Harvey Weinstein et son frère Bob agissaient comme «des brutes mafieuses de second ordre», selon Peter Jackson.

Peter Jackson accuse Weinstein d’avoir diffamé des actrices

Le réalisateur oscarisé Peter Jackson a reproché vendredi à Harvey Weinstein d’avoir orchestré dans les années 90 une campagne pour salir des actrices qui ont depuis accusé le producteur américain de harcèlement sexuel.

Peter Jackson qui a travaillé avec le studio Miramax, dirigé par Harvey Weinstein et son frère Bob, au début de son projet d’adaptation au cinéma du roman de Tolkien Le seigneur des anneaux, a confié à Fairfax New Zealand que les deux hommes agissaient comme «des brutes mafieuses de second ordre».

Le réalisateur néo-zélandais a ajouté n’avoir pas eu directement connaissance d’accusations de comportements sexuels déplacés à l’encontre de Weinstein mais expliqué que le producteur avait fait pression sur lui pour qu’il n’emploie pas Ashley Judd ou Mira Sorvino.

Ces deux actrices ont été parmi les premières en octobre à accuser publiquement Harvey Weinstein de harcèlement sexuel.

Selon Peter Jackson, toutes deux étaient sur les rangs à la fin des années 90 pour jouer dans Le seigneur des anneaux avant l’arrivée de Miramax.

«Je me souviens que Miramax nous a dit que c’était un cauchemar de travailler avec elles et que nous devions les éviter à tout prix. Cela devait être en 1998», a-t-il dit à Fairfax New Zealand.

«À l’époque, nous n’avions aucune raison de mettre en doute ce que ces types nous disaient mais avec le recul je réalise que c’était probablement la campagne de diffamation de Miramax qui battait son plein.»

«Je soupçonne à présent que nous avons été inondés de fausses informations sur ces deux femmes de talent et que le résultat direct a été le retrait de leurs noms de notre casting», a-t-il ajouté.

Miramax s’est ensuite retirée du Seigneur des anneaux, repris par New Line, et la trilogie est devenue un grand succès critique et commercial.

Une centaine de femmes ont accusé de harcèlement, agression sexuelle ou viol Harvey Weinstein, qui rejette ces allégations, depuis les révélations du New York Times début octobre. Trois enquêtes sont en cours à Londres, New York et Los Angeles.

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PLAIGNANTE EN ONTARIO : DÉVOILER OU PAS SON IDENTITÉ?

TORONTO - Les avocats de Harvey Weinstein veulent pouvoir dévoiler publiquement l'identité de l'actrice ontarienne qui a intenté une poursuite pour agression sexuelle contre le magnat de Hollywood.

Un tribunal de Toronto doit entendre la requête le 9 février. La décision pourrait avoir un impact sur la suite des choses dans cette affaire.

Les avocats de la plaignante ont déjà indiqué qu'ils voulaient procéder en préservant l'anonymat de l'actrice. Ils soutiennent que le dévoilement de son identité pourrait causer des torts irréparables à sa santé mentale et à son bien-être. Dans une déclaration assermentée déposée au tribunal, la plaignante soutient qu'elle pourrait retirer sa plainte si elle devait être identifiée publiquement.

L'actrice soutient que le producteur Harvey Weinstein l'a agressée sexuellement alors qu'elle avait décroché un rôle dans un film tourné à Toronto il y a une vingtaine d'années.

Aucune des allégations n'a été prouvée en cour et la défense n'a pas encore présenté son mémoire au tribunal.

Sept femmes soutiennent que Harvey Weinstein, producteur oscarisé, les a agressées ou harcelées sexuellement.

Le 8 octobre, il a été limogé de son propre studio hollywoodien, Weinstein Company, qu'il avait fondé avec son frère Bob en 2005. Le New York Times venait de publier un article relatant certaines des allégations des femmes. Par l'entremise de sa porte-parole, Sallie Hofmeister, le producteur a nié les allégations de relations sexuelles non consensuelles.  La Presse canadienne