La Dre Édith Labonté est chef des services de psychiatrie d’urgence au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Plan en santé mentale du CIUSSS: ça «va fonctionner», dit une psychiatre

Chef des services de psychiatrie d’urgence au CIUSSS de la Capitale-Nationale, la psychiatre Édith Labonté est convaincue que le plan de transformation en santé mentale de l’établissement «va fonctionner».

«Je respecte les diverses opinions qui ont été exprimées. Mais pour avoir été au cœur de ces changements-là, je pense que ça va fonctionner. Je ne suis pas inquiète», a commenté la Dre Labonté en entrevue au Soleil.

Si elle a confiance, c’est notamment parce qu’«on l’a déjà fait», fermer l’urgence psychiatrique de l’Hôpital du Saint-Sacrement. C’était en 2009-2010. 

L’urgence psychiatrique avait dû être fermée une vingtaine de mois à la suite du départ massif de psychiatres. «On avait absorbé cette fermeture dans les urgences psychiatriques du CHUL et de l’Enfant-Jésus [comme le prévoit aujourd’hui le plan du CIUSSS]. Il n’y avait pas eu de débordements, on avait bien survécu à ça, on n’avait pas perdu de patients», se souvient la psychiatre.

La Dre Labonté croit que «ça va être encore mieux aujourd’hui parce que le déplacement des effectifs psychiatres va permettre d’augmenter des ressources en externe» et de réduire les urgences et les hospitalisations en psychiatrie.

Questionnée sur la pénurie de psychiatres à Québec, la Dre Édith Labonté, qui représente la région de Québec au sein de l’Association des médecins psychiatres du Québec, a indiqué que la situation devrait commencer à se résorber à compter de juillet prochain.

«On a vécu une mauvaise conjoncture dans les dernières années : des psychiatres ont pris leur retraite, d’autres se sont malheureusement retrouvés en congé de maladie… Et il y a eu un rehaussement des exigences universitaires qui font en sorte que pour travailler dans une région universitaire [comme Québec], le psychiatre doit avoir complété une année complémentaire de formation [fellowship]. Il y a donc des psychiatres qui sont partis travailler en région, où le fellowship n’est pas obligatoire, ou en cabinet privé, ou encore dans les services de la base militaire de Valcartier», explique la Dre Labonté.

Mais des efforts intensifs de recrutement ont été faits, ajoute-t-elle. «À compter de juillet 2019, on va commencer à avoir des retours de psychiatres qui sont allés faire leur formation complémentaire ou qui ont pris entente avec l’université pour commencer à pratiquer tout de suite et faire leur formation un an plus tard.»

Diminution des listes d’attente

À propos des difficultés d’accès à un psychiatre, la Dre Édith Labonté affirme que là aussi, des efforts ont été fait dernièrement. «Il y a eu une révision de toutes les listes d’attente, et on a intensifié les activités d’évaluation. Maintenant, tous les psychiatres du département sont obligés d’évaluer de nouvelles personnes, de sorte qu’on a réussi à réduire considérablement la très longue liste d’attente», dit-elle.

Si un patient attend deux mois et demi pour voir un psychiatre, le délai peut se situer entre le moment où la demande a été faite par le médecin de famille au guichet d’accès en santé mentale du CLSC et le moment où cette demande a été acheminée par le guichet d’accès au département de psychiatrie, précise la psychiatre.

«Au guichet, le patient est rencontré par une infirmière, et une demande de service de première ligne peut être faite à ce moment si c’est pertinent, ou au département de psychiatrie», explique la Dre Labonté, selon qui une fois la demande acheminée en psychiatrie, il ne s’écoule pas plus de deux ou trois semaines avant que le patient soit rencontré. «On a fait le bout qui nous concernait.»

Une fois vus, la majorité des patients peuvent retourner en suivi auprès de leur médecin de famille, dit la psychiatre. «On fait des recommandations au médecin pour l’ajustement de la médication, par exemple, ou pour des approches complémentaires comme la psychothérapie [auquel cas le patient doit retourner au guichet d’accès du CLSC]», explique la Dre Labonté.

Un système de médecins «répondants» en psychiatrie a par ailleurs été mis en place pour faciliter l’accès aux services psychiatriques. Il s’agit de psychiatres qui vont dans les groupes de médecine familiale pour conseiller les omnipraticiens, vérifier si la psychiatrie est vraiment la meilleure option pour un patient, explique la Dre Édith Labonté.