Père et fils producteurs de pot

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Discrètement, minutieusement, Tan Hai Nguyen et son fils Thanh Son Nguyen ont fait pousser du cannabis durant des mois dans leur petite maison de la rue Saint-Cyrille à L’Ancienne-Lorette.

Pas de bruit, pas d’odeur suspecte, pas de va-et-vient dérangeant. Bref, ils y seraient peut-être encore si la police n’avait pas reçu des informations incriminantes.

Le papa de 46 ans et le fiston de 25 ans, de même que la mère, propriétaire de la maison, ont été arrêtés en février dernier lors d’une vaste frappe policière dans plusieurs régions du Québec. 

Jonathan-Pierre Fontaine, un trafiquant allégué que la police considère être la tête dirigeante d’un réseau de distribution, et une dizaine de personnes ont alors été coffrés par la Sûreté du Québec, aidée de la GRC et des corps de police de Québec, Lévis et Montréal.

Chez les Nguyen, les policiers ont trouvé quelques pièces transformées en serre, des lampes, de l’engrais, des pots, de la ventilation et un système électrique sophistiqué.

Le père Nguyen, sans antécédent judiciaire comme sa femme et son fils, est détenu depuis son arrestation.

Sur les conseils de leurs avocats Me Jean-Roch Parent et Me Mélissa Laberge, les trois membres de la famille vietnamienne devaient subir la semaine prochaine leur procès devant jury. Un procès de cinq semaines, entièrement traduit en vietnamien pour la mère et le père qui ne parlent pas français ou anglais.

Tan Hai et Thanh Son Nguyen ont plutôt choisi hier de plaider coupable à la production de cannabis. 

Le procureur de la Couronne Me Thomas Jacques a retiré toutes les accusations contre la mère.

Les parties reviendront devant la juge Michèle Lacroix de la Cour supérieure en janvier pour les représentations sur la peine.

D’ici là, la défense tentera d’éclaircir les impacts d’un dossier criminel pour Tai Han Nguyen, qui n’a pas sa citoyenneté canadienne.