Les hygiénistes dentaires pourront offrir sans intermédiaire des services de prévention et d’hygiène buccodentaire aux enfants d’âge scolaire et aux aînés en CHSLD.

Plus d’autonomie pour les hygiénistes dentaires

Après les infirmières praticiennes spécialisées, c’est au tour des hygiénistes dentaires de gagner en autonomie. Avec le projet de loi 29 qui modifie le Code des professions, les hygiénistes dentaires pourront offrir sans intermédiaire des services de prévention et d’hygiène buccodentaire aux enfants d’âge scolaire et aux aînés en CHSLD.

Convaincue qu’en matière de santé, le bon service doit être donné au bon endroit par le bon professionnel au meilleur coût possible, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a expliqué en conférence de presse qu’une plus grande autonomie confiée aux hygiénistes dentaires «va permettre de rejoindre plus facilement la population la plus à risque, soit les personnes âgées et les jeunes enfants d’âge scolaire». 

La ministre McCann a rappelé que seulement 39 % des personnes de plus de 45 ans ont une assurance dentaire, et que le taux de fréquentation des cabinets de dentiste au Québec est inférieur à la moyenne canadienne. «Le Québec est aussi la province qui détient le plus haut taux de carie dentaire», a-t-elle souligné.

Les changements apportés au Code des professions permettront aux enfants et aux adolescents de bénéficier des soins des hygiénistes dentaires en milieu scolaire, a expliqué la ministre de la Santé. Il y a déjà des hygiénistes dentaires dans les écoles, mais «elles vont déployer davantage de temps et de compétences et pouvoir rejoindre davantage les enfants», a-t-elle précisé.

«De la même façon, les aînés pourront profiter des soins dentaires de proximité. Ils pourront recevoir des soins en CHSLD, ce qui vient d’ailleurs compléter le programme annoncé récemment par la ministre responsable des Aînés. Ces soins vont permettre de freiner et de prévenir les problèmes buccodentaires cumulatifs et évolutifs comme les caries de racine, la gingivite et la parodontite», a ajouté la ministre McCann. 

Selon elle, les hygiénistes dentaires pourraient éventuellement donner aussi des soins à domicile ou à la petite enfance. «Ce sont des perspectives qui s’ouvrent à nous grâce à ce projet de loi» déposé mercredi à l’Assemblée nationale, a-t-elle dit. 

Bonne nouvelle

Présente à la conférence de presse, la présidente de l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec, Diane Duval, s’est évidemment réjouie de cette avancée, non seulement pour ses membres, mais aussi et surtout pour la population «la plus vulnérable». Selon elle, les Québécois n’ont pas suffisamment accès aux soins de prévention et d’hygiène buccodentaire alors qu’ils ont des besoins «immenses». 

«Le manque d’accès aux services de prévention et de maintien d’une bonne santé buccodentaire engendre des coûts substantiels de santé. En hospitalisation d’un jour pour les enfants afin de traiter les caries sous anesthésie générale, c’est la première cause, en maux de dents, en urgence dentaire, sans compter le coût des médicaments reliés aux nombreuses infections et autres conséquences sur la santé, et on passe. L’absentéisme au travail en fait partie aussi», a exposé Mme Duval.