La Ville de Québec entend offrir plus de visibilité aux cultures qui ont défini le Québec sur les panneaux des noms de rues.
La Ville de Québec entend offrir plus de visibilité aux cultures qui ont défini le Québec sur les panneaux des noms de rues.

Plus d’inspiration autochtone dans les noms de rue à Québec

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
La Ville de Québec entend offrir plus de visibilité aux cultures qui ont défini le Québec — notamment les Premières Nations et les Inuits — sur les panneaux des noms de rues.

«Le Comité de toponymie de la Ville de Québec est sensible aux enjeux liés à la diversité culturelle. Il a récemment émis le souhait que la toponymie puisse faire une plus large place aux différentes cultures qui ont contribué à façonner notre histoire commune», écrit au Soleil le chef d’équipe aux communications, David O’Brien. «Le Comité considère également que le statut de capitale nationale justifie que cette représentativité soit élargie à l’ensemble des cultures et des communautés à travers le Québec.»

Voilà pourquoi six nouvelles rues viennent officiellement de recevoir des noms issus des communautés autochtones.

Beauport et Saint-Émile

C’est ainsi qu’un lotissement récent, situé à l’est de la rue Seigneuriale, au nord de la rue du Villonet — dans le district beauportois de Sainte-Thérèse-de-Lisieux —, abritera deux voies publiques brandissant carrément les noms de deux nations : Algonquins et Atikamekw.

De la même lignée idéologique, trois nouvelles rues du secteur Saint-Émile auront des noms célestes. Où? Au cœur de la phase 3 du projet immobilier Boisé Falardeau, à la rencontre des rues de l’Apogée et George-Muir, dans le secteur de la rue de la Galaxie. Ici, il fallait respecter la thématique du quartier : astronomie et lumière.

Il y aura d’abord les rues Nikawiy et Awasis. Traduction de ces mots tirés de la langue crie : mère et enfant. Le lien avec le ciel? L’Union astronomique internationale a utilisé ces termes pour nommer une étoile et une planète.

Il y a aussi la rue Tarqeq, un satellite de Saturne. La signification? Le nom réfère à l’esprit de la Lune dans la mythologie inuite.

«À terme, le Comité de toponymie souhaite que les 11 nations autochtones du Québec soient représentées dans la toponymie de la ville de Québec», dit le chef d’équipe aux communications, David O’Brien.

D’autres à venir

«À terme, le Comité de toponymie souhaite que les 11 nations autochtones du Québec soient représentées dans la toponymie de la ville de Québec», ajoute David O’Brien.

Vous trouverez une carte, des statistiques et d’autres informations intéressantes sur les nations autochtones sur le site gouvernemental.

RUE DES ATIKAMEKW

«Les Atikamekw sont un peuple autochtone de la vallée de la rivière Saint-Maurice. Vers 1972, les cris vivant sur le cours supérieur de la rivière Saint-Maurice, au Québec, décident de reprendre le nom « Atikamekw» (poisson blanc) utilisé par leurs prédécesseurs au XVIIe siècle […]», lit-on dans un document municipal.

«Au cours des siècles, les Atikamekw de la région de la Saint-Maurice mènent une vie rude, chassant, pêchant, piégeant et cueillant des baies sauvages à proximité des postes de traite installés dans leur région à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Leurs activités économiques consistent en un compromis entre les activités saisonnières traditionnelles et la traite des fourrures. […] La langue atikamekw fait partie du groupe linguistique algonquien, qui comprend également le blackfoot, le cri, le wolastoqiyik, le mi’kmaq, l’innu, le naskapi, l’ojibwé et l’oji-cri.»

RUE DES ALGONQUINS

«Les Algonquins sont un peuple autochtone ayant historiquement occupé certaines parties de l’ouest du Québec et de l’Ontario, avec pour centre la rivière des Outaouais et ses affluents», dixit un résumé remis aux élus municipaux.

«Une grande partie des bois de l’Est et de la région subarctique était autrefois occupée par plusieurs nations algonquines largement indépendantes les unes des autres, qui y vivaient, chassaient et faisaient du commerce. Comme leurs cousins anishinaabeg, les Algonquins résidaient dans des tentes facilement démontables en écorce de bouleau, appelées wigwams, et utilisaient l’histoire orale pour préserver leur culture. Certains groupes vivant plus au sud pratiquaient l’agriculture là où le sol et le climat le permettaient. Les Algonquins sont connus des Européens depuis 1603, lorsque Samuel de Champlain les rencontre en compagnie d’un certain nombre d’alliés à Tadoussac. […] La langue algonquine, également connue sous le nom d’Omàmiwininìmowin, fait partie de la famille linguistique algonquienne. Selon le recensement de 2016, la langue algonquienne est la plus parlée au Canada, avec environ 175 825 locuteurs, dont 21,2% se trouvent au Québec. Toutefois, la langue algonquienne est jugée menacée, puisque seulement 1 575 locuteurs la considèrent comme leur langue maternelle.»

RUE DE NIKAWIY

«Nikawiy est le nom d’une étoile de la constellation du Bouvier, située à environ 320 années-lumière, dont la température est très similaire à celle du Soleil», selon le Comité de toponymie de la Ville de Québec.

«Le nom Nikawiy vient du mot en langue crie qui signifie “mère”. Il a été donné à cette étoile par les représentants du Canada dans le cadre du concours NameExoWorlds, organisé par l’Union astronomique internationale en 2019.»

RUE D’AWASIS

«Awasis est le nom d’une planète de la constellation du Bouvier, située à environ 320 années-lumière. Elle est en orbite autour de Nikawiy, une étoile dont la température est très similaire à celle du Soleil. Le nom Awasis vient du mot en langue crie qui signifie “enfant”. Il a été donné à cette planète par les représentants du Canada dans le cadre du concours NameExoWorlds, organisé en 2019 par l’Union astronomique internationale. […] La planète est en orbite autour de son étoile comme un enfant autour de sa mère, toujours avec elle et à la recherche de sa lumière.»

RUE DE TARQEQ

«Tarqeq est l’un des satellites naturels de Saturne, découvert en 2007 par une équipe d’astronomes de l’observatoire de Mauna Kea, à Hawaii», selon une note officielle.

«Il a été nommé d’après l’esprit inuit de la Lune, un puissant chasseur qui surveille le comportement humain. Dans la mythologie des peuples indigènes du nord de l’Alaska, Tarqeq contrôle les animaux.»

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À découvrir : d'autres noms de rue en hommage aux Premières Nations et aux Inuits

Rue Negabamat
Rue de Betsiamites
Rue Chomina
Rue des Maskas
Chemin de la Sagamité
Rue des Inuits
Rue des Métis
Rue des Agniers
Rue des Andastes
Rue Atsena
Boulevard Bastien
Rue Pontiac
Rue des Amérindiens
Rue des Autochtones
Boulevard Hochelaga
Rue de Stadaconé