Peu de désinformation en ligne pendant la campagne, selon des chercheurs

OTTAWA — Des chercheurs qui scrutent des millions de publications sur les réseaux sociaux depuis le début de la campagne électorale fédérale affirment que relativement peu de désinformation a circulé sur le web.

Ces conclusions préliminaires sont issues du «Digital Democracy Project», une initiative conjointe du Forum des politiques publiques à Ottawa et de l'école de politiques publiques Max Bell de l'Université McGill à Montréal.

Le groupe examine l'écosystème des médias en surveillant les médias numériques et les réseaux sociaux et en réalisant des sondages.

Les chercheurs ont indiqué que les réseaux sociaux avaient grouillé d'activité au sujet de la politique fédérale canadienne durant la campagne, enregistrant une hausse d'environ 800 pour cent sur Twitter et de 250 pour cent dans les publications publiques sur Facebook.

Taylor Owen, un professeur à la Max Bell School, a souligné que les exemples de contenus remplis de faussetés ou d'informations trompeuses n'avaient pas autant circulé durant la campagne que les gens auraient pu s'y attendre.

Selon lui, une des raisons probables est la législation fédérale récemment promulguée qui limite la capacité des acteurs étrangers à dépenser librement en publicité sur le web et restreint la capacité des tiers à faire de même - ce qui aiderait le Canada à éviter «le Far West de la désinformation» observé aux États-Unis.

«Je pense que cela mérite d'être pris en compte dans ce casse-tête, car nous en dressons un bilan et en discutons», a affirmé M. Owen.

«Nous avons le droit de faire ce que nous avons le droit de faire lors d'élections en raison de la réglementation mise en place, et il est possible que nous ayons limité certains des comportements néfastes observés lors d'autres élections.»

Les chercheurs prévoient déposer un rapport final qui examinera la question plus en détail dans les prochains mois.

Les gens devraient être réconfortés par le nombre relativement faible de faussetés véhiculées pendant la campagne, a souligné Peter Loewen, politologue à l'Université de Toronto, à la tête de l'équipe d'analyse de l'enquête.

Il a toutefois rapidement ajouté: «il n'est pas clair que la consommation et l'exposition aux médias traditionnels aident les choses dans notre démocratie».

Parmi les autres découvertes du projet:

  • Même lorsqu'ils sont exposés à une couverture des nouvelles présentant divers points de vue, les auditoires restent plus susceptibles de choisir un contenu qui conforte leurs opinions politiques;
  • L'exposition à des messages politisés tend à renforcer les opinions. Les Canadiens ont tendance à adopter des positions plus fermes sur des enjeux électoraux clés lorsque des déclarations conformes à leurs opinions leur sont présentées, mais également lorsqu'ils sont exposés aux arguments opposés.
  • À mesure que la partisanerie augmente, la participation à la vie politique augmente également, les Canadiens les plus actifs sur le plan politique étant également les plus partisans.