S’il fait beau durant la fin de semaine allongée de l’Action de grâce, pourquoi ne pas profiter du grand air? Mais, au fait, a-t-on le droit de sortir?
S’il fait beau durant la fin de semaine allongée de l’Action de grâce, pourquoi ne pas profiter du grand air? Mais, au fait, a-t-on le droit de sortir?

Peut-on sortir dehors durant le long congé de l’Action de grâce?

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
S’il fait beau durant la fin de semaine allongée de l’Action de grâce, pourquoi ne pas profiter du grand air histoire de s’aérer l’esprit enclos par la COVID-19? Mais, au fait, a-t-on le droit de sortir, de s’élancer dans les sentiers, de s’entraîner dans les parcs?

LA RÈGLE

«Dans les zones rouges [comme la ville de Québec, la communauté métropolitaine de Montréal et une bonne partie de Chaudière-Appalaches], les rassemblements extérieurs sont interdits», rappelle Majorie Larouche, des relations médiatiques du ministère de la Santé et des Services sociaux. «Les activités organisées dans un lieu public à l’extérieur sont également interdites.»

Ceci ne signifie pas qu’il faut s’emmurer. Mais les sorties seront plus solitaires. Les «mesures en vigueur» dans les zones rouges stipulent : «Loisir et sport : activités individuelles ou en duo autorisées dans le respect des consignes sanitaires.»

Mme Larouche ajoute : «Les gens doivent demeurer dans leur bulle familiale (composé des personnes résidant à la même adresse) et maintenir en tout temps une distance physique de 2 mètres avec les gens appartenant à d’autres bulles. L’objectif souhaité est de diminuer les interactions sociales pour stopper la propagation du virus.»

«Ainsi il est possible d’aller marcher dans un sentier, mais la distance de 2 mètres doit être respectée avec les gens qui sont à l’extérieur de notre bulle familiale. […] Il serait permis, par exemple, d’aller marcher avec une autre personne (en respectant la distanciation de 2 m), mais pas d’organiser une activité de randonnée regroupant les familles du quartier.»

Le gouvernement demande, en outre, aux résidents des zones rouges de limiter leurs déplacements vers le jaune et l’orangé. Mais il n’y a pas d’interdit. 

L’État invite cependant les voyageurs à se ravitailler avant le départ afin de ne pas fréquenter de commerces dans les autres régions. Vous pourriez ainsi aller au chalet, à la chasse, en respectant votre bulle.

Notez néanmoins que certaines entreprises, certaines régions, souhaitent que les résidents des zones rouges restent chez eux. Portneuf — dont la populaire Vallée Bras-du-Nord — et Charlevoix sont du nombre.

La carte colorée du Québec : zones jaunes, orange, orange foncé et rouges

Aussi, n’oubliez pas qu’il n’est pas permis de recevoir des proches et amis dans votre cour, dans votre résidence secondaire, dans votre campement perdu dans le bois. Même si l’air y est plus pur. Même si vous aimez traquer le cerf et la perdrix en groupe.

Dans le rouge, à la maison comme au chalet, les visites sont interdites, sauf exception.

Palier 4 – Alerte maximale (zone rouge)

Le mont Wright

BEAUCOUP DE VISITEURS À STONEHAM

Au nord de Québec, dans la municipalité de Stoneham-et-Tewkesbury, les Québécois en manque de grand air sont nombreux, très nombreux même. Mais pas question, pour l’instant, de fermer les sentiers du mont Wright ni la boucle menant aux sommets de la station de ski Stoneham.

Responsable des communications municipales, Sophie Ragot prévient cependant que vous croiserez des agents de sécurité au mont Wright durant le congé de l’Action de grâce. «Le parc va être ouvert, mais, par contre, il y aura plus de surveillants. […] Une fois que le stationnement est complet, on invite les gens à repasser.»

Faut dire qu’il y a eu foule au cours des dernières fins de semaine. Les couleurs automnales et le beau temps ont attiré les foules. Tellement que, il y une quinzaine de jours, le parc national de la Jacques-Cartier a refoulé sont trop-plein vers Stoneham, souligne Mme Ragot.

Et tout ce beau monde respecte la distanciation physique dans les sentiers ? «On leur rappelle les consignes, mais on ne peut pas contrôler tout le monde», note-t-elle. «C’est sûr que quand les gens se promènent, ils ont tendance à se rapprocher les uns des autres.»

L'ours polaire Eddy, à l'Aquarium de Québec

L'AQUARIUM FERMÉ, PAS LES PARCS NATIONAUX

Malgré la popularité de certains parcs, la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) n’a pas l’intention de fermer des établissements… à une exception.

«L’Aquarium du Québec a fermé ses portes [la semaine dernière] parce que ses opérations nous apparaissent incompatibles avec les consignes du palier d’alerte rouge», fait remarquer le responsable des relations avec les médias, Simon Boivin. 

Ailleurs, les barrières sont ouvertes, mais il y a des règles à respecter, dont la réservation en ligne avant la visite. Les détails sont ici : https://www.sepaq.com/covid-19/

«Le nombre de droits d’accès quotidiens vendus en ligne est plafonné», souligne M. Boivin. «Cela permet de garder un contrôle sur l’achalandage. Le plafond aux droits d’accès quotidien vendus en ligne est atteint presque chaque fin de semaine au parc national de la Jacques-Cartier. [En plus,] à l’intérieur du parc lui-même, l’accès à un secteur ou un sentier peut aussi être restreint si sa popularité rend difficile le respect de la distanciation. C’est le cas presque chaque fin de semaine pour le populaire sentier Les Loups, au parc national de la Jacques-Cartier.»

Dans la section spéciale COVID-19 du site Web, on peut également découvrir quels parcs sont rouges ou orange, quels sont les services toujours offerts, comment se comporter dans les sentiers…

«Les établissements de la Sépaq demeurent des destinations populaires, notamment en automne, pour y observer le changement des couleurs dans les arbres», note M. Boivin. «La Sépaq s’attend à la collaboration et la responsabilisation de chacun par rapport aux consignes en vigueur et qui continuent à être essentielles dans la lutte à la propagation du virus.»

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TRANQUILLE POUR LES POLICIERS DE QUÉBEC

Malgré l’imposition de nouvelles contraintes aux citoyens de la capitale, dont l’interdit de se regrouper dans les parcs, les policiers de Québec n’ont pas eu à intervenir pour disperser des citoyens.

«Aucune problématique ne nous a été signalée dans des endroits publics», indique l’agent Pierre Poirier. Au cours des dernières semaines, il n’a relevé aucune intervention spécifique liée aux activés extérieures.

«Pour ceux et celles qui veulent être en plein air, toutes les activités individuelles ou en duo sont autorisées dans le respect des consignes sanitaires», mentionne-t-il.

Les autorités municipales n’ont pas plus relevé d’affluence hors normes depuis le retour au confinement. «La Ville n’a pas noté d’augmentation significative ou de baisse de la fréquentation des parcs, des bases de plein air et des installations sportives extérieures au cours des derniers jours, en lien avec le passage en zone rouge», nous écrit le porte-parole David O’Brien. «Comme chaque automne, c’est plutôt la météo qui influence le plus l’achalandage au quotidien.»