Un nouveau rapport d'inspection commandé par le ministère des Transports du Québec montrait de nombreux bris dans le pont de Québec, tels que des trous dans la dalle de béton et de la corrosion sur les pièces d'acier, en plus de la peinture à rafraîchir.

Peinture du pont de Québec: aux sources de l'estimation de 200 millions $

L'estimation des coûts de peinture du pont de Québec faite par le CN est le résultat d'une règle de trois.
Dans sa publicité diffusée samedi, l'entreprise ferroviaire établissait à 200 millions $ «de fonds publics» sur 10 ans la facture pour repeindre la vieille structure et ajoutait que «si l'objectif est de maintenir un standard esthétique élevé sur le plan patrimonial, il faudrait recommencer les travaux tous les 15 ans».
Le Soleil a demandé au CN d'où provenait cette estimation. Un rapport de Delcan, firme qui a signé un rapport sur l'état du pont de Québec pour Transports Canada, a d'abord été évoqué par le vice-président exécutif aux services corporatifs, Sean Finn, mais il s'agissait là d'une fausse piste.
Le CN s'est plutôt inspiré du travail de ses propres sous-traitants. Dans la foulée des négociations avec le gouvernement du Québec pour le renouvellement de l'entente sur l'utilisation de la voie carrossable, la firme de génie-conseil Roche, qui réalise les inspections du pont et dresse la liste des travaux à faire, a en effet estimé ce qu'il en coûterait de repeindre la zone d'éclaboussures (spray zone) au-dessus et au-dessous du tablier. Cette partie est la plus affectée par la rouille en raison de l'utilisation des sels de déglaçage.
Ajuster la valeur
La valeur obtenue, calculée au mètre carré, a été extrapolée pour l'ensemble du pont en tenant compte de l'inflation. Cela laissait présager une facture bien au-dessus de 200 millions $. Elle a toutefois été soulagée pour tenir compte des économies d'échelle (mise en place du chantier, échafaudage, main-d'oeuvre, etc.) envisageables si tout le pont est repeint, ce qui ramènerait le total autour de 200 millions $.
Pour valider son calcul, le CN est aussi revenu aux factures des années 2000. Le programme d'entretien convenu en 1997 prévoyait des dépenses de 60 millions $, dont 43 millions $ pour la seule peinture. Les travaux, abandonnés en 2005, ont permis de repeindre seulement 40 % de la structure avec ce montant.
Le CN avait alors estimé qu'il aurait eu besoin de 75 à 80 millions $ supplémentaires pour terminer le chantier. En dollars d'aujourd'hui, cela donnerait une facture de presque 160 millions $. Mais il faut aussi tenir compte de l'inflation pour les 15 prochaines années, temps estimé pour réaliser et amortir les travaux.
Ce délai, comment le CN le calcule-t-il d'ailleurs? Les ingénieurs ont simplement observé l'évolution de la rouille derrière la dernière couche de peinture et évalué qu'il faudrait ressortir les pinceaux tous les 15 ans pour que le coup d'oeil soit parfait. C'est moins que la garantie de 25 ans offerte par le fabricant de peinture.