Le promoteur immobilier Marc Simard affirme que ses experts jugent l’édifice du 524, de la rue Bourdages, réparable.

Plus question de démolir le siège social de la CNESST

EXCLUSIF / La Ville de Québec devait acheter le siège social de la CNESST (ex-CSST) qui sera abandonné après le cafouillage d’un projet de rénovation de 130 millions $; l’immeuble était condamné à la démolition pour cause de pieux de fondation fissurés. Mais voilà qu’un promoteur privé assure que l’édifice est sécuritaire et décaisse des millions pour l’acquérir dans le but d’y louer des bureaux, a appris «Le Soleil».

L’immeuble en question est planté au 524 de la rue Bourdages. Début 2014, Le Soleil révélait que la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) — son nom de l’époque — lançait un agrandissement des lieux pour y regrouper quelque 1700 travailleurs. Mais, après avoir dépensé plus de 20 millions $, une mauvaise surprise : début 2015, nous annoncions que les 180 pieux de fondation étaient si abimés que le chantier arrêtait. Encore un an plus tard, nous apprenions que le projet était mort et enterré, que la bâtisse de la désormais Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) serait détruite.

L’organisation publique construit d’ailleurs un nouveau siège social dans l’écoquartier d’Estimauville. Livraison attendue en 2021.

Le promoteur immobilier Marc Simard, président des Immeubles Simard, affirme que ses experts jugent l’édifice réparable. «Il n’est pas question de le démolir. […] Il y a une problématique des pieux, on l’a regardée avec les ingénieurs, il y a de l’argent à mettre dessus, mais ce n’est pas si dramatique que ça.»

Pardon? Il note que la CNESST voulait ajouter des étages. Pas lui. «Ce n’était pas possible avec la structure actuelle.»

M. Simard assure cependant que le siège social est tout à fait sécuritaire dans sa forme actuelle. «En conservant l’immeuble tel qu’il est là, puis en sécurisant un peu les pieux… Il y a du travail à faire, mais ça n’a pas bougé depuis 40 ans. […] Il y a juste les pieux, la bâtisse est encore bien solide.»

La CNESST restera sur place jusqu’en 2021 même si elle n’est plus propriétaire. D’ici là, elle paiera un loyer de 80 000 $ par année et elle assumera tous les travaux nécessaires au maintien de l’actif. Des rénovations de plus de 500 000 $ sont d’ailleurs en cours.

Il a donc payé 7 millions $ pour les 300 000 pieds carrés, plus environ 700 stationnements. «Ce n’est pas cher du pied carré, mais on sait qu’on a beaucoup plus à mettre en investissements que le coût d’achat.» Le bâtiment sera cureté au complet, la structure sera retapée. «Mais on va quand même conserver l’immeuble, puis on va le remettre au goût du jour.»

«Je me suis associé avec un entrepreneur en construction — Ogesco — parce qu’on sait qu’il y a beaucoup de travail à faire sur l’immeuble.

La CNESST restera sur place jusqu’en 2021 même si elle n’est plus propriétaire. D’ici là, elle paiera un loyer de 80 000 $ par année, indique la coordonnatrice aux relations publiques et porte-parole, Geneviève Trudel. Et elle assumera tous les travaux nécessaires au maintien de l’actif. Des rénovations de plus de 500 000 $ sont d’ailleurs en cours.

Marc Simard aimerait plus tard construire une tour supplémentaire sur la rive de la rivière Saint-Charles. Un site de choix, observe-t-il. Mais ce sera après avoir digéré le projet de l’édifice Bourdages.

Selon le plus récent rôle d’évaluation, la valeur du terrain seul était d’environ 7,2 millions $ en 2014. Et le bâtiment valait près de 18,5 millions $.

La Ville de Québec s’est retirée

En novembre 2016, la Ville de Québec avait offert 5 millions $ pour le siège social de la CNESST et envisageait de le détruire pour revendre des parcelles à des promoteurs. Mais l’organisme public s’est ensuite prévalu d’une clause au contrat qui lui permettait de tester le marché, de chercher une meilleure offre. Offre qu’elle a trouvée.

Le contrat prévoyait également que la municipalité avait le droit d’égaler le prix offert par l’acheteur privé pour mettre la main sur le lot de 51 394 mètres carrés. Droit qu’elle a abandonné en septembre.

Les négociations ont donc pu se poursuivre entre la CNESST et Marc Simard. Jusqu’à la signature du contrat de vente devant notaire au début de la semaine.