Peine clémente pour un accusé déjà réhabilité

La justice n’est habituellement pas tendre avec ceux qui déversent dans la rue des quantités importantes de drogue dure. Mais parfois, un trafiquant au profil exemplaire réussit à éviter le pénitencier.

Anthony Drouin, 26 ans, a été condamné mercredi à une peine de deux ans moins un jour pour du trafic de méthamphétamines. 

À l’automne 2016, Drouin, sans antécédent judiciaire, accepte de remplacer un de ses amis qui travaille comme livreur pour un chef de réseau, Alexandre Mathieu, condamné à neuf ans de pénitencier.

Durant six semaines, il va recevoir, garder, compter et livrer un total de 150 000 comprimés de méthamphétamines. 

Les membres du réseau ont mis de la pression sur Drouin pour qu’il continue à livrer. «Sinon, il allait y avoir des répercussions», indique l’avocat de défense Me Jean-Philippe Lanthier.

Le réseau était ciblé depuis des mois par les policiers de la Ville de Québec et ceux de l’Escouade régionale mixte (ERM). Dès son arrestation, Drouin a offert sa collaboration.

Son avocat a indiqué qu’à ce moment, il a réalisé les dommages qu’il avait commis pour la société. De son propre chef, il a effectué plus de 120 heures de travaux communautaires depuis le début des procédures. «C’est sa façon de réparer», explique Me Lanthier.

Devant des quantités aussi importantes de stupéfiants, le procureur de la Couronne Me Juan Manzano aurait normalement réclamé une peine de trois ans de pénitencier. 

Profil convaincant

Mais le profil de l’accusé et sa réhabilitation ont convaincu le procureur d’accepter de suggérer, avec la défense, une peine de deux ans moins un jour. «On n’est absolument pas face à quelqu’un qui a une structure de personnalité délinquante», estime Me Manzano, en s’appuyant sur l’évaluation faite par les services de probation.

Le juge Christian Boulet de la Cour du Québec a dit qu’il accepterait la suggestion de peine.

À sa sortie de prison, Anthony Drouin sera en probation durant deux ans.