Le maire Émile Loranger ne siège plus au conseil depuis le dépôt de la plainte de harcèlement psychologique, soit depuis plus d’un mois.

Plainte contre le maire Loranger: frais judiciaires à la charge des contribuables

Comme la plainte de harcèlement psychologique d’une employée de la Ville de L’Ancienne-Lorette a été déposée contre la Ville et non contre le maire Émile Loranger à titre personnel, les frais judiciaires seront aux frais des contribuables.

«Oui, malheureusement...» a laissé tomber la mairesse suppléante Sylvie Falardeau, élue dans l’équipe du maire Loranger, lorsqu’interrogée par Le Soleil à savoir si le dossier pourrait coûter de l’argent aux contribuables. «La plainte, c’est la Ville qui l’a reçue et c’est la Ville qui se défend», concède Mme Falardeau.

Celle-ci indique que la Ville attend maintenant d’être convoquée par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour une séance de médiation. «Il y a un mois, ils nous avaient dit que ça prendrait de six à huit semaines», explique-t-elle. «Bien sûr qu’on aimerait que le dossier se règle en médiation. Plus vite ce sera réglé, mieux ce sera.»

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Le maire ne siège plus au conseil depuis le dépôt de la plainte de harcèlement psychologique, soit depuis plus d’un mois. Mercredi, il avait affirmé au Soleil qu’il n’était pas au courant qu’une plainte avait été déposée contre lui. Toutefois, il a reconnu l’existence d’une plainte de harcèlement psychologique dans une entrevue publiée jeudi dans Le Journal de Québec.

Préoccupant

«On a une plainte et c’est un dossier qui est préoccupant pour tout le monde, il y a un malaise. Ce n’est pas le genre de plainte qu’on reçoit souvent», poursuit Sylvie Falardeau, ajoutant que c’est à la suite de discussions de part et d’autre avec le conseil que le maire Loranger avait décidé de se retirer temporairement. «On n’a pas statué s’il allait être absent jusqu’à ce que la plainte soit réglée. Il peut revenir quand il veut, on ne l’a pas obligé à quitter et il n’a pas été démis de ses fonctions.»

Mme Falardeau a ajouté que la Ville de L’Ancienne-Lorette possédait une politique en matière de harcèlement, mais qu’elle n’avait pas eu besoin de s’en servir souvent. «Une chose est certaine, le conseil a offert tout son appui à l’employée [qui a déposé la plainte].»

Pageau surpris

Quant au conseiller d’opposition Gaétan Pageau, il partageait les préoccupations de sa collègue concernant la plainte. «Mais il faut laisser la CNESST faire son travail. Cette affaire-là, c’est tellement confidentiel que les avocats nous ont bien mentionné qu’on ne pouvait pas en parler», déclare-t-il, avouant qu’il a été surpris quand il a été mis au courant de la plainte.

«C’est sûr que le maire a un caractère bouillant... Mais on a hâte de découvrir ce qui s’est passé là-dedans», poursuit-il, ajoutant que les conseillers municipaux prenaient la relève en l’absence du maire. «La Ville n’est pas en péril. Sylvie Falardeau est là comme mairesse suppléante et tout le reste du conseil est là également.»

M. Pageau a ajouté que le conseil municipal avait «fortement conseillé» au maire de se retirer, précisant qu’il n’avait pas discuté avec M. Loranger depuis la dernière séance du conseil que celui-ci avait présidée, en avril. 

Jeudi midi, la municipalité de L’Ancienne-Lorette a annoncé qu’aucun commentaire ne sera formulé. «Afin de ne pas nuire aux procédures et par respect pour les personnes impliquées, la Ville de L’Ancienne-Lorette ne fera aucun commentaire dans le dossier de la plainte pour harcèlement psychologique qui a été déposée en mai 2018 à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail par un membre du personnel», peut-on lire dans un communiqué. «Comme pour tout dossier de plainte, celui-ci est traité avec célérité, en toute confidentialité et impartialité.»