Si jamais ce projet voit le jour, on va avoir une pollution visuelle assez importante, selon le chef de Québec 21

Passerelle cyclable au Port: Gosselin propose un muret à 300 000 $

Québec 21 propose d’ériger un muret pour séparer les cyclistes des piétons qui empruntent la Pointe-à-Carcy pendant la saison des croisières. Un projet que la formation politique juge beaucoup moins onéreux et tout aussi fonctionnel que la coûteuse passerelle surélevée de plusieurs millions de dollars qui fait l’objet de nombreuses critiques.

Pour le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, la passerelle de 322 mètres surélevée que la Ville veut ériger pour régler les conflits entre piétons et cyclistes ne ferait que «détruire» le paysage portuaire.

«La proposition de l’administration Labeaume avec une passerelle qui ressemble à une piste de Hot Wheels ou au Red Bull Crashed Iced [...] Si jamais ce projet voit le jour, on va avoir une pollution visuelle assez importante et ça va empiéter sur la magnifique vue sur le fleuve», soutient Jean-François Gosselin.

Pour lui, la solution est simple et beaucoup plus abordable. Il suffirait d’ériger sur un peu plus de 300 mètres un muret de quelques pieds qui séparerait une voie réservée aux cyclistes de celle utilisée par les piétons. Des accès «en chicane» seraient installés pour ralentir les cyclistes à la hauteur de certains accès aux commerces et installations du port comme l’agora et le Café du Monde.

Informé de la proposition, Régis Labeaume l’a rejetée d’emblée. «Si ça avait eu du bon sens, on l’aurait fait. C’est la première chose qu’on a essayé de décider. C’est dangereux. Ça ne marche pas», se borne à répéter le maire, en expliquant qu’il y avait des grues qui chargent les bateaux et des camions qui traversent le quai. Mais ce qui semble dangereux pour les cyclistes ne le serait pas pour les piétons puisque ces derniers continueront d’avoir accès au quai.

Nombreuses critiques

La structure inspirée du Cycle Snake à Copenhague au Danemark soulève bien des doutes depuis lundi dans les rangs de l’opposition à l’hôtel de ville. Le conseiller indépendant, Jonatan Julien, ancien bras droit du maire Labeaume, est de ceux qui a nourri le tir contre le projet qui devrait voir le jour en 2019.

«Je m’étonne du caractère spontané et inattendu de cette annonce. Je n’en avais jamais entendu parler», avait lancé celui qui était pourtant avec Équipe Labeaume il y a un peu plus d’un mois.

Selon lui, l’investissement projeté est trop élevé pour l’utilité de la passerelle. 

«En 2014, la construction de la passerelle de 235 mètres à Copenhague a coûté 7,5 millions de dollars. En faisant une règle de trois, ça va coûter 10 millions $ pour construire une passerelle de 320 mètres à la Pointe-à-Carcy», estimait M. Julien, en début de semaine. En date de jeudi, le maire n’a pas dévoilé le coût du projet. 

Le conseiller de Démocratie Québec dans Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau, évalue le coût de construction entre 8 et 12 millions $. Il croit que les cyclistes de passage apprécieront peut-être, mais que les cyclistes utilitaires pourraient ne pas y voir une solution optimale.

Il soulève aussi des questions quant à l’esthétisme de la passerelle. L’esquisse qui a été diffusée ne l’a pas convaincu. «On ne peut pas faire n’importe quoi dans l’environnement du Vieux-Port», avait-il déclaré.