En ce début d’automne, les réserves de graines de plusieurs commerces sont au plus bas.
En ce début d’automne, les réserves de graines de plusieurs commerces sont au plus bas.

Pénurie de graines pour oiseaux: il ne reste plus que des miettes!

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
«Rupture de stock»; «Il n’y a aucun stock disponible pour l’instant». L’amateur d’oiseaux sauvages devra être patient s’il veut attirer les volatiles dans ses mangeoires… ou mettre le prix. En ce début d’automne, les réserves de graines de plusieurs commerces sont au plus bas.

L’entreprise ontarienne Armstrong Bird Food fournit plusieurs grandes chaînes de quincailleries, dont les Canadian Tire, Rona et autres Canac. Responsable du service à la clientèle, Ingrid Smith confirme que le marché bouillonne : «Oui, il y a une pénurie importante causée par la forte demande», écrit-elle au Soleil. «La cause probable est la COVID, puisque les gens ont repris des passe-temps tandis que les lieux de divertissement habituels ont fermé.»

Une visite dans quelques commerces nous a permis de constater que certaines tablettes sont vides, que des produits ne sont plus disponibles.

Les employés des bannières doivent déployer beaucoup d’efforts pour s’approvisionner, note le directeur du marketing chez Canac, Patrick Delisle. Surtout pour les très populaires graines de tournesol : «Il y a une pénurie.»

L’explication? «C’est vraiment la forte demande. Il faut croire que les gens en confinement avaient plus de temps pour s’occuper des oiseaux.»

L’entreprise québécoise n’est plus en mesure de trouver plusieurs produits en sol canadien. Même dans les plaines de l’ouest, les entrepôts seraient vides.

Il a donc fallu cogner à la porte des fournisseurs étatsuniens. Mais au sud aussi, les réserves s’épuisent. «Même les Américains sont rendus à vide!» s’étonne Patrick Delisle. «Il y a une pénurie qui met une pression sur les prix temporairement.»

Résultat : il faut payer. En temps normal, il est possible de trouver de grosses poches de graines de tournesol de 16 kilos à une quinzaine de dollars. 

M. Delisle convient qu’il y a une grande différence avec les sacs de 15 kilos actuellement en vente dans seulement quelques-unes de ses succursales : «Une poche qu’on vendait 14,99$ est rendue 24,99$.» 

À d’autres enseignes, nous avons vu un sac de 9 kilos de tournesol annoncé au rabais à 20 $ et un contenant de 11 kilos à 36 $.

Les ornithologues amateurs doivent éponger les coûts de transport. En plus, la demande étant forte, les grossistes gonflent leurs prix.

Il y a toutefois de l’espoir! «Tous ces produits-là vont être prêts dans à peu près un mois. […] Ça va aller aux prochaines récoltes.» 

Comme les poules et le bois traité!

Les Québécois en confinement n’aiment pas que les petits oiseaux à regarder. Le printemps dernier, les quincailliers ont été pris de court par la clientèle à la recherche de paille, de broche, du petit bois… tout le nécessaire pour construire des poulaillers. «Il y a eu un engouement incroyable. […] C’est dur à prévoir pour les détaillants». Paraît que les fermiers ont vendu beaucoup de poussins. 

Même phénomène avec le bois traité et l’ameublement extérieur. À la maison pour la belle saison, les Québécois ont rénové, se sont installés confortablement.