La manifestants ont tourné sur la rue Cartier avant de revenir à leur point de départ.

Plusieurs centaines de personnes marchent contre le troisième lien à Québec

Le décor hivernal de la matinée n’a pas découragé les citoyens de prendre part à la manifestation contre le troisième lien, qui s’est déroulée en début d’après-midi samedi dans les rues du centre-ville. Ils étaient plusieurs centaines, voire près d’un millier de personnes à s’être mobilisé contre le projet.

Rassemblés au parc de la Francophonie à 13h30, les participants de la manifestation — organisée par la Coalition régionale des associations étudiantes de la Capitale-Nationale (CRACN) — ont par la suite marché sur la Grande Allée, la rue Cartier et le boulevard René-Lévesque avant de revenir au point de départ. Le tout s’est déroulé dans la bonne humeur, alors que des gens de tous âges s’étaient déplacés. De nombreux étudiants, bien sûr, mais aussi des personnes plus âgées et plusieurs familles avec de jeunes enfants.

Tous étaient unis autour d’un même message : «le troisième lien, c’est pas le bon moyen». Au lieu de trouver un moyen éphémère à la congestion routière — qui ne fera qu’empirer après quelques années en favorisant l’étalement urbain —, les divers intervenants ayant pris part à la manifestation prônent avant tout un meilleur transport en commun, notamment sur la rive sud, et appellent à «mettre la science au coeur des décisions».

«Notre argumentaire est basé sur la science. Il faut l’écouter la science, c’est la voix rationnelle», indique Émile Gendreau-Côté, l’un des trois porte-parole de la CRACN, en faisant référence aux études qui démontrent que la création de nouveaux liens routiers ne contribue pas à diminuer la congestion à long terme.

Carré bleu et campagne d’information

Pour la coalition étudiante — qui rassemble les cégeps de Sainte-Foy, Garneau, Limoilou, Lévis-Lauzon, St. Lawrence et le Campus Notre-Dame de Foy —, la manifestation de samedi n’est qu’un premier pas alors qu’une campagne d’information et de mobilisation se met en branle. Un nouveau symbole a d’ailleurs fait son apparition : le carré bleu, qui représente «la mobilité durable».

«Être contre le troisième lien, c’est être pour la mobilité durable. Notre campagne d’information prendra plusieurs formes : marche, manif, foire, activités… Des profs de l’Université Laval et d’autres universités nous donnent un coup de main pour des capsules informatives qui seront diffusées sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les gens», signale Noémie Veilleux, autre porte-parole du groupe.

«On n’est pas en guerre contre les automobiles. On n’est pas en train de lutter pour la destruction du réseau autoroutier. Mais il faut réaliser qu’en construisant toujours plus de routes, on va continuer à inciter les gens à ne pas changer leur voiture pour le transport en commun», précise M. Gendreau-Côté.

Sol Zanetti, député de Jean-lesage, était présent accompagné de nombreux manifestants arborant le carré bleu (symbole de la mobilité durable).

Québec solidaire sur place

Le député de Québec solidaire (QS) dans Jean-Lesage Sol Zanetti était présent avec des militants solidaires pour faire écho à la position de son parti, qui s’oppose à tout troisième lien. 

«Je souhaite que le gouvernement Legault écoute l’opposition qui est en train de se lever ici à Québec, menée entre autres par la jeunesse qui est soucieuse de l’avenir, mais aussi les scientifiques, les experts […] Ça démontre qu’il y a une réelle opposition au troisième lien à Québec, que les appuis sont en train de s’effriter», a souligné M. Zanetti.

«Je pense qu’il y a eu tellement une grosse campagne pour le troisième lien, entre autres dans les radios privées de Québec depuis plusieurs années, que maintenant il faut que le contre-discours s’organise», ajoute le député solidaire, qui trouve «extraordinaire» la mobilisation étudiante.

Selon M. Zanetti, l’enjeu du troisième lien est un «enjeu emblématique de la cause environnementale dans la façon dont elle se vit à Québec. Le projet reflète une vision contraire à ce qu’il faut faire pour lutter contre les changements climatiques : plus de routes, plus d’autos, plus de congestion… il faut faire exactement le contraire et repenser nos villes en fonction d’une meilleure densité, de services de transport en commun plus développés et de transport électrique».

L’élu solidaire rappelle qu’entre 4 et 10 milliards $ «seraient engloutis» [dans le troisième lien], un «immense gaspillage» de fonds publics qui pourraient beaucoup mieux servir autrement.

Silence pour Bernard Landry

Des représentants d’Accès transports viables et d’Équiterre étaient aussi de la partie, alors que la marche contre le troisième lien s’inscrivait dans un mouvement plus global de mobilisation pour l’environnement La planète s’invite au parlement.

Une minute de silence a été observée avant le départ de la marche à la mémoire de l’ex-premier ministre Bernard Landry, alors qu’une chapelle ardente se déroulait à l’Assemblée nationale au même moment. Le lieu de départ de la manifestation avait d’ailleurs été changé la veille pour ne pas interférer avec cet événement. Les manifestants étaient aussi encouragés à aller rendre un dernier hommage à M. Landry au terme de la marche.