Legault de ne pas lui offrir un siège au cabinet, un geste qui l’a profondément blessée.

Selon la députée en congé de maladie prolongé, cette décision du premier ministre «a contribué à un stress supplémentaire», devenant «un facteur contribuant» ou déclencheur d’une aggravation de ses symptômes.

«Je ne l’ai pas pris», raconte celle qui se voyait déjà ministre de la Culture et des Communications vu son bagage, et qui se dit «encore fâchée» contre M. Legault, deux mois plus tard.

Elle n’a eu aucun contact avec M. Legault ces derniers mois.

De santé fragile, Mme Samson souffre d’épilepsie depuis des années. Mais depuis l’assermentation du 18 octobre, ses symptômes se sont aggravés.

40 livres en moins

Depuis, Mme Samson a perdu 40 livres et éprouve divers problèmes de santé. Elle dit manquer d’énergie, de tonus et d’endurance.

Le 18 octobre, lors de l’assermentation des membres du conseil des ministres, elle était présente au Salon rouge. Frustrée, elle avait cependant quitté les lieux précipitamment et elle est en congé de maladie depuis.

Dans une entrevue à La Presse canadienne, elle avait dit alors avoir entrepris une réflexion sur son avenir politique.

La semaine dernière, elle a tenté un retour au parlement, mais ce n’était pas une bonne idée: sa journée l’a laissée épuisée.

Elle devra donc prolonger son congé de maladie pour une durée indéterminée, afin de passer une batterie de tests.

Les médecins ont décelé dernièrement des problèmes avec son hypophyse et devront décider en janvier si une intervention chirurgicale au cerveau sera requise.

L’hypophyse est une glande minuscule, de la taille d’un pois, située à la base du cerveau. Elle fait partie du système endocrinien et son rôle est relié au bon fonctionnement des hormones, notamment.

Jusqu’à nouvel ordre, elle ne peut pas prendre l’avion.

Elle reporte donc à plus tard toute décision sur son avenir politique, même si idéalement, elle souhaiterait compléter son mandat comme députée de la CAQ, si sa santé le lui permet, dit-elle.

Mme Samson est la seule des 73 députés caquistes (sans compter le premier ministre) à n’avoir obtenu aucune autre fonction que celle de députée: tous les autres ont été nommés soit ministres, adjoints parlementaires, officiers parlementaires, membres ou présidents de commissions, des nominations accompagnées d’une prime salariale. Mais compte tenu de son état de santé actuel, elle ne s’en formalise pas.

Pepper est mort

Vu ses problèmes d’épilepsie, elle avait obtenu l’autorisation exceptionnelle de se promener avec son chien, Pepper, partout au parlement, car le chien pouvait sentir si une crise approchait et la prévenir.

Mais son fidèle compagnon Pepper, dont la photo est affichée au restaurant du parlement, est mort dernièrement.

Politique

Deux visions de la laïcité s’opposent au sein de Québec solidaire

Comment la laïcité de l’État doit-elle s’exprimer? Cette laïcité doit-elle s’étendre jusqu’à interdire le port de signes religieux aux représentants de l’État ou encore seulement à certaines figures d’autorités? La question divise les Québécois depuis plus de dix ans et Québec solidaire souhaite que ses membres se prononcent.

Le comité de coordination national de Québec solidaire a soumis un document de réflexion à ses membres dimanche matin, mais ceux-ci ont décidé qu’ils préféraient en prendre connaissance à huis clos. À la suite d’un vote, les militants ont choisi d’expulser les journalistes de la salle où se déroulaient les discussions.

«Ce n’était pas la proposition initiale du comité national. On est dans une instance démocratique et on respecte la décision démocratique des délégués qui ont choisi de faire cette discussion-là entre eux», a commenté le co-porte-parole et leader parlementaire Gabriel Nadeau-Dubois.

Il a précisé que le débat à huis clos ne portait pas sur le fond de la question, mais sur la façon dont la réflexion doit être menée d’ici le prochain conseil national.

«Les membres voulaient un espace de discussion en toute discrétion et pouvoir s’exprimer librement sans avoir à craindre que leurs propos soient repris par les médias», ajouté Andrés Fontecilla, député de Laurier-Dorion et porte-parole en matière d’immigration, de diversité et d’inclusion.

Le «Dossier laïcité et signes religieux» contient une rétrospective de l’évolution de la position du parti concernant la laïcité. On explique comment Québec solidaire en est venu à appuyer officiellement le compromis de la Commission Bouchard-Taylor qui interdit le port de signes religieux aux juges, aux procureurs, aux policiers, aux gardiens de prison ainsi qu’au président et aux vice-présidents de l’Assemblée nationale.

Cette orientation politique n’a cependant «pas été débattue ni adoptée par le Conseil national ou par le Congrès du parti, mais seulement proposée par l’aile parlementaire», précise-t-on.

«Le débat qui va se conclure lors du Conseil national de mars 2019 constitue donc la première occasion en presque dix ans de discuter du fond de ces questions dans une instance nationale», poursuit le document officiel du parti.

Québec solidaire invite les associations régionales à débattre de la question avec leurs membres et à poursuivre la discussion jusqu’au prochain congrès au printemps.

Parmi les pistes de réflexion proposée, on demande notamment «La position de compromis contenue dans la «Charte de la laïcité» déposée à l’Assemblée nationale par Françoise David et inspirée directement de la recommandation de la Commission Bouchard-Taylor au sujet du port de signes religieux, est-elle toujours pertinente?»

Puis, «Cette position doit-elle être réaffirmée ou modifiée?»

Concernant le port de signes religieux, on s’interroge si la notion de laïcité doit s’appliquer «à l’apparence des individus ou seulement à leurs actes et paroles».

Bien que ces questions profondes appellent de grandes réflexions, le parti met en garde que «le débat vise non pas à changer le programme du parti, mais bien à en fixer l’interprétation».

Un débat

Jason Phelps milite au sein de Québec solidaire dans la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve détenue depuis octobre par un député de QS, Alexandre Leduc.

Membre du collectif «Solidaires pour un Québec inclusif», M. Phelps a distribué des tracts et fait la promotion d’une autre vision de la laïcité. Il souhaite convaincre ses collègues de modifier la position du parti.

«Depuis environ un an, on s’organise au sein du parti pour demander que le parti tienne une discussion et vote»

«Notre collectif propose de revenir au programme initial, soit que l’État est laïc et pas les individus. L’interdiction de porter des signes religieux devient une forme de discrimination à l’emploi, plaide M. Phelps. On est en train de dire qu’une partie de la population n’aurait pas accès à des emplois hautement significatifs juste à cause de leur apparence.»

Il souhaite que QS se positionne en opposition à la «nouvelle charte 2.0 de la CAQ». «Selon nous, il n’y a pas de place pour cette discrimination à l’emploi qui divise la population et envoie le mauvais message», estime le militant.

Lise Boivin, coordonnatrice du Collectif Laïcité et militante solidaire dans la circonscription de Bertrand, croit que la laïcité de l’État doit aller beaucoup plus loin et s’appliquer à tous les fonctionnaires.

En plus des représentants de la loi, elle souhaite que tout employé de l’État affiche une neutralité vestimentaire dans l’exercice de ses fonctions.

«On ne peut pas avoir deux catégories d’employés entre ceux qui vont devant le public et ceux qui sont cachés dans des cubicules», soutient-elle.

Selon Mme Boivin, la meilleure manière de protéger la liberté de toutes les religions est de n’en afficher aucune.

De l’autre côté, le Collectif laïcité souhaite étendre l’interdiction du port de signes religieux aux enseignants lorsque ceux-ci exercent leurs fonctions.