Le ministre des Transports, André Fortin, sa collègue Véronyque Tremblay et la chef de la direction de la Sociéte de l'assurance automobile du Québec, Nathalie Tremblay, ont présenté les modalités de cette nouvelle mesure.

Plaques d'immatriculation personnalisées: Québec vise un revenu de 20 M$ sur cinq ans

En offrant aux Québécois le nouveau «produit» que sont les plaques d’immatriculation personnalisées dès le 27 juillet, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) espère dégager 20 millions $ sur cinq ans. Une manne qui permettra à la société d’État d’équilibrer ses finances.

Annoncées par le Parti québécois (PQ) en janvier 2014, il aura fallu plus de quatre ans pour les voir apparaître sur les routes. Le ministre des Transports, André Fortin, a confirmé mardi que la population pourra se prévaloir d’une immatriculation personnalisée à compter du 27 juillet, notamment par les services en ligne de la SAAQ. Il faudra débourser 250 $ et payer 34,50 $ annuellement pour le renouvellement.

Ainsi, «les Québécois pourront personnaliser la plaque d’immatriculation de leur véhicule de promenade, moto, scooter, habitation motorisée, motoneige et même leur tout-terrain selon leurs passions, leurs loisirs et leur personnalité», a expliqué M. Fortin.

Les inscriptions sur les plaques devront compter entre deux et sept caractères, sans espace pour les voitures, et devront respecter un certain nombre de règles de bon goût, «appropriées et respectueuses de tous». Elles pourront être déclinées dans toutes les langues, selon les mêmes conditions. Les termes incitant à la haine, faisant preuve d’indécence et les inscriptions qui pourraient inciter à de mauvais comportements sur la route seront interdits. 

Le projet fera l’objet d’une évaluation dans un an. Selon la réponse, de nouvelles plaques, dont les plaques graphiques (avec des logos par exemple), pourront être ajoutées dans une prochaine phase. 

Rentabilité

Selon M. Fortin, citant une étude commandée par la SAAQ, 40 % des Québécois sont intéressés par ce qu’il a qualifié de «produit», déjà offert dans la majorité des provinces et des territoires au pays. Il évalue qu’il faudra attribuer 23 000 plaques personnalisées pour que le projet soit rentable.

Nathalie Tremblay, présidente de la SAAQ, a renchéri en affirmant que la société d’État anticipait d’importants bénéfices. Assez pour couvrir les coûts initiaux pour la SAAQ de 3 millions $ et les frais de récurrences estimés à 2 millions $ par année. «[C’est un projet] qui va dégager de l’ordre de 20 millions $ au cours des cinq prochaines années.»

L’argent servira à «compléter le remboursement de la dette de notre ligne d’affaires permis et immatriculations», a précisé Mme Tremblay. Un remboursement promis au gouvernement et qui doit se faire, s’est-elle engagée, «sans augmenter les tarifs». 

Électoraliste

Sylvain Gaudreault, ex-ministre des Transports du gouvernement du PQ, a affirmé qu’il n’était pas surprenant qu’une annonce survienne à trois mois des élections provinciales.

«Le gouvernement doit nous expliquer pourquoi il a fait attendre aussi longtemps les Québécoises et les Québécois, si ce n’est que pour profiter du contexte préélectoral», a-t-il fait valoir par communiqué.

Le ministre Fortin s’est défendu en affirmant que le projet présenté mardi va «plus loin» que celui initialement annoncé par le PQ, mais qui prévoyait un déploiement en 2015. Le ministre a expliqué les délais en invoquant ces bonifications et le processus législatif.