La neige n'aura pas refroidi les ardeurs des manifestants, hier, lors de la marche visant à dénoncer la culture du viol.

Plusieurs centaines de manifestants contre la culture du viol à Québec

La manifestation organisée par des organismes féministes contre la «culture du viol» a attiré plusieurs centaines de personnes malgré le mauvais temps mercredi soir dans Saint-Roch.
Même si elle n'a pas pris la parole comme la semaine dernière à l'Université Laval, Alice Paquet, cette jeune femme qui dit avoir été agressée sexuellement par le député Gerry Sklavounos, était sur place.
«La culture du viol, il faut la dénoncer. Là, on est beaucoup, c'est génial. Mais ce n'est pas facile pour celles qui dénoncent et celles qui ne dénoncent pas», a brièvement déclaré Mme Paquet aux médias avant le début de la manifestation, refusant toutefois de dire si elle regrettait d'avoir dénoncé publiquement les gestes dont elle a été victime la semaine dernière.
Une autre jeune femme, Stéphanie Beaudet, a toutefois pris la parole pour déclarer qu'elle avait elle aussi déjà été victime d'agression sexuelle par un ex-petit ami, son premier amoureux, il y a deux ans.
Quant à l'animatrice de la station CKIA Camille Comeau, qui a vécu comme homme pendant 40 ans, mais se présente comme femme depuis deux ans, elle a dénoncé des propos entendus cette semaine à la radio. «Ce n'est pas normal qu'un animateur de radio de Québec soit encore en ondes cette semaine après avoir fait des commentaires haineux sur celles qui ont dénoncé des agressions», a-t-elle affirmé.
Même si elle n'a pas pris la parole comme la semaine dernière à l'Université Laval, Alice Paquet, cette jeune femme qui dit avoir été agressée sexuellement par le député Gerry Sklavounos, était sur place.
De nombreux slogans portant sur le consentement étaient écrits sur les pancartes des manifestants.
Thériault «convertie»
Des membres de tous les partis représentés à l'Assemblée nationale à l'exception de la Coalition avenir Québec, étaient présents et ont pris la parole. La députée péquiste Agnès Maltais a toutefois confié au Soleil que son homologue caquiste Nathalie Roy aurait bien voulu être présente, mais n'avait pas pu parce que son parti était en caucus.
La foule a même réussi à «convertir» la ministre la Condition féminine, Lise Thériault, qui avait été prise à partie en février, car elle refusait de se dire féministe.
Après l'avoir accueillie plutôt froidement, des manifestantes se sont mises à scander «Es-tu féministe? Je suis féministe!» à la fin du discours de la ministre, qui avait invité tous les députés présents à l'accompagner. «Moi aussi, je suis féministe!» a-t-elle finalement lancé, s'emparant du micro à nouveau après avoir terminé son allocution.